Articles Tagués ‘Prisonniers politiques’

30 ans… 30 ans!

Voici une vidéo que des amis ont réalisés:

Pour la éniéme fois, le tribunal d’application des peines de Paris du 30 septembre, a statué sur la dernière demande de libération de Georges déposée en mars 2014… et jugé le 5 novembre cette demande irrecevable. Un appel de cette décision a été déposé par l’avocat dès le lendemain. Il sera examiné en cour d’appel de Paris le 18 décembre 2014 à 13h30.

On se souvient que lors de la dernière procédure de 2012, le tribunal avait donné un avis favorable à une libération en l’attente d’un arrêté d’expulsion, que Valls n’a pas voulu signer. De 2012 à 2013, Georges Abdallah a du subi diverses péripéties judiciaires : évaluation de sa dangerosité au CNE de Fresnes, audiences, appels, ajournements, pour en arriver à ce qu’une cour de cassation, casse et annule l’arrêt de la cour d’appel de janvier 2013 et déclare irrecevable la demande de libération.

J’espère ne pas devoir refaire un article l’année prochaine…

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Les articles précédents:

Toujours pas de libération pour Georges Ibrahim Abdallah…!

Libération sans condition..!

Une plongée vertigineuse dans les abysses de l’inhumanité
…une réflexion saisissante sur l’acte de tuer.

C’est l’histoire d’un réalisateur qui se rend en Indonésie pour réaliser un documentaire sur le massacre de plus d’un million d’opposants politiques en 1965, il ne s’imagine pas que, même 45 ans après les faits, les survivants terrorisés n’oseraient pas s’exprimer. Mais surtout, il ne s’attend pas à cette situation pour le moins ubuesque, sordide, où les bourreaux, eux, protégés par un pouvoir corrompu, s’épanchent librement et proposent même de rejouer joyeusement les scènes d’exactions qu’ils ont commises. Ces bourreaux revivent fièrement leurs crimes devant la caméra, en célébrant avec entrain leur rôle dans cette tuerie de masse…

The Act of Killing

On croirait l’affiche d’un road-movie sinistre… sauf que Safit, Anwar et Adi sont des criminels d’état en balade.

On avance dans ce film comme dans un cauchemar éveillé :
« En un mot, ce documentaire est brutal »

Qui se souvient qu’en Indonésie, en 1965, la junte militaire, aidée d’un mouvement milicien privé surnommé « les gangsters », a écrasé toute velléité du parti communiste à prendre le pouvoir, exposant plus d’un million d’opposants politiques à un massacre cruel et systématique? Qui sait que, 45 ans plus tard, l’Indonésie, qui s’inscrit dans un processus de modernisation et de développement parmi les plus spectaculaires au monde, n’a toujours pas réglé ces comptes avec ce sombre passé? Les bourreaux d’alors sont libres de leurs mouvements et considèrent la démocratie sous un angle conceptuel. Les survivants quant à eux, toujours terrorisés, n’osent pas s’exprimer.

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Cet ancien tortionnaire revit avec un plaisir non dissimulé son odieuse technique d’exécution, n’omettant aucun détail!

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SYNOPSIS

En 1965, après l’assassinat de six généraux de l’armée indonésienne, le président Suharto désigne les responsables : le parti communiste indonésien. Des expéditions punitives sont aussitôt lancées, qui vont durer plusieurs mois. Un million de morts sont à déplorer, tués pour leur appartenance réelle ou supposée au parti communiste, syndicalistes, opposants divers, défenseur des droits humains, etc… Joshua Oppenheimer a retrouvé certains des tortionnaires qui ont participé au massacre. La justice ne les a jamais poursuivis. Ils racontent leur action et rejouent même, face caméra, les scènes de tortures auxquelles ils ont participé, sans manifester le moindre remord. Les survivants, eux, sont toujours ostracisés…

LA CRITIQUE

On est d’abord frappé de stupeur. Tout paraît choquant, effarant, obscène. Est-ce un canular de mauvais goût ? Une farce kitsch et trash dans l’archipel indonésien ? Une chose est sûre : ces presque deux heures passées en compagnie de tortionnaires relèvent de l’expérience extrême… Octobre 1965. L’armée prend le pouvoir à Jakarta. Pendant plus d’un an, la junte extermine les membres et sympathisants du Parti communiste local : entre cinq cent mille et un million de personnes, selon les estimations.

Pour raconter ce génocide oublié, le documentariste américain Joshua Oppenheimer se tourne vers les rares survivants, qui refusent de parler, trop dangereux. Ce diplômé de Harvard part alors à la rencontre des tueurs eux-mêmes, toujours bien en cour dans l’Indonésie d’aujourd’hui : une poignée de mafieux psychopathes, ravis de se vautrer dans leurs souvenirs sanglants. Il leur propose de rejouer leurs crimes dans des mises en scène de leur choix. Le dispositif enthousiasme le leader des sadiques, un certain Anwar Congo, crinière chenue et silhouette juvénile dans ses costumes en lin, soucieux de son élégance jusque sur les lieux de supplice où il évoque, comme d’autres le bon vieux temps, sa méthode pour tuer sans « tacher ».

Bande annonce: http://www.dailymotion.com/video/x15tb17_the-act-of-killing-bande-annonce-vostfr_shortfilms

The act of killing en streaming ( director cut vost) – cosmos documentaries

The act of killing en streaming ( director cut vost) – putlocker

(les sous-titres sont en anglais, mais les dialogues sont simplistes, même moi je peux suivre…)

De terroriste à héros planétaire

Alors là, je ne comprends plus rien. Les hommages hypocrites pleuvent sur la tombe de « Madiba » comme s’il était un héros pour tous. On oublie presque ou on feint d’oublier qu’il n’a jamais été du même du bord que les oppresseurs, ni parmi leurs mercenaires de réserve. Rappelons que Madiba a toujours été du côté des opprimés, qu’il a été un fervent défenseur de la cause palestinienne. Rappelons aussi que l’ANC a été considéré comme une organisation terroriste par les Américains et la plupart les pays occidentaux, que tous les états réputés racistes, colonialistes et criminels collaboraient en bonne intelligence avec le régime d’apartheid. L’Occident hégémonique a perdu sa guerre abjecte contre un mouvement de libération, mais l’occident, comme à son accoutumée, récupère tout ce qu’il peut des symboles de ses adversaires pour en faire de la quincaillerie au service de sa doctrine des bonnes intentions. On efface l’image du révolutionnaire qui défendait la légitimité de résister à l’oppression par tous les moyens, y compris par la lutte armée, pour ne retenir que l’homme de paix ; on occulte son soutien à la cause palestinienne sous la figure d’une Pop star courtisée et prise en photo aux côté de tous les grands hypocrites en mal de reconnaissance. Mais toute l’idéologie sous-jacente à cette récupération n’effacera jamais le vrai sens du combat de Madiba pour la liberté et la dignité de son peuple»

Madiba, de son nom tribal signifiant « le fauteur de troubles », est mort. Lorsqu’un homme de 95 ans disparaît, on dit qu’il a eu « une belle vie ». Mais peut-on affirmer cela au vu du parcours de Nelson Mandela ? Non. Celui qui, enfant, labourait et gardait les moutons au Transkei, bantoustan[i] des anciennes provinces du Cap, ne profita pas pleinement de ses années d’existence. Combattant pour la liberté, il paya 27 ans de la sienne pour obtenir celle des autres. Qualifié de  « terroriste » au milieu sa vie, il l’achève en « héros de l’humanité ». Le tout dans un barnum médiatique hypocrite confortant une grave amnésie politique …

Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

Aujourd’hui, le monde entier salue le départ d’un homme d’exception. Plus discrètement, beaucoup témoignent de son immense fierté, de son allure de dandy, de sa susceptibilité, de son arrogance lors de ses études de droit à Johannesburg. Mais ses camarades de l’époque expliquent cette fierté comme une réaction aux humiliations subies dans un système ouvertement raciste. Une de ses amies se souvient de son indignation dans le bureau où il effectuait son stage d’avocat, où la ségrégation allait jusqu’aux tasses de thé : des tasses spéciales pour les blancs et des tasses plus laides pour les noirs, peu importe leur statut…

Mandela est donc le fruit d’une indignation et décide de désobéir face à l’injustice. Il s’est farouchement battu pour les revendications légitimes de sa population : le droit au logement, à la liberté d’expression, à l’égalité. Mandela a lutté pour que l’Afrique du Sud appartienne à tous ceux et celles y vivent : noirs, blancs, métis, Indiens. Il a milité afin que le peuple gouverne, qu’il profite des richesses du pays, que tous les citoyens soient égaux en droits, pour que l’éducation et la culture soient accessibles à tous, que la sécurité et l’emploi soient assurés. Il voulait que les Blancs comprennent que leur propre avenir, leur propre liberté seraient garantis à condition  qu’ils donnent la liberté aux Noirs et partagent avec eux le pays.

Est-ce bien cet ardent défenseur de la liberté qui est aujourd’hui salué par Marine Le Pen ? La fille de Jean-Marie qui, président du FN en 1990, déclarait à la libération de Mandela : « Cela ne m’a ni ému, ni ravi. J’ai toujours une espèce de méfiance envers les terroristes, quel que soit le niveau auquel il se situe »[ii] ? Est-ce bien cet homme, combattant pour l’égalité, qui est aujourd’hui salué par le Premier ministre britannique, David Cameron, digne héritier de Margaret Thatcher ? Celle qui affirmait : «l’ANC est une organisation terroriste type… Quiconque croit qu’elle va gouverner l’Afrique du Sud est dérangé» et qui, par ailleurs, n’a jamais soutenu l’égalité en quoi que ce soit ? S’agit-il aussi du même Cameron qui se rendit en 1989 en Afrique du Sud, pour le compte « d’une société chargée de faire du lobbying contre les sanctions imposées au régime sud-africain qui pratiquait alors l’apartheid »[iii] ? Est-ce encore Mandela qui est désigné comme « un résistant exceptionnel » par l’impopulaire président François Hollande ? Alors que la résistance du leader de l’ANC fût également tournée contre la France qui a soutenu durant des décennies l’apartheid sud-africain ?

Est-ce toujours ce militant pour la Justice qui reçoit un hommage virtuel de la part d’une des premières entreprises américaines : Google ? Alors que les gouvernements nord-américains ont soutenu quasiment jusqu’au bout l’apartheid ? Et est-ce aussi ce « nègre des champs » qui se fait applaudir par le « nègre de maison » qu’est Obama ? Barack, l’imposteur : essentiellement élu sur base de la couleur de sa peau et de ses formidables capacités d’acteur hollywoodien…

Le premier président métis des USA tenta désespérément de rencontrer peu avant sa mort celui qu’il l’a, soudain, « tant ému ». Des semblants de sourires ont dû se dessiner sur les visages de la famille Mandela lorsqu’ils lui ont répondu : « Non,  Monsieur le Président, malheureusement, ce ne sera pas possible : Madiba est malade ». La vérité est que le lion Mandela renâclait à l’idée de serrer la  main du sosie politique de Michael Jackson … Comment Mandela, malade, aurait-il pu supporter de voir Barack, l’esclave « noir » au service d’une Amérique blanche, s’agenouiller devant lui alors que, toute sa vie, il a refusé de subir pour lui-même cette infamie ?

Tous ces hypocrites n’ont-ils pas honte ? Ils devraient, pourtant.

Car l’actuelle adoration de la majorité des politiciens occidentaux vis-à-vis de Mandela relève de la mascarade honteuse. Celui qui fut désigné comme un «terroriste », un « allié des communistes », devient soudain un « héros », un « symbole ». Du grand cinéma sur fond d’amnésie politique !

En premier lieu, chez nous, en Belgique. Exemple : Jean Gol, ex-ministre de la justice, éternel complice du tyran congolais et pro-apartheid Mobutu, mentor du député européen Louis Michel, lui-même paternel de l’actuel président du MR (Mouvement Réformateur), Charles Michel. Jean Gol, donc, fut l’un des principaux hommes politiques belges à considérer Nelson Mandela comme une « menace terroriste ».

N’oublions pas non plus le lobby pro-apartheid au Parlement belge, agissant sous le nom de Protea. Parmi ses membres-fondateurs, on pouvait compter 18 députés du CVP (Christelijke Volkspartij – ancêtre de l’actuel CD&V) ; 18 parlementaires et responsables de la Volksunie (le parti nationaliste flamand dont est issu l’actuel N-VA de Bart De Wever) et 8 parlementaires du PVV (Partij voor Vrijheid en Vooruitgang – l’actuel parti libéral Open VLD). [iv]

On se souviendra également du grand rôle que la Belgique a joué dans l’accès à l’arme nucléaire pour l’Afrique du Sud de l’apartheid ; en collaboration avec la France, les États-​​Unis, la République Fédérale Allemande (RFA), Israël et le Japon. Avant de devoir signer, suite aux multiples protestations, l’embargo international. Mais trop tard. Certes, l’Afrique du Sud a renoncé à l’arme atomique et signé le Traité de non-​​prolifération nucléaire mais elle reste l’unique pays africain à disposer d’une centrale nucléaire, située à Koeberg. Centrale qui fonctionne toujours avec l’aide des entreprises françaises …

A l’instar d’Ernesto Che Guevara, Salvador Allende et Patrice Lumumba, Nelson Mandela eut droit à l’effrayant sobriquet octroyé par le pouvoir dès qu’on tente de le faire tomber : terroriste. Pendant longtemps, ces ardents défendeurs de la liberté et de l’autodétermination de leur peuple furent en effet listés par le Congrès américain comme terroristes. Jusqu’en 2008, le nom de Nelson Mandela et celui de ses compagnons de l’ANC figuraient sur la liste des personnes à surveiller dans les bases de données de l’immigration américaine…

Dès lors, une question s’impose : les terroristes d’aujourd’hui sont-ils les héros de demain ?

Rappelons à nos politicien(ne)s amnésiques que, jusqu’au milieu des années 80, les « pères » de ceux qui saluent Mandela aujourd’hui jugeaient qu’il ne fallait « pas prendre de sanctions » contre l’Afrique du Sud car c’était « contre-productif » … Il fallut attendre l’immense succès planétaire du concert de Wembley en hommage à Mandela, regardé par  600 millions de téléspectateurs dans 67 pays, pour que les politiciens occidentaux voient dans l’« ex-terroriste », un « héros »[v]. Un retournement de veste qui fut surtout conditionné par la fin de la guerre froide. Contexte dans lequel l’Occident capitaliste n’avait plus besoin d’un pouvoir dictatorial blanc et anticommuniste à la tête de l’Afrique du Sud. Pour autant, le succès du  concert anglais de 1988 – relevant du « jamais vu » pour un prisonnier politique – contribua incontestablement  à accélérer les choses …

Dans l’actuel bal des faux-culs, sont évidemment appelés à jouer leur partition l’allié favori des politiques : les médias traditionnels. Pour rivaliser de vulgarité…  Notamment via cet attentisme sur la mort du héros, annoncée depuis plusieurs mois. N’ont-ils pas honte, eux aussi ? La production de cette lamentable série, aux multiples épisodes, jouant avec obscénité de la fin de vie d’un homme est indigne d’une information de qualité ! Obsédés par leur logique du scoop et du buzz, les médias de masse ont à nouveau fait preuve d’une double incapacité. A savoir : apporter un regard neuf et pertinent sur le parcours d’un progressiste, au lieu de cette espèce de feuilleton de télé-réalité morbide.

Les jeunes qui ont assisté à cette propagande sont-ils armés pour l’identifier et l’analyser ? On peut craindre que non. Et pour cause : à quand un enseignement scolaire de qualité sur l’histoire de l’apartheid et du combat pour son abrogation ? A quand une critique historique sur le soutien des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Israël et de la France à la politique d’apartheid ? A quand une Histoire écrite non pas par les oppresseurs mais par les opprimés ?

Le combat d’une vie d’un homme debout mérite mieux que des engouements médiatiques largement hypocrites. Afin que la lutte de Nelson Mandela n’ait pas été vaine, il s’agit de mettre en œuvre une réflexion commune sur le sens de son combat. L’Histoire est censée nous fournir une expérience afin que jamais les horreurs du passé ne se reproduisent. Et malgré que les peuples et gouvernants, trop souvent, n’apprennent rien de l’Histoire, comme Mandela, il faut garder espoir.

Par Aurore Van Opstal, 07 décembre 2013

■ ■ ■

[i] Les bantoustans étaient les régions créées durant la période d’apartheid en Afrique du Sud et au Sud-Ouest africain, réservées aux populations noires

[iv] « Les Barbares. Les immigrés et le racisme dans la politique belge », éditions EPO

Ou le retour des Zeks?

Dans une lettre ouverte publiée par le Guardian, Nadezhda Tolokonnikova, une des Pussy Riot, condamnée l’année passée à deux ans de travaux forcés pour « hooliganisme et blasphème », décrit ses conditions de détention au camp de travail pour femmes en Mordovie, le tableau qu’elle en dresse nous fait penser aux descriptions de ce qu’étaient les goulags du petit père des peuples…

Je commence le lundi 23 septembre une grève de la faim. C’est une pratique extrême mais je suis convaincue que c’est la seule solution qui s’offre à moi pour sortir de ma situation actuelle. L’administration pénitentiaire refuse de m’écouter. Mais, en échange, je refuse de me plier à ses exigences. Je ne resterai pas silencieuse, à regarder mes camarades prisonnières s’effondrer à cause de la fatigue engendrée par les conditions proches de l’esclavage que nous subissons. J’exige que l’administration pénitentiaire respecte les droits humains, j’exige que le camp de Mordovie fonctionne dans le respect de la loi. J’exige que nous soyons traitées comme des êtres humains et non comme des esclaves.

Cela fait un an que je suis arrivée à la colonie pénitentiaire n°14 dans le village de Parts, en Mordovie. J’ai commencé à entendre parler des colonies pénitentiaires de Mordovie alors que j’étais toujours détenue au Centre n°6 avant mon procès, à Moscou, avec les prisonniers qui disaient tout le temps: “Ceux qui n’ont jamais été emprisonnés en Mordovie n’ont jamais été emprisonnés du tout”. Ils ont les niveaux de sécurité les plus élevés, les journées de travail les plus longues et les violations de droit les plus flagrantes. Quand ils vous envoient en Mordovie, c’est comme s’ils vous conduisaient à l’échafaud. Jusqu’au dernier moment, elles continuent d’espérer: “Peut-être qu’ils ne vous enverront pas en Mordovie après tout ? Peut-être que ça va se calmer ?” Rien ne se calme, et à l’automne 2012 je suis arrivée au camp, sur les bords de la rivière Partsa. »

« J’ai été accueillie par ces mots du chef de la colonie pénitentiaire le lieutenant-colonel Kupriyanov, qui, de facto, est l’administrateur en chef de notre colonie: “Concernant la politique, vous devez savoir que je suis staliniste”. Le colonel Kulagin, l’autre chef de l’administration – la colonie est dirigée en tandem – m’a convoquée le premier jour avec pour objectif de me forcer à confesser ma culpabilité. “Un malheur vous est arrivé, n’est-ce pas ? Vous avez été condamnée à deux ans dans la colonie. Les gens changent d’avis normalement lorsque de mauvaises choses leur arrivent. Si vous voulez être en liberté conditionnelle dès que possible, vous devez avouer votre culpabilité. Si vous ne le faites pas, vous ne serez pas mise en liberté conditionnelle”. Je lui ai dit directement que je ne travaillerais que les huit heures imposées par le code du travail. “Le code est une chose – ce qui importe réellement est de remplir votre quota. Si vous ne le faites pas, vous faites des heures supplémentaires. Vous devez savoir que nous avons brisé des volontés plus fortes que la vôtre”, m’a répondu Kulagin. »

Voici quelques unes des règles de détention en vigueur au camp n°14 :

« Afin de maintenir discipline et obéissance, il existe un système de punition officieux. […] Les prisonnières perdent leurs « privilèges hygiéniques » – le droit de se laver et d’utiliser les toilettes –  et leurs « privilèges de restauration » – interdit de manger sa propre nourriture ou ses boissons ». (l’obligation légale de fournir des protections périodiques aux détenues ne date que de 1999…)

 « Ma brigade travaille dans l’atelier entre 16 à 17 heures par jour. De 7 h 30 du matin jusqu’à minuit et demi. Au mieux, nous dormons quatre heures par nuit. Nous avons une journée de repos tous les mois et demi » […] Rêvant seulement de dormir et de boire une gorgée de thé, la prisonnière exténuée et sale devient du mastic dans les mains de l’administration, qui nous voit seulement comme de la main d’œuvre gratuite. En juin 2013, mon salaire fut de 29 (29 !) roubles (0,67 €) par mois. Notre brigade coud 150 uniformes de police par jour. Où va l’argent qu’ils récoltent avec ?

...entre 16 à 17 heures par jour. De 7 h 30 du matin jusqu'à minuit et demi!

…entre 16 à 17 heures par jour. De 7 h 30 du matin jusqu’à minuit et demi!


Où ont voit que le système des « kapos » est toujours de mise sous toutes les latitudes…

« Certaines sont battues. Ils les frappent dans les reins, dans la figure. Les prisonnières elles-mêmes donnent les coups, aucune blessure n’a lieu sans le consentement ni l’approbation de l’administration. Il y a un an, avant que j’arrive, une Tzigane […] a été battue à mort. L’administration a pu couvrir ce décès. La cause officielle de la mort est un « accident vasculaire cérébral ». Dans une autre unité, une couturière qui n’avait plus la force de poursuivre a été déshabillée et forcée à coudre nue. On est surveillées de très près, y compris par les détenues faisant office d’agent et de mouchard auprès de l’administration et qui devront rendre compte de nos moindres faits et gestes« 

Outre les tortures et supplices corporels, Nadejda Tolokonnikova détaille des blocs insalubres, et un manque d’hygiène sciemment organisé par le pouvoir dans le but de briser… 

« Les conditions d’hygiène au sein du camp sont pensées pour faire sentir à chaque prisonnière qu’elle est un animal sale et dégoutant, privé de tout droit. Bien qu’il y ait des « pièces d’hygiène générales » dans les dortoirs, il y aussi une « salle d’hygiène générale » utilisé dans un but punitif. Cet endroit a une capacité de cinq personnes, mais les 800 prisonnières y sont envoyées pour se laver. Nous n’avons pas le droit de faire notre toilette dans nos dortoirs – ce serait trop facile. » Nous sommes autorisées à laver nos cheveux une fois par semaine. Cependant, même ce jour-là peut être annulé. Une pompe cassera ou la tuyauterie sera coupée. A un moment, mon unité n’a pas pu se laver pendant deux, voire trois semaines. Quand la tuyauterie tombe en panne, nous nous faisons éclaboussées par de l’urine et des déjections sortent de la pièce d’hygiène. Nous avons appris à déboucher les tuyaux nous-mêmes mais nos succès ne durent pas – les tuyaux sont vite à nouveau bouchés. Comme punition, ils peuvent aussi donner aux prisonnières du pain rassis, du lait tourné, du millet oxydé et des patates pourries. Cet été, ils ont apporté des sacs de petites patates noires en vrac qu’ils nous ont données en guise de nourriture.

Si aucune dénonciation n’a filtré, c’est parce que les prisonnières ont peur de leur propre ombre, la délation et la répression règne en maître, tous les moyens sont employés pour que les incriminations ne s’échappent pas du camp, et que les prisonnières soient réduites au silence.

« Les plaintes ne sortent pas de prison. La seule chance de voir une incrimination aboutir est de se plaindre via un proche ou un avocat. L’administration, mesquine et vengeuse, utilisera entre temps tous les mécanismes possibles pour mettre la pression sur la prisonnière, dont la plainte fera empirer les choses au lieu d’aider tout le monde. Ils pratiquent la punition collective : vous vous plaignez qu’il n’y ait pas d’eau chaude, ils coupent l’eau complètement. Les prisonnières ont peur de leur propre ombre. Elles sont complètement terrifiées ».

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Dans l’espoir que les conditions de détention changent, Nadejda Tolokonnikova s’est tout de même plainte. Des réclamations qui lui ont valu, de recevoir des menaces de mort du directeur adjoint de la prison. Ce qui explique sa décision de commencer une grève de la faim.

« Je refuse de participer au travail d’esclave qui a cours dans ce camp. Je continuerai jusqu’à ce que l’administration respecte la loi et arrête de  traiter les femmes incarcérées comme du bétail, […] jusqu’à ce qu’ils nous considèrent comme des humains ».

L’administration carcérale russe a, – on s’en doute – rejeté ces accusations, et a clamé outrée,  qu’il s’agissait d’un « chantage » pour que la détenue soit affectée à un travail moins éprouvant… On en attendait pas moins de ces descendants de tchekistes!

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Mais qu’en est-il réellement des conditions de « détentions » dans ces goulags poutiniens?
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Ces camps, hérités du Goulag, respectent les grands classiques, ensembles de bâtiments (administration, blocs des détenus, zone de travail forcé…) entourés de palissades, de barbelés et de miradors, souvent adossés à des villages. Des blocs de 100 à 120 femmes, en uniforme, avec leur nom sur la poitrine. Le système pénitentiaire russe prévoit un seul type de détention pour les femmes, le camp à régime ordinaire. La palette est beaucoup plus large pour les hommes : camp à régime ordinaire, à régime sévère, à régime spécial, et prison. Actuellement, 50-60.000 femmes sont détenues dans une quarantaine de camps en Russie.

Comme à la belle époque du goulag?

« Les journées se suivent et se ressemblent », raconte une ex-prisonnière. « On se lève à 5h15, gymnastique, ménage, petit-déjeuner, inspection, travail, inspection, déjeuner, travail, inspection, ménage… » Et cerise sur le gâteau, les prisonnières doivent porter la jupe par tous les temps. « Corvéables à merci », elles doivent travailler dedans ou dehors, qu’il fasse -30°C ou -40°C. (Les détenues portent en effet toutes le même uniforme de couleur verte ou grise, la jupe et le foulard sont obligatoires, les vêtements chauds sont interdits sauf une « veste en coton » vaguement molletonnée qui est donnée pour l’hiver.)

La t° "moyenne" en janvier est de -11° en Mordovie et pas d'autres vêtements que... ça!

La t° « moyenne » en janvier est de -11° en Mordovie et pas d’autres vêtements que… ça! Et une petite veste en coton…

Les détenues qui ont un travail au camp – moins de la moitié – gagnent 4 à 75 euros par mois. Un salaire ponctionner à la source pour payer la « nourriture et les produits de première nécessité ». Le travail consiste généralement à coudre des uniformes pour l’administration pénitentiaire, l’armée et le ministère de l’intérieur.

Les prisonnières ont le droit de téléphoner, en général une fois par mois, mais la conversation ne peut dépasser 15 minutes. Les Moscovites ne sont pas forcément envoyées dans l’un des deux camps situés dans la région de Moscou, mais peuvent se retrouver à des centaines de kilomètres de là.

Dans ces camps coexistent trois régimes de détention : normal, allégé et sévère.

Le régime normal autorise six visites courtes (jusqu’à 4 heures) et quatre visites longues (jusqu’à trois jours) par an. Les visites longues permettent de se retrouver dans une pièce à part avec son mari ou des parents. La visite de non-membres de la famille peut être autorisée par l’administration.

Le régime allégé, réservé aux détenues bien notées – lire les mouchards et les kapos – , permet d’acheter nourriture et produits de première nécessité sans restriction et autorise deux visites longues supplémentaires.

Le régime sévère est appliqué – pour une période de trois mois – à celles qui ont violé le règlement : consommation d’alcool, de drogue, insulte envers un membre de l’administration, refus d’obéissance ou de « jouer le jeu »… Ces détenues sont isolées des autres, privées de téléphone et de visites, et enfermées dans des cellules d’où elles ne sortent qu’une heure et demie par jour pour prendre l’air.

Les camps sont censés être des lieux de réinsertion. Mais « quand une femme sort du camp, on lui donne 19 euros et un billet de train de troisième classe pour rentrer à la maison ». « Tant pis si elle n’a plus de maison. » En octobre dernier, un gardien d’un camp de femme de la région de l’Amour (Extrême-Orient russe) a été arrêté après la diffusion sur Youtube de vidéos le montrant en train de battre à coups de poing et de coups de pied deux prisonnières.

Des règles de groupe plus destinées à l’humiliation qu’à la rééducation

« Ces camps sont bel et bien des prisons », prévient Lev Ponomarev, grande voix à Moscou parmi les défenseurs des droits de l’homme, qui a créé l’ONG « Pour la défense des droits des prisonniers ».

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Ces colonies pénitentiaires n’ont pas rompu avec les pratiques soviétiques du goulag. Les 750 « camps de travail » répartis à travers toute la Russie, se trouvent d’ailleurs souvent sur les sites des anciens goulags de l’époque soviétique, et s’inscrivent dans une même logique carcérale : éloigner et isoler le détenu, le contraindre à une éprouvante vie en communauté, lui imposer des règles de groupe davantage destinées à l’humiliation qu’à la rééducation. Ces « camps » sont aussi l’un des foyers de reprise de la tuberculose en Russie. Par ailleurs, une hiérarchie interne est mise en place par les matons au sein des prisonnières.

« Bien sûr, ce n’est plus l’époque stalinienne. Des « travaux de modernisation » ont été menés. Mais c’est loin d’être le cas partout. C’est parfois pire que sous Brejnev car, aujourd’hui, il y a beaucoup plus de corruption et beaucoup moins de discipline », s’inquiète Lev Ponomarev, dont l’ONG a aussi dénoncé des cas de torture dans une vingtaine de ces « camps ». « Certaines des pires pratiques héritées des goulags sont par ailleurs encore à l’œuvre », poursuit-il, rappelant « la tradition chez les geôliers de choisir certains prisonniers pour contrôler et punir eux-mêmes leurs camarades en échange de privilèges ».

Nous vivons derrière des barbelés, on nous a tout pris, on nous a séparés de nos amis et de nos familles, mais tant que nous ne participons pas à ce système, nous sommes libres. » Irina Ratouchinskaïa

Confusion de la môme Joëlle lors d’une question sur son implication dans l’affaire Kimyongür au Sénat

La nouvelle affaire Bahar Kimyongür a été abordée au sénat lors d’une question à la ministre Milquet sur son implication propre et sur l’implication de la Belgique dans l’arrestation de Bahar Kimyongür à Cordoue il y a quelques jours. Lors de sa « réponse », la ministre confond visiblement le DHKP-C et le PKK (sic). Puisqu’à plusieurs reprises lorsqu’on lui demande en quoi le DHKP-C a été abordé lors de sa rencontre avec les autorités turques le 22 mai, elle répond entre-autres « Abdullah Öcalan », « le processus de paix » et « le désarmement dans les montagnes près de la frontière ». L’incompétence à l’état pur..!!!!

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Joelle Milquet sinistre de l'Intérieur

T’as pris un coup de vieux Jojo… même le maquillage à outrance ne cache plus les dégâts. On finit toujours par ressembler à ce qu’on est à l’intérieur…

Source: Secours Rouge
Petite mise au point

Bon, ayant eu des échos de commentaires sur Indy paris… j’ai été voir, et voici ce qu’en disent les membres du collectifs: « Propos plus que limites et complotistes et plaidoyer sur le site page de suie de Bahar Kimyongür un collaborateur de Michel Collon ayant donné des conférences en présence de négationnistes et de militants d’extreme droite. »

Bon… OK, la liberté d’expression des camarades étant un principe intouchable, je ne critiquerai point. Notez tout de même que cet article ci-dessus n’est pas un « plaidoyer » pour ou contre Bahar Kimyongür, mais bien une attaque contre une ministre incompétente! Ici, je critique uniquement le fait qu’elle mente ouvertement et qu’elle confond stupidement  le DHKP-C et le PKK… ce qui, pour une ministre de l’intérieur, revenant de Turquie, est inadmissible de connerie!!! Que son incompétence porte sur ce Bahar Kimyongür, n’en diminue pas la portée.

Quand aux Collon and co. Je pense les avoir assez critiqué pour qu’on se rende compte qu’ils me débectent clairement. Bref, c’est pas sympa de lancer des rumeurs assassines sans se donner la peine de vérifier à quel point je pisse allègrement sur l’extrême droite et tout ceux qui essayent de faire passer subtilement leurs thèses puantes! On peut refuser un article sans salir à la légère une réputation, non?

La Cour de Cassation a annulé la décision de libérer Georges Ibrahim Abdallah, 62 ans, incarcéré dans les prisons françaises depuis 29 ans!

Le 20 novembre 2012, le Tribunal d’application des peines avait accordé sa libération conditionnelle, mais le parquet a fait appel de la décision et la France s’est retrouvée sous la pression croissante des Etats-Unis et d’Israël. Résultat? Plus de libération pour Georges.

« Nous ne pensons pas qu’il doive être libéré et nous poursuivons nos consultations avec le gouvernement français à ce sujet », avait déclaré en janvier dernier la porte-parole du département d’État US Victoria Nulan. « Nous sommes très préoccupés qu’il puisse revenir au champ de bataille. »

Le chien puant qui fait office de ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, avait refusé de signer l’ordre d’extradition d’Abdallah le matin de sa libération anticipée en janvier, provoquant des protestations et des actions dans de nombreux pays.

Abdallah a été condamné à la prison à perpétuité sur une présomption d’implication dans l’assassinat de deux diplomates, l’aide de camp d’un militaire américain et un Israélien en 1982. Le tribunal n’ayant pu présenter des preuves concrètes contre lui, il avait été emprisonné pour faux-passeport.

La cour de cassation de France, la plus haute cour d’appel, a statué contre sa libération sur la base que l’extradition d’Abdallah ne permettrait pas une période de liberté conditionnelle d’un an. Son expulsion du pays était une condition nécessaire à sa libération. Mais les militants libanais disent qu’il y a encore un espoir, et attendent l’audience du 11 avril du Tribunal d’application des peines où ils espèrent contrer l’appel. Il est cependant difficile de savoir si la décision de jeudi peut être contestée.

« Une affaire comme celle-ci ne peut être contestée sur la base des sources juridiques françaises », a dit à Al-Akhbar Joseph Abdallah, frère de Georges. Des dizaines de militants se sont rassemblés devant l’ambassade de France à Beyrouth pour protester contre la décision, poursuivant des mois de sit-ins pour exiger la libération d’Abdallah.

Source: Al Akhbar english

Libération sans condition..!

Publié: 2 février 2013 par Page de suie dans Articles
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Le scandale Georges Ibrahim Abdallah

Imaginons le scandale si le 23 janvier dernier, Florence Cassez – dont on se saura sans doute jamais si elle est coupable ou innocente – n’avait pas libérée malgré la décision positive de la cour suprême du Mexique. Imaginons que ce refus des autorités politiques mexicaines avait été expliqué par le fait que la diplomatie américaine avait fait pression sur le gouvernement mexicain pour la maintenir derrière les barreaux et y purger complétement sa peine de 60 ans… c’est-à-dire emprisonnée jusqu’à 91 ans, un âge où elle aurait été certes moins dangereuse pour la société…

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Nous ne pouvons même pas imaginer ce scénario improbable à l’encontre de la française Florence Cassez, alors qu’ici en France, c’est la réalité pour le libanais Georges Ibrahim Abdallah.

Georges Ibrahim Abdallah, arrêté, jugé, emprisonné en France depuis 28 ans et quatre mois, n’est pas sorti de sa prison pour être extradé vers son pays le Liban, comme la justice l’a décidé, mais il reste détenu comme les États-Unis l’ont exigé. Outre le département d’Etat américain qui s’est dit mécontent de la décision du Tribunal de procéder à la libération de Georges Abdallah et à son expulsion, ce qui a fortement influencé la décision de non-recevoir de la part de Manuel Valls piloté par l’Élysée et le Ministère des Affaires Étrangères dans une période où, comme nous l’avons déjà écrit, la France a besoin des USA pour continuer sa guerre de recolonisation malienne sous prétexte antiterroriste, voilà désormais que des élus US ont exprimé leur opposition à la libération de Georges Abdallah.

En effet, Grace Meng, élue démocrate à la Chambre des Représentants et membre de la commission des Affaires Étrangères, a estimé dans une déclaration le lundi 28 janvier 2013 que : « la condamnation à perpétuité de M. Abdallah était  nécessaire» […] « S’il était libéré au Liban, M. Abdallah pourrait très bien reprendre ses actes de terrorisme, et viser des citoyens en France, aux États-Unis, ou dans d’autres pays alliés. Nous devons rester fermes et unis contre la menace terroriste. M. Abdallah doit rester en prison jusqu’à la fin de sa vie ».

De plus elle a indiqué que : « elle allait rédiger une lettre en ce sens avec des élus de toutes tendances politiques, car on ne peut pas rester les bras ballants quand un pays libère le meurtrier d’un Américain en service diplomatique »… omettant de préciser « agent de la CIA »… Si cela n’est pas une ingérence sur un fonctionnement et dans une décision souveraine de justice, et une pression sur le gouvernement de la France, c’est quoi d’autre ? La France est-elle à la botte des USA simplement parce qu’elle ne dispose plus des moyens matériels pour transporter ses armes de guerres et ses troupes vers le Mali ?

Georges Abdallah est libérable depuis plus de 10 ans, il a été jugé et la justice a en 2013, ordonné sa libération et son expulsion, et personne n’a autorité pour empêcher et contraindre cette décision. Dans le cas contraire, c’est un parjure affiché et un déni de démocratie qui auront un jour des conséquences.

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Les Français viennent aujourd’hui d’imposer des conditions supplémentaires à la libération de Georges, en plus de simplement vouloir gagner du temps. Ils souhaitaient le faire secrètement, de sorte que leur sale besogne ne se puisse se voir au grand jour. Ils veulent que le discours de bienvenue à l’occasion de son retour au Liban soit fait la nuit, à un moment qu’ils auront choisi et sans l’annoncer. Ils veulent que Georges célèbre l’évènement seul avec sa famille, de sorte que sa victoire sur ses geôliers terroristes passe inaperçue. Ils veulent même que le pauvre État libanais garantisse que la libération d’Abdallah aura lieu conformément à leurs souhaits. Plus que cela, les Français demandent que toutes les manifestations de solidarité prennent fin…