Ces images ont fait le tour du monde : un commissaire belge – connu pour sa violence – qui court après des manifestants et tente de les frapper, se fait lui même attaquer en retour par un manifestant. Voici quelques éclaircissements quant au contexte et à la personnalité du commissaire VandermiSSen.

VandersmiSSen KO


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Éloge d’un brave homme

Nous sommes des amis de Tanguy Fourez. Nous ne le connaissons pas personnellement. Mais nous faisons partie des victimes potentielles du commissaire* VandersmiSSen. Quiconque a eu l’occasion de se manifester dans les rues de Bruxelles en faveur des sans-papiers, des chômeurs, des occupants de maisons vides, ou pour d’autres raisons valables connaît bien ce personnage. Pour rester polis, nous nous contenterons de dire que le commissaire VandersmiSSen est un triste sire.

Tanguy Fourez est cet homme qui, le 24 mai dernier, en fin de la manifestation contre la loi Peeters, a séché le commissaire VandersmiSSen d’un solide coup bien ajusté. Celui-ci, blessé à la tête en tombant, a dû faire un petit séjour à l’hôpital, où tant de ses victimes l’avaient précédé. Nous avons tous vu la scène, filmée et diffusée sur les réseaux dit « sociaux » : le commissaire poursuit et gaze des manifestants en train de se disperser et, emporté par sa fureur, s’avance imprudemment, gazeuse à la main ; un inconnu surgit alors que le commissaire gaze un énième manifestant, et le met au tapis d’un coup de poing. Ce poing fermé, dressé tant de fois bien haut dans les manifestations comme un symbole de lutte, s’est soudain concrétisé sur la mâchoire du commissaire ! Les images sont claires, Tanguy Fourez n’avait aucune autre arme que son poing. Il n’était manifestement pas préparé à un affrontement, n’ayant même pas pris soin de masquer son visage – erreur fatale, mais hélas fréquente… Sa photo a été publiée dans les journaux, et il s’est présenté de lui-même aux autorités. Laissé en liberté provisoire, il sera cité à comparaître pour « des faits de rébellion armée, port d’arme prohibée par destination et de coups et blessures volontaires avec incapacité de travail sur une personne dépositaire de la force publique », et risque une peine de 5 ans d’emprisonnement – sans préjuger d’autres soucis éventuels au niveau de son boulot etc…

Nous ne cherchons pas à excuser son geste, car il n’appelle pas des excuses mais des éloges. En se portant spontanément au secours d’un autre manifestant agressé par le commissaire VandersmiSSen, Tanguy Fourez a réagi comme un être humain digne de ce nom. Cela échappe manifestement à la direction de son syndicat qui s’est dépêchée de l’exclure et surtout de le faire savoir : « La FGTB souligne qu’un tel comportement violent est incompatible avec ses statuts fédéraux ». La FGTB parle de « comportement violent » uniquement à propos du coup de poing de Tanguy Fourez, et se garde bien de mettre en cause le comportement du commissaire VandersmiSSen, et de façon plus générale l’énorme pression policière exercée sur les manifs à Bruxelles. Par ailleurs, nous n’avons pas souvenir que la FGTB ait jamais émis la moindre protestation contre les agissements du commissaire VandersmiSSen, qui ne datent pourtant pas d’hier.

Il semblerait que Tanguy Fourez ait été aussi un sympathisant du PTB. Le porte-parole de ce parti a fait aussitôt savoir que « Le PTB condamne catégoriquement l’acte de violence commis à l’encontre du commissaire VandersmiSSen. L’agression du commissaire VandersmiSSen est moralement et politiquement inadmissible. De tels actes n’ont pas leur place dans notre société et ne peuvent être tolérés ». Là encore, pas un mot sur les agissements du commissaire VandersmiSSen, sur les brutalités policières systématiques lors des manifestations de rue à Bruxelles.

Cela n’est pas une surprise, à vrai dire. Pour les bureaucrates dirigeant la FGTB comme pour les cadres néo-staliniens du PTB, la reproduction de leur appareil l’emporte sur toute autre considération : comme toute forme institutionnalisée, elles se veulent respectables car respectueuses de la légalité…

A partir de là, les solidarités horizontales n’ont plus lieu d’être et tout geste qui s’inscrit dans ce plan fait tache. De tels gestes, qui jadis faisaient partie intégrante de la culture ouvrière, sont alors condamnés par l’appareil. Ce que nous dit cet acte de veulerie politique consistant à lâcher Tanguy Fourez en pâture aux médias et à la justice, c’est que bureaucrates et politicards n’ont à l’évidence aucun sens éthique. Qu’ils se réclament de l’héritage du mouvement ouvrier ne fait que rendre cela encore plus odieux. Croit-on un instant que les ouvriers insurgés de l’hiver 1960 auraient laissé un des leurs se faire gazer sans réagir ?!

Ces professionnels du discours qui n’ont à la bouche que les mots de « camarades », de « solidarité » etc., que savent-ils de la camaraderie effective entre prolétaires ? de ce sentiment de solidarité inné qui fait qu’un père de famille de 43 ans va frapper un commissaire en train de gazer un autre manifestant ? Tanguy Fourez, révolté par ce qu’il voyait, s’est porté au secours d’un camarade agressé. Il est de ces gens qui n’hésiteraient pas à se jeter à l’eau pour sauver un inconnu en train de se noyer – tandis que les cadres du PTB, sur la berge, hausseraient sans doute les épaules devant une telle manifestation d’aventurisme spontanéiste…
Tanguy Fourez, accablé par la dénonciation médiatico-policière, a tenté de justifier son geste par le fait qu’il avait bu. Une photo diffusée dans les médias le montre une canette de bière à la main. Nous imaginons les réflexions, dans les cercles du pouvoir comme dans « l’inintelligentsia » officielle, sur ces brutes d’ouvriers alcooliques… si en plus de ça Tanguy Fourez regardait les matchs de foot, son compte est bon, tant le mépris de classe aime se parer d’un alibi culturel…

A une époque où règnent la crainte et même la peur, largement instillées par des techniques policières et médiatiques d’une extrême violence, le geste de Tanguy Fourez force le respect. Peut-être qu’une ou deux bières l’ont aidé à surmonter ses inhibitions ? Et alors ?! Il aurait pu poursuivre son chemin et, trop heureux de s’en sortir indemne, laisser son prochain se faire gazer par VandersmiSSen. Mais il est intervenu et ce geste lui fait honneur. Alors que tous les appareils politiques et syndicaux n’ont de cesse de justifier les pires renoncements et les pires trahisons, ravalant la dialectique au rang d’une simple casuistique, le geste simple, clair et précis de Tanguy Fourez relève de ce que nos camarades zapatistes du Sud-Est mexicain appellent « la digne rage ».

Une députée du PTB déclarait récemment au journal d’affaires L’Écho « on est capable de faire des compromis ». Mais l’attitude du PTB par rapport à Tanguy Fourez ne relève même plus du compromis, elle relève de la collaboration. Ces gens pour qui le fin mot de l’Histoire consiste à occuper une place dirigeante dans la sphère du pouvoir n’hésiteront pas, une fois parvenus, à envoyer à leur tour la soldatesque contre leurs propres électeurs si ceux-ci viennent à contester – le XXº siècle a été rempli d’épisodes de ce genre. Leur rhétorique peut faire illusion, mais leurs silences les dénoncent.

Aussi quelques extraits de ce témoignage, portée par une Bruxelloise sur le commissaire VandersmiSSen, aideront à préciser les choses :

« Je m’appelle Lili ; en 15 ans voilà ce que cet homme m’a fait. Il m’a traité de sale pute. Il m’a traité de merde gauchiste. Il m’a envoyé en garde à vue parce que je défendais des familles sans papiers. Il m’a envoyé en garde à vue parce que je défendais la liberté de circulation. Il m’a traité de pute à nègre. Il m’a menacé de garde à vue parce que je défendais des exilés politiques. Quand j’étais au sol menottée et que sa police me frappait, il a posé sa botte sur mon épaule, en « me demandant » de fermer ma gueule. Il m’a envoyé en garde a vue parce que j’étais qu’une sale « gouine de merde ». Il m’a traité de sale gauchiste de merde. Il m’a menacé de viol alors que j’étais en garde en vue dans une cellule, cernée par les policiers qu’il dirigeait. Il a proposé a ses policiers de me violer pour me calmer, il trouvait ça drôle.

Il a organisé de véritables rafles a chaque fin de manif réclamant des papiers pour tous. Ce que je viens de décrire a été vécu et relaté également par la plupart de mes ami-e s ou potes ou connaissances qui sont loin d’être tous et toutes de dangereux gauchistes, mais qui un jour on eut le malheur de se retrouver face à lui. (…)

Cet homme a insulté de sale nègre, sale bougnoule, a peu près tous les arabes et tous les africains noirs que je connais. A frappé et a demandé à sa police de frapper volontairement tous les gens qui se battent contre les injustices, qu’ils viennent d’extrême gauche, du No Border, d’Amnesty…. Qu’ils soient contre les guerres où qu’elles/ils soient pacifistes ou pas.

Cet homme a suscité et généré une violence gratuite inouïe dans notre ville. A suscité la terreur : finir dans une garde à vue gérée par cet homme était synonyme de violence, de peur, de menaces. (…) Pour toutes ces raisons je ne pleurerai pas sur le sort du commissaire VandersmiSSen. »

Pour toutes ces raisons, Tanguy Fourez ne doit pas rester isolé face à la justice. Nous devons réhabiliter cet homme sur qui tous les médias et tous les partis se sont empressés de cracher. Nous devons affirmer notre solidarité avec lui. Son procès est fixé au 14 (17 ?) juin.

Des amis de Tanguy Fourez

* VandersmiSSen aime à rappeler qu’il est « Obersturmbannführer », lieutenant-colonel de police..! (de sa bouche)

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Pour se faire une idée des pratiques de VandersmiSSen et de ses sbires : No Border Bruxelles… Cinq ans déjà et rien n’a changé

Pavé 1 – Matraque 0… VandersmiSSen KO!

Publié: 24 mai 2016 par Page de suie dans Articles

Ô joie, ô bonheur indicible…  🙂

Après des années d’attente nos espérances se sont enfin réalisées, et à force de jouer au con, il a fini par le gagner… son poing dans la gueule.

V’là-t-y pas qu’en faisant le tour du web, je tombe sur l’happy new du jour, VandersmiSSen s’est pris de plein fouet un pavé – un poing? – sur la tête, et à voir les photos… il en gardera quelques points de suture bien visibles! Oh je sais, ça ne réparera pas toutes ses violences, toutes ses sorties réacs et puantes, ça ne retirera pas les centaines de points de suture des compagnon(nes), ni toutes les humiliations sexistes et/ou racistes, mais ça soulage de le voir souffrir et saigner! Si vous connaissez le(a) lanceur(se) – cogneur(se)? – embrassez-le(a) pour moi…

Une nuit à l’hosto et 18 points de suture!

… et le commissaire Pierre VandersmiSSen, qui a reçu un pavé sur la tête, a été blessé. Il a été transporté à l’hôpital, où le commissaire devra rester une nuit. RTBF.be

 

Mais trêve de bla-bla, les photos de la bête :

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Et le live, remarquez les fayots qui se précipitent…

VandersmiSSen KO
VandersmiSSen – le KO en live ! – La vidéo
VandersmiSSen KO (2) – La seconde vidéo

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Pour ceux qui ne connaissent pas l’apôtre… son CV:

Best of VandersmiSSen – Devoir d’enquête

Si je dois condamner la violence,
je commencerai toujours par condamner celle de l’état !

Paris : Ni de leur Guerre, Ni de leur Paix !

Publié: 15 novembre 2015 par Page de suie dans Articles
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« Nous devons anéantir les ennemis de la République… et déchoir de la nationalité ceux qui bafouent ce qu’est l’âme française »

Manuels Valls, Premier ministre, 14 novembre 2015

S’il faut reconnaître une certaine continuité à la République française, c’est bien celle des assassinats de masse. De la Terreur d’État de 1793-94 qui a justement donné naissance au mot terrorisme jusqu’à l’écrasement des insurgés de 1848 et de ceux de la Commune de 1871; de la colonisation ou la déportation des Juifs permise par des fichiers antérieurs jusqu’aux massacres de manifestants algériens en 1961 en plein cœur de Paris, toutes les Républiques françaises ont massacré sans compter pour que des puissants continuent de dominer et d’exploiter tout le monde. La République française est une montagne de cadavres dont l’ordure qui en constitue le sommet n’a pu se maintenir en place qu’en écrasant ses véritables ennemis, les révoltés et les révolutionnaires qui se sont battus pour un monde de justice et de liberté. L’ « âme française », si cette connerie sans nom pouvait jamais exister, serait un placard bourré à craquer de voix criant vengeance contre les bourgeois, les politiciens, les flics, les militaires et les curés qui les ont piétinées pour asseoir leur pouvoir. Ah, mais tout ça c’est du passé. Non ? Des décennies de participation citoyenne, d’intégration marchande et de dépossession généralisée ont-elles vraiment fait oublier à ceux qui gardent encore un brin de sensibilité, que tirer dans le tas n’est pas l’exclusivité de lointains terroristes?
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Que depuis quelques années l’État français a fait son grand retour sur la scène internationale du terrorisme étatique, en multipliant ses attaques militaires aux quatre coins de la planète (Libye, Mali, Afghanistan, Côte d’Ivoire, Somalie, Centrafrique, Irak, Syrie). Le prétexte change à chaque fois, mais les raisons restent les mêmes: garder le contrôle de ressources stratégiques, gagner de nouveaux marchés et zones d’influence, préserver ses intérêts face à ses concurrents, éviter que des insurrections ne se transforment en expérimentations de liberté. Et s’il en était encore besoin, des avertissements sont même lancés pour prévenir les indolents que cette logique de guerre ne connaîtra pas de limites territoriales: la mort d’un manifestant l’an dernier à Sivens ou les corps criblés d’éclats de ceux de Notre-Dame-des-Landes et de Montabot rappellent que les grenades offensives en kaki n’hésitent pas, ici non plus, à être lancées contre des foules pour semer la terreur.
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Car qu’est-ce que le terrorisme, sinon frapper dans le tas de manière indiscriminée pour tenter de préserver ou conquérir le pouvoir ? Un peu comme le font les riches en tuant et mutilant quotidiennement des millions d’êtres humains au travail au nom du fric qu’ils tirent de leur exploitation. Un peu comme le font les industriels et leurs laquais en blouses blanches en empoisonnant durablement toute vie sur terre. Un peu comme tous les États qui enferment et torturent à petit feu les exclus de leurs paradis marchands et les rebelles à leurs lois en les enfermant entre quatre murs pendant des années. Un peu comme ces grrrandes démocraties qui ont fait de la Méditerranée un cimetière peuplé de milliers d’indésirables ayant eu le tort de ne pas disposer du petit bout de papier adéquat. Mais la paix de l’État et du capitalisme est à ce prix. La paix des puissants, c’est la guerre contre les dominés, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.
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Le 13 novembre à Paris, la règle du jeu a été respectée. Qu’il se baptise islamique ou république, califat ou démocratie, l’État reste l’État, c’est-à-dire une puissance autoritaire dont la violence de masse s’applique contre tous ceux qui ne se soumettent pas à son ordre souverain. L’un des principes de tout État est de ne reconnaître que des sujets. Des sujets qui doivent obéir à des lois dictées d’en haut, c’est-à-dire tout le contraire d’individus libres qui peuvent s’auto-organiser sans dirigés, ni dirigeants. Des bombardements de Dresde et Hiroshima jusqu’aux villages du Vietnam passés au napalm ou ceux de Syrie sous des barils de TNT, les États n’ont jamais hésité dans leurs sales guerres à sacrifier une partie de leur propre population, ou celles de leurs concurrents. En frappant des passants parisiens au hasard pour punir leur État, les petits soldats de Daech n’ont fait que reproduire l’implacable logique de leurs concurrents. Une logique terrible, aussi terrible que peut l’être tout pouvoir étatique.
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L’état d’urgence décrété en France depuis hier, mesure de guerre intérieure d’un gouvernement qui place le pays en adéquation avec sa politique de terrorisme international, n’est qu’un pas de plus dans la praxis de base de n’importe quel gouvernement, visant à la normalisation forcée de la vie, à sa codification institutionnelle, à sa standardisation technologique. Parce que si l’État regarde le futur, que voit-il ? Des cracks économiques, un chômage de masse, un épuisement des ressources, des conflits militaires internationaux, des guerres civiles, des catastrophes écologiques, des exodes de population… Il voit en somme un monde toujours plus instable, où les pauvres sont toujours plus nombreux et concentrés, un monde suintant de désespoir, qui se transforme en énorme poudrière, en proie à des tensions en tous genres (sociales, identitaires, religieuses). Un monde où l’allumage de la moindre étincelle, quelle qu’elle soit, ne doit pas être tolérée par une démocratie toujours plus totalitaire. Alors, tout comme « citoyen » est l’autre mot pour « flic », la « guerre au terrorisme » signifie avant tout la guerre contre tous ceux qui rompent les rangs du pouvoir. A tous les insoumis de la pacification sociale, à tous les déserteurs des guerres entre puissants et autoritaires, sabotons l’Union nationale…

Un mauvais sujet, ennemi de la République et de tous les États

Paris, 14 novembre 2015

 

source: Indy Nantes : Paris : Ni de leur Guerre, Ni de leur Paix ! 

 

Juste pour rappel, cette idée n’est pas neuve… Voici ce qui parut en des temps sombres, dans le  » Journal officiel  »

 » Est déchu de la nationalité française à dater du 2 août 1940, monsieur de Gaule ( Charles-André-Joseph-Marie ),  né le 22 novembre 1890 à Lille ( Nord ), s’étant rendu à l’étranger sans ordre de mission régulier « 

Fait à Vichy, le 8 décembre 1940

Bye-bye Saint-Eloi..! By Tarnac crews…

Publié: 30 juin 2015 par Page de suie dans Articles
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Observations concernant le réquisitoire définitif du procureur de la République dans l’affaire dite « de Tarnac »
Bye-bye Saint-Eloi !
Bye Bye Saint Éloi
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Observations concernant le réquisitoire définitif du procureur de la République dans l’affaire dite « de Tarnac »
Par Christophe Becker, Mathieu Burnel, Julien Coupat, Bertrand Deveaud, Manon Glibert, Gabrielle Hallez, Elsa Hauck, Yildune Lévy, Benjamin Rosoux et Aria Thomas.
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Madame la Juge, Le parquet aura donc eu presque un an pour produire un torchon. Ce qui se présente comme un réquisitoire n’est qu’un tissu d’inexactitudes opportunes, d’insinuations malveillantes, de psychologie de comptoir, d’oublis volontaires, de grossiers paralogismes enrichis d’inventions pures et simples. Il nous aurait plu de répondre à des charges avérées, à une argumentation serrée, à des démonstrations impeccables ; ce ne sera pas pour cette fois. Il faut dire que, les éléments à charge étant dans cette procédure à peu près inexistants, le parquet s’est trouvé contraint à broder sur plus de 120 pages autour du néant et, ce faisant, à étaler la laideur de ses procédés. On n’aura pas ici la cruauté de faire la liste des forfaits imaginaires que le parquet attribue généreusement, en deçà de toute investigation, aux mis en examen et sur quoi il fonde ses accusations. Des profils, des personnages sont bâtis à partir d’hypothèses. On évoque des sommes d’argent et des opérations qui n’ont jamais existé. On ne craint pas d’écrire, à quelques lignes de distance, que les mis en examen entendaient « mener une vie communautaire coupée de la société marchande » et qu’ils tiennent l’unique magasin du village. Le reste est à l’avenant.
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Nous ne sommes pas ici face à un réquisitoire, mais à une fiction. Tout le travail du parquet, semblable en cela à ces enfants qui relient entre eux des points dans leur cahier de jeu jusqu’à ce que cela dessine un dragon, aura consisté à relier entre eux, par le trait d’un mauvais récit, des points réels, imaginaires ou faux, jusqu’à miraculeusement obtenir le dessin qui avait été fait par la police dès le premier jour des arrestations, voire plus d’une année avant dans son rapport confidentiel.
Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultra-gauche  française et européenne. On ne s’étonnera pas, à ce point, que le travail de fiction du parquet s’appuie préférentiellement, pour appuyer son triste polar antiterroriste, sur les deux éléments du dossier qui ont le plus d’affinités avec le domaine de la littérature : le témoignage sous X de Jean-Hugues Bourgeois et L’insurrection qui vient. S’il arrive que la très bonne fiction parvienne à rendre compte du réel d’une manière qui semble plus vraie que le réel lui-même, il faut bien avouer que les parquetiers à qui l’on doit ce réquisitoire sont d’exécrables romanciers. Toutes les coutures se voient, le récit ne tient pas , il se contredit en d’innombrables points, son tissu se déchire même par endroits, tant il a fallu tordre les éléments afin de les nouer ensemble.
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On ne nous prendra pas, nous, à nous étonner de ce que le parquet mente délibérément, tronque chaque élément d’enquête dont il se saisit, tente sciemment de salir les mis en examen, et occulte tout élément à décharge ; nous ne lui ferons pas grief de sa partialité bestiale et rituelle…
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Lire la suite – ou télécharger – en PDF ICI


À
lire aussi sur Tarnac, l’excellent ouvrage de recherche de David Dufresne « Tarnac, magasin général », une brique certes, mais méga documenté et objectif.

Article Page de suie : Tarnac – 6 février, le « proçès » du… forgeron

Pourquoi ce titre, « Bye Bye Saint Eloi »..? Et ben, il faut savoir que les trous du cul du « pôle anti-terroriste », ont leurs bureaux regroupé dans une aile du palais de justice de Paris surnommée la « galerie Saint-Éloi »…

Quid de la législation cannabis en Belgique..?

Publié: 19 mars 2015 par Fernand Naudin dans Articles
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Les journaux en avaient fait des choux gras il y a quelques mois…

titres journaux cannabis... du vent!

Qu’en est-il réellement, une fois passé ces effets d’annonce? Ce gros con facho de Bart de Wever va-t-il nous obliger à revenir au moyen-âge? A renouer avec les ruelles sinistres et tout ce qui va avec l’achat de beu à la sauvette..?

Accord de gouvernement  versus  circulaire 2005 ?

Comme vous l’avez tous entendu, la NVA via Bart de mes deux, a obtenu que l’accord de gouvernement comporte une mention sur la fin de la tolérance pour ces sales drogués gauchisss et autres parasites basanés..!

Qu’en est-il réellement dans la pratique? Y-a-t-il du changement pour la plantation, la possession de beu?

En fait, cet « accord de gouvernement » n’est qu’un catalogue d’intentions de ce qu’un gouvernement s’engage à réaliser durant les années de sa mandature. Ce gouvernement ne réalisera parfois pas l’ensemble de son accord ou parfois il fera davantage, en fonction des nécessités… Donc, un « accord de gouvernement » n’a aucune valeur juridique. A ce jour, nous n’avons aucune information en notre possession qui indiquerai que la circulaire de 2005 ne serait plus d’application. »  – Infor drogues BXL

Hé oui, cette circulaire « cannabis » est belle et bien toujours d’actualité et applicable… n’en déplaise aux taches de la NVA.

En clair cela signifie que RIEN, dans l’état actuel de la législation ne permet de vous empêcher de cultiver un plant de cannabis! La possession de trois grammes et d’un plant par personne majeure est toujours d’application. D’ailleurs, la voici en toute lettre cette fameuse circulaire:

SERVICE PUBLIC FEDERAL JUSTICE 25 JANVIER 2005. – Directive commune de la Ministre de la Justice et du Collège des procureurs généraux relative à la constatation, l’enregistrement et la poursuite des infractions en matière de détention de cannabis.

A. Introduction

A la suite de l’arrêt de la Cour d’arbitrage du 20 octobre 2004, publié au Moniteur belge du 28 octobre 2004, lequel a annulé l’article 16 de la loi du 3 mai 2003 modifiant la loi du 24 février 1921 concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes, désinfectantes ou antiseptiques et des substances pouvant servir à la fabrication illicite de substances stupéfiantes et psychotropes, des instructions similaires provisoires ont été récemment diffusées dans chaque ressort. Elles concernaient les poursuites en cas de détention par des personnes majeures de quantités très limitées de cannabis.

Il s’agit des instructions suivantes :

  • La circulaire du procureur général près la cour d’appel de Bruxelles du 16 décembre 2004;
  • la circulaire du procureur général près la cour d’appel de Gand du 30 novembre 2004;
  • la circulaire du procureur général près la cour d’appel de Mons du 27 décembre 2004;
  • la circulaire du procureur général près la cour d’appel d’Anvers du 17 décembre 2004;
  • la circulaire du procureur général près la cour d’appel de Liège du 29 octobre 2004

B. Portée

1. La présente directive commune confirme les dispositions des circulaires qui ont été diffusées par les différents procureurs généraux.

Afin de faciliter l’application de ces dispositions, ces circulaires sont remplacées par la présente directive commune qui comprend aussi un complément relatif à la constatation et à l’enregistrement de certaines infractions à la législation sur les drogues.

La présente directive commune ne modifie pas les dispositions de la directive ministérielle du 16 mai 2003 relative à la politique des poursuites en matière de détention et de vente au détail de drogues illicites qui ne sont pas liées à l’article 16 de la loi du 3 mai 2003, annulé par la Cour d’arbitrage.

La présente directive commune entre en vigueur le 1er février 2005. C. Directives concernant les poursuites

1. La détention, par un majeur, d’une quantité de cannabis à des fins d’usage personnel, sera, comme par le passé, considérée comme relevant du degré de priorité le plus bas de la politique des poursuites, sauf si cette détention est accompagnée de circonstances aggravantes ou d’un trouble à l’ordre public.

2. Comme le prévoit la directive ministérielle du 16 mai 2003 relative à la politique des poursuites en matière de détention et de vente au détail de drogues illicites, la quantité de cannabis détenue par une personne majeure, considérée, à défaut d’indice de vente ou de trafic, comme relevant d’un usage personnel, sera de 3 grammes maximum ou d’une plante cultivée.

On se réfère à ce sujet à l’article 26bis, 2°, de l’arrêté royal du 31 décembre 1930 réglementant les substances soporifiques et stupéfiantes et relatif à la réduction des risques et à l’avis thérapeutique, tel qu’inséré par l’arrêté royal du 16 mai 2003, qui détermine les infractions qui appartiennent à la « première catégorie », à savoir les infractions d’importation, de fabrication, de transport, d’acquisition et de détention de substances soporifiques et stupéfiantes, ainsi que la culture de plantes de cannabis, pour l’usage personnel.

3. Les circonstances aggravantes sont celles mentionnées à l’article 2bis de la loi du 24 février 1921. Les circonstances qui constituent un trouble à l’ordre public sont :

  • la détention de cannabis dans un établissement pénitentiaire ou dans une institution de protection de la jeunesse;
  • la détention de cannabis dans un établissement scolaire ou similaire ou dans ses environs immédiats. Il s’agit de lieux où les élèves se rassemblent ou se rencontrent, tel qu’un arrêt de transport en commun ou un parc proche d’une école;
  • la détention ostentatoire de cannabis dans un lieu public ou un endroit accessible au public (p. ex. un hôpital).

Le procureur du Roi tiendra compte des circonstances locales et donnera, le cas échéant, des directives plus précises. En vue du maintien adéquat de l’ordre public et en tenant compte de la capacité des services de police, chaque procureur du Roi peut diffuser une directive particulière en cas de rassemblement de masse. Cette directive provisoire et spécifique doit viser un événement bien précis et être motivée par les circonstances propres à cet événement (p. ex. un festival rock).

D. Directives concernant la constatation et l’enregistrement

1. La constatation de la détention par une personne majeure d’une quantité de cannabis ne dépassant pas 3 grammes ou d’une plante de cannabis, destinées à l’usage personnel, sans circonstance aggravante ni trouble à l’ordre public, ne donnera lieu qu’à la rédaction d’un procès-verbal simplifié (PVS). Dans tous les autres cas, un procès-verbal ordinaire sera rédigé.

2. Dans le procès-verbal simplifié, seules les données suivantes seront reprises :

  • numéro de notice
  • lieu et date des faits
  • nature des faits (type et quantité du produit)
  • identité complète de l’auteur
  • résumé de sa version des faits.

3. Les procès-verbaux simplifiés seront conservés sur support électronique au service de police qui a fait la constatation.

4. Une fois par mois, les procès-verbaux simplifiés seront transmis, au moyen d’un relevé, au parquet du lieu où la constatation a été faite.

5. Les procès-verbaux simplifiés ne seront pas introduits dans le système TPI/REA. Comme il ne s’agit pas de dossiers du parquet, ils n’appartiennent pas au flux d’entrée, au stock ou au flux de sortie des parquets. Ils ne seront, dès lors, pas comptés dans les statistiques du parquet.

6. Les infractions qui, dans le cadre de la présente directive, seront enregistrées dans un PVS, ne donneront pas lieu à une saisie des substances stupéfiantes. Ces dernières pourront donc rester en possession de l’intéressé. Si celui-ci en fait abandon volontaire, ces substances seront détruites sans délai par le responsable désigné à cette fin dans le service de police concerné.

Bruxelles, le 25 janvier 2005. La Vice-Première Ministre et Ministre de la Justice, Mme L. ONKELINX

Le procureur général près la cour d’appel de Bruxelles, président du Collège des procureurs généraux, A. VAN OUDENHOVE Le procureur général près la cour d’appel d’Anvers, Mme Ch. DEKKERS Le procureur général près la cour d’appel de Mons, G. LADRIERE Le procureur général près la cour d’appel de Gand, F. SCHINS Le procureur général près la cour d’appel de Liège, C. VISART de BOCARME

source: http://www.ejustice.just.fgov.be

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Bref, l’accord de gouvernement… c’est du flan, et quant au manneke Bart, on lui pisse à la raie joyeusement, en roulant nos pétards..!

Sur ce… il est méchamment temps de penser à semer, bouturer and co., hein.🙂

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Et pour nos potes français…   Je veux que l’État cesse de me menacer de prison parce que je fume!

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Édit de décembre 2015:

Comme de nombreux pays, Le Canada va devenir le premier pays du G7 à légaliser le cannabisSera-t-on les derniers en Europe à dépénaliser et légaliser le cannabis?

Je ne suis pas Charlie et je t’emmerde

Publié: 11 janvier 2015 par Page de suie dans Articles
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Les parisiens se sont réveillés ce mercredi, et à travers eux le monde entier, dans une odeur macabre de poudre. Quelques fanatiques religieux – ce ne sont pas les premiers, ce ne seront pas les derniers – ont ouvert le feu lors de la réunion hebdomadaire de la rédaction du journal Charlie Hebdo. Une douzaine de morts et des blessés, dont une majorité de journalistes et caricaturistes connus de tous et habitués des mass médias, ainsi que deux flics – qui à la différence des autres, recevaient salaire pour se faire tirer dessus. Hormis peut-être chez quelques vieux loups de guerre, la première réaction que ces événements suscitent est l’empathie face à la terreur de cet assaut. En effet, cet attentat qui est le plus meurtrier en France depuis celui, fasciste, du train Strasbourg-Paris le 18 juin 1961 lors de la guerre d’Algérie, ne peut que faire résonner l’effroi face à la détermination et la fuite en avant de ses perpétrateurs. L’effroi, également, face à l’infamie religieuse qui détourne plus que jamais une bonne partie de l’humanité d’une véritable réflexion sur le monde qui l’entoure. A cela, pour nous anarchistes et révolutionnaires, vient s’ajouter l’effroi de la sempiternelle union nationale. Cette union nationale que l’on nous ressort à chaque fois que les États ont besoin de chair à canon prolétarienne. Car ce sont toujours les mêmes à qui l’on demande de se sacrifier sur les sentiers de la gloire pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, comme la nation, la « paix » ou la république, pendant que les décisionnaires se grattent le dos sous les dorures de leurs palais.

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On nous avait déjà fait le coup il y a cent ans, en 1914, nous exhortant à l’unité face aux « boches », ou il y a quelques années avec «l’affaire Merah», et c’est pareil aujourd’hui. Patrons et travailleurs, prisonniers et matons, flics et « délinquants », riches et pauvres, tous unis, main dans la main pour observer le deuil national. Aujourd’hui, il n’y a plus de classes, plus de barrières entre les gens, ni de barricades, pourtant des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues de toute la France (et même ailleurs). Mais au fait, qui cela arrange-t-il ? Certainement pas les indésirables qui peuplent les rues de Paris et du monde. Soudain, le terrorisme d’État, le terrorisme républicain et démocratique, les terroristes du fric, versent leurs larmes de crocodiles et se font passer pour les gentils, les djihadistes leur servent l’opportunité sur un plateau qui prend les proportions de l’univers, à tel point qu’il ne nous manque plus aujourd’hui que le maréchal pour prendre la tête de l’organigramme. Mais aujourd’hui il ne s’agit pas de récupérer l’Alsace-Lorraine, il s’agit de « défendre les valeurs de laïcité et la liberté d’expression ». Que de la merde, en somme, pour nous qui voulons détruire toutes les religions, et qui refusons toute liberté d’expression à tout ce qui porte une cravate, une soutane ou n’importe quel autre uniforme ou titre de noblesse.

Chacun y va de son petit commentaire lacrymal, chaque parti, chaque organisation, de tous les bords imaginables et possibles, libertaires inclus [1], nous recrache le discours prémâché des « barbares » à l’assaut du « vivre-ensemble ».

Mais c’est quoi au juste un barbare ?

Arrêtons-nous un instant sur ce terme. Du grec bárbaros (« étranger »), le mot était utilisé par les Grecs anciens pour désigner les populations n’appartenant pas à leur civilisation, définie par la langue et la religion hellénique. Le barbare est donc l’autre, celui qui ne partage pas la même soupe, ou bien celui qui ne la mange pas à la même table. Montaigne disait : « Nous appelons barbarie ce qui n’est pas de notre usage ». Comme nous l’avions déjà dit ailleurs, nous ne connaissons pas de barbares, nous ne connaissons que des individus survivant au sein de cette civilisation morbide. Nous ne connaissons pas d’en-dehors, nous connaissons des exclus, oui, mais ils ne pourraient pas être plus dedans qu’ils ne le sont déjà.

Les « barbares » du jour sont bien loin d’être en-dehors de la civilisation, bien qu’il soit probablement rassurant de le penser pour ses défenseurs. Tout comme le fameux « gang des barbares » en son temps, ils sont bien de purs produits de la civilisation. Ils en connaissent les codes, en utilisent les outils, et ne sont pas bien loin de ceux qui les fustigent en toute hypocrisie. Car cela ne fait que peu de différence, au fond, si les assassins portent un uniforme vert ou noir, s’ils crient « vive la démocratie » ou « Allahu akbar », s’ils portent un drapeau tricolore ou djihadiste, s’ils sont sanctionnés par l’opinion publique ou non, si leurs boucheries sont légales ou illégales, s’ils nous massacrent pour nous apporter leurs Lumières ou leur obscurité. En commettant leurs macabres exactions ils se mettent tous au même niveau, à partir du moment où ils refusent à l’individu de se réaliser comme il l’entend.

Le terrorisme n’est pas une pratique barbare, c’est une pratique hautement civilisée, la démocratie n’est elle pas née de la Terreur ? C’est pour cette raison qu’il faut combattre la terreur au même titre que la civilisation qui la produit et en a besoin, des « septembriseurs » de 1792 aux peines de prison exterminatrices et à Daesh aujourd’hui. Qui sont ils, ces porcs en cravate qui envoient leurs armées à l’assaut des populations de Centrafrique, d’Afghanistan et d’ailleurs, et qui aujourd’hui nous donnent des leçons de pacifisme lorsque douze personnes sont assassinées à Paris ? Ils sont exactement tous ceux qui défilent actuellement à la TV pour verser quelques larmes à peu de frais pour gagner ou ne pas perdre un ou deux misérables points de plus dans leurs tout aussi misérables sondages d’opinion.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas plus Charlie qu’hier, et la mort ne transforme pas nos adversaires ou nos ennemis d’hier en amis d’aujourd’hui, nous laissons ce rapport au monde aux hyènes et aux vautours. Nous n’avons pas pour habitude de pleurer sur les tombes de journalistes (mêmes vaguement alternatifs ou libertaires) et de flics, car cela fait bien longtemps que nous avons identifié les médias et la police comme les deux armes essentielles de ce terrorisme civilisateur, par la fabrication du consentement, d’une part, par la répression et l’enfermement, de l’autre. Voila pourquoi nous refusons de pleurer des loups avec d’autres loups, ou même avec des moutons.

Ces prédateurs qui nous exhortent aujourd’hui à pleurer en cœur avec eux, à déclarer « Je suis Charlie », ces mêmes prédateurs en costards qui sont responsables de l’essor de groupes et de mouvances horrifiantes comme Al-Qaeda ou Daesh, anciens alliés des démocraties occidentales contre les périls précédents avant de prendre une place de choix sur le podium des périls géostratégiques d’aujourd’hui. Ces mêmes salauds qui chaque jour, dans leurs tribunaux, leurs commissariats, leurs taules, assassinent, enferment, mutilent et séquestrent celles et ceux qui ne suivent pas le chemin tout tracé qu’ils nous imposent à coups de trique et d’éducation. Ces mêmes êtres civilisés qui font crever chaque jour à leurs frontières celles et ceux qui tentent de fuir la misère et les guerres qu’eux-mêmes provoquent, ou leurs ennemis du jour, salafistes et consorts.

Ces salauds-là, nous n’avons aucune envie de les voir continuer à nous civiliser ou nous supprimer, et encore moins à se serrer les coudes avec eux. Car c’est contre eux que nous voulons nous serrer les coudes, contre eux et contre tous ceux qui sous divers prétextes, religieux, politiques, communautaristes, interclassistes, civilisateurs et nationalistes, ne nous envisagent que comme des pions à placer, à sacrifier, sur un échiquier immonde et absurde. Il est bon, aujourd’hui comme hier et demain, de rappeler ces quelques mots de Rudolf Rocker, lorsqu’il affirmait que « les États nationaux ne sont que des organisations d’églises politiques ; que la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif ».

Cependant, il ne s’agit pas d’amoindrir le danger que représentent ces fous d’Allah, ces amoureux de l’auto-soumission et du masochisme moral. Et si nous sommes aujourd’hui complètement dépassés par leurs capacités à recruter un peu partout pour aller se faire sauter à droite à gauche, il faudra se poser des questions à ce sujet pour sortir de l’incompréhension. Tout en ne cédant pas aux sirènes de ceux qui ne souhaitent que nous diviser encore un peu plus en élargissant à partir d’une infime partie des musulmans, la stigmatisation de toute une population pour arriver au prétendu « choc des civilisations » qui les fait tant rêver, en fait la guerre civile, dont ils ne se rendent probablement pas compte des conséquences qu’elle pourrait avoir pour nous tous.

Et que dire de cet homme de ménage criblé de balles, froidement exécuté, qui n’avait rien demandé ? Qui s’en soucie ? Il n’avait probablement pas de compte twitter, il n’avait probablement pas ses entrées dans le spectacle moderne, il n’avait pas de nom, pas de visage, pas de copain pour le chialer à la TV. Il n’était pas Charlie. Il n’est qu’un dommage collatéral de quelques fous de dieu à la gâchette illuminée, comme tant d’autres en ce moment, comme les millions de victimes collatérales des États à travers le monde. Il s’appelait Frédéric Boisseau et il était père de deux enfants de 10 et 12 ans.

Une chose est sûre, il n’y a rien à choisir entre peste et choléra, entre un quelconque dieu avec ses prophètes égorgeurs, crucifiés ou massacreurs et un quelconque État de merde avec ses flics et ses militaires assassins. Nous refuserons encore et toujours la sommation de choisir entre plusieurs formes d’esclavage et de soumission. Le choix que nous voulons faire ne pourra venir que de nous même, et c’est celui de la liberté.

Dans cette époque désespérante, face à la pseudo « unité nationale », face à la guerre civile, aux djihads des fanatiques et aux « guerres propres » des États, il nous faut remettre la guerre sociale sur le devant de la scène, jusqu’à ce que la scène brûle.

Des anarchistes,
le 7 janvier 2015.

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Texte disponible en [deutsch]  –  [italiano]
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Notes

[1Petit jeu, cette déclaration est-elle extraite du communiqué du Groupe J.B Botul de la Fédération Anarchiste ou bien du discours de François Hollande ? : « Nos camarades de Charlie Hebdo viennent de payer un lourd tribut à la liberté d’expression. Plusieurs policiers font également partie des victimes. Nous rendons hommage à tous et à toutes ces victimes. […] les anarchistes respectent la liberté de croyance dès lors qu’elle s’exerce dans le cadre d’une république laïque. » (sic)

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Également :

Terreur et union nationale  &  Terrorisme d’État : qui saura résister à « l’impératif d’unité nationale » ?

« Charlie Hebdo », pas raciste ? Si vous le dites…

La vieille peau royale a cassé sa pipe! Ouf, une de moins..!

Publié: 6 décembre 2014 par Fernand Naudin dans Articles

Je n’avais plus allumé une TV depuis des mois… et puis tantôt je sais pas pourquoi mon pouce s’est retrouvé sur la télécommande, je zappe et ô joie indescriptible, je tombe sur trois chaines qui parlent de la « brave » reine Fabiola… « putain elle a canné! » me dis-je. Vérification faite… yes!

Elle en a mis du temps a canner cette Fabiola, et elle nous en a couté du fric cette vieille bourgeoise royale. Si les autres parasites au sang bleu pouvaient la suivre rapidement… y s’ont pas envie de faire un tour en famille sous le pont de l’Alma avec un chauffeur ivre?

Fabiola nous aura emmerdé 50 ans avec son intégrisme catho, ses évasions fiscales, ses dotations, ses soit-disant « fondations », et toutes les péripéties habituelles de ce genre de babouins royaux.

Notez, il fait pas bon ces temps-ci pour ces racailles au sang bleu… Il y a peu c’était la copine de tata Fabi qui cassait sa pipe, la duchesse d’Albe, elles avaient en commun un amour immodéré pour l’encloué mystique, pour les grands domaines et pour les sousous… des autres!

Duchesse d'Albe et Fabiola

Juste pour le fun : Scandales royaux en Belgique : le prince des voleurs et la reine de l’arnaque

Fabiola et le dictateur Franco, ou la face obscure de la Reine Blanche

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Divers commentaires trouvés sur la toile…🙂

« Je suis triste. D’un chagrin insondable tant il est profond! Fabiola est morte avant que je n’aie eu l’occasion de lui dire en face tout le mal que je pensais d’elle. »

« Quand une personne décède, il y a l’habitude de dire  » c’était une bonne personne, tchic tchac », moi je fais pas partie de ceux la. Quand on creuse plus loin l’histoire de certaines personnalités, y a de quoi dégueuler. JAMAIS mais alors JAMAIS, je n’aurai de respect pour ceux ou celles qui ont collaboré de près ou de loin au régime de Franco. Ça serait renier les miens et manquer de respect a tout ceux qui ont perdu des proches dans cette dictature. »

« Quand une ordure décède cela reste une ordure… son décès ne lui donne pas l’absolution »

« Cette femme se disait ma reine, je suis athée, elle était bigote, je suis démocrate, elle frayait avec Francisco Franco, je suis féministe, elle déniait aux femmes certains droits essentiels… »

« Go straigh to hell fucking bitch !!!!!!!!!!!!!« 

« Il n’y a pas de sot métier… Reine en est un comme un autre… Sauf que sa retraite est à 86 ans.« 

« Je ne suis pas raciste, mais… »

L’enquête commence par ces mots, tant et tant de fois entendu : « Je ne suis pas raciste, mais..! » Gilles Cayatte et Christophe Nick – Yami2 productions – s’attachent à déconstruire un préjugé. Les préjugés, nous les subissons tous depuis la maternelle. Certains sont naïfs, stupides, inoffensifs… d’autres sont cruels, détruisent des vies, sont cause de racisme, de haine et de peur! Celui-ci est bien connu, rabâché dans les meetings de droite et par les roquets Zémour et Marine depuis des lustres – oups, par la gauche aussi, j’oubliais que Valls en était – et bien sur repris en cœur par les médias mainstream. Ce préjugé..? « l’immigration et la délinquance en France seraient liés »

DISCRI

Partie 1 : IMMIGRATION ET DÉLINQUANCE, L’ENQUÊTE QUI DÉRANGE

Prenons un préjugé très répandu en France. « Plus il y a d’immigrés, plus il y a de délinquance ». John Paul Lepers – le journaliste – , qui en est fermement convaincu, veut vérifier. À l’aide du recensement de l’INSEE et des statistiques du ministère de l’Intérieur, il se rend d’abord dans les communes de France qui comptent le plus d’immigrés : Aubervilliers, Beausoleil, Oyonnax. Les écarts de délinquance dans ces quatre communes en tête du hit-parade de l’immigration sont tels qu’il doit changer de méthode. Il compare la délinquance dans deux grosses agglomérations que tout oppose : Montbéliard, à très fort taux d’immigrés et Caen, avec quasiment pas d’immigrés.  Les résultats le stupéfient : ce sont les mêmes. Avec l’aide de statisticiens et de spécialistes de la criminalité, il démontre que le lien entre immigration et délinquance n’est pas vérifié.

Partie 2 : LA FABRIQUE DU PRÉJUGÉ

Dans un second film, John Paul Lepers essaye de comprendre pourquoi ce préjugé est tenace. Il découvre des mécanismes insidieux qui sont à la racine de toute discrimination. À l’aide de professeurs en psychologie sociale, il réalise des expériences dans des écoles primaires et dans des salles de laboratoire qui révèlent les processus inconscients qui nous poussent à créer des catégories humaines et à leur apposer des stéréotypes, qui deviennent des préjugés à la base de toute discrimination.

Une enquête pour les Français qui doutent. Ces deux films vont choquer, et je le revendique. Au début du premier film, « immigration et délinquance, l’enquête qui dérange » je raconte une expérience personnelle, avec des mots crus : « Dernièrement, à Paris, une dizaine de jeunes, noirs et arabes, a essayé de voler mon scooter, je l’ai récupéré, mais ils m’ont frappé ». Pourquoi ai-je précisé qu’il s’agissait de  jeunes « noirs et arabes », au risque d’être condamné pour cette précision ethnique. J’ai décidé de prononcer ces mots parce que je sais aujourd’hui que nous sommes dans l’erreur, et que cette situation est dangereuse pour notre pays.

Pendant le tournage de ces films, j’ai accepté de me mettre à nu. J’ai abandonné mon idéologie, et j’ai voulu me fondre dans cette France qui est malade des bouleversements qu’elle subie. Nous – une majorité de Français, et je m’y inclus – avons la quasi certitude que la montée de la délinquance est liée à l’immigration. Certes, nous ne l’exprimons pas de la même manière, car pour certains il s’agit d’une opportunité politique, pour d’autres c’est un sentiment presque honteux, mais nous en sommes là, collectivement.

Sur ces questions essentielles, les sentiments, bons ou mauvais, ne suffisent pas. Avec Christophe Nick et Gilles Cayatte, nous avons mené l’enquête, pendant de long mois. A partir des statistiques officielles que nous avons minutieusement vérifiées sur le terrain, nous apportons des preuves qui montrent que non, et je dois vous dire que j’ai eu du mal à le croire, la délinquance n’est en aucune manière liée à la présence d’immigrés sur notre territoire. Les immigrés ne sont pas plus, et bien sur pas moins délinquants que les autres Français. Qu’on se le dise !

Le premier film apporte, à tout citoyen de bonne foi, des exemples concrets et des chiffres précis, qui constituent potentiellement une boite à outils pour combattre ceux qui ont intérêt à opposer les communautés qui forment la France.

Le deuxième documentaire, s’attache à nous expliquer comment naît un préjugé, et pourquoi nous en sommes, en fait, victimes. Une plongée scientifique et subtile dans nos imaginaires collectifs. »

John Paul Lepers

Les préjugés..? On peut les colporter et les ânonner bêtement, mais on peut aussi les réfléchir, les conscientiser pour travailler dessus.
Source : Yami2 Productions

ZAD, Ils végètent, on s’enracine !

Publié: 30 novembre 2014 par Page de suie dans Articles
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Nouvelles fraîches de la ZAD

Chantier collectif de plantation et semis d’arbres en pépinière.

Rendez-vous le dimanche 14 décembre de 10 à 18 heures au carrefour du moulin de Rohanne

Pendant que les décideurs s’embrouillent dans un méli-mélo juridique, que la préfecture cherche encore un moyen de nous dégager, que les médias tentent de nous diaboliser… nous on continue d’occuper !🙂

Avec ou sans projet d’aéroport, nous habitons ici et sommes déterminé-e-s à y rester. C’est pourquoi nous avons défriché un terrain pour y planter une cinquantaine d’arbres fruitiers.

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Comme lors de l’ouverture de la ferme maraîchère du Sabot en 2010 ou d’autres dynamiques  « Sème ta Zad », nous invitons petit-e-s et grand-e-s à participer avec nous à l’occupation de cette parcelle en :

  • Plantant et paillant les arbres
  • Semant des graines et noyaux
  • Installant une clôture autour de la pépinière, etc…
    .

Parce que les savoirs et savoir-faire sont trop peu partagés nous avons imaginé cette journée comme un moment convivial et propice à l’échange. Nous mêmes ne sommes pas des spécialistes et désirons retransmettre autant qu’apprendre.

Comment venir ?

Le carrefour du moulin de rohanne est un carrefour à 4 « branches » qui se situe sur la D81 entre Vigneux de bretagne et le carrefour des Ardillères (carrefour qui sépare les directions Fay de bretagne et Notre dame des landes, voici un lien vers la carte détaillé de la ZAD). C’est aussi l’emplacement de la cabane du « non-marché » et le lieu de ramassage des poubelles pour la ZAD (repères visuels). Des panneaux y indiqueront la direction pour aller à pied au champ où auront lieu les plantations, à deux pas du carrefour.

Nous avons un plan de verger précis, nous n’aurons pas forcément de place pour planter des arbres que vous voudriez offrir. Par contre si vous avez gardé des pépins ou noyaux de fruitiers ou d’arbres des haies locales et que vous souhaitez les planter ici avec nous, c’est bienvenue !

Pour celles et ceux qui veulent :

  • Il y a encore du boulot de défrichage (ronces et prunelliers), amenez des outils adaptés si vous êtes motivé-e-s !
  • Vous pouvez vous débarrasser de vos cendres de bois en nous les amenant, ce sera un très bon engrais pour les arbres !

Venez avec des bottes et si vous voulez, un truc à grignoter à partager.
On se charge du repas de midi !

Pour toutes questions/remarques :
racinespourlouest@riseup.net

dimanche 14 décembre de 10 à 18 heures au carrefour du moulin de Rohanne

Le lien vers « Sème ta ZAD » d’avril 2013

30 ans… 30 ans!

Voici une vidéo que des amis ont réalisés:

Pour la éniéme fois, le tribunal d’application des peines de Paris du 30 septembre, a statué sur la dernière demande de libération de Georges déposée en mars 2014… et jugé le 5 novembre cette demande irrecevable. Un appel de cette décision a été déposé par l’avocat dès le lendemain. Il sera examiné en cour d’appel de Paris le 18 décembre 2014 à 13h30.

On se souvient que lors de la dernière procédure de 2012, le tribunal avait donné un avis favorable à une libération en l’attente d’un arrêté d’expulsion, que Valls n’a pas voulu signer. De 2012 à 2013, Georges Abdallah a du subi diverses péripéties judiciaires : évaluation de sa dangerosité au CNE de Fresnes, audiences, appels, ajournements, pour en arriver à ce qu’une cour de cassation, casse et annule l’arrêt de la cour d’appel de janvier 2013 et déclare irrecevable la demande de libération.

J’espère ne pas devoir refaire un article l’année prochaine…

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Les articles précédents:

Toujours pas de libération pour Georges Ibrahim Abdallah…!

Libération sans condition..!