Ils osent dire tout haut ce que TOUS les capitalistes attendent avec impatience…

Publié: 21 juin 2013 par Page de suie dans Articles
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Sachez que si le bourgeois encense la démocratie en période faste, il préfère nettement le fascisme en temps de crise!
La banque JPMorgan réclame des régimes autoritaires en Europe

Dans un document publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires.

jpmorgan

Cet incroyable document de 16 pages a été réalisé par le groupe Europe Economic Research de JPMorgan et est intitulé « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-parcours. » Le document commence par faire remarquer que la crise de la zone euro a deux dimensions.

Pour commencer, il affirme que des mesures financières sont nécessaires pour garantir que les principales institutions d’investissement comme JPMorgan puissent continuer à engranger d’énormes bénéfices de leurs activités spéculatives en Europe. Ensuite, les auteurs soutiennent qu’il est nécessaire d’imposer des « réformes politiques » destinées à supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui sont appliquées au nom des banques.

Le rapport exprime sa satisfaction vis à vis de l’application par l’Union européenne d’un certain nombre de mécanismes financiers visant à garantir les intérêts bancaires. A cet égard, l’étude souligne que la réforme de la zone euro en est pratiquement à mi-chemin. Mais le rapport réclame aussi davantage d’action de la part de la Banque centrale européenne (BCE).

Depuis l’éruption de la crise financière mondiale de 2008, la BCE débloque des milliers de milliards d’euros en faveur des banques pour leur permettre d’effacer leurs créances douteuses et de redémarrer une nouvelle série de spéculations. En dépit d’une pression grandissante venant des marchés financiers, le chef de la BCE, Mario Draghi a déclaré l’été dernier qu’il ferait le nécessaire pour consolider les banques.

En ce qui concerne les analystes de JPMorgan, ceci n’est cependant pas suffisant. Ils exigent de la part de la BCE une « réponse plus spectaculaire » à la crise.

Les critiques les plus dures du document sont cependant formulées à l’égard des gouvernements nationaux qui ont mis bien trop de temps à appliquer le genre de mesures autoritaires nécessaires à l’imposition de l’austérité. Le processus d’une telle « réforme politique » précise l’étude, a « même à peine commencé. »

Vers la fin du document, les auteurs expliquent ce qu’ils entendent par « réforme politique. » Ils écrivent : « Au début de la crise l’on avait pensé que ces problèmes nationaux hérités du passé étaient en grande partie d’ordre économique, » mais « il est devenu manifeste qu’il y a des problèmes politiques profondément enracinés dans la périphérie qui, à notre avis, doivent être changés si l’Union monétaire européenne (UME) est censée fonctionner à long terme. »

Le document détaille ensuite les problèmes existant dans les systèmes politiques des pays de la périphérie de l’Union européenne – la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie – qui sont au centre de la crise de l’endettement en Europe.

Les auteurs écrivent: « Les systèmes politiques de la périphérie ont été établis après une dictature et ont été définis par cette expérience-là. Les constitutions ont tendance à montrer une forte influence socialiste (sic), reflétant la force politique que les partis de gauche ont acquise après la défaite du fascisme. »

« Les systèmes politiques autour de la périphérie affichent de manière typique les caractéristiques suivantes : des dirigeants faibles ; des États centraux faibles par rapport aux régions ; une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; des systèmes recherchant le consensus et qui encouragent le clientélisme politique ; et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique. Les lacunes de cet héritage politique ont été révélées par la crise. » Quelles que soient les inexactitudes historiques contenues dans leur analyse, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que les auteurs du rapport de JPMorgan plaident pour que les gouvernements adoptent des pouvoirs de type dictatorial afin de mener à bien le processus de contre-révolution sociale qui est déjà bien avancé à travers toute l’Europe.

En réalité, il n’y avait rien de véritablement socialiste dans les constitutions établies durant la période d’après-guerre partout en Europe. De telles constitutions visaient à garantir le régime bourgeois dans une situation où le système capitaliste et ses agents politiques avaient été totalement compromis par les crimes des régimes fascistes et dictatoriaux.

Les constitutions des États européens, y compris celles de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal, ont été élaborées et appliquées en collaboration avec les partis socialistes et communistes des pays respectifs et qui ont joué le rôle clé dans la démobilisation de la classe ouvrière pour permettre à la bourgeoisie de maintenir son régime.

Dans le même temps cependant les classes dirigeantes discréditées de l’Europe étaient parfaitement conscientes que la Révolution russe demeurait une inspiration pour de nombreux travailleurs. Elles se sont senties obligées de faire une série de concessions à la classe ouvrière dans le but d’empêcher une révolution – sous la forme précisément de protections sociales et constitutionnelles, dont le droit de manifester, ce que JPMorgan aimerait à présent voir aboli.

Dans une certaine mesure, les critiques de la banque à l’égard du manque d’autoritarisme des gouvernements européens sonnent creux. Partout en Europe, les gouvernements ont à maintes reprises recouru ces dernières années à des mesures d’État policier pour réprimer l’opposition à l’encontre de leur politique.

En France, en Espagne et en Grèce, des décrets d’urgence et l’armée ont été utilisés pour briser des grèves. La constitution adoptée en Grèce en 1975, après la chute de la dictature des colonels, n’a pas empêché le gouvernement grec de licencier en masse des fonctionnaires. Et dans un certain nombre de pays européens, les partis dirigeants sont en train d’encourager le développement de partis néofascistes tel le mouvement Aube dorée en Grèce.

Toutefois, pour JPMorgan cela ne suffit pas! Afin d’éviter une révolution sociale dans la période à venir, ses analystes préviennent qu’il est indispensable que les gouvernements capitalistes partout en Europe se préparent aussi vite que possible à mettre en place des formes de régime dictatoriales.

A la fin du document, les auteurs avancent une série de scénarios qui, selon eux, pourraient découler de l’échec des gouvernements européens à ériger des systèmes autoritaires. Ces variantes comprennent : « 1) l’effondrement de plusieurs gouvernements favorables aux réformes en Europe méridionale, 2) un effondrement du soutien à l’euro ou à l’UE, 3) une victoire électorale incontestée de partis anti-européens radicaux quelque part dans la région, ou 4) l’ingouvernabilité de fait de certains États membres une fois que les coûts sociaux (notamment le chômage) dépasseront un certain seuil. »

C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.

Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux.

——-

Malheureusement, ceci reflète l’avis de la plupart des “capitaines d’industries” qui n’attendent que l’avènement d’un nouveau fascisme européen pour sortir du bois…
On va vous la mettre profond votre contre-révolution connards!!!

NO-PASARÁN-poster-8x6

Alors, juste pour le fun (j’ignorais qu’ils avaient le sens de l’humour chez Libé…)
Libération: Ce que Barroso a «vraiment» dit à Hollande

Sources: World Socialist Web Site - 17 juin 2013 & J.P.Morgan, the Euro area adjustment: about halfway there
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commentaires
  1. Anonyme dit :

    Le libéralisme (économique) implique la dictature. Raymond Aron

    « La compétition pour l’exercice du pouvoir, c’est-à-dire la démocratie politique, paraît, à la longue, incompatible avec le libéralisme économique. La plus grande erreur des libéraux, me semble-t-il, est d’avoir cru que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair. Je pense que le libéralisme politique, si on définit ainsi le système électoral, parlementaire, de compétition pour l’exercice du pouvoir, conduit de manière presque fatale à un système d’économie partiellement dirigée et partiellement socialiste. Personnellement, je crois que si l’on voulait, à l’époque moderne, avoir un système économique libéral tel que le souhaitent M. von Hayek ou M. Jacques Rueff, il faudrait la dictature politique. »

    Raymond Aron, Introduction à la philosophie politique, Paris, Le livre de poche, 1997, p. 127

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  2. samtelam dit :

    Voilà ce que disait Lafargue en 1903, de la guerre du pétrole et de l’ alliance du trust de l’ acier entre Rockfeller et Morgan…..de fieffés voleurs, n’ hésitant pas à recourir à toutes les pressions mafieuses imaginables…..http://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1903/04/trusts03.htm
    Born in the U Ass-Hole…….

    alors quoi de plus « naturel » pour ces salauds que de « réclamer de l’ ordre » et quoi de plus « normal » dans ces esprits obsédés et malades de fric que de s’ allier aux fachos….Remember Pinochet et la Margarine Thatcho…..

    Sam T

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  3. geneghys dit :

    A reblogué ceci sur les AZA and commented:
    Ils disent tout haut ce que tous les capitalistes attendent impatiemment …

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  4. On pourrait avoir un lien vers le rapport en question ? En tout cas, cela ne fait que confirmer tout ce que dit Naomi Klein dans l’indispensable « La stratégie du choc – La montée d’un capitalisme du désastre ».

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  5. Appono Astos dit :

    EN VOILA UNE GRANDE PROSTITUEE…

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  6. Anonyme dit :

    JP Morgan to eurozone periphery: “Get rid of your pinko, anti-fascist constitutions”
    http://blogs.euobserver.com/phillips/2013/06/07/jp-morgan-to-eurozone-periphery-get-rid-of-your-pinko-anti-fascist-constitutions/

    Traduction by Air Libre:

    « Débarrassez-vous du « gauchisant » , des constitutions anti-fascistes »

    De temps en temps je m’émerveille du langage aseptisé, doux, utilisé pour rédiger le plus misérable ou infâme document adrministratif.
    La semaine dernière, l’équipe de recherche sur l’économie européenne menée par Morgan JP, le géant financier mondial, édita un document de 16 pages concernant l’état de l’ajustement dans la zone euro.
    Cette étude impliquait le total des actions déjà accomplies et qui restent à réaliser en matière de souveraineté, de désendettement des ménages et des banques; des réformes structurelles (réduction des coûts du travail, facilitation de licenciement des travailleurs, la privatisation, la déréglementation, la libéralisation des industries «protégées», etc) et la réforme de la politique nationale.
    le rapport précise :
    « Dans les premiers jours de la crise, on a pensé que ces problèmes nationaux existants étaient surtout d’ordre économique: les pays souverains surendettés, les banques et les ménages, les désalignements des taux de change internes, et les rigidités structurelles. Mais, au fil du temps, il est apparu clairement que des problèmes sont liés à la nature politique de l’héritage national. Dans la périphérie sud, les constitutions et les accords politiques mis en place au lendemain de la chute du fascisme, ont un certain nombre de caractéristiques qui semblent être inadaptés à une plus grande intégration dans la région. Quand les politiciens et les décideurs allemands parlent d’une décennie de processus d’ajustement, ils ont probablement à l’esprit la nécessité d’une réforme à la fois économique et politique « .
    Oui, vous avez bien lu. C’est dur et sec; langage de Bankster. Les auteurs ont essentiellement dit que les lois et les constitutions d’Europe du Sud sont un peu trop gauchistes, un produit écrit par les anti-fascistes. Dans la région Sud, ces « problèmes politiques profonds » affirment les auteurs David Mackie, Malcolm Barr et amis », et à notre avis, doivent changer si l’UEM veut fonctionner correctement à long terme. »
    Vous pensez que j’ exagére un tantinet? Ils vont plus en détail dans une paragraphe décrivant le «voyage de la réforme politique nationale»:
    « Dans la région Sud, les systèmes politiques furent établis suite à la chute des dictatures et directement liés à cette expérience. Les Constitutions démontrent une forte influence socialiste qui reflètent la force politique que les partis de gauche ont acquis après la défaite du fascisme. »
    « Dans cette région les systèmes politiques affichent généralement les caractéristiques suivantes : faiblesse des cadres; Etat central faible par rapport aux régions, la protection constitutionnelle des droits du travail, systèmes basés sur le consensus qui favorisent le clientélisme politique et le droit de manifester contre les changements indésirables maintiennent le statu quo. Les défauts de cet héritage politique ont été révélées par la crise. Ces pays n’ont été que partiellement réussi à produire des programmes de réformes fiscales et économiques, avec des gouvernements contraints par les constitutions (Portugal), des régions puissantes (Espagne), et la montée des partis populistes (Italie et Grèce).  »
    Analysons ce paragraphe. La faiblesse des cadres sous-entend des moyens législatifs forts. Cela devrait être une bonne chose non? Rappelons-nous que c’est le Parlement qui est souverain. Le pouvoir exécutif dans une démocratie est censée être le corps qui ne fait qu’exécuter les ordres du pouvoir législatif. Les démocraties libérales ont opté pour les parlements et non un système de rois élus pour des raisons bien précises.
    JP Morgan, et probablement les éminences grises de l’UE sont probablement ventriloques et enfin honnêtes avec nous: ils veulent en finir avec la protection constitutionnelle des droits des travailleurs et du droit de protester. Et il doit y avoir un moyen d’empêcher les gens d’élire les membres des mauvais partis!
    Cependant et fort heureusement, les auteurs notent: «Une connaissance croissante de l’importance de ce problème est manifeste, à la fois dans le noyau et la périphérie. Le changement est en train de se mettre en place.  »
    Ils soulignent en particulier comment l’Espagne a commencé à «répondre à certaines des contradictions de la colonie post-franquiste» et maîtriser les régions.
    Mais à part ça, malheureusement, le processus de dé-démocratisation (ok – ce qu’ils appellent «le processus de réforme politique») a « à peine commencé ».
    Eh bien, le rapport de JP Morgan peut avoir été écrit en anglais, mais il ya une phrase en espagnol vénérable que toutes les bons anti-fascistes de tout le pourtour zone euro connaissent et est probablement la réponse la plus simple et la meilleure face à une telle provocation: ¡No pasarán!

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  7. Etienne dit :

    Il n’est nul part écrit dans ce document la phrase « les gouvernements adoptent des pouvoirs de type dictatorial afin de mener à bien le processus de contre-révolution sociale ». Il serait donc intellectuellement honnête de retirer l’image en haut de page qui met cette phrase entre guillemets et l’attribue à JPMorgan.
    À bon entendeur, salut.

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    • pagedesuie dit :

      Hum, dis-moi Étienne, si je te demande de faire taire un bavard gênant par tous les moyens… certes l’honnêteté intellectuelle voudrait qu’on ne dise pas que je t’ai demandé de le buter… mais c’est pourtant ce que tu auras compris, ainsi que tout témoin de notre discussion, non…?

      C’est bizarre que tous ceux qui ont fait un article sur ce document l’ai compris dans ce sens…

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