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Kombucha, un champignon qui vous veut du bien…

Publié: 9 mars 2014 par Page de suie dans Coups de coeur
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Kombucha..? Quésaco?

Je connaissais le classique kéfir, mais un ami m’a ramené une « mère » de kombucha de Roumanie la semaine dernière, on s’est évidement empressé d’essayer. Du thé noir, du sucre, un grand bocal Weck, de l’eau, un peu de patience, et le tour est joué.

kombuchaAvez-vous déjà entendu parler des bienfaits et du goût exceptionnel des aliments fermentés, lacto and co. Ils ont souvent des effets spectaculaires pour l’organisme du fait de la transformation des levures et des bactéries en éléments indispensables pour le corps humain. Les boissons fermentées, il y en a des kyrielles et le kombucha en fait partie. Elle très originale et naturelle du fait qu’on y ajoute aucun produit industriel. Une fois qu’on a le champignon-mère de kombucha, sa préparation est très facile.

C’est quoi la kombucha ?

La kombucha est une boisson rafraîchissante, un peu acide (elle atteint un pH de 4 à 2,5), très légèrement pétillante, en provenance de l’Extrême Orient (Chine, Corée, Mongolie). On peut la « cultiver » dans n’importe quel endroit du monde. On l’obtient à partir de la fermentation d’une petite membrane visqueuse qu’on appelle « mère de kombucha » dans du thé noir sucré. Elle est réputée pour avoir des bienfaits sur la santé si on en boit régulièrement. C’est au début du XXe siècle qu’elle est arrivée en Russie puis dans les Balkans, en Pologne et a fait son apparition au Danemark, en Allemagne, en Tchécoslovaquie et en Roumanie. Depuis la kombucha s’est répandu progressivement dans d’autres pays et devient de plus en plus populaire. C’est le gaz carbonique dégagé par la fermentation qui apporte à la boisson une agréable mais vraiment très légère effervescence. Le sucre lui, sert de nourriture aux micro-organismes qui constituent le « champignon », il va lui permettre d’augmenter sa masse et de se reproduire tout en dégageant dans la boisson des substances bénéfiques et énergétiques.

Les vertus de la kombucha.

Si vous êtes intéressé par la kombucha, autant savoir tous les bienfaits qu’elle peut apporter. Composé de nombreuses bactéries qui sont bénéfiques pour l’organisme, elle contient plein d’éléments nutritifs tels que de l’acide glucuronique, de l’acide gluconique, de l’acide lactique dextrogyre, de l’acide folique, de l’acide acétique, des vitamines (B1, B2, B6, B12, C, PP etc…), des sels minéraux, des enzymes actifs, des acides aminés essentiels, des substances antibiotiques, et une petite quantité d’alcool (entre 0,1 et 0,5°), elle est reconnue avoir des effets thérapeutiques. La kombucha facilite la digestion, elle aide à prévenir le cancer et guérit plusieurs maladies infectieuses. En consommer régulièrement permet donc d’avoir une santé de fer et est aussi une prévention contre les maladies. Ceux qui ont découvert cette boisson ne peuvent plus s’en passer. Le kombucha est surtout détoxifiant, purifiant, régulateur des fonctions essentielles de l’organisme et c’est le sang qui en récolte directement les bienfaits. Et le plus c’est qu’on peut en consommer à tout moment de la journée et quasi sans limite.

Ingrédients et ustensiles nécessaires :

  • un champignon mère de kombucha
  • un litre de l’eau
  • une casserole
  • un récipient en verre ou en porcelaine
  • une étoffe laissant passer l’air (gaze, étamine, ou autre qui empêche l’entrée des insectes)
  • un élastique

Pour un Litre d’eau :

80 à 100 grammes de sucre + 8 à 10g de thé noir (+/- 2 cuillères à café) + 1 cuillères à café de vinaigre de cidre afin d’acidifier le milieu (lors de la première fermentation uniquement). L’idéal étant de la préparer par 3 à 5 litres dans un récipient à large ouverture. Si le thé est en sachet, ouvrez-les, certains sachets récents contiennent des composants qui peuvent nuire au champignon mère et le faire dépérir.

Préparation :

  • Faites bouillir l’eau avec le sucre
  • Retirez la casserole du feu et faites infuser le thé dans l’eau (15mn)
  • Versez en filtrant les résidus dans le récipient en verre (ou toute autre matière mais il faut absolument éviter le métal)
  • Quand la préparation est refroidie à 25° versez le vinaigre de cidre (pour la première préparation uniquement)
  • Déposez le champignon en surface, côté clair et brillant dessus (il va momentanément coulé)
  • Recouvrez avec l’étoffe et maintenez-la grâce à un élastique autour du bocal
  • Laissez fermenter dans un endroit chaud (20-25°), à l’abri du soleil et aéré (ne jamais fermer hermétiquement)
  • Au bout de quelques jours, goûtez le liquide, qui doit commencer à avoir une odeur sympa de kéfir/vinaigre doux/cidre
  • Lorsque le goût vous convient ou aux alentours du 8-10ème jour de fermentation, récupérez délicatement le champignon (avec des mains bien propres..!)
  • Filtrez le liquide (avec une passoire à thé ou un filtre café réutilisable en nylon) et le verser dans une bouteille que vous conserverez au frais jusqu’à consommation (Ne pas trop attendre sinon la boisson deviendra trop acide)

■ ■ ■

Pour les fois suivantes, rincez délicatement la « mère » avec un peu de vinaigre de cidre (elle adore l’acidité), retirez-en les éventuelles filaments ou traces noirâtres, et récupérez 2-3 cm de la préparation précédente à ajouter à la nouvelle. Une fois que la mère devient conséquente on peut en séparer latéralement une couche du haut pour faire un autre bocal ou donner à un(e) ami(e). Gardez à l’esprit que la mère a un sens… toujours le côté clair et brillant en haut. Le bocal peut être totalement vidé pour être nettoyé toutes les 4 semaines environ, puis bien rincé à l’eau très chaude pour enlever toute trace de produit ménager. Si le récipient de préparation a été lavé, n’oubliez pas d’y verser un petit fond de la précédente boisson pour préparer la suivante.

Kombucha mère

Comment savoir si ça a marché ?

Le problème avec les boissons fermentées c’est qu’il faut toujours un certain temps avant de pouvoir constater que la culture est en bonne voie et n’est pas en train de dépérir. Quelques points à vérifier pendant les 8 à 10 jours de culture :

  1. Au bout de 3-4 jours votre souche mère doit remonter en surface sous l’effet de la production de CO2
  2. Au bout de 5-6 jours vous devriez constater la formation d’une membrane transparente en surface (duplication du kombucha)
  3. En fin de culture la boisson doit avoir perdue une bonne partie de son sucre (goûter à l’aide d’une paille si nécessaire)
  4. Jamais il ne devra apparaître de la mousse (genre confiture avariée) sur votre souche pendant la culture (c’est en général mauvais signe, il faut jeter la souche). A ne pas confondre avec les filaments noirs qui se forment pendant la culture et qui sont tout à fait normaux, il suffira de filtrer la culture avant de la boire.
Et surtout… partagez-la abondamment une fois que le cycle est lancé, sinon c’est pas marrant 🙂
Enjoy it..!

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Variantes une fois que vous maîtrisez la technique

Ajoutez une cuillère à café au choix de : verveine, hibiscus, gingembre, zeste d’orange, fleurs de sureau, fleurs de châtaigner, fleurs d’osmanthe, feuilles de fraisiers, thé rooibos, menthe, feuilles de cassis, feuilles de murier, thym, romarin, etc…

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P.S. : Où trouver une mère si vous n’avez pas de potes qui en ont..? ICI, je sais c’est cher pour un truc qu’on peut se refiler entre nous, mais on la partage si vite qu’on peut la commander à deux ou trois…

Attention: le thé Earl Grey qui contient de l’huile de bergamote, peut parfois tuer ou affecter gravement la culture… à déconseiller, ainsi que les thés « bizarres » des grandes surfaces.

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Quid de Kokopelli aujourd’hui?

Publié: 18 septembre 2013 par Page de suie dans Articles
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Logo_kokopelli-def

Étant cultivateur de potager bio entre deux coups de gueule, je n’envisage absolument pas une culture sans échanges libres de graines. D’ailleurs les potes sachant que mon potager et moi en sommes friands m’en ramènent souvent de leurs voyages…

Les fausses rumeurs circulant sur Internet concernant le procès qui oppose Kokopelli à la société Graines Baumaux étant légions, il est, je pense, opportun de rétablir la vérité, par un bref rappel de l’historique de la procédure et la présentation de quelques éléments du débat judiciaire, ainsi que les échéances à venir.

Il est bon également de rappeler que Kokopelli ne cautionne nullement les pseudos pétitions lancées par Avaaz et Change.org.

—— Ce qui suit vient du site Kokopelli-Semences.fr ——

Historique du procès

C’est en décembre 2005 que la société GRAINES BAUMAUX a fait assigner l’association KOKOPELLI devant le Tribunal de Grande Instance de Nancy.

Par un jugement en date du 14 janvier 2008, celui-ci a condamné KOKOPELLI au paiement de10.000 €uros de dommages-intérêts à la société GRAINES BAUMAUX, sur le fondement de la concurrence déloyale, caractérisée selon le tribunal par une « désorganisation du marché des graines de semences potagères anciennes et/ou de collection ».

L’association KOKOPELLI a fait appel de ce jugement.

Devant la Cour d’Appel de NANCY, KOKOPELLI a demandé à ce que la Cour de Justice de l’Union Européenne soit saisie d’une « question préjudicielle » relative à la validité de la législation européenne sur le commerce des semences. Par une Ordonnance du 4 février 2011, la Cour a fait droit à cette demande.

Le 19 janvier 2012, l’Avocat Général de la Cour de Justice de l’Union Européenne nous a donné entièrement raison et a conseillé à la Cour d’invalider certaines dispositions clé de la législation européenne sur le commerce des semences, celles visant en particulier à rendre obligatoire l’inscription de toutes les semences au Catalogue Officiel.

Malgré cela, le 12 juillet 2012, la Cour de Justice de l’Union Européenne a jugé que la législation européenne sur le commerce des semences ne présentait aucun élément de nature à affecter sa validité.

Depuis cette date, la procédure opposant l’association KOKOPELLI à la société GRAINES BAUMAUX a repris devant la Cour d’Appel de NANCY. Nous avons échangé de nouvelles conclusions écrites et en échangerons encore, dans le cadre du calendrier de procédure fixé par la Cour. L’audience de plaidoirie se tiendra le 21 octobre 2013.

Eléments du débat judiciaire

Sans considération des accusations de toutes sortes, extrêmement diffuses, qui sont portées par la société GRAINES BAUMAUX contre l’association KOKOPELLI, notre adversaire nous reproche deux choses essentiellement :

  • – des agissements de concurrence déloyale, tirés, d’une part, de l’irrégularité alléguée des actes de vente réalisés par l’association au regard de ses statuts, et, d’autre part, de l’absence d’inscription des variétés commercialisées par l’association au Catalogue Officiel ;
  • – des actes de dénigrement et “ d’appel au boycott ”, en raison des lettres d’indignation reçues par M. BAUMAUX de la part de certains sympathisants de l’association KOKOPELLI.

La société GRAINES BAUMAUX réclame ainsi, sur ces deux fondements, la condamnation de l’association à lui payer une somme globale de 100.000 €uros à titre de dommages-intérêts, la cessation des activités de l’association, ainsi que divers frais de justice.

L’association KOKOPELLI, pour se défendre, présente divers arguments.

En premier lieu, nous justifions de la régularité de nos activités au regard de nos statuts et des règles générales régissant le fonctionnement des associations. Nous sommes, à ce titre, parfaitement en règle.

Deuxièmement, nous faisons un important rappel du champs d’application de la législation sur le commerce des semences, qui ne s’applique pas, à notre sens, à la vente de semences à des jardiniers amateurs, car ceux-ci ne font pas une “ exploitation commerciale ” de ces semences, ainsi que cela est prévu par les textes.

Enfin, nous demandons à la Cour de tenir compte des pratiques commerciales réelles des opérateurs sur le marché des semences. En effet, après un examen détaillé des catalogues commerciaux professionnels de la plupart des semenciers français (DUCRETTET, VOLTZ, AGROSEMENS, CLAUSE, VILMORIN), nous nous sommes aperçus que ceux-ci commercialisaient un grand nombre de variétés non inscrites ou bien interdites d’accès aux agriculteurs professionnels. Quant à la société GRAINES BAUMAUX elle-même, si en début de procédure son catalogue commercial comptait à peine plus d’une dizaine de variétés non inscrites, notre décompte actuel n’en dénombre pas moins de 58 !

Ces constations, à l’évidence, ne permettent pas de reprocher à l’association une “ désorganisation ” du marché des semences, lequel est déjà fortement désorganisé…

En outre, nous mettons en lumière l’absence de préjudice souffert par la société GRAINES BAUMAUX, dont le chiffre d’affaires était, en 2005, soit au début de la procédure, de 8.510.000 €uros, pour un résultat net de 890.000 €uros, et qui est passé, en 2011, à près de 14.000.000 €uros, pour un résultat net de près de 2.000.000 €uros.

Dans un second temps, l’association KOKOPELLI forme une “ demande reconventionnelle ” de condamnation à l’encontre de la société GRAINES BAUMAUX, et ce sur le fondement de la concurrence déloyale.

En effet, nous mettons en exergue le fait que la société GRAINES BAUMAUX a fait l’acquisition systématique auprès des moteurs de recherche GOOGLE, VOILA et ORANGE de nombreux “ Adwords ” relatifs à la dénomination sociale de l’association KOKOPELLI : “ association kokopelli ”, “ graines kokopelli ”, “ kokopelli ”, “ kokopeli ”, “ semence kokopelli ”, ou bien encore “ tomates kokopelli ”.

L’acquisition de ces “ Adwords ” avait pour effet de faire apparaître les liens commerciaux menant vers le site Internet de la société GRAINES BAUMAUX, très en évidence, en première ligne de la page de résultats, ou bien en marge droite de celle-ci, et à une place précédant les liens menant vers la page web de l’association KOKOPELLI.

Si la société GRAINES BAUMAUX a fait disparaître ces liens commerciaux pendant le cours de la procédure devant la Cour de Justice de l’UE, un procès-verbal de ces agissements a été dressé, en temps et en heure, par un huissier de justice.

De plus, nous demandons à la Cour de constater les propos très dénigrants que la société GRAINES BAUMAUX publiait sur le compte de KOKOPELLI, jusqu’à très récemment, sur son site Internet, ou continue d’envoyer, par courrier, à certaines personnes. Dans ses pamphlets, M. BAUMAUX nous qualifie, à mots à peine couverts, de « Don Quichotte français du patrimoine végétal », de « collectionneurs d’antiquités aztèques » ou bien encore « d’enfonceurs de portes ouvertes »…

Pour ces différentes raisons, nous demandons à la Cour de condamner la société GRAINES BAUMAUX à nous verser 100.000 €uros de dommages-intérêts, grâce auxquels, si nous gagnons, nous alimenterons les caisses de notre campagne “ Semences sans Frontière ”, pour une distribution de semences, plus fertiles que jamais, vers les pays en voie de développement !

Ainsi, malgré le harcèlement dont nous sommes l’objet, nous ne désarmons pas et c’est avec sérénité que nous envisageons les échéances judiciaires à venir.

La confiance dans la justesse de notre mission reste entière et votre soutien, toujours renouvelé, nous donne raison chaque jour. Mieux encore que défendre de minuscules niches dans l’enfer des lois et des règlements, sachez que, grâce à vous, nous redoublons d’initiatives fertiles et, en vous remerciant, nous vous invitons à vous faire, vous aussi, des ambassadeurs multiformes de fertilité.

Kokopelli, le 22 mai 2013.

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« Très chères Amies et Amis de Kokopelli et de la Vie, pensez-vous vraiment que nous allons neutraliser les criminels psychopathes et prédateurs avec de mignonnettes pétitions ?

Les Peuples de cette belle Planète, notre Terre-Mère, apprendront-ils un jour qu’une société qui ne peut pas discerner et éliminer, par tous les moyens possibles, la psychopathie en son sein, n’est tout simplement pas digne de survivre ?

Il est vrai que la Rage monte, que certains Peuples se réveillent (en Islande, les banquiers mafieux sont en prison) mais il ne reste que peu de temps. L’Humanité est dans une situation critique de légitime défense car les psychopathes dégénérés ont déclaré la guerre à la Vie — une guerre totale et terminale — et ils iront jusqu’au bout de leur démence meurtrière. »  Dominique Guillet

Ça me rappelle un peu notre slogan… « tu l’élimines ou t’en crèves..! » J’aime leur vision des choses 🙂

Si alimentation biologique rime avec alimentation saine, elle devrait rimer aussi avec produits locaux.

Je suis pas compliqué comme mec, chez nous, on essaye de dépendre de moins en moins de cette société qui nous débecte. Déjà, on n’achète que ce qu’on ne sait pas piquer – un choux-fleur en poche c’est pas pratique, quoique… on a vu pire 😉 – , cultiver, récupérer ou faire soi-même. Quand je dois acheter des fruits, farines, etc, je privilégie le bio, mais lorsque je me pointe dans un magasin « Bio », je constate que la provenance de ces produits est aux antipodes de la production locale. Hier, des pommes bio venaient du Chili, les oignons de chine, les haricots princesse du Kénya..! Bon, je suis pas non plus intransigeant, je ne râle que pour les produits cultivables ou susceptibles d’être produit en Europe, il est évident que pour les bananes, dattes, café, cacao, avocats, épices, quinoa etc… ça court pas les rues dans nos régions.

article magasin bio

Dernièrement, le marché des produits biologiques croissant, les distributeurs doivent regarder au delà de nos frontières pour satisfaire la demande de leurs consommateurs et du même coup, nous fait perdre de vue un des principes de base de la culture biologique : sa dimension locale.

Prenons l’exemple d’un kiwi bio de Nouvelle-Zélande qui a parcouru 13.000 km; si ce dernier est, certes, meilleur pour la santé que ses équivalents traités chimiquement, il est en revanche écologiquement mauvais pour la planète.

Maintenant, il faut tenir compte de la pénurie de matières premières « bio » en Europe : même si les surfaces cultivées et le nombre de fermes bio vont croissant, la demande reste encore très supérieure à l’offre. D’où « l’obligation » d’importer. L’objectif d’une production bio 100 % locale est difficile à atteindre, voire utopique pour le moment…

Le phénomène est le même aux États-Unis, où le bio connait un boom sans précédent – les yankees deviendraient-ils moins cons? – , les fruits et légumes font en moyenne 2.500 km avant d’atterrir dans l’assiette des consommateurs. Ainsi, en plein hiver à New York, des magasins bio proposent à leurs clients des tomates, concombres, basilic, poivrons frais tous étiquetés « bio ». Or, ces produits, disponibles à l’année, sont cultivés à des milliers de kilomètres en Basse Californie au Mexique. Dans ces conditions, l’agriculture biologique n’est plus en phase avec le développement durable. L’exemple des productions intensives dans une région extrêmement aride comme la Basse Californie illustre bien son propos; un tiers des nappes phréatiques y seraient surexploitées malgré le recours à des techniques de conservation de l’eau comme la micro-irrigation. De plus, la pratique de la monoculture entraine un appauvrissement des sols.

Autre conséquence quand le bio vient de loin, son transport par voie aérienne ou maritime entraîne de fortes émissions de gaz à effet de serre favorisant le réchauffement climatique. 

De plus, les produits bio importés ne sont pas forcément soumis à la même réglementation pour l’obtention du label « Bio » – certains labels s’obtiennent… par fax, avec un virement joint. Enfin, ayant voyagé de longues heures/jours, ces produits ont souvent perdu de leurs qualités nutritionnelles et gustatives, et en se coupant des rythmes de la nature, on peut modifier l’équilibre de son propre métabolisme. Quels sont les problèmes écologiques liés à la consommation de fruits et légumes qui ne sont pas de saison : soit ces produits sont cultivés sous nos climats, et ils le sont alors sous serre ; la consommation d’énergie pour chauffer ces serres est dans ce cas énorme. Soit ils proviennent de contrées où le temps est plus clément, et c’est alors le transport pour acheminer jusqu’à chez nous ces produits qui pose question.

En France, le manger local est depuis longtemps prôné par les AMAPAssociations pour le maintien d’une agriculture paysanne – et les associations de consommateurs écolos car il permet de développer l’économie locale. Loin d’être incompatible avec la mention bio, cette pratique est de plus en plus encouragée car elle permet de dynamiser l’agriculture bio française. Et lorsqu’elle favorise des méthodes agricoles extensives, cette habitude de consommation évite sans aucun doute bien des émissions de gaz à effet de serre inutiles.

Le bio local en concurrence avec le bio importé

Le problème est que de nombreuses « chaines » de magasins Bio se créent avec la demande croissante, et que tout comme les grossistes « classiques » ils recherchent la rentabilité maximum, ce qui induit obligatoirement l’achat dans des pays ou la main d’oeuvre et les taxes sont moins chères… Or, si on achète « bio » c’est pas pour que ça profite à des salauds qui exploitent les journaliers dans des pays lointains, en se faisant des couilles en or, surtout que la provenance de pays moins onéreux ne change rien aux prix, seule la marge bénéficiaire est augmentée!

Dans l’idéal, le produit à privilégier serait donc à la fois, issu de l’agriculture biologique locale ET un produit de saison. A bon entendeur…

Dit autrement et avec tous les égards que l’on doit aux personnes de bonne volonté : un simple logo AB sur une étiquette n’est pas gage suffisant d’une vraie démarche écologique ; ni de la part de celui qui produit, ni de celui qui distribue, ni de celui qui achète. Ce logo garantit un mode de production vierge des souillures de l’agriculture chimique, et c’est déjà un énorme pas. Il n’exclut pour autant pas quelques dérives énergétiques au niveau de la production, de l’emballage, des transports ou des habitudes de consommation qui limitent parfois les ambitions environnementales liées par essence à la démarche. Se servir de son cerveau n’est pas interdit…

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Encourageons également les « dégustation/récupérations de bon sens » et les « marchés gratuits » organisés à Namur, Bruxelles, Louvain-la-neuve, etc…

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