Articles Tagués ‘Fascisme’

Non, rien n’a changé! On peut même dire que les pratiques violentes, illégales et fascisantes de la police Bruxelloise vont crescendo depuis. Que sur Bruxelles, la « tactique VandersmiSSen » est applaudie et soutenue par les bourgmestres et ministres en places… Tolérance zéro! Les procès des inculpés du 26 septembre 2010, suite à de prétendues agressions sur un crétin de flic à cheval, devant le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, ne furent que mascarade et déni de justice.

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Rappel de la répression et des arrestations des activistes du camp Noborder
du 26 septembre au 1er octobre 2010

– Dimanche 26 septembre 2010 manifestation devant le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel

Ce jour là, à l’occasion du rassemblement annuel en mémoire de Semira Adamu, devant le centre 127bis la répression inattendue commence. Vers 14h 15 à proximité de la gare de Nossegem : un déploiement policier important bloquant tout accès au pont. Des cordons de policiers et camionnettes stationnées de manière à empêcher tout passage vers le centre fermé 127 bis à Steenokkerzeel.

Dès la gare de Bruxelles, les policiers avaient envahi les wagons du train en direction de Leuven et priaient les « autres » voyageurs de se déplacer dans d’autres wagons afin de regrouper les voyageurs qui avaient l’air de se rendre à Steenokkerzeel et vérifiaient leurs papiers. C’est là que l’intimidation commence, car dès la sortie du train les vérifications – parfois musclées – d’identité se prolongent pendant plus d’une heure. Les personnes sont obligées – parfois manu militari – de se laisser filmer à 40 cm du visage avant d’être autorisés à rejoindre les autres. A l’approche des manifestants du centre fermé, on observe à l’arrière la police montée, ainsi que des policiers se promenant avec des chiens entre les deux rangées de grillages. Tout ce déploiement est fort impressionnant et intimidant.

A un moment du rassemblement, certains manifestants frappent sur la grille d’entrée ce qui déclenche chez les policiers, des mouvements inquiétants puisque les chevaux sont appelés et arrivent menaçants en écrasant les manifestants les uns sur les autres. Lorsque les manifestants dont certainEs sont à ce stade très effrayés, tentent de retourner vers la gare, d’autres policiers casqués et boucliers en main empêchent tout avancement que ce soit vers la gauche ou la droite. Les manifestants se retrouvent donc encerclés ne pouvant se diriger dans aucune direction.

Très lentement, avec de régulières pressions que les policiers exercent à l’arrière avec les chevaux de manière provocante et, suivis d’autopompes, le cortège des manifestants « hermétiquement » entouré de policiers avec leurs boucliers se met enfin en marche, marche lente et saccadée par les nombreux arrêts imposés par les forces de l’ordre.

A la gare le passage est à nouveau bloqué les policiers refusant de laisser partir les manifestants s’ils ne (re)montrent pas leur carte d’identité. Quelques manifestants qui avaient été arrêtés préalablement sont relâchés.

– Mercredi 29 septembre : Bruxelles jour de la manifestation européenne des syndicats contre les plans d’austérité

Dès 9h30, 10h du matin Bruxelles et en particulier les environs de Tour&Taxis – où le camp NoBorder était implanté – , les métros Simonis, Yzer, les grands boulevards, place Ste Clayette, boulevard Lemonnier, sont envahis par des forces de l’ordre en civil et/ou en uniformes, des chiens, des chevaux, et des combis.

Une multitude d’arrestations « préventives » sont effectuées de manière systématique de personnes se déplaçant à pied ou en métro selon un processus identique ; deux, trois personnes se voient interpellées brutalement et sans aucune explication ni raison, de toute évidence sur base de leur aspect extérieur, plutôt jeune, style vestimentaire décontracté, sac à dos, style de coiffure… par des policiers en civil ou en uniforme. Fouille superficielle, fouille des sacs, vérification des documents d’identité, menottage colson  derrière le dos, assis à même le sol le temps qu’arrive un véhicule de police pour les embarquer toutes sirènes hurlantes. Les personnes sont traitées brutalement, fourrées dans les véhicules et emmenées au commissariat où elles passent 8 à 11 heures.

Les très nombreux témoignages envoyés au Legal Team du camp NoBorder ou à la Ligue des droits de l’Homme, font état de comportements raillant, brutaux et généralement très violents en gestes et en paroles.

Fréquemment arrêtés alors qu’ils s’apprêtent à prendre un bus ou se trouvent simplement assis à 3, 4 sur un banc, des individus se voient ainsi empêchés d’exercer une quelconque activité pendant l’entièreté de la journée puisque privés de liberté.

De cette manière plus de 140 personnes sont victimes de ce que les forces de l’ordre ont qualifié « d’actions ciblées », « d’arrestations préventives ».

A partir de 13h un rassemblement était prévu par « les précaires solidaires » groupe auquel devaient se rallier certains participants du camp No Border. La participation de ce groupe à la manifestation syndicale avait été négociée en détail et entièrement acceptée par les organisateurs (CSC et FGTB).

Dès l’arrivée sur le lieu de rassemblement place Bara cependant, les membres du groupe « précaires » se voient interdire l’accès de leur véhicule sono et leurs banderoles. Ainsi, dès avant le départ, intimidé par un impressionnant déploiement des forces de l’ordre ce groupe de manifestants se voit ensuite subitement encerclé ce qui les isole du reste du cortège. Le comportent des forces de l’ordre est d’emblée très agressif.

Après des palabres, le groupe peut enfin rejoindre le cortège, visiblement il est « souhaité » qu’il reste à distance. Pourtant après quelques dizaines de minutes à la Porte de Hal, la police encercle ledit groupe avec une brutalité inouïe. Il est perceptible que la détermination est antérieure pour empêcher le groupe d’aller plus avant avec le reste de la manifestation. C’est avec une violence extrême et gratuite que les policiers se ruent sur les manifestants (voir les témoignages nombreux, photos et vidéos), ils frappent, à la tête, sur les bras se comportent comme des hordes de déchaînés dans des combats de rue. Un homme au crâne fracassé titube, une femme lui venant en aide en tentant de le retenir par le bras se voit asséner un violent coup de matraque sur l’avant bras. Il faut au moins 20 minutes avant que des secours n’arrivent pour le conduire en ambulance à l’hôpital de même que 4 autres manifestants. Même les secouristes sont empêchés de venir en aide. La police procède à l’arrestation des manifestants encerclés. Cette manœuvre est suivie d’un second encerclement et de placages au sol. Des policiers en civil arrivent de tous les côtés, capuchés, parfois masqués, sortent leurs matraques télescopiques et frappent lourdement même des gens déjà au sol. Toute tentative d’entraide ou de gestes de solidarité de la part d’autres manifestants sont violemment repoussés, voire frappés aux bras, et du gaz au poivre leur est pulvérisé à bout portant dans le visage sans aucune précaution. Certains manifestants suffoquent, les yeux rougis. C’est un réel déferlement de violence.

Environ 90 personnes menottées les mains derrière le dos, sont obligées de s’asseoir en file sur le trottoir, pendant près de deux heures. Certains policiers exercent des mesures de contention supplémentaires en maintenant une pression dans le dos avec le genou. On assiste à des propos provocateurs et intimidations, notamment à l’aide de leurs bonbonnes de gaz de la part de policiers qui à cette fin, se masquent préalablement le visage. Des camionnettes de police font partiellement écran à ces agissements et un cordon de policiers empêche toute personne – même habitant du quartier – de passer. Questionnés les policiers répondent qu’il s’agit de « casseurs ». A un riverain de couleur qui dit aux policiers que c’est eux qui font peur avec leur accoutrement, l’un d’entre eux répond « t’as déjà vu ta gueule ? C’est toi qui fait peur ! »- « Mais c’est raciste ce que vous dites » réponse du policier « mben oui. »
A partir de 16h30 les départs échelonnés se font avec des combis policiers, les personnes arrêtées sont traitées non seulement sans ménagement, mais sans aucun respect.

Les arrêtés sont conduits dans les casernes d’Etterbeek et rejoignent les autres en arrestations « préventives » de la journée. Ils y sont traités de manière très humiliante et dégradante. Tous identifiés, fichés et fouillés. Il leur est demandé de signer des documents par lesquels ils déclarent avoir porté atteinte à l’ordre public !

– Mercredi 29 septembre Parc Léopold

Vers 11 heures un groupe qui souhaite faire connaître son opposition à l’agence Frontex dont certains représentants devaient se réunir à la Bibliothèque Solvay dans le Parc Léopold, se réunit afin de bloquer l’accès aux participants de la réunion. Les policiers nombreux dans le parc arrêtent tout passant qui leur semble suspect. Certains sont mis à l’écart de la vue dans des bosquets où ils sont maltraités. La violence est très grande. Les colsons sont serrés à l’extrême, les mains deviennent mauves, les personnes sont assises à même le sol et maintenues par des pressions de policiers sur le dos. Six policiers s’acharnent sur une seule personne. Les personnes arrêtées sont traînées par terre et jetées dans la camionnette de police. Pas de ceintures de sécurité mises aux personnes, pourtant menottées, conduite dangereuse intentionnelle avec coups de frein qui font se cogner les personnes aux sièges avants (ça fait se marrer les flics). A la caserne, fouille et identité prise. Les policiers disent être à la recherche de « matériel de manifestant ». Arrestation vers 12 heures d’une quarantaine de personnes, libérées vers 21 heures après que tout le monde soit photographié ; 11 gaufres sont apportées pour 22 prisonniers, un verre d’eau à 16h et à 19 h.

Autres arrestations à Schumann – un groupe assis se fait arrêter et enfermer sur le même schéma que déjà relaté.

– Jeudi 30 septembre 2010

Des arrestations se font sur les trottoirs du centre de la ville. Les personnes sont traitées avec une violence extrême par les policiers qui les interpellent, en plaquant au sol, en tordant les bras et même en exerçant des strangulations, et les menottent. Sans qu’aucune raison ni objet de l’arrestation ne leur soit communiqués, elles sont ensuite maintenues pendant 11 heures à l’Amigo (commissariat central de Bruxelles). Fouille à corps, obligation pour les personnes de sexe féminin de se dévêtir même au regard de policiers mâles. Une jeune femme refusant d’enlever son pantalon se voit pliée en avant sur une table et baisser son pantalon par un policier mâle, une autre doit se déshabiller toute entière. Humiliations et menaces, « j’ai envie de te couper les cheveux et les ajouter à mes trophées » se permet un policier ayant préalablement sorti son couteau. A la vue de passeports allemands, un policier se met à chanter l’hymne nazi  « Deutschland über alles ». Sacs, vestes et bijoux sont confisqués et certains objets jamais restitués. Remarques sexistes et moqueries font rire les policiers tout au long des 11 heures d’arrestation au terme de laquelle le rhabillement doit se faire dans le couloir…

– Vendredi 1 octobre : arrestations gare du Midi

Un appel à manifestation avait été lancé suivi d’une interdiction communale de rassemblement de plus de 5 personnes. Dès 17 heures le quartier de la gare du Midi est envahi de policiers, combis et autopompes. Des personnes isolées ou se déplaçant à deux, trois sont systématiquement interpellées sur base de leur apparence extérieure (âge, vêtements décontractés, style de coiffure). Des passants voulant exercer une certaine vigilance sur les arrestations en cours sont aussi arrêtés. Des mineurs, identifiés comme tels avant leurs arrestations, sont détenus jusqu’à une heure du matin en compagnie d’adultes. Les parents de ces mineurs ne reçoivent aucune information les concernant pendant leur détention.

Aux personnes qui s’enquièrent de ce déploiement policier et aux cafetiers du coin il est dit qu’il s’agit de : « deux gangs qui préparent des bagarres et que les policiers sont là pour les en empêcher. »

Le soir dans le quartier:

Arrestations aux alentours de la Porte de Hal vers 19h30. Route barrée à des personnes marchant dans la rue à deux. Les policiers les regroupent afin qu’il y en ait plus de cinq. Certains se font piéger par des tactiques policières qui consistent à dire à deux personnes « attention il y a la police au coin », si celles-ci répondent « ah merci », c’est bon, les policiers en civil les arrêtent. Les personnes arrêtées sont emmenées aux casernes d’Etterbeek où elles rejoignent d’autres déjà présentes.

Menaces, intimidations, moqueries, incitations à la bagarre, sexisme, violences sont commis par les policiers, ni boire ni manger ni même accès aux toilettes pour certains ! Est présent durant toute cette semaine, de manière active et proactive le Commissaire divisionnaire de police de la zone Bruxelles Ixelles, Pierre VandersmiSSen. Vous savez, celui qui se vante en public d’avoir le grade d’Obersturmbannführer – , comme un certain Léon Degrelle…

– Samedi 2 octobre 2010 Manifestation No Border dans les rues de Bruxelles

La veille, la police a rendu visite aux commerces, banques, restaurants et « avertissent » que le lendemain une manifestation « dangereuse » aura lieu. Qu’il y aura des « black blocs » qui vont tout casser, qu’il vaudrait mieux qu’ils ferments leurs établissements.

Il s’agit de la grande manifestation autorisée dans les rues de Bruxelles. C’est la seule manifestation organisée par le camp NoBorder. Bien que la présence policière avait été prévue « discrète » il y a un nombre énorme de policiers en civil, en plus des policiers présents pour la circulation. La surveillance, les photographies et les prises d’images sont constantes et importantes, exécutées par des policiers en civil principalement.

Petite anecdote qui témoigne de l’état d’esprit des policiers : un enfant muni d’un flyer se rend sur le trottoir pour en distribuer aux observateurs du cortège. Voyant cela, un manifestant va vers lui à un moment donné et lui dit « tu vois, ce monsieur, c’est un policier » et le policier de répondre devant l’enfant « et toi, t’es une sous-merde » !

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AGISSEMENTS RÉCURRENTS durant la semaine Noborder

Concernant la mise en détention des personnes arrêtées, les très nombreux témoignages directs et écrits (plus de 80) permettent d’affirmer les faits suivants :

– Chaque arrestation se fait de manière brutale et violente
– Aucun motif n’est donné aux personnes concernant l’arrestation et la mise en détention
– Serrage excessif systématique des colsons (certains ont gardé des doigts insensibles plusieurs semaines)
– Intimidation par les policiers qui circulaient aux abords des cellules à l’aide de chiens
– Intimidations d’ordre sexuelles (verbales, gestuelles et physiques) par les policiers à l’encontre d’hommes et de femmes
– Accès aux toilettes refusé, parfois accordé après plus de 4h30 de détention pour certains, d’autres ont dû se soulager dans la cellule (avec parfois plus de 20 détenus)
– Refus de nourriture et/ou d’eau
– A leur sortie, les détenus sont sommés de signer un document indiquant qu’ils ont troublé l’ordre public.
– Des photos – illégales pour une arrestation administrative – sont prises de chaque personne (souvent de force)
– Violences policières dans les bus qui les transportaient, et à la caserne (généralement devant le refus d’obtempérer aux ordres sans avoir obtenu d’informations sur ce qui concerne les arrestations ou l’usage de la force)
– Mise en isolement, sans couverture ni nourriture pour des personnes « repérées »
– Irrespect, humiliations répétées et paroles fascisantes « Hitler ist mein Führer » , « je n’aime pas les chômeurs » , « Raus! Schnell! » , « t’es habillé comme un clodo » , « on va faire du sexe avec toi (en montrant la matraque) ».

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Bref des agissements de crapules d’extrême droite qui ne s’en cachent même pas. On se souviendra simplement des tribulations du Dr. Marianne Maeckelbergh,  prof et chercheur à l’université de Leiden aux Pays-bas, dont le seul tort fut d’être à une terrasse au mauvais moment. Ce cas illustre bien les événements de cette semaine noire…


Arrested & Tortured in Belgium for Photographing Arrests, 500 Others Arrested, Many Tortured

Dr. Marianne Maeckelbergh is a professor and researcher at the University of Leiden in Holland. Last Friday, during the No Border Camp, « a convergence of struggles aiming to end the system of borders that divide us All,”  Marianne Maeckelbergh was arrested for… taking pictures while police were making arrests in Brussels, Belgium. 

Having just entered Belgium two and a half hours earlier, she was on the terrace of a café with friends when she witnessed violent arrests on the street. She went to take pictures and was herself arrested by the police chief himself (VandersmiSSen…). She was taken into police custody where she was violently dragged by her hair, chained to a radiator, hit, kicked, spat upon, called a whore, and threatened with sexual assault by the police. She also witnessed the torture of another prisoner also chained to a radiator.

This took place not in a dark corner of the police station but out in the open, directly witnessed by police station authorities who gave the impression that this was standard practice. Police removed her ID card, USB stick, the camera with the photos on it, and 25 euros in cash from her property, and have refused to return them.

Roughly 500 people were arrested, many preemptively, including people involved in the No Border Camp and other protest activities including an alleged attack on a police station. As of Wednesday 6 October, 2010 at least four people are still incarcerated. (voir plainte du WCAA au gouvernement)

Pourquoi avoir ressorti cet exemple précis? Parce qu’il est révélateur de ce qui se pratique au quotidien dans les locaux de la police bruxelloise, où on peut afficher ouvertement et pratiquer fièrement ses accointances avec l’extrême droite, son sexisme, son homophobie ou son racisme. Et ce, au vu et au su de sa hiérarchie! A la lecture de ce récit, venant d’une personne nantie, plus qu’insérée dans le système, censée être respectée par les flics, on a moins de mal à accorder du crédit aux autres récits, ceux du… « commun »..!

Laissez ces chiens sans laisse et ils auront tôt fait de ressortir les baignoires et la gégène! Notre ministre de l’intérieur n’a-t-elle pas déclaré que… « Le Maroc aurait beaucoup de choses à nous apprendre’’ (sic)

Vidéos:

Que fait la police? – Violences policières au No Border 2010 Bxl

Best of VandersmiSSen – Devoir d’enquête

 

Source : Indymedia Bruxsel
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Espagne… un avant-goût de ce qui nous attend?

Publié: 25 novembre 2013 par Page de suie dans Articles
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La mort de la liberté d’expression en Espagne!

Les nouveaux franquistes au pouvoir en Espagne appellent ça, « loi citoyenne de sécurité »… preuve que même des merdes fascistes peuvent faire montre d’humour. Ce panel de lois liberticides est une atteinte flagrante au droit de manifester, et ce, même en mode « indignés pacifiques ». Certes, elle n’a pas encore été approuvé par le Conseil des ministres, mais c’est une question de jours, et on sait que, comme chez nous avec les trois salopes, quand l’intérieur et la justice proposent… la « loi » dispose selon leurs désidératas!

Le ministre de l’Intérieur Jorge Fernandez Díaz a déclaré que le durcissement était indispensable pour lutter contre la “spirale de violence” des “collectifs antisystème” qui utilisent des “techniques de guérilla urbaine” […] “il ne s’agit pas seulement de réagir juridiquement aux initiatives de guérilla urbaine qui prolifèrent dans nos villes”, mais de refuser l’“angélisme juridique”. Il faut que “les gens craignent davantage l’Etat”, n’a pas hésité à aboyer le ministre de l’Intérieur du gouvernement autonome catalan, Felip Puig. Ils souhaitent notamment qualifier “la résistance passive ou active à grande échelle” comme un délit d’“atteinte à l’autorité”…

l'ombre du franquisme
Les infractions « graves »… de 1.000 à 30.000 €

Il s’agit de « menaces ou insultes envers un policier »  (laissé à leur appréciation, connaissant leur honnêteté légendaire…)

Ou encore de « disposer des éléments qui empêchent la libre circulation des véhicules et des personnes »  (toutes obstructions sur la voie publique, plus de manifs « barrages »…)

Les infractions « très graves »… jusqu’à 600.000 €

Ces délits méritant la damnation éternelle sont :

« La captation ou la diffusion d’images attentant à l’honneur, l’image ou la sécurité de membres des forces de l’ordre »  (l’interdiction de filmer les flics…)

Manifester « sans préavis, devant des institutions de l’état, comme le Congrès, le Sénat ou les hauts tribunaux »  (donc toutes manifs ou actions non autorisées ou spontanées…)

« Porter une capuche » lors d’une action ou manifestation sera également considéré comme une infraction gravissime, tout comme la pratique des « escraches«  – que Basagoiti, leader régional du PP, voit comme une « attitude nazie » et que Mariano Rajoy qualifie de « profondément antidémocratiques » (sic) – , lorsque des mouvements ou associations citoyennes se rendent sur le lieu de travail ou le domicile des personnes qu’ils veulent dénoncer publiquement.

spainprotest

Foutez-moi ces terroristes en taule, et circulez, y a rien a filmer!

Bien sur toutes ces joyeusetés seront assorties de peines de prison – et vice versa – , ben ouais…

Selon le futur arsenal législatif espagnol, celui qui occupe un bâtiment tel qu’une agence bancaire peut être puni de 3 à 6 mois de prison. Si on interrompt les transports publics, on peut être condamné jusqu’à deux ans d’emprisonnement. La résistance à l’autorité (par exemple en s’enchaînant les uns aux autres pour éviter une expulsion) pourra être assimilée à un attentat et donc puni de 4 ans de prison. Quant au partage ou à la diffusion par des moyens publics d’actions qui troublent l’ordre public (en d’autres termes : l’appel à une manifestation via des réseaux sociaux), il peut être puni d’une peine de prison d’un an… et aux joyeuses amendes mentionnées plus haut, of course. Toute action – avec banderole ou tag – sur un monument ou un immeuble public sera interdite. En fait, quand cette loi sera passée, n’importe quel acte de désobéissance civile ou de résistance au cours d’une manifestation pourra être puni d’une peine de prison et d’amendes. Ah oui, j’oubliais… les prostituées et leur clientèle sont aussi concernées par la loi : racolage, jusqu’à 30.000 euros d’amende!

Bon ben, on peut y aller maintenant, hein… La loi nous protège, l’esprit du « Caudillo » est de retour!

L’ONG Reporter Sans Frontières, dans un communiqué publié jeudi 21 novembre:

« Dans quelle démocratie digne de ce nom les opérations de police ne peuvent-elles plus être couvertes par la presse lorsqu’elles ont lieu dans l’espace public ? » […] « Ce projet de loi risque de faire des manifestations de rue des zones interdites aux journalistes. Sous le coup de poursuites judiciaires et d’amendes exorbitantes, susceptibles d’être distribuées à l’envie tant la notion ‘d’atteinte à l’image ou à l’honneur d’un policier’ est imprécise, comment les journalistes pourront-ils couvrir efficacement non seulement les manifestations, mais l’ensemble des événements impliquant la police ? »

L’Espagne serait-elle une nouvelle fois le terrain de jeu et d’entraînement du fascisme rampant, l’histoire se répète-t-elle comme dans les années trente..? Comme en ’36 les gouvernements européens ferment les yeux, car en réalité, ils bavent d’envie devant cet arsenal juridique inique que ces nostalgiques du franquisme pondent aujourd’hui, et ils en prennent bonne note!

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Voir aussi:

Y a-t-il un risque de coup d’état en Espagne, voire… en Grèce?

Espagne – « Plus un gouvernement gouverne mal, plus il fait attention à sa police »

Andalousie : ¡Tierra y libertad!

9/11..? Which one?

Publié: 11 septembre 2013 par Page de suie dans Articles
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Ça y est, on y est… comme chaque année on va nous bassiner avec les 3000 yankees qui sont morts dans ce temple de la finance, cette verrue puante qu’était le WTC. Mais combien de milliers de morts innocents PAR JOUR sont-ils causés par ces mêmes financiers, par ces spéculateurs qui n’hésitent pas à fomenter des coups d’états, des déforestations, des famines, des génocides, tant que cela remplit leurs poches et celles des sacro-saints actionnaires…? Ah ben ouais… que je suis bête! On s’en fout de ces victimes-là, elles ne sont ni blanches, ni chrétiennes, et ont le défaut d’habiter dans des bleds au bout du monde, dont nos médias – et donc… vous – se foutent!!!

11 septembre - 911 remember

Pour ma part si je dois commémorer quelque chose en ce 11 septembre, ce serait plutôt la mort de milliers de chiliens et de leur président Salvador Allende. Le 11 septembre 1973 un coup d’état mené en sous main par ces mêmes américains – comme toujours quand ça pue – et leur âme damnée , le tristement célèbre Henry Kissinger, renversait par la force le président Allende et mettait au pouvoir ce… pff, comment décrire une engeance fasciste tel que ce Pinochet..?

 

TV5monde.org : Il y a quarante ans, l’autre 11 septembre

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11 septembre made in USA

 
Sachez que si le bourgeois encense la démocratie en période faste, il préfère nettement le fascisme en temps de crise!
La banque JPMorgan réclame des régimes autoritaires en Europe

Dans un document publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires.

jpmorgan

Cet incroyable document de 16 pages a été réalisé par le groupe Europe Economic Research de JPMorgan et est intitulé « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-parcours. » Le document commence par faire remarquer que la crise de la zone euro a deux dimensions.

Pour commencer, il affirme que des mesures financières sont nécessaires pour garantir que les principales institutions d’investissement comme JPMorgan puissent continuer à engranger d’énormes bénéfices de leurs activités spéculatives en Europe. Ensuite, les auteurs soutiennent qu’il est nécessaire d’imposer des « réformes politiques » destinées à supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui sont appliquées au nom des banques.

Le rapport exprime sa satisfaction vis à vis de l’application par l’Union européenne d’un certain nombre de mécanismes financiers visant à garantir les intérêts bancaires. A cet égard, l’étude souligne que la réforme de la zone euro en est pratiquement à mi-chemin. Mais le rapport réclame aussi davantage d’action de la part de la Banque centrale européenne (BCE).

Depuis l’éruption de la crise financière mondiale de 2008, la BCE débloque des milliers de milliards d’euros en faveur des banques pour leur permettre d’effacer leurs créances douteuses et de redémarrer une nouvelle série de spéculations. En dépit d’une pression grandissante venant des marchés financiers, le chef de la BCE, Mario Draghi a déclaré l’été dernier qu’il ferait le nécessaire pour consolider les banques.

En ce qui concerne les analystes de JPMorgan, ceci n’est cependant pas suffisant. Ils exigent de la part de la BCE une « réponse plus spectaculaire » à la crise.

Les critiques les plus dures du document sont cependant formulées à l’égard des gouvernements nationaux qui ont mis bien trop de temps à appliquer le genre de mesures autoritaires nécessaires à l’imposition de l’austérité. Le processus d’une telle « réforme politique » précise l’étude, a « même à peine commencé. »

Vers la fin du document, les auteurs expliquent ce qu’ils entendent par « réforme politique. » Ils écrivent : « Au début de la crise l’on avait pensé que ces problèmes nationaux hérités du passé étaient en grande partie d’ordre économique, » mais « il est devenu manifeste qu’il y a des problèmes politiques profondément enracinés dans la périphérie qui, à notre avis, doivent être changés si l’Union monétaire européenne (UME) est censée fonctionner à long terme. »

Le document détaille ensuite les problèmes existant dans les systèmes politiques des pays de la périphérie de l’Union européenne – la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie – qui sont au centre de la crise de l’endettement en Europe.

Les auteurs écrivent: « Les systèmes politiques de la périphérie ont été établis après une dictature et ont été définis par cette expérience-là. Les constitutions ont tendance à montrer une forte influence socialiste (sic), reflétant la force politique que les partis de gauche ont acquise après la défaite du fascisme. »

« Les systèmes politiques autour de la périphérie affichent de manière typique les caractéristiques suivantes : des dirigeants faibles ; des États centraux faibles par rapport aux régions ; une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; des systèmes recherchant le consensus et qui encouragent le clientélisme politique ; et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique. Les lacunes de cet héritage politique ont été révélées par la crise. » Quelles que soient les inexactitudes historiques contenues dans leur analyse, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que les auteurs du rapport de JPMorgan plaident pour que les gouvernements adoptent des pouvoirs de type dictatorial afin de mener à bien le processus de contre-révolution sociale qui est déjà bien avancé à travers toute l’Europe.

En réalité, il n’y avait rien de véritablement socialiste dans les constitutions établies durant la période d’après-guerre partout en Europe. De telles constitutions visaient à garantir le régime bourgeois dans une situation où le système capitaliste et ses agents politiques avaient été totalement compromis par les crimes des régimes fascistes et dictatoriaux.

Les constitutions des États européens, y compris celles de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal, ont été élaborées et appliquées en collaboration avec les partis socialistes et communistes des pays respectifs et qui ont joué le rôle clé dans la démobilisation de la classe ouvrière pour permettre à la bourgeoisie de maintenir son régime.

Dans le même temps cependant les classes dirigeantes discréditées de l’Europe étaient parfaitement conscientes que la Révolution russe demeurait une inspiration pour de nombreux travailleurs. Elles se sont senties obligées de faire une série de concessions à la classe ouvrière dans le but d’empêcher une révolution – sous la forme précisément de protections sociales et constitutionnelles, dont le droit de manifester, ce que JPMorgan aimerait à présent voir aboli.

Dans une certaine mesure, les critiques de la banque à l’égard du manque d’autoritarisme des gouvernements européens sonnent creux. Partout en Europe, les gouvernements ont à maintes reprises recouru ces dernières années à des mesures d’État policier pour réprimer l’opposition à l’encontre de leur politique.

En France, en Espagne et en Grèce, des décrets d’urgence et l’armée ont été utilisés pour briser des grèves. La constitution adoptée en Grèce en 1975, après la chute de la dictature des colonels, n’a pas empêché le gouvernement grec de licencier en masse des fonctionnaires. Et dans un certain nombre de pays européens, les partis dirigeants sont en train d’encourager le développement de partis néofascistes tel le mouvement Aube dorée en Grèce.

Toutefois, pour JPMorgan cela ne suffit pas! Afin d’éviter une révolution sociale dans la période à venir, ses analystes préviennent qu’il est indispensable que les gouvernements capitalistes partout en Europe se préparent aussi vite que possible à mettre en place des formes de régime dictatoriales.

A la fin du document, les auteurs avancent une série de scénarios qui, selon eux, pourraient découler de l’échec des gouvernements européens à ériger des systèmes autoritaires. Ces variantes comprennent : « 1) l’effondrement de plusieurs gouvernements favorables aux réformes en Europe méridionale, 2) un effondrement du soutien à l’euro ou à l’UE, 3) une victoire électorale incontestée de partis anti-européens radicaux quelque part dans la région, ou 4) l’ingouvernabilité de fait de certains États membres une fois que les coûts sociaux (notamment le chômage) dépasseront un certain seuil. »

C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.

Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux.

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Malheureusement, ceci reflète l’avis de la plupart des “capitaines d’industries” qui n’attendent que l’avènement d’un nouveau fascisme européen pour sortir du bois…
On va vous la mettre profond votre contre-révolution connards!!!

NO-PASARÁN-poster-8x6

Alors, juste pour le fun (j’ignorais qu’ils avaient le sens de l’humour chez Libé…)
Libération: Ce que Barroso a «vraiment» dit à Hollande

Sources: World Socialist Web Site - 17 juin 2013 & J.P.Morgan, the Euro area adjustment: about halfway there

Jan-De-Nul pétuffe

Bon, pour ne rien vous cacher, j’étais parti pour élire la zombie maléfique Annemie Turtelboom pour… « l’ensemble de son œuvre », puis je suis tombé sur cet article du Trends-Tendances et ce mec, Jan De Nul, ce fut le coup de foudre! Ce type est un… pff, je vous laisse le choix des mots. En tout-cas, il a mérité haut-la-main son titre de pétuffe de l’année!

Voici ce que notre pétuffe à osé sortir en guise de discours à l’occasion de la remise du prix du « Trends HR Manager de l’année »… déjà tout un programme rien que dans le nom de l’évènement.

« Je tiens tout de même à dire que nos politiques ne sont pas des plus intelligents »

« Nous constatons que sur 11 millions de Belges, 6,1 millions sont en âge de travailler. Et bien, il y en a seulement 3,1 millions qui travaillent. L’envie de travailler n’y est pas. Parce qu’il est possible de s’en passer. Nous avons mis en place une multitude de systèmes pour être payé sans travailler. Mais n’oublions pas que ces 3,1 millions de personnes qui travaillent doivent en entretenir 8 millions d’autres qui ne travaillent pas. Les politiques peuvent faire ce qu’ils veulent, ces 3 millions ne seront jamais contents. »

« Nos différents gouvernements ne prennent aucune mesure offrant une perspective à la génération suivante. Il n’y a qu’une solution. Faites travailler ces 6,1 millions de Belges. Réduisez l’état. Faites cesser toutes les prépensions. Instaurez une politique d’activation. Si vous mettez un demi-million de personnes au travail, vous aurez un demi-million de personnes de plus qui contribueront, mais surtout un demi-million de moins d’allocations. Pensez-vous qu’il n’y a pas de travail pour ce groupe ? »

« Je ne prétends pas que nos 1,3 millions de fonctionnaires sont totalement improductifs. Nous en avons 100.000 de plus qu’il y a 10 ans. Toutes les augmentations d’impôts ont été perdues en dépenses plus élevées ».

« Qui va continuer à payer tout ça ? » s’est demandé Jan de Nul. Il a alors dans un geste qui se voulait théâtral, montré du doigt les 350 invités, triés sur le volet, présents à la remise du prix Trends HR Manager de l’année en concluant :« Vous! ».

C’est beau! C’est émouvant! … Merci Jan!  C’est le pétuffe de l’année!!!!!

Pétuffe:  définition

Les anti-mariage pour tous… La honte!

Publié: 23 avril 2013 par Page de suie dans Articles
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De voir chaque jour ces cathos coincés du cul et des neurones, ces fachos adeptes du salut nazi et de la ratonnades de pédés, ces prètres en soutanes haranguer ces foules d’excités… Ça me fout les boules, mais surtout, j’en arrive à me demander si la France profonde a vraiment changée depuis les années trente et l’époque de « Action Française », on se croirait revenu sous Vichy… « Travail, Famille, Patrie »!

Voici un article de Serge Kaganski sur le sujet…

anti-mariage gay cathos de merde

Ces arriérés d’anti-mariage gay ne lâchent pas l’affaire. J’ai beau scruter leurs arguments, retourner la question dans tous les sens, je ne comprends rien à leur délire moyenâgeux. Le chômage, la finance internationale, les paradis fiscaux sont des sujets mille fois plus importants et graves, mais ça fait six mois qu’ils mobilisent la France, occupent les esprits, les médias, l’air ambiant, avec ce ridicule débat d’un autre siècle.

Cette loi élargit un droit, en conformité avec la constitution et la devise nationale : liberté (de se marier ou pas), égalité (pour tous quelle que soit la préférence sexuelle), fraternité (avec ceux qui baisent différents). La loi ouvre, autorise, étend une possibilité de choix, elle n’oblige personne. Les troupes frigides barjotes veulent fermer, restreindre, interdire. Elles crachent sur la devise, sur la constitution, sur la représentation nationale, les élus majoritaires, la démocratie représentative. Et à l’occasion, elles cognent, bastonnent, saccagent, haïssent.

La multitude barjote est soutenue, légitimée, encouragée par une droite UMPiste trop contente de trouver un palliatif à sa nullité idéologique, à ses grotesques combats des chefs et à ses multiples casseroles judiciaires (à côté des 250 millions refilés à Tapie par Lagarde avec la bénédiction de Sarko, les 600 000 ou même les 15 millions du “monstre” Cahuzac font très petit bras). Ce week-end, les Mariton, Boutin, Guaino anti-mariage gayont été rejoints par le frontiste Collard. La recomposition de la droite est peut-être en marche, ce qui aurait au moins le mérite de la clarté : droite de l’UMP/FN, même combat bien rance, sous l’égide de l’école Patrick Buissonière. Mariton veut organiser une grande fête de la famille le jour de la fête des mères : personne n’a relevé alors que tout est dit ! La fête des mères fut inscrite dans notre calendrier par Pétain, celui qui avait remplacé “liberté, égalité, fraternité” par “travail, famille, patrie”.

Cela fait six mois que les barjots défilent, six mois que les députés et sénateurs débattent, la loi sur le mariage pour tous va être définitivement votée par la majorité élue. Il n’y a maintenant plus lieu de discuter et de débattre. Par contre, il y a lieu d’avoir honte. Honte de cette partie de notre pays, héritière de Thiers (qui faisait tirer sur les communards), de Maurras (idole de l’ailier droit du sarkozysme, Patrick Buisson), de Pétain (inspirateur donc de Mariton), ce camp éternel du conservatisme, de la crispation, de la lâcheté, trouillomètre à zéro face à l’autre, au progrès, à l’évolution sociale, au mouvement, à l’avenir. “On n’est pas homophobe” jurent-ils tous. Ben voyons! On n’est pas homophobe mais on refuse juste aux homos de jouir du même droit que les hétéros. On n’est pas homophobe mais on pense quand même que les homos ne sont pas des citoyens complètement comme les autres et que conséquemment, ils n’ont pas droit aux mêmes droits. On n’est pas homophobe mais quand même, les homos, ce n’est pas naturel, parce que ce qui est naturel, c’est avoir un papa et une maman. Il va falloir apprendre à trier entre homophobie hard, soft, demi-soft, homophobie avec ou sans bate de base-ball, homophobie col blanc ou col bleu…

Oui, honte de ces débats oiseux, honte de ces “manifs pour tous”, quand on voit les pays du nord de l’Europe, la Belgique, la catholique Espagne ou le catholique Portugal qui ont légalisé le mariage pour tous depuis longtemps sans que cela ne cause la moindre rupture de civilisation ni la moindre souffrance particulière ou supplémentaire pour les petits nenfants. Honte des Barjot, Boutin, Guaino, Copé, Mariton, Collard quand on voit la Nouvelle Zélande passer au mariage pour tous dans la sérénité. La France, “pays des droits de l’homme”, est aujourd’hui au choix la risée ou la honte du monde libre et démocratique avancé. Mais l’histoire jugera les Guaino, Mariton, Collet, Barjot, Boutin et leurs légions, comme elle a déjà jugé ceux qui étaient pour la monarchie en 1788,  pour Pétain en 1940, contre le droit de vote des femmes en 1945,  contre l’avortement en 1975, pour la peine de mort en 1981 ou contre le Pacs en 1999. Dans plusieurs années, plusieurs décennies, ces manifs pour tous seront indélébilement gravées dans le marbre de la bêtise et de l’infâmie.

anti-mariage gay voté

Aujourd’hui 23 avril, enfin elle est passée cette loi! Ces connards dégénérés de cathos vont nous foutre la paix! Non, c’est une blague bien sur… ils vont continuer à se ridiculiser encore et encore, c’est le propre des cons fachos de ne pas évoluer, ils attendront tapis dans la pénombre, prêts à bondir sur nos libertés à la moindre faiblesse, car les périodes de crise n’ont jamais amenées de révolutions populaires… mais bien du fascisme! Donc restons aux aguets… !No pasaran¡

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P.S.:

Ah oui, si je publie ce genre d’article, ce n’est pas pour faire l’apologie du mariage, hein… Cette loi ne change rien pour tous ceux qui – comme moi – honnissent cette institution venant d’un autre âge qu’est le mariage… Dans l’absolu, il faudrait se passer de ce truc, mais dans la mesure où il existe, il doit être autorisé pour tous! Maintenant pour moi, c’est toujours ni dieu, ni maître, ni loi, ni état..! C’est plutôt l’attitude réac de ces cathos qui me débecte, pas leurs biestrie de mariage, qu’il soit civil, ou pire religieux. Ce devrait être le non-mariage pour tous! Mais ça c’est pour… après.

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🙂 Y a même des cons de l’UMP qui se sont trompés de bouton… et qui ont votés POUR le mariage pour tous!!! Il faut dire qu’a force de vivre dans le moyen-âge, on est vite dépassé par toutes ces technologies modernes, hein..?!

Selon Harlem Désir, Secrétaire du PS : « les réfugiés espagnols étaient fiers de la solidarité de la France, ils étaient soulagés et reconnaissants… »

Faut oser quant même!!! Ignorance ou déni? Deux explications, il est con..? Ou, il est con..!

Lundi 21 janvier 2013, en début de « Mots Croisés » sur Fr 2 – le sujet étant l’intervention française au Mali -, Harlem Désir, Secrétaire du PS, député européen, a tenu des propos ubuesques : (ceci dit, ils étaient sept sur le plateau… et pas un n’a bronché)

« Juste avant cette émission, j’étais à Montreuil où nous organisions une réunion de solidarité avec le peuple malien et j’ai vu des hommes et des femmes, beaucoup de Maliens de France, qui étaient à la fois inquiets, pour leur pays, comme ont pu être des réfugiés, vous savez, des Espagnols ou autres qui ont été accueillis en France au moment où leur pays traversait des drames, ou des guerres, et qui en même temps étaient fiers de la solidarité de la France qui étaient soulagés, qui étaient reconnaissants […] Et moi, comme beaucoup de Français, je crois, je suis fier que la France ait été à ce rendez-vous de la solidarité internationale, que nous ayant porté assistance à un peuple en danger… »

C’est d’une part méconnaître l’atroce situation dans laquelle les réfugiés ont été « accueillis » et d’autre part nier les méfaits du gouvernement français qui à l’époque n’a pas hésité bien longtemps avant de renvoyer de force ces républicains encombrants dans l’Etat franquiste, les faire déporter vers l’Allemagne nazie ou, dans le « meilleur » des cas, les interner dans des camps de fortune où un très grand nombre d’entre eux trouvèrent la mort. Ces camps sont pourtant bien connus de la France. Argelers, Ribesaltes, etc., ces camps de concentration où il n’y avait aucun soin, où les familles étaient souvent divisées, ne servaient en fait qu’à parquer des « étrangers » indésirables alors qu’ils n’étaient là que pour avoir une idée républicaine et/ou anarchiste, donc anti-dictatoriale, et de ce fait mortellement réprimée sous Franco.
Il serait peut-être de bon ton d’envoyer une biographie du Président Lluís Companys à Harlem Désir, ou du moins lui enseigner les circonstances de sa mort : représentant démocratique des catalans (président élu de la Generalitat), il est arrêté en France alors qu’il est en exil à cause de Franco. Il est remis aux autorités franquistes qui le fusillèrent. Ses derniers mots furent « Per Catalunya ». Seul président de gouvernement élu démocratiquement à avoir été fusillé, il semble peu probable qu’il ait été reconnaissant envers la France… Il n’est malheureusement qu’un exemple parmi de nombreux autres qui, anonymes, ont été renvoyés en Espagne, parqués ou encore déportés en Afrique du Nord ou en camps nazis. On appelle donc les instances locales du PS et plus particulièrement les élus à transmettre une demande de clarification des propos à leur premier secrétaire. Celui-ci ne peut ignorer et encore moins dédaigner les conditions de l’exil d’espagnols sous Franco.

retirada

Parmi les 500 000 réfugiés espagnols fuyant le franquisme – après avoir, pour nombre d’entre eux, mené un âpre combat contre les forces franquistes – mais aussi contre ses alliés nazis et les supplétifs de Salazar, au moins 330 000 se sont retrouvés dans des camps de concentration (appellation officielle).

La solidarité n’était pas de mise, en métropole et au Sahara colonisé, le gouvernement recevait ces Espagnols antifascistes, sans l’avoir anticipé – alors que les évènements présageaient une arrivée massive –, dans les camps de la honte du sud du pays. 17 000 personnes y périrent, ne parvenant pas à lutter contre le vent froid, la pluie, l’insalubrité, le manque d’eau potable, l’insuffisance des équipements sanitaires, la typhoïde, la tuberculose, le paludisme et le désespoir..! Au Sahara, les conditions de vie étaient encore pires et certains y croupirent jusqu’en 1942. Rappelons aussi que les revendications étaient considérées comme révoltes, et étaient punies d’emprisonnement dans des « espaces disciplinaires » et que ces punitions brutales pouvaient semer la mort.

Là, il est question de l’attitude du gouvernement républicain jusqu’en 1940. Quant à celui de Vichy, il a livré des Espagnols au régime franquiste et aux nazis qui les ont déportés dans les camps d’extermination.

Pour rendre la monnaie de la pièce de la solidarité à la France, nombre d’espagnols exilés, dont de nombreux anarchistes, se sont battus contre l’occupation nazie, rejoignant la Résistance ou les Forces libres : parmi les hommes de la 2e division blindée de Leclerc, ceux commandée par le capitaine Raymond Dronne, la Nueve, qui, comme son nom l’indique, était composée en majorité d’anarchistes Espagnols, ont été les premiers à rentrer dans Paris, le 24 août 1944, au soir.

Aussi, ce crétin inculte d’Harlem Désir – à la tête d’un parti de gauche (sic) – , est invité à revisiter son Histoire de France, l’histoire de ces républiques et celle du comportement honteux de ses représentants vendus.

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Vidéo : http://www.france2.fr/videos/75850033 (Harlem Désir, juste au début…)

Un film de ’39 sur l’exode des réfugiés républicains : La retirada: L’exode d’un peuple

(Notez bien que cet article date de 2013, ce ne sont plus « quatre pelés » aujourd’hui…)

Une certaine presse nous bassine avec quatre pelés – forcément « musulmans » – qui vont combattre en Syrie au côté d’un peuple qui se bat contre un dictateur… ouais je sais, c’est plutôt dans les rangs des extrémistes religieux – selon la version des merdias mainstream – qu’on les retrouve, bon. Mais saviez-vous qu’il y a 20 ans c’était des compagnies entières de fascistes et néo-nazis européens qui rejoignaient les rangs de ce qu’ils prenaient – ces cons – pour les dignes descendants des Oustachis (fascistes catholiques), qui combattaient au côté des nazis pendant la deuxième guerre mondiale, contre les résistants Tchetniks (nationalistes orthodoxes) et l’armée nationale yougoslave de Tito (communistes).

Si aujourd’hui, ce sont quelques dizaines de jeunes Belges – parmi lesquels certains musulmans radicaux – qui se battent en Syrie, il y a vingt ans, il s’agissait de jeunes flamands et néerlandais de l’extrême droite qui partaient combattre aux côtés des Croates durant la guerre en Yougoslavie. A l’époque, ce n’était pas Fouad Belkacem de Sharia4Belgium qui recrutait dans la jeunesse, mais bien le Vlaams Blok et le mouvement d’extrême-droite « Voorpost ».

Avril 1992. Les hautes sphères anversoises du Vlaams Belang, encore dénommé Vlaams Blok à l’époque, organisent une soirée spéciale « Croatie ». Le parti d’extrême-droite flamand s’affiche alors comme l’organisateur de l’évènement, jusqu’à ce que le quotidien Het Nieuwsblad ne l’épingle et le pousse à faire marche arrière. C’est au Voorpost, organisation d’extrême-droite flamande et néerlandaise bâtie sur les cendres de la structure paramilitaire VMO interdite par la loi, d’en reprendre les rennes.

Karl Van den Broeck, journaliste, y était. Il suivait à l’époque le Vlaams Blok pour le journal De Morgen:

« Filip Dewinter et le sénateur Vlaams Blok de l’époque Wim Verreycken y étaient. Durant la soirée, un certain Douwe van de Bos, un militant du Voorpost, a diffusé une vidéo dans laquelle on le voyait en action, accompagné de ses mercenaires. Une fiche de présences circulait dans la salle. Les personnes pouvaient s’y inscrire afin de recevoir de plus amples informations. Deux jours plus tard, le même Douwe van der Bos était invité au quartier général anversois du Vlaams Blok. »

Parvenir à savoir si le Vlaams Blok a effectivement recruté des mercenaires, tout en apportant un soutien militaire aux troupes de combattants volontaires croates, demeure une question très sensible.

Pourtant, dans les pages du Morgen de l’époque, le président des jeunes du Vlaams Blok (VBJ) affirmait que pour autant qu’il sache: « des jeunes flamands étaient partis en Croatie pour prendre les armes ». Une déclaration qu’il ravala quelque temps plus tard face au journal Het Nieuwsblad, se mettant ainsi au diapason des déclarations de Filip Dewinter niant la présence en Croatie de mercenaires recrutés par le parti.

Pour comprendre comment la Croatie a été un pôle d’attraction pour des néonazis d’Europe, il faut remonter à la Seconde Guerre mondiale.

Filip Dewinter in croatie fascistes vlaams blok

Par contre, ce qui apparaît comme certain, c’est que le Vlaams Blok a bien soutenu la lutte croate, notamment en descendant régulièrement jusque Zagreb. Jan Huybrechts, ancien président des VBJ, a voyagé à plusieurs reprises jusqu’en Croatie. Et il existe également cette photo où Filip Dewinter, Francis van den Eynde et le sénateur Wim Verreycken posent fièrement devant un tank Croate. Sans oublier les récoltes de fonds et de matériel organisées par le Voorpost et Volk In Nood, à destination des combattants croates.

Douwe Van der Bos

Il existe peu de documents en Belgique concernant ces jeunes partis se battre en Croatie. A l’inverse des Pays-Bas, où Douwe Van der Bos de la « soirée Croatie », est allé jusqu’à acheter des espaces publicitaires dans le journal De Telegraaf afin de recruter de nouveaux compagnons de lutte.

Van der Bos a toujours évolué dans ces milieux de la droite extrême: ancienne tête de liste du « Centre des démocrates néerlandais » (CD) et ancien membre du conseil d’administration du « Parti du centre », deux partis d’extrême-droite avec lesquels le Vlaams Blok a entretenu de bonnes relations. Sans oublier ses activités dans la sphère du Voorpost.

Les faits veulent que Van der Bos ait combattu aux côtés des célèbres Forces de défense croates (HOS), le bras armé du très radical « Parti croate des droits » (HSP).

D’autres néerlandais ont combattu à l’époque aux côtés des Croates, comme le montre le documentaire « Soldaat in den vreemde » – « Soldat à l’étranger ». Également dans « Dutch volonteersin Croatia 1991« . Ces documents suivent essentiellement le parcours de Johan Tilder, qui se serait rendu coupable de nettoyage ethnique, assassinats et actes de torture. Finalement rattrapé par les Serbes, il a été abattu lors d’une tentative d’évasion.

Néonazis européens en Croatie

Le fait que la Croatie ait été un pôle d’attraction pour un nombre assez important de néonazis de Flandre et des Pays-Bas n’a en réalité rien d’étonnant. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Oustachis croates – un mouvement séparatiste, antisémite et fasciste – s’étaient battus aux côtés des Waffen SS d’Hitler. Ils étaient craints pour les atrocités et les massacres qu’ils commettaient.

La guerre en Yougoslavie des années nonante a vu réapparaître la symbolique des Oustachis, inspirant des milices extrémistes aux affinités nazies. Des effigies du mythique chef de file oustachi Ante Pavelic ornait les quartiers généraux de ces milices.

Le reportage « Le combat croate » (vidéo ci-dessus) réalisé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel montre comment, à l’image de ce qui se passe en Syrie aujourd’hui, certains ont convaincu de jeunes néonazis français, belges, allemands, anglais et autrichiens à aller se battre sur le front en Yougoslavie. Ces séquences donnent à voir une petite armée de mercenaires (non rémunérés), composée de jeunes hommes portant des uniformes nazis faits maison, recourant à l’iconographie nazie et témoignant des raisons de leur présence sur place. Des images qui rappellent celles nous parvenant aujourd’hui de Syrie.

Donc cette presse de droite – et nos couillons politiques – qui nous rabâche les oreilles avec ces quelques belges en Syrie, feraient bien de tourner sept fois leur langue de vipères dans le bidet qui leur sert de bouche avant de l’ouvrir et de se couvrir de ridicule… Mais rassurez-vous Joëlle et son âme damnée d’Anemie vont nous pondre une toute nouvelle loi spécialement pour cet « exode » de belges musulmans vers la Syrie, dans le genre de cette loi  – de 1840 – qui interdisait aux belges de s’engager à la Légion Étrangère pour combattre au Mexique.

Source: Apache News - T. Cochez
Le particularisme espagnol

Partout dans le monde les pays ayant subi des dictatures on envoyés devant les tribunaux – fut-ce tardivement – les bourreaux qui les avaient asservis. Une épuration – réelle ou symbolique – des éléments d’extrême droite semblait évidente… Partout? Non, car en Espagne le passage du franquisme à la « démocratie de bazar » ne fut pas brutal, mais se fit par un processus de « transition pacifique », le roi Juan Carlos étant mis au pouvoir par ce chien de Franco. La première décision de ce « roi » fantoche fut d’ailleurs de confirmer à son poste, Carlos Arias Navarro, un porc phalangiste, dernier président du gouvernement de Franco. Bref, une vieille raclure fasciste sentant sa fin venir, a placer au pouvoir un connard d’aristo de droite incompétent pour éviter que des « sales gauchistes » qu’il à traqué toute sa vie ne prennent sa place et détruise son « œuvre »..! Pas de quoi être fier de lui le Juan Carlos de mes deux.

Il s’agit maintenant de savoir si un pays peut se construire « démocratiquement », si accessoirement une réconciliation reste possible, en niant son passé, en refusant de le regarder en face, en maintenant sa jeunesse dans l’ignorance de sa propre Histoire. Autrement dit : peut-on construire une démocratie sur l’impunité ? Aucun pays au monde n’a suivi ce modèle de l’oubli complet, de l’impunité totale, du refus de rendre justice et d’apporter réparation. De l’Allemagne post nazie (procès de Nuremberg mais, surtout, de Frankfort où des Allemands jugèrent des Allemands), aux pays d’Amérique latine, jusqu’aux commissions « Vérité et Réconciliation » d’Afrique du Sud, quand ce ne sont pas les tribunaux pénaux internationaux (Yougoslavie, Rwanda…) qui prennent le relais, les exemples sont nombreux où la volonté de réconciliation n’est rendue possible que si elle passe par un indispensable travail de vérité et de justice. En Espagne, la « transition démocratique » s’est soldée par l’oubli, l’amnistie et l’impunité pour les responsables des crimes odieux de la dictature franquiste.

En Grèce également, à la même époque il n’y eu pas réellement d’épuration à la chute de la Dictature des colonels et l’extrême droite a toujours été présente politiquement, ce qui donne aujourd’hui les résultats que l’on connait avec le retour du fascisme via l’Aube dorée ouvertement néo-nazie et la droite « classique » qui flirte allègrement sur la vague nationaliste brune.

Alors doit-on craindre que ces partisans du fascisme reviennent en force sur le devant de la scène, se risqueraient-ils à un coup d’état menant à une dictature nationaliste?

On aurait tort de croire que la paix et la démocratie sont définitivement installées en Europe. Il suffit par exemples de s’arrêter sur la situation de l’Espagne pour se rendre compte qu’un changement de paradigme est possible à tout moment.

Jusqu’à il y a quelques années, le risque d’un coup d’état populiste – voire carrément fasciste –  était considéré comme quasiment inexistant en Europe. Cependant la crise de la dette souveraine est venue changer brutalement la donne. Le spectre des défauts de paiement sur le Vieux-Continent est réapparu et avec lui les mesures d’austérité qui entraînent toujours les mêmes fléaux: mouvements sociaux, rejet de la démocratie, nationalisme et repli sur le populisme… pouvant aller jusqu’à  un changement de régime. Il serait imprudent de faire l’impasse sur l’histoire récente de la péninsule, car le dernier coup d’État – militaire – ne remonte en effet qu’au début des années 80 et a échoué seulement grâce à l’aura du roi Juan Carlos, aura qui a beaucoup terni depuis! De plus, n’oublions pas que le 23 janvier, l’Assemblée de Catalogne a déclaré solennellement que la région est une « entité légale et politique souveraine« . En d’autres termes, la Catalogne est prête à faire sécession, ce qui risque de déranger les esprits étriqués de certains nostalgiques qui ne voient que par l’unité de la nation. Bref, l’Espagne est au bord du précipice même si on l’oublie trop souvent.

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Le colonel Tejero aux Cortès, lors de la tentative du coup d’État
du 23 février 1981

Lors d’une conférence organisée le 6 février par un centre de réflexion à Madrid et qui portait sur les forces armées et la Constitution, il fut mis en lumière un certain « malaise » au sein d’une partie des officiers supérieurs de l’armée, notamment face à la gestion de la question catalane. Plusieurs officiers à la retraite ont pris la parole à l’occasion de ce colloque. Rien d’inhabituel à cela jusqu’à l’intervention du Général Juan Antonio Chicharo qui a commandé le corps d’élite de la marine jusqu’en 2010 – et a donc commencé sa carrière militaire sous Franco – et fait désormais partie de la réserve.

Qu’a t-il dit de particulièrement inquiétant ce général? Il a notamment fait part d’un « sentiment général de préoccupation, de peur, d’incertitude et de confusion au sein de l’armée espagnole » au sujet de la sécession possible de la Catalogne, allant jusqu’à regretter la démission en 2006 du Général José Mena qui s’était publiquement prononcé en faveur de la possibilité d’une intervention militaire afin de mettre un terme aux demandes d’autonomie plus importante de la région. Il a demandé ensuite, pendant son discours, d’imaginer un scénario qui a de grandes chances d’arriver: si le parti au pouvoir perd sa majorité absolue lors des prochaines élections générales et que les Catalans, en échange de leur soutien, demandent à abroger dans la Constitution la doctrine de « l’indissoluble unité » de l’Espagne, « que pourra-faire alors l’armée », s’est-il interrogé. Il n’a pas apporté de réponse… mais tout le monde a plus ou moins compris ce qu’il sous-entendait.

23b-f

Le pays est entré dans une ère de difficultés croissantes et l’évolution actuelle de la situation n’augure rien de bon. Jusqu’à présent, la figure du roi Juan Carlos servait d’unité à la Nation mais ce n’est désormais plus le cas puisque même la monarchie constitutionnelle est de plus en plus critiquée en tant que système de gouvernement. L’armée qui est « garante de l’unité de la Nation » et du respect de la Constitution pourrait tout à fait intervenir en cas de total discrédit des gouvernants et de risque réel d’implosion de l’unité espagnole. Ce n’est évidemment pas le scénario le plus souhaitable mais, dans tous les cas, on aurait tort de croire que l’Espagne est sur le chemin de la stabilisation. Le pays peut à tout moment s’enflammer, et faire avec lui basculer toute l’Europe dans un cycle infernal, les mouvements politiques nationalistes européens pourraient voir cela comme un signal…

Et en Grèce? La droite du premier ministre A. Samaras fricote de plus en plus avec l’idéologie de l’Aube Dorée.

Le parti d’Antonis Samaras a intégré des éléments pro-junte dans son groupe parlementaire, des membres de l’ancienne extrême droite du LAOS et du Parti du 4 août. Makis Voridis, par exemple, ancien membre du parti d’extrême droite LAOS est actuellement le porte parole du groupe parlementaire de Nouvelle Démocratie. Adonis Georgiadis quitte le LAOS pour Nouvelle Démocratie en février 2012. Konstantinos Kiltidis, a rejoint lui aussi Nouvelle Démocratie en 2012, ayant commencé sa carrière en 1973 au sein du Parti du 4 Août, un parti fasciste qui soutient ouvertement la dictature des colonels. Thanos Plevris a également rejoint Nouvelle Démocratie en mai 2012, il n’est autre que le fils de Konstantinos Plevris, considéré comme le père du néo-nazisme grec.

Il y a quelques jours, 85 députés du parti de droite « conservatrice » Nouvelle Démocratie, soit les deux tiers des ses membres élus, ont déposé un texte qui entend privilégier la « loi du sang » pour entrer dans la police ou l’armée nationale. Avec cet amendement, il ne suffira plus d’être citoyen grec pour accéder à ces fonctions, il faudra aussi être de « pure souche grecque ». Le parti nationaliste des grecs indépendants de P. Kammenos et le parti néo-nazi de N. Michaloliakos Aube Dorée ont bien entendu applaudit cette initiative et ont annoncé leur soutien pour le vote de ce texte… tu m’étonnes!

Cette initiative révèle encore un peu plus le vrai visage du parti du premier ministre Antonis Samaras, qui rallie l’extrême droite et affiche son mépris des droits de l’homme et des citoyens. Le 25 Février 2013, le chef des forces armées grecques Michalis Kostarakos a provoqué une réaction considérable sur l’échiquier politique quand il a écrit sur twitter : « Le temps est venu de réglementer par la loi la question de genos pour ceux qui s’inscrivent  dans les académies militaires. Ils doivent être grec par genos », autrement dit, ils veulent clairement « purifier » la police et l’armée de tout élément « à risque » pour leurs projets.

Quant on constate quotidiennement l’attitude partisane de la police grecque envers l’aube dorée, quand on voit ces « défenseurs de la loi » fermer les yeux sur les exactions xénophobes des milices nazies de l’aube dorée… quand ils n’y participent pas ouvertement, il y a de quoi s’inquiéter! Le slogan d’Aube Dorée, « Sang, Honneur, Aube Dorée«  rappelle des temps bien sombres. De plus, l’impunité dont profite les membres du parti néonazi depuis des mois maintenant pose de nombreuses questions sur la volonté réelle de l’État de lutter contre les violences racistes et les dérives fascistes. Et n’oublions pas qu’ils auront certainement le soutien de la haute bourgeoisie, car que si le bourgeois encense la démocratie en période faste, il préfère nettement le fascisme en temps de crise!

Alors, au vu de ces éléments, l’hypothèse d’un coup d’état dans ces pays… toujours fantaisiste???

Un militaire reste un militaire, con, brutal et avide de pouvoir! Ces porcs fascistes sont toujours là, tapis dans l’ombre, certains ne se cachant même plus comme en Grèce, et ils guettent leur proie! Au moindre signe de faiblesse de ces démocraties de pacotilles – gangrenées jusqu’à la moelle par la puanteur capitaliste et ses sbires de la CE, du FMI, de la BCE – , ils leur feront la peau! Mais ils nous trouveront toujours sur leur route, pas pour défendre un quelconque gouvernement – que nous haïssons pour d’autres raisons – , mais pour monter qu’un autre mode de vie, SANS gouvernement est possible… Car n’oublions pas, les anarchistes restent plus que jamais TRÈS présents, en Grèce, comme en Espagne!