Articles Tagués ‘Résistance’

ZAD, Ils végètent, on s’enracine !

Publié: 30 novembre 2014 par Page de suie dans Articles
Tags:, , ,

Nouvelles fraîches de la ZAD

Chantier collectif de plantation et semis d’arbres en pépinière.

Rendez-vous le dimanche 14 décembre de 10 à 18 heures au carrefour du moulin de Rohanne

Pendant que les décideurs s’embrouillent dans un méli-mélo juridique, que la préfecture cherche encore un moyen de nous dégager, que les médias tentent de nous diaboliser… nous on continue d’occuper ! 🙂

Avec ou sans projet d’aéroport, nous habitons ici et sommes déterminé-e-s à y rester. C’est pourquoi nous avons défriché un terrain pour y planter une cinquantaine d’arbres fruitiers.

2723555_9-new

Comme lors de l’ouverture de la ferme maraîchère du Sabot en 2010 ou d’autres dynamiques  « Sème ta Zad », nous invitons petit-e-s et grand-e-s à participer avec nous à l’occupation de cette parcelle en :

  • Plantant et paillant les arbres
  • Semant des graines et noyaux
  • Installant une clôture autour de la pépinière, etc…
    .

Parce que les savoirs et savoir-faire sont trop peu partagés nous avons imaginé cette journée comme un moment convivial et propice à l’échange. Nous mêmes ne sommes pas des spécialistes et désirons retransmettre autant qu’apprendre.

Comment venir ?

Le carrefour du moulin de rohanne est un carrefour à 4 « branches » qui se situe sur la D81 entre Vigneux de bretagne et le carrefour des Ardillères (carrefour qui sépare les directions Fay de bretagne et Notre dame des landes, voici un lien vers la carte détaillé de la ZAD). C’est aussi l’emplacement de la cabane du « non-marché » et le lieu de ramassage des poubelles pour la ZAD (repères visuels). Des panneaux y indiqueront la direction pour aller à pied au champ où auront lieu les plantations, à deux pas du carrefour.

Nous avons un plan de verger précis, nous n’aurons pas forcément de place pour planter des arbres que vous voudriez offrir. Par contre si vous avez gardé des pépins ou noyaux de fruitiers ou d’arbres des haies locales et que vous souhaitez les planter ici avec nous, c’est bienvenue !

Pour celles et ceux qui veulent :

  • Il y a encore du boulot de défrichage (ronces et prunelliers), amenez des outils adaptés si vous êtes motivé-e-s !
  • Vous pouvez vous débarrasser de vos cendres de bois en nous les amenant, ce sera un très bon engrais pour les arbres !

Venez avec des bottes et si vous voulez, un truc à grignoter à partager.
On se charge du repas de midi !

Pour toutes questions/remarques :
racinespourlouest@riseup.net

dimanche 14 décembre de 10 à 18 heures au carrefour du moulin de Rohanne

Le lien vers « Sème ta ZAD » d’avril 2013

Non, rien n’a changé! On peut même dire que les pratiques violentes, illégales et fascisantes de la police Bruxelloise vont crescendo depuis. Que sur Bruxelles, la « tactique VandersmiSSen » est applaudie et soutenue par les bourgmestres et ministres en places… Tolérance zéro! Les procès des inculpés du 26 septembre 2010, suite à de prétendues agressions sur un crétin de flic à cheval, devant le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, ne furent que mascarade et déni de justice.

■  ■  ■

Rappel de la répression et des arrestations des activistes du camp Noborder
du 26 septembre au 1er octobre 2010

– Dimanche 26 septembre 2010 manifestation devant le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel

Ce jour là, à l’occasion du rassemblement annuel en mémoire de Semira Adamu, devant le centre 127bis la répression inattendue commence. Vers 14h 15 à proximité de la gare de Nossegem : un déploiement policier important bloquant tout accès au pont. Des cordons de policiers et camionnettes stationnées de manière à empêcher tout passage vers le centre fermé 127 bis à Steenokkerzeel.

Dès la gare de Bruxelles, les policiers avaient envahi les wagons du train en direction de Leuven et priaient les « autres » voyageurs de se déplacer dans d’autres wagons afin de regrouper les voyageurs qui avaient l’air de se rendre à Steenokkerzeel et vérifiaient leurs papiers. C’est là que l’intimidation commence, car dès la sortie du train les vérifications – parfois musclées – d’identité se prolongent pendant plus d’une heure. Les personnes sont obligées – parfois manu militari – de se laisser filmer à 40 cm du visage avant d’être autorisés à rejoindre les autres. A l’approche des manifestants du centre fermé, on observe à l’arrière la police montée, ainsi que des policiers se promenant avec des chiens entre les deux rangées de grillages. Tout ce déploiement est fort impressionnant et intimidant.

A un moment du rassemblement, certains manifestants frappent sur la grille d’entrée ce qui déclenche chez les policiers, des mouvements inquiétants puisque les chevaux sont appelés et arrivent menaçants en écrasant les manifestants les uns sur les autres. Lorsque les manifestants dont certainEs sont à ce stade très effrayés, tentent de retourner vers la gare, d’autres policiers casqués et boucliers en main empêchent tout avancement que ce soit vers la gauche ou la droite. Les manifestants se retrouvent donc encerclés ne pouvant se diriger dans aucune direction.

Très lentement, avec de régulières pressions que les policiers exercent à l’arrière avec les chevaux de manière provocante et, suivis d’autopompes, le cortège des manifestants « hermétiquement » entouré de policiers avec leurs boucliers se met enfin en marche, marche lente et saccadée par les nombreux arrêts imposés par les forces de l’ordre.

A la gare le passage est à nouveau bloqué les policiers refusant de laisser partir les manifestants s’ils ne (re)montrent pas leur carte d’identité. Quelques manifestants qui avaient été arrêtés préalablement sont relâchés.

– Mercredi 29 septembre : Bruxelles jour de la manifestation européenne des syndicats contre les plans d’austérité

Dès 9h30, 10h du matin Bruxelles et en particulier les environs de Tour&Taxis – où le camp NoBorder était implanté – , les métros Simonis, Yzer, les grands boulevards, place Ste Clayette, boulevard Lemonnier, sont envahis par des forces de l’ordre en civil et/ou en uniformes, des chiens, des chevaux, et des combis.

Une multitude d’arrestations « préventives » sont effectuées de manière systématique de personnes se déplaçant à pied ou en métro selon un processus identique ; deux, trois personnes se voient interpellées brutalement et sans aucune explication ni raison, de toute évidence sur base de leur aspect extérieur, plutôt jeune, style vestimentaire décontracté, sac à dos, style de coiffure… par des policiers en civil ou en uniforme. Fouille superficielle, fouille des sacs, vérification des documents d’identité, menottage colson  derrière le dos, assis à même le sol le temps qu’arrive un véhicule de police pour les embarquer toutes sirènes hurlantes. Les personnes sont traitées brutalement, fourrées dans les véhicules et emmenées au commissariat où elles passent 8 à 11 heures.

Les très nombreux témoignages envoyés au Legal Team du camp NoBorder ou à la Ligue des droits de l’Homme, font état de comportements raillant, brutaux et généralement très violents en gestes et en paroles.

Fréquemment arrêtés alors qu’ils s’apprêtent à prendre un bus ou se trouvent simplement assis à 3, 4 sur un banc, des individus se voient ainsi empêchés d’exercer une quelconque activité pendant l’entièreté de la journée puisque privés de liberté.

De cette manière plus de 140 personnes sont victimes de ce que les forces de l’ordre ont qualifié « d’actions ciblées », « d’arrestations préventives ».

A partir de 13h un rassemblement était prévu par « les précaires solidaires » groupe auquel devaient se rallier certains participants du camp No Border. La participation de ce groupe à la manifestation syndicale avait été négociée en détail et entièrement acceptée par les organisateurs (CSC et FGTB).

Dès l’arrivée sur le lieu de rassemblement place Bara cependant, les membres du groupe « précaires » se voient interdire l’accès de leur véhicule sono et leurs banderoles. Ainsi, dès avant le départ, intimidé par un impressionnant déploiement des forces de l’ordre ce groupe de manifestants se voit ensuite subitement encerclé ce qui les isole du reste du cortège. Le comportent des forces de l’ordre est d’emblée très agressif.

Après des palabres, le groupe peut enfin rejoindre le cortège, visiblement il est « souhaité » qu’il reste à distance. Pourtant après quelques dizaines de minutes à la Porte de Hal, la police encercle ledit groupe avec une brutalité inouïe. Il est perceptible que la détermination est antérieure pour empêcher le groupe d’aller plus avant avec le reste de la manifestation. C’est avec une violence extrême et gratuite que les policiers se ruent sur les manifestants (voir les témoignages nombreux, photos et vidéos), ils frappent, à la tête, sur les bras se comportent comme des hordes de déchaînés dans des combats de rue. Un homme au crâne fracassé titube, une femme lui venant en aide en tentant de le retenir par le bras se voit asséner un violent coup de matraque sur l’avant bras. Il faut au moins 20 minutes avant que des secours n’arrivent pour le conduire en ambulance à l’hôpital de même que 4 autres manifestants. Même les secouristes sont empêchés de venir en aide. La police procède à l’arrestation des manifestants encerclés. Cette manœuvre est suivie d’un second encerclement et de placages au sol. Des policiers en civil arrivent de tous les côtés, capuchés, parfois masqués, sortent leurs matraques télescopiques et frappent lourdement même des gens déjà au sol. Toute tentative d’entraide ou de gestes de solidarité de la part d’autres manifestants sont violemment repoussés, voire frappés aux bras, et du gaz au poivre leur est pulvérisé à bout portant dans le visage sans aucune précaution. Certains manifestants suffoquent, les yeux rougis. C’est un réel déferlement de violence.

Environ 90 personnes menottées les mains derrière le dos, sont obligées de s’asseoir en file sur le trottoir, pendant près de deux heures. Certains policiers exercent des mesures de contention supplémentaires en maintenant une pression dans le dos avec le genou. On assiste à des propos provocateurs et intimidations, notamment à l’aide de leurs bonbonnes de gaz de la part de policiers qui à cette fin, se masquent préalablement le visage. Des camionnettes de police font partiellement écran à ces agissements et un cordon de policiers empêche toute personne – même habitant du quartier – de passer. Questionnés les policiers répondent qu’il s’agit de « casseurs ». A un riverain de couleur qui dit aux policiers que c’est eux qui font peur avec leur accoutrement, l’un d’entre eux répond « t’as déjà vu ta gueule ? C’est toi qui fait peur ! »- « Mais c’est raciste ce que vous dites » réponse du policier « mben oui. »
A partir de 16h30 les départs échelonnés se font avec des combis policiers, les personnes arrêtées sont traitées non seulement sans ménagement, mais sans aucun respect.

Les arrêtés sont conduits dans les casernes d’Etterbeek et rejoignent les autres en arrestations « préventives » de la journée. Ils y sont traités de manière très humiliante et dégradante. Tous identifiés, fichés et fouillés. Il leur est demandé de signer des documents par lesquels ils déclarent avoir porté atteinte à l’ordre public !

– Mercredi 29 septembre Parc Léopold

Vers 11 heures un groupe qui souhaite faire connaître son opposition à l’agence Frontex dont certains représentants devaient se réunir à la Bibliothèque Solvay dans le Parc Léopold, se réunit afin de bloquer l’accès aux participants de la réunion. Les policiers nombreux dans le parc arrêtent tout passant qui leur semble suspect. Certains sont mis à l’écart de la vue dans des bosquets où ils sont maltraités. La violence est très grande. Les colsons sont serrés à l’extrême, les mains deviennent mauves, les personnes sont assises à même le sol et maintenues par des pressions de policiers sur le dos. Six policiers s’acharnent sur une seule personne. Les personnes arrêtées sont traînées par terre et jetées dans la camionnette de police. Pas de ceintures de sécurité mises aux personnes, pourtant menottées, conduite dangereuse intentionnelle avec coups de frein qui font se cogner les personnes aux sièges avants (ça fait se marrer les flics). A la caserne, fouille et identité prise. Les policiers disent être à la recherche de « matériel de manifestant ». Arrestation vers 12 heures d’une quarantaine de personnes, libérées vers 21 heures après que tout le monde soit photographié ; 11 gaufres sont apportées pour 22 prisonniers, un verre d’eau à 16h et à 19 h.

Autres arrestations à Schumann – un groupe assis se fait arrêter et enfermer sur le même schéma que déjà relaté.

– Jeudi 30 septembre 2010

Des arrestations se font sur les trottoirs du centre de la ville. Les personnes sont traitées avec une violence extrême par les policiers qui les interpellent, en plaquant au sol, en tordant les bras et même en exerçant des strangulations, et les menottent. Sans qu’aucune raison ni objet de l’arrestation ne leur soit communiqués, elles sont ensuite maintenues pendant 11 heures à l’Amigo (commissariat central de Bruxelles). Fouille à corps, obligation pour les personnes de sexe féminin de se dévêtir même au regard de policiers mâles. Une jeune femme refusant d’enlever son pantalon se voit pliée en avant sur une table et baisser son pantalon par un policier mâle, une autre doit se déshabiller toute entière. Humiliations et menaces, « j’ai envie de te couper les cheveux et les ajouter à mes trophées » se permet un policier ayant préalablement sorti son couteau. A la vue de passeports allemands, un policier se met à chanter l’hymne nazi  « Deutschland über alles ». Sacs, vestes et bijoux sont confisqués et certains objets jamais restitués. Remarques sexistes et moqueries font rire les policiers tout au long des 11 heures d’arrestation au terme de laquelle le rhabillement doit se faire dans le couloir…

– Vendredi 1 octobre : arrestations gare du Midi

Un appel à manifestation avait été lancé suivi d’une interdiction communale de rassemblement de plus de 5 personnes. Dès 17 heures le quartier de la gare du Midi est envahi de policiers, combis et autopompes. Des personnes isolées ou se déplaçant à deux, trois sont systématiquement interpellées sur base de leur apparence extérieure (âge, vêtements décontractés, style de coiffure). Des passants voulant exercer une certaine vigilance sur les arrestations en cours sont aussi arrêtés. Des mineurs, identifiés comme tels avant leurs arrestations, sont détenus jusqu’à une heure du matin en compagnie d’adultes. Les parents de ces mineurs ne reçoivent aucune information les concernant pendant leur détention.

Aux personnes qui s’enquièrent de ce déploiement policier et aux cafetiers du coin il est dit qu’il s’agit de : « deux gangs qui préparent des bagarres et que les policiers sont là pour les en empêcher. »

Le soir dans le quartier:

Arrestations aux alentours de la Porte de Hal vers 19h30. Route barrée à des personnes marchant dans la rue à deux. Les policiers les regroupent afin qu’il y en ait plus de cinq. Certains se font piéger par des tactiques policières qui consistent à dire à deux personnes « attention il y a la police au coin », si celles-ci répondent « ah merci », c’est bon, les policiers en civil les arrêtent. Les personnes arrêtées sont emmenées aux casernes d’Etterbeek où elles rejoignent d’autres déjà présentes.

Menaces, intimidations, moqueries, incitations à la bagarre, sexisme, violences sont commis par les policiers, ni boire ni manger ni même accès aux toilettes pour certains ! Est présent durant toute cette semaine, de manière active et proactive le Commissaire divisionnaire de police de la zone Bruxelles Ixelles, Pierre VandersmiSSen. Vous savez, celui qui se vante en public d’avoir le grade d’Obersturmbannführer – , comme un certain Léon Degrelle…

– Samedi 2 octobre 2010 Manifestation No Border dans les rues de Bruxelles

La veille, la police a rendu visite aux commerces, banques, restaurants et « avertissent » que le lendemain une manifestation « dangereuse » aura lieu. Qu’il y aura des « black blocs » qui vont tout casser, qu’il vaudrait mieux qu’ils ferments leurs établissements.

Il s’agit de la grande manifestation autorisée dans les rues de Bruxelles. C’est la seule manifestation organisée par le camp NoBorder. Bien que la présence policière avait été prévue « discrète » il y a un nombre énorme de policiers en civil, en plus des policiers présents pour la circulation. La surveillance, les photographies et les prises d’images sont constantes et importantes, exécutées par des policiers en civil principalement.

Petite anecdote qui témoigne de l’état d’esprit des policiers : un enfant muni d’un flyer se rend sur le trottoir pour en distribuer aux observateurs du cortège. Voyant cela, un manifestant va vers lui à un moment donné et lui dit « tu vois, ce monsieur, c’est un policier » et le policier de répondre devant l’enfant « et toi, t’es une sous-merde » !

.
AGISSEMENTS RÉCURRENTS durant la semaine Noborder

Concernant la mise en détention des personnes arrêtées, les très nombreux témoignages directs et écrits (plus de 80) permettent d’affirmer les faits suivants :

– Chaque arrestation se fait de manière brutale et violente
– Aucun motif n’est donné aux personnes concernant l’arrestation et la mise en détention
– Serrage excessif systématique des colsons (certains ont gardé des doigts insensibles plusieurs semaines)
– Intimidation par les policiers qui circulaient aux abords des cellules à l’aide de chiens
– Intimidations d’ordre sexuelles (verbales, gestuelles et physiques) par les policiers à l’encontre d’hommes et de femmes
– Accès aux toilettes refusé, parfois accordé après plus de 4h30 de détention pour certains, d’autres ont dû se soulager dans la cellule (avec parfois plus de 20 détenus)
– Refus de nourriture et/ou d’eau
– A leur sortie, les détenus sont sommés de signer un document indiquant qu’ils ont troublé l’ordre public.
– Des photos – illégales pour une arrestation administrative – sont prises de chaque personne (souvent de force)
– Violences policières dans les bus qui les transportaient, et à la caserne (généralement devant le refus d’obtempérer aux ordres sans avoir obtenu d’informations sur ce qui concerne les arrestations ou l’usage de la force)
– Mise en isolement, sans couverture ni nourriture pour des personnes « repérées »
– Irrespect, humiliations répétées et paroles fascisantes « Hitler ist mein Führer » , « je n’aime pas les chômeurs » , « Raus! Schnell! » , « t’es habillé comme un clodo » , « on va faire du sexe avec toi (en montrant la matraque) ».

■  ■  ■

Bref des agissements de crapules d’extrême droite qui ne s’en cachent même pas. On se souviendra simplement des tribulations du Dr. Marianne Maeckelbergh,  prof et chercheur à l’université de Leiden aux Pays-bas, dont le seul tort fut d’être à une terrasse au mauvais moment. Ce cas illustre bien les événements de cette semaine noire…


Arrested & Tortured in Belgium for Photographing Arrests, 500 Others Arrested, Many Tortured

Dr. Marianne Maeckelbergh is a professor and researcher at the University of Leiden in Holland. Last Friday, during the No Border Camp, « a convergence of struggles aiming to end the system of borders that divide us All,”  Marianne Maeckelbergh was arrested for… taking pictures while police were making arrests in Brussels, Belgium. 

Having just entered Belgium two and a half hours earlier, she was on the terrace of a café with friends when she witnessed violent arrests on the street. She went to take pictures and was herself arrested by the police chief himself (VandersmiSSen…). She was taken into police custody where she was violently dragged by her hair, chained to a radiator, hit, kicked, spat upon, called a whore, and threatened with sexual assault by the police. She also witnessed the torture of another prisoner also chained to a radiator.

This took place not in a dark corner of the police station but out in the open, directly witnessed by police station authorities who gave the impression that this was standard practice. Police removed her ID card, USB stick, the camera with the photos on it, and 25 euros in cash from her property, and have refused to return them.

Roughly 500 people were arrested, many preemptively, including people involved in the No Border Camp and other protest activities including an alleged attack on a police station. As of Wednesday 6 October, 2010 at least four people are still incarcerated. (voir plainte du WCAA au gouvernement)

Pourquoi avoir ressorti cet exemple précis? Parce qu’il est révélateur de ce qui se pratique au quotidien dans les locaux de la police bruxelloise, où on peut afficher ouvertement et pratiquer fièrement ses accointances avec l’extrême droite, son sexisme, son homophobie ou son racisme. Et ce, au vu et au su de sa hiérarchie! A la lecture de ce récit, venant d’une personne nantie, plus qu’insérée dans le système, censée être respectée par les flics, on a moins de mal à accorder du crédit aux autres récits, ceux du… « commun »..!

Laissez ces chiens sans laisse et ils auront tôt fait de ressortir les baignoires et la gégène! Notre ministre de l’intérieur n’a-t-elle pas déclaré que… « Le Maroc aurait beaucoup de choses à nous apprendre’’ (sic)

Vidéos:

Que fait la police? – Violences policières au No Border 2010 Bxl

Best of VandersmiSSen – Devoir d’enquête

 

Source : Indymedia Bruxsel
Mercredi 24 septembre au Caracole-Neur, lieu occupé à Namur.

Après l’épisode des fachos de Nation qui boutent le feu à leur porte, il y de ça quelques mois, la joyeuse bande de loustics qui squatte le Caracole a encore eu un réveil en fanfare des plus ubuesque mercredi dernier. Voici reproduit leur résumé de la journée de festivité offerte par ORES et les cowboys des « Delta » (parait qu’y ont changé de nom ces crétins aux FN303)

Ce matin, deux travailleurs d’ORES sont venus toquer à la porte du Caracole. Ils voulaient « voir » le compteur. Les occupants n’ont pas voulu leur ouvrir la porte. Suite à cela ils nous ont menacés de venir couper l’électricité, mais ils ont été vite refroidis par un déluge d’eau.

Ils ont ensuite appelé les pompiers qui eux même ont appelé la police.

Et là arrivèrent 1 combi, puis 2, puis 3, puis le Groupe.Intervention.Spéciale (aussi appelé Delta à Namur)…

Ces sales flics ont ensuite bloqué la circulation de la chaussée de Louvain (Un des plus gros axes de Namur, permettant notamment de rejoindre l’autoroute vers Bruxelles ), tenté de repousser les nombreux badauds sans succès, puis ont lancé l’assaut. Ils ont également arrêté des gens venus en soutien.

5 bolosses armés de flash ball (2 FN303) et d’un bélier ont alors commencé à défoncer la porte. Ils en sont venus rapidement à bout puis ont sorti et arrêté d’abord les occupants qui étaient restés dans la maison puis les 2 qui étaient monté sur le toit.

Les occupants et leurs soutiens sont resté en garde-à-vue pendant quelques heures et sont convoqué au commissariat de Namur en octobre.

Maintenant le Caracole est de nouveau occupé !

Caracole neur  dans le cul

Une jubilation qui fait plaisir à voir! Ce qui reste de la défunte porte d’entrée…

– Contrairement a ce qu’une certaine presse poubelle prétend, il ne s’agissait pas de « conduite dangereuse » mais uniquement de venir leur couper l’électricité..! Et l’expulsion s’est faite AVEC violence, mais c’est uniquement des pandores qu’elle émanait!!!

Mensonges ! La seule vraie conduite dangereuse dont parle les journaux c’est notre refus de vivre dans un monde où le droit de propriété contraint des gens à la rue et permet à d’autres de se balader armée pour faire respecter la loi des propriétaires.
Une vingtaine de flics, le Groupe d’Intervention Spéciale, la chaussée bloquée, les pompiers, une ambulance.. puis des heures de garde à vue avec prises d’empreintes (sous faux prétexte que c’est du judiciaire)… Tout ça pour nous couper l’électricité. Merci la criminalisation, merci l’état policier.

Qu’est ce que ça va être à l’expulsion ?

– On ne publiera pas ces articles puant de parti-pris et d’incompétence journalistique. Par contre en voici trois qui n’ont pas l’air mal du tout.

Le premier est presque bon… Expulsés de leur squat pour raisons de sécurité

Et cinq jours plus tard elle s’est renseignée à la source… Mode de vie « révolutionnaire »

De mieux en mieux… Rencontre avec les squatteurs de Namur: «Sortir du spectacle et commencer à agir» 

La journaliste s’appelle Aurélie Moreau… chapeau Aurélie, ça nous change des vendus habituels!  🙂

 ■   ■   ■

Voici les photos de l’intervention…  « non-violente et justifiée »!

expulsion Caracole 1 expulsion Caracole 2 expulsion Caracole 3bexpulsion Caracole 3  expulsion Caracole 4 expulsion Caracole 5 expulsion Caracole 6 expulsion Caracole 7 expulsion Caracole 8 expulsion Caracole 9 expulsion Caracole 10 expulsion Caracole 11 expulsion Caracole 12 expulsion Caracole 13 expulsion Caracole 14bexpulsion Caracole 16expulsion Caracole 15  expulsion Caracole 17

vidéo caracole

Vidéo amateur de l’assaut…

Hé ben, dis donc… j’ose à peine imaginer ce qu’ils considèrent comme une intervention violente!

En tout cas, on leur souhaite encore de nombreux matins paisibles au Caracole…
et une porte blindée pour la prochaine fois 🙂

■ ■ ■

Et pour rester positif, voici leur potager et le magasin gratuit

squat.png.h600 265821_201409281552355212851.jpg.h600 265024_201409241416542418559.jpg.h600 265820_201409281552346306658.jpg.h600

http://caracole.noblogs.org/
Ces images que nos merdias ne diffusent jamais… serait-ce pour éviter de donner des idées à certain(e)s?

Auraient-ils peur que le citoyen lambda ne se rende compte que toutes ces protections « robocop » ne sont pas efficaces contre la fureur populaire..?

MolotovToujours est-il que le 22 mars deux millions d’espagnols en colère se sont rassemblés à Madrid dans l’indifférence de nos médias, AFP, Belga, NADA! Pas une ligne, pas une image, on en avait que pour Poutine, les fachos de Svoboda en Ukraine, le premier tour des municipales et le crash de la Malaysia Airlines…

Pourtant, ce soir-là à Madrid… la peur a changé de camp! Les flics anti-émeute qui étaient mobilisés en masse (1700…), ont vu la dynamique de l’affrontement tourner à leur net désavantage. Et malgré tout leur attirail offensif… c’est eux qui reculaient, qui subissaient. Oh, bien sur il y eu quelques irréductibles « paciflics » pour essayer de calmer le jeu, mais ce qu’on constate, c’est que la colère et la haine contre les politiques liberticides et austéritaires du PP et de ces comparses européens s’est librement et joyeusement exprimée, et de la seule façon compréhensible par ces assassins, dans la violence!

 A bon entendeur…  😉

La plus grande manifestation de l’histoire récente de l’Espagne

L’info intoxiquée: l’exemple de l’Espagne

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

– See more at: http://droite.tv/quasi-guerre-civile-en-espagne-des-images-que-les-medias-francais-ne-vous-montreront-pas/#sthash.I0RhwTgR.dpuf

  « En clair, le 22, je faisais de la politique. A voté. Point..! »

 

NDDL 22 février

 

Je me contenterai donc de reproduire ce texte anonyme brut de décoffrage… vous êtes assez grands pour en tirer vos conclusions personnelles, non?

En rentrant de Nantes, je pensais ne rien écrire. Je me disais que ce n’était pas nécessaire. Que l’essentiel avait été de vivre cette journée-là. Et que le torrent médiatique sortirait de toute façon de son lit pour venir noyer cette manif. Je savais qu’il recouvrirait entièrement nos gestes et nos histoires. Et qu’il ne laisserait derrière lui que boue, effroi et désolation. Comme d’habitude. Face à cette capacité de confiscation de la réalité qu’on appelle information, nos mots, mes mots, je les imaginais dérisoires. Pourquoi s’embêter, alors ?

Sauf que cette fameuse journée, elle s’est mise à faire les cent pas dans ma cage à pensées. Elle ne voulait pas en partir. Je ne savais ni pourquoi, ni comment, mais cette manifestation m’avait bougé. J’y pensais et je trépignais devant l’ordinateur. Je ressassais.

J’enrageais, aussi. Je bouillais littéralement en lisant les comptes-rendus de procès des quelques personnes chopées à la fin de la journée. Ou en me plongeant dans le récit du manifestant qui a perdu un œil. Un de plus1.

Je lisais aussi ce qui pouvait bien se dire dans le salon et la cuisine de monsieur et madame tout le monde : la France avait peur. Grave. À en mouiller le tricot de peau. Le ton employé par les médias au sujet de la dite « émeute » du 22 me rappelait un souvenir d’enfance : la voix de ce commercial qui tentait de vendre une alarme à mes parents après qu’ils se soient fait cambrioler. Les mêmes mots. Le même ton. C’est toujours pareil. Quand créer du danger de toute pièce te permet de payer tes vacances ou d’acheter une motocyclette à ton ado de fils, tu sais te montrer convaincant. Tu racontes la peur, ta peur, tu ne lésines pas, t’y vas franco et, au passage, tu déroules le tapis rouge à l’ordre en vigueur, parce que l’ordre tu en profites goulûment.

Bref, j’en étais là : elle me prenait la tête, cette journée du 22. Elle était là, un peu partout. Dans leurs bouches, derrière leurs mots, au centre de leurs images. Et forcément, j’y étais aussi. J’écris « forcément » parce que j’ai fait partie de ce qu’eux nomment « casseurs ». Moi et quelques copains. On agissait ensemble, petit groupe solidaire. Rien de fou, hein, nul fait d’arme. Simplement, on était là. On a fait quelques trucs, on s’est agités. Point.

Je suis donc « un casseur ». Mais « un casseur » hyper-sympa. La précision est importante. Parce que dans les deux semaines qui suivent ce genre de journée, tu as quand même largement l’impression que beaucoup de gens viennent mettre leur main dans le derrière de la manif afin de lui faire dire tout et n’importe quoi. Beaucoup de ventriloques et de tours de passe-passe, dans les articles, sous les articles, dans les images, sous les images. Une hypertrophie des enjeux, servie sur son flux continu d’informations, à la sauce virtuelle. Avec un soupçon de connerie.

Reprenons. Je suis « un casseur » sympa. Et je ne suis pas complètement con non plus. Alors quand je lis un peu partout que ce jour-là j’ai été manipulé et que je n’ai rien compris à ce qui s’est passé, j’ai envie de dire : comme d’habitude. Ni plus, ni moins – certainement moins, en fait. Oui, je suis manipulé. Comme au supermarché, au boulot, devant des guichets, des médecins, des profs, des représentants de la loi en tous genres. Comme tout le monde. Oui, je suis manipulé, pour peu d’entendre par là : « Soumis à des forces qui me dépassent ». Mais je me soigne. Je l’ai accepté, ce statut de petite souris dans une cage. Je l’ai accepté parce que je me suis dit : si je ne suis que ça, une petite souris dans une cage, alors je serai une petite souris qui dévisse, qui fait n’importe quoi. Cette manif du 22 février, je savais très bien qu’elle ne changerait pas le monde (sic), et qu’elle s’inscrivait dans un jeu de pouvoir, de territoires et de symboles qui me dépassent. Mais j’étais excité comme une souris qui a pété un plomb dans sa cage. Et qui tente d’invalider l’expérience qu’on mène sur elle.

Auscultons la manipulation vendue ici et là : « Les flics nous ont laissé la ville » ; « Il y avait des flics/provocateurs dans le cortège » ; « Les flics ont laissé faire ». Ou bien : « En bloquant l’accès à une partie de la ville, les flics ont crée la tension de toute pièce pour discréditer le mouvement ». Cette idée que les flics sont acteurs de la journée est à la fois assez vraie et très mensongère. Je ne rentrerai pas ici dans l’analyse de la répression ce jour-là ; je ne suis nullement un « spécialiste » de la question. Mais je me suis par contre rendu compte que le point commun de ces évocations de « l’émeute » comme favorisées par police tient à l’impossibilité pour les gens qui les évoquent de concevoir qu’on puisse être assez nombreux-ses à être en colère, suffisamment déterminé(e)s et organisé(e)s pour débarquer dans une ville afin de la retourner. Ça leur semble tellement fou et irrationnel que ça doit forcément être un complot. Ben non.

La réalité est beaucoup plus simple : ce jour-là, les flics n’ont pas créé la violence, ils l’ont gérée. Violemment, patiemment et méthodiquement. Et ils avaient certainement conduit un efficace travail de renseignement en amont puisqu’ils avaient compris combien on était motivé(e)s. Ils avaient saisi que s’ils nous laissaient accès à toute la ville, on risquait d’avoir méchamment envie de faire du lèche-vitrine sans pour autant passer par les portes automatiques. J’imagine que de longues réunions se sont alors tenues dans de beaux bureaux soyeux pour décider comment administrer cette colère qui allait parcourir le cortège. Qu’en faire ? Comment la récupérer ?

Loin d’une quelconque théorie du complot, il y a tout de même une réalité qui semble dépasser quelques commentateurs en mal de bons et de méchants. Celle-ci : alors que les festivités allaient bon train et que l’air devenait difficilement respirable, la foule est restée en grande partie présente, à quelques mètres. À nous observer caillasser les flics, tenter de les faire reculer. À nous regarder agir avec sympathie. Et j’avais l’impression que cette foule disait : « Je le sens moyen, ton plan… ça a l’air foireux… Mais vas-y, ne t’inquiète pas : je reste là, je te couvre. » C’était fou, vachement beau à voir. Et encore plus à vivre. C’est aussi ce qui rendait l’intervention des flics si difficile, tant ils risquaient de commettre plus de « bavures » que de nécessaires, de possibles ou d’autorisées. Comme un aval tacite d’une partie de la foule. Lequel a sans doute permis à toutes ces personnes qui n’étaient pas équipées pour la castagne (pas de masque, des vêtements clairement identifiables, etc.) de ne pas finir dans le camion à salade ou en disque de ball-trap pour baqueux en mal de cible.

J’ai aussi lu, ça et là, que les flics auraient fait usage d’une force démesurée et qu’ils se seraient trompés de cible, en « frappant » les gentils manifestants plutôt que les vilains « casseurs ». C’est quoi, un usage de la force mesuré ? Quand les flics font comme à la pétanque, c’est-à-dire tracer un rond au sol à bonne distance, prendre le temps de viser, et commenter gentiment le tir en y allant d’une petite blague impromptue ? Et c’est quoi, trompé de cible ? Ça signifie qu’un tir tendu sur un manifestant pas du tout gentil, qui ne vote pas, qui a pillé le rayon vêtements noirs du Décathlon, et qui a lancé un caillou, ce n’est plus vraiment un tir tendu ? Mon cul ! Moi, je ne vois là que la violence d’État, dans son hideuse banalité, dans sa toute-puissance, peu importe qui s’en retrouve victime. Quant aux quelques pavés qui ont atteint leur cible, reconnaissez que c’est bien la moindre des choses. Il faudrait quand même voir à ne pas oublier, dans un retournement symbolique quasi cocasse, d’où émane la plus grande des violences, la légitime, la rémunérée.

Le côté « sportif » de cette manif n’a pas débordé le cortège. Et il n’a pas décrédibilisé la journée. Au contraire, il l’a transcendée en un joyeux bordel informe et foutraque où l’on ne savait plus trop bien qui est qui. Davantage que la minorité qui déborde, cette journée a été placée sous le signe de la majorité qui bout – et c’est pour cette raison que c’est essentiellement cette dernière qui a été marquée dans son corps par les hommes en arme. Inutile de chercher à tout prix une ligne de démarcation entre pacifiste et « casseurs » : cela relève du rite de conjuration. Ou de la prière, ressassée par celles et ceux qui abhorrent l’idée que la violence que j’exerce – quand je suis en forme – avec d’autres, contre tout symbole du pouvoir, puisse potentiellement être avalisée avec le sourire par monsieur ou madame tout le monde. Le cauchemar du pouvoir, à en réveiller le préfet la nuit.

Définitivement, cette journée du 22 fut sacrément animée. Une sorte de rencontre inter-régionale autour des loisirs créatifs. Un salon international du bien-être. Très sympa. Comme moi, je vous rappelle. Et ce, malgré l’austérité de ma tenue. Oui, j’étais tout en noir. Oui, je portais un masque. Figurez-vous que j’avais bien pensé venir en short et en tee-shirt. Mais ça n’aurait pas été raisonnable : il fallait se protéger de la bande armée qui nous attendait de pied ferme. Croyez bien que je la regrette, cette tenue noire si peu rigolote et fort menaçante. Et que je n’aime pas porter ces masques anonymes. Ils cachent les sourires, nos sourires. Et ils facilitent la construction médiatique et policière de ce personnage du « casseur », cette ombre haineuse et abrutie. C’est pratique, l’ombre : elle ne parle pas, ne pense pas, et permet même de dissimuler.

Sous ce masque, cagoule ou capuche, j’ai un cerveau. Et il turbine. Sec. Trop vite, souvent. Mon cerveau, « l’aéroport et son monde », il y a beaucoup réfléchi. Depuis longtemps, presque depuis toujours. Parce que « son monde », je m’y suis bien cogné le front. Assez pour me sentir résolument déterminé à agir sur ce qui se passe autour de moi. À ne pas accepter, à ne plus accepter. Alors, c’est vrai, cette journée du 22, c’était un peu la fête, le grand rendez-vous. Mais son assise à la fête, c’était ma colère. Précise. Dense. Quotidienne. Physique. Lucide. Rien à voir avec cette idée colportée par les médias et les politiciens d’une masse abrutie de combattants tout de noir vêtus qui se déplacerait au gré des affrontements en France et en Europe sans comprendre où elle est ni pourquoi elle y est. Oui, les fantasmatiques et imaginaires black-blocs. Sauf que moi, je sais très bien sur quel front je me situe, et pourquoi. Je sais très bien que je ne revendique rien, je veux tout. En clair, le 22, je faisais de la politique. A voté. Point.

Et je ne pète pas plus haut que mon cul. J’ai bien compris que l’intensité de cette « guerre » est basse. Je sais qu’il y a d’autres fronts, ailleurs, pas loin, autrement plus violents. J’ai bien conscience que le capitalisme souvent tue ou anéantit, alors que le 22 il se « contente » de blesser. Je ne m’enracine pas dans un imaginaire viril ou guerrier – le moins possible, en tout cas. Et je fais attention à ce que moi et mes copains et copines, on ne finisse pas par ériger un quelconque folklore de la petite guérilla urbaine, même si partager un imaginaire est inévitable. Je sais tout ça. Il n’empêche : cette violence, je la ressens au quotidien. Je la vois, je l’entends, partout, tout le temps. Dans l’histoire, dans l’économie, dans les rapports de genre, de classe, dans le racisme, la répression de toute forme de contestation hors cadre… Cette conflictualité, elle m’habite, elle m’obsède, elle m’a rendu fou parfois. Elle me bouffe tout autant qu’elle m’a fait. Et quand on bouge le 22, je pense à cette violence, aux dernières fois où elle s’est manifestée à moi. Et je me rêve mèche.

Du coup, c’est vrai : on laisse un peu de bordel en repartant. Si peu. Maire et préfet chialent parce qu’on a fait caca dans leurs boîtes aux lettres, comme s’ils oubliaient que ranger le bazar génère aussi de la croissance. Les dégâts causés par « l’émeute » sont bons pour l’économie, non ? Le déploiement du maintien de l’ordre l’est pour nos exportations de matériel policier, n’est-ce pas ? Alors, basta avec cette fable du contribuable qui raque en bout de chaîne. Leurs mots, leur histoire. De toute façon, il ne s’agit pas de mettre à mal le capitalisme en brûlant trois arrêts de bus. Non, l’enjeu réside dans la manière dont ce genre de journée irrigue le quotidien de celles et ceux qui les vivent, quelle que soit leur place dans les festivités. Comme le retour du corps, du corps comme interface avec le conflit. C’est le corps qui est en jeu – réalité précieuse à l’heure où l’exercice de la citoyenneté et du conflit, et donc de la politique, repose sur la confiscation de la parole, sur la délégation du pouvoir et sur une dilution permanente de la responsabilité. C’est le corps qui est en danger, aussi. Tripes, jambes, cerveau. Nos corps sont nus, ceux d’en face sont protégés par une véritable carapace. C’est frappant. Et toutes celles, tous ceux qui étaient là n’auront pas manqué de noter cette distorsion de moyens, l’État apparaissant pour ce qu’il est : une arme à la ceinture d’un homme. Un vrai dévoilement, qui affecte des vies et des quotidiens.

Ce versant physique de l’exercice d’une force collective met en jeu la puissance et la peur. La puissance d’agir, d’être. Un sentiment de présence au monde rare. Une danse sur la plus étrange des musiques, celle de la révolte. Avec des gens sur le côté de la salle des fêtes, semblant attendre qu’on les invite. Manquent uniquement les nappes en crépon… Et la peur ? C’est celle de ce qu’il y a en face, de la blessure, de la répression. Celle de là où nous mène la colère, aussi, de ces points de non-retours franchis. Celle de constater qu’on vit déjà au-delà de soi-même, qu’on ne se reconnaît plus très bien parfois. Comme une espèce de tempête en interne, vécue par toutes celles et tous ceux qui mettent pareillement la main à la pâte. Il ne te reste alors qu’à écouter, qu’à sentir et ressentir.
Et ce jour-là, justement, j’ai entendu des gens vociférer, et les altercations ont été aussi nombreuses que les rires. Fallait-il brûler cette voiture ? Faire fuir de façon vigoureuse cette camionnette de BFM-TV ? Défoncer cette vitrine ? Ce sont de bonnes questions, que tout le monde devrait se poser. Et justement : quand ça brûle, ça casse, ça pète, tout le monde se les pose. Parce que ce jour-là, ces questions sont ressenties, vécues – elles ne sont plus simplement théoriques. Rien que pour ça, ça vaut le coup. Impression que je participe à ouvrir alors la plus belle agora du monde. Ensuite, à chacun de fixer son curseur.

En ce qui me concerne, j’ai choisi. Et quand tout le monde se défoule gentiment sur le camion égaré d’une grosse chaîne de télé, au grand dam des journalistes qui sont au volant, j’y vois la preuve que personne n’a envie de se faire voler le compte-rendu des débats. Surtout pas moi. C’est d’ailleurs pour ça, je crois, que cette journée du 22 m’a tant trotté dans la tête quand d’autres manifestations similaires ne m’avaient pas tant marqué. C’était le désir de raconter mon histoire tandis qu’on me la volait qui tapait au portillon. L’envie de rappeler que je ne dors pas entre deux « émeutes ». Que j’ai une vie bien remplie. Que si « émeute » il y a, elle n’est qu’un temps politique parmi d’autres dans ma vie – pas forcément le plus important, d’ailleurs. Que j’ai méchamment envie de tout péter, car j’ai furieusement envie de construire autre chose qu’un monde mort. Que je suis – je crois – assez lucide sur la pertinence et la limite de nos gestes, et qu’il s’agit aussi d’un besoin, d’une pulsion. Et que les feux allumés ce jour-là, réchauffent toutes les démarches que je mène une fois retourné à mon quotidien. Le son de « l’émeute », je l’entends tout le temps dans ma tête, obsession qui habille le réel de la plus belle des manières.

Vous n’êtes pas obligés de croire à cet hydre du « casseur » agité par certain(e)s. Vous n’êtes pas obligés de reprendre à votre compte l’histoire que propose le pouvoir. Faîtes plutôt la vôtre. Et la prochaine fois qu’on se croise alors que les animations battent leur plein, n’hésitez pas à vous rapprocher et à venir me parler. Rappelez-vous : avant d’être un « casseur », je suis hyper-sympa.

PS.: est-ce utile de nommer la source pour un pamphlet anonyme…? 😉

La machine a expulser s’emballe

Publié: 20 mars 2014 par Page de suie dans Articles
Tags:, , ,
Institut du Sacré-Cœur à Vielsalm
Institut Saint-Roch à Marche-en-Famenne
Institut du Sacré-Cœur de Barvaux-sur-Ourthe

Qu’ont-ils en commun? Dans chacun de ces établissements scolaires, notre tristement célèbre Maggie De Block, veut expulser des élèves parfaitement intégrés et leurs familles. Les renvoyer, tout comme elle le fit avec Aref vers les persécutions, la misère, l’analphabétisme… et peut-être vers l’incarcération ou la mort..! Des dizaines de familles, d’élèves, de professeurs, de voisins, d’amis se sont mobilisés. Ils se démènent pour tenter d’infléchir cette garce, qui ne sait que répondre froidement : « De wet is de wet! »

On dit toujours qu’en cas d’enlèvement, il faut appeler les victimes par leur prénom, pour les « humaniser » aux yeux du psychopathe qui les menace… Donc, Maggie, voici les enfants que tu veux expulser:

  • Hadeel Eldhomh, yéménite, vit en Belgique depuis sa troisième maternelle (près de 10 ans !). Son père, suite à des protestations, risque la mort dès son arrivée sur le territoire. Hadeel serait quant à elle mariée peu de temps après son retour… Au Yémen, ce sont les grands-parents qui prennent les décisions pour toute la famille : elle sait donc qu’elle n’échappera pas au mariage ! Pouvons-nous vraiment enlever tout espoir de vie heureuse à cette jeune fille de 13 ans en la renvoyant vers un mariage certain, vers une vie de femme soumise à un homme qui lui aura été imposé ? Est-ce là les valeurs que veut défendre notre pays ? Les conséquences de ce mariage forcé seraient catastrophiques et en parfait désaccord avec les règles morales de notre pays. Cet avenir probable nous inquiète tout particulièrement. Notre inquiétude est d’autant plus vive que c’est une élève brillante, parfaitement intégrée, qui maîtrise parfaitement le français, et qui fait l’unanimité au sein du corps professoral et des élèves. Elle est d’ailleurs promue à un parcours prometteur si elle peut poursuivre sa scolarité dans notre pays. Elle rêve de devenir médecin.
  • Ruzanna Yedigaryan, arménienne, dans le pays depuis 4 ans, a toujours vécu dans des centres. Elle craint de rentrer en Arménie. Outre les nombreuses amitiés nouées et les activités auxquelles elle prend part, elle construit chaque jour son avenir dans notre établissement scolaire. Son intégration passe également par une volonté permanente d’être traitée à l’égal des autres dans ses apprentissages. Son caractère combatif la pousse à se dépasser et à produire un travail de qualité en dépit des obstacles de la langue. L’une de ses plus grandes craintes est d’ailleurs de ne pas pouvoir mener ses études à terme. Très appréciée de ses camarades de classe, son possible départ est un choc pour chacun. Il nous a de plus été rapporté qu’un retour dans son pays d’origine pourrait constituer un grand danger pour son père. Nous éprouvons dès lors de vives inquiétudes. « Si nous retournons à Erevan, mes parents seront jetés en prison et nous serons seuls sans famille pour nous protéger« , redoute Ruzanna.
  • Besiana et Albina Rustemi, également dans le pays depuis 4 ans, sont nées en Allemagne. Elles proviennent de Serbie. Leurs parents, albanais, ont fait l’objet de persécutions liées à la minorité ethnique à laquelle ils appartiennent. Besiana a vraiment très peur de retourner au pays.
  • Maryam Oganyan : 19 ans, émigrée russe qui réside en Belgique depuis 4 ans et quatre mois. Sa famille a rencontré des problèmes avec la mafia russe. Son père tenait un commerce dans une petite ville à 250km au sud de Moscou. Il s’avère qu’une employée de l’établissement vendait de la drogue, sans que sa famille ne le sache. Elle a été tuée par la mafia, dans le magasin de son père. Les criminels ont mis le feu au magasin et réclamaient de l’argent. Sa famille et elle-même ont fuit pour sauver leur vie. C’est une fille qui en veut : elle se lève tous les jours à 5h du matin pour venir à l’Institut Saint-Roch de Marche-en-Famenne, école dans laquelle elle est inscrite depuis 3 ans. Si elle retourne en Russie, elle sera en danger de mort…
  • Isa, Zharadat et Abubakar Konkurkhanov : 15, 14 et 13 ans, émigrés de Tchétchénie. Ils résident au centre de Melreux depuis le 15 mars 2012. Trois enfants qui ont perdu leur père en Tchétchénie, tué sur place. Ils ont fuit ce pays pour échapper à la violence. Isa est un élève qui a intégré une 3pMeca début septembre après avoir appris le français sur très peu de temps. Il se débrouille très bien, il s’accroche pour réussir ses cours, il est très sociable et a beaucoup d’amis dans l’école. Zharadat et Abubakar sont en classe DASPA. En septembre 2014, ils doivent intégrer une 1ère différenciée. Ces 2 élèves sont très motivés et apprennent très vite. Ils sont toujours joyeux, ils apportent beaucoup de bonheur en classe. Si ils retournent en Tchétchénie, ils seront en danger de mort…
  • Ermal Kastrati : 18 ans, Kosovar, il vit en Belgique depuis 18 mois. Ermal vit chez un oncle avec sa mère qui souffre d’un cancer. Ils ont tout perdu là-bas. Son père est arrivé sur notre territoire cinq mois plus tard. Ermal et sa mère ont reçu un avis d’expulsion mais pas son père. Ce sont deux dossiers différents.Cet élève a intégré une 4pMeca en septembre. Il est très volontaire. Il est inscrit au club de football de Marche-en-Famenne, est toujours là pour donner un coup de main. Il a énormément d’amis à l’école qui ne veulent pas le voir partir. S’il retourne au Kosovo, il ne sait pas s’il pourra reprendre des études. Il veut se construire un avenir, trouver du travail, avoir une vie de famille normale.
  • Hasmik (15 ans), Nelli (13 ans), Narek (9 ans) et Karina Stepanyan (9 mois). La famille a fui l’Arménie en 2010 car la situation politique et économique du pays n’était pas stable. Trois des enfants sont scolarisés dans la commune de Durbuy, à l’ISC et à l’école communale d’Izier. Ils parlent parfaitement le français et sont très bien intégrés. Il y a quelques jours, le renouvellement de leur permis de séjour vient de leur être refusé. Ils sont renvoyés dans un pays où leur avenir reste incertain. Nous, enseignants, parents, amis ne pouvons accepter cette situation.

Les citoyens lambdas ouvrent enfin les yeux sur l’inhumaine politique d’expulsion de Maggie De Block, et dans ces trois cas… pas un activiste, pas un seul « gauchiss »..! Ce sont des citoyens ordinaires Maggie, tu ne peux plus dire dans les médias que ce sont des activistes qui fomentent ces actions, qui font monter la mayonnaise. Vas-tu les envoyer à la mort comme tu l’as fait avec Aref, assassiné dès son retour forcé en Afghanistan?

expulsion marche en famenne

Élèves et professeurs se mobilisent à St. Roch (Marche-en-Famenne)

Barvaux contre les expulsions

Institut Sacré-Cœur, école communale, école d’Izier en « front commun » contre les expulsions à Barvaux

Voici divers articles qui évoquent le sujet:

Durbuy. Contre l’expulsion des Stepanyan – tv-Lux

Toute une école se mobilise contre l’expulsion de ses élèves – dh.be

Une chaîne humaine contre l’expulsion d’une famille – 7sur7.be

Barvaux: les Stepanyan soutenus par 600 élèves (+ photos) – lameuse.be

Vielsalm: Ruzanna et sa famille, qui ont fui l’Arménie en 2008, sont dans l’angoisse d’être expulsés – laprovince.be

Les trois pétitions contre ces expulsions:

Institut du Sacré-Cœur de Vielsalm

Institut du Sacré-Cœur de Barvaux

Institut Saint-Roch de Marche-en-Famenne

Flash-ball et grenade de désencerclement

– Premier cas: 22 février, manif contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Yves Monteil, photographe, fondateur de Citizen Nantes :

« Toute la finesse policière. Alors que je filmais et ne représentais aucun danger j’ai senti un choc au niveau de la poitrine. Suis tombé net et ai tout de suite compris qu’un tir de flash-ball a courte distance m’avait touché. Et c’est rien comparé aux blessés en pleine face….

Ce samedi 22 février 2014, je couvre, comme photographe indépendant, le rassemblement d’opposition à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Mouvement que je suis – en photographie – depuis 2009… Je suis équipé d’un appareil photo avec une longue optique (300mm) et d’une mini caméra.

Après plusieurs minutes de capture vidéo et de photos à l’angle du quai Turenne et du Cours Olivier de Clisson, je suis témoin d’un gazage à la lacrymogène d’un groupe de journalistes. Tout en filmant je m’oppose verbalement  – « Héé, c’est des journalistes!«  – avant de recevoir un tir de flash ball dans la poitrine.

Ce récit en 17 images est réalisé avec les captures d’images fixes de ma caméra (In) et d’une caméra (Off) qui se trouvait derrière moi. Leurs auteurs ont bien voulu me les fournir. Il est important de bien voir ces photos avant de regarder la vidéo tout en bas…

Ce mec est de toutes les manifs du coin, c’est un peu notre « mediActivista », il se trouve avec un groupe de journalistes de la presse locale et nationale, il a au cou un appareil doté d’un objectif 300mm blanc des moins discret, il est dans une portion des plus calme, ne représente aucun danger… sauf pour deux petits branleurs de flics: un crétin de CRS à la gazeuse fébrile et une petite frappe de la BAC qui prend son flash-ball pour une extension de son pénis..! (quoique si on se réfère à Brassens… il semblerait que: « par bonheur, ils n’en avait pas..! 🙂 ) La blessure, un gros hématome, n’a rien à voir avec la gravité de celle d’un jeune manifestant qui lui, a perdu un œil – un de plus! – le même jour, il s’est pris la grenade assourdissante d’une racaille étatique en plein visage!

flashball nantes 22 fev 14

Celui qui a pris cette photo est visé par rien moins que deux débiles, en-deçà de la distance réglementaire! BAC Bloc?

– Reportage, photos et vidéo sur Citizen Nantes
– Pour un article détaillé sur les divers Flash-ball voir ICI

■ ■ ■

– Second cas: 22 février, manif contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Gaspard Glanz, journaliste de RennesTV :

En analysant image par image la séquence de l’explosion, on se rend compte que l’engin qui explose au pied du journaliste n’est pas une grenade assourdissante, mais une grenade de « désencerclement » – « Dispositif Balistique de Dispersion », (DBD) ou « Dispositif manuel de protection » (DMP). C’est une grenade explosive qui contient 18 fragments de plastique dur, en plus de sa douille en métal, projetés dans un rayon de 15m autour de l’explosion et qui atteint une intensité sonore de 165 dB à 5-15m selon le fabricant, la Société d’application des procédés Lefebvre (SAPL). Le problème c’est que cette « arme de guerre » n’est pas censée être utilisée « offensivement », mais uniquement dans des situations réelles « d’encerclement » qui nécessitent un acte « défensif » de la part de la police. En l’occurrence, les CRS étaient ici en ligne à plus de 20m, protégés par un canon à eau : il n’étaient donc absolument pas encerclés, et encore moins au contact des manifestants. Normalement, si la police avait respecté la procédure légale : de telles grenades n’auraient jamais dû être employées pendant toute la durée de la manifestation.

Encore une fois, ce journaliste se trouve loin des heurts avec les CRS, dans un groupe clairement identifié comme « presse »… Ce qui n’empêche nullement ces porcs de CRS de lancer, non pas une , mais bien une flopée de grenades diverses sur le groupe de journalistes en position stationnaire depuis dix minutes..! Une première grenade assourdissante est envoyée, suivie une seconde plus tard de deux DBD ainsi que d’une CM6 (la cartouche qui libère 6 pastille de gaz lacrymogène CS), pourquoi faire, on se le demande… Des CRS qui trouvent le temps long? Tu t’imagines, dix minutes sans pouvoir faire l’homme avec mes grenades? « Putain, on se fait chier chef, allez, on se défoule en attendant sur ces connards de journalistes..?!? »

blessures grenade désencerclement nddl

Et il avait pourtant enfilé deux pantalons par prudence…

L’onde de choc m’a arraché la peau au niveau des deux chevilles sur une surface de plusieurs cm2, presque symétriquement, tout en causant des brûlures au 2e et 3e degrés. Plus de 72h après l’explosion, ces plaies ne sont toujours pas cicatrisées, la chair y est encore à vif quand elle n’est pas carbonisée. L’explosion a par ailleurs projeté 3 fragments sur mes deux jambes : celui qui a atteint ma cuisse est clairement identité comme une balle de plastique rond (on dirait l’impact d’une bille). La blessure sur ma jambe droite, par sa forme beaucoup plus grande et son hématome plus large (ainsi que la douleur plus forte), fait plutôt penser qu’il s’agit de l’impact de la douille en métal. Un dernier fragment a ricoché contre l’articulation de mon genoux droit, provoquant un hématome de plusieurs dizaines de centimètres carrés sans perforation. Et il faut savoir que j’ai eu de la chance : les fragments n’ont pas pénétré sous la peau comme cela se voit souvent (ZAD…) lors de l’explosion de ces grenades, et ce pour un bonne raison : je portais deux pantalons pour m’en protéger. Les fragments ont percés le premier, mais pas le deuxième. Sinon, il aurait probablement fallu m’opérer pour retirer des éclats sous-cutanés.

– Reportage, photos et vidéos sur RennesTV

■ ■ ■

Grenade de désencerclement, vous avez dit… inoffensive..?!?

grenade de désencerclement DMPVoici le type de saloperies utilisées à Nantes. Vous avez bien lu..! 160 Db de niveau sonore (annoncés à… 5-15m) et 80 joules d’énergie cinétique pour les billes! Pour comparer, voir le tableau ci-dessous pour le son, et pour se faire une idée de la force des billes… un pistolet de Paint ball ne peut dépasser les… 7,5 – 10 joules et ne peut être utiliser qu’avec protections individuelles sérieuses! Il est réglementairement prévu de les faire rouler vers les manifestants et uniquement pour se dépêtrer d’une situation à risque pour les poulets, d’où l’appellation « de désencerclement »! Quand on se souvient des quantités astronomiques de grenades ramassées après les offensives des CRS et Gardes mobiles sur la ZAD en novembre 2012… combien de grands sacs poubelles furent remplis! Sans compter les multiples blessés par ces saloperies, à qui on a du extraire des éclats de grenades des visages, des jambes, etc..!

seuil douleurs auditive

A partir de 130 Db la loi impose des mesures de protection, à 120 Db on atteint le seuil de la douleur et aux alentours de 160 Db les tympans éclatent..!

Parmi les blessures dues aux DMP, on compte entre autres : une joue ouverte pour une manifestante contre les nanotechnologies à Grenoble en 2006, la perte d’un œil, du goût et de l’odorat pour une jeune femme observant une manifestation dans cette même ville en 2007, l’amputation de deux orteils d’un manifestant à Saint-Nazaire en 2009 (« en cas de guerre civile, il faut du répondant », lui explique la police des polices), et la même année des brûlures et des plaies au contre-sommet de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) à Strasbourg, sans omettre les nombreux blessés de la ZAD.

Bref, ce genre d’engin utilisé abondamment par les forces du désordre comme s’il s’agissait d’un jouet, n’est en fait qu’une grenade offensive camouflée, comprenant des pièces métalliques éjectées en tant que fragments lors de la déflagration, et ses billes en plastique dur font de graves dégâts, sans parler des dommages auditifs permanents engendrés. Les flics, comme pour le flash-ball ne respectent aucunes des directives et mesures de sécurités requises pour son usage, usage clairement incompatible avec le faible niveau d’instruction et moral du pandore de base… qui plus est avec celui d’un CRS aux quatre neurones continuellement en conflit sur le choix du remontant… Kronenbourg ou Ricard???

Sur le même sujet:

« Armement : police et armée aiment le son qui fait mal »

« Armes non létales ..? »

« L’usage dangereux des grenades assourdissantes »

« Grenades assourdissantes: une vidéo soulève des questions »

« Étudiant blessé à l’œil: son père en colère »

« Conseils d’urgence à l’intention des personnes gravement blessées par la police« 

Un manuel de débrouille face aux condés et à leur justice

Concerne spécifiquement la France

Une brochure qui vous apprend quels sont vos droits et quelles sont les obligations et limites de la maison poulaga. Alors, évidemment, il y a des fois où le fait de faire le malin en citant les divers articles du code pénal agace un chouïa le connard en face de vous, mais il est toujours bon de dire aux flics ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire… avant de se recevoir la claque. Cette brochure va vous fournir les outils pour vous éviter bien des désagréments et erreurs, et il est toujours bon de se renseigner au cas où on a jamais eu affaire à la police. Jouez-là comme vous la sentez, cela fait du bien, même si on en arrive finalement au même résultat: passer la journée au poste!

prison GAV

Et même si en définitive, par expérience, ils n’en font qu’à leur tête, si vous ne trouveriez qu’une seule chose d’utile dans cette brochure… ce sera peut-être celle qui vous sauvera la mise ou vous permettra de les berner!

Face aux flics et à la répression, on se sent souvent seuls et démunis. C’est d’ailleurs un des objectifs de la répression : faire peur et isoler, pour mieux résigner et soumettre. Malgré les outils de contrôle et la répression policière, il est possible d’esquiver ou de limiter la casse, en se préparant en amont seul ou collectivement. Confronter diverses expériences face aux forces de l’ordre, pour cerner ensemble comment les flics agissent, comment s’opère la répression et comment réagir. Se doter d’outils qui peuvent aider face à la police et à la justice : ateliers d’auto-défense pratique et théorique, groupes de soutien juridique, caisses de solidarité, course à pied…

Cette brochure envisage quelques pistes de pratiques et de réflexions, à travers différentes situations, pour s’organiser face à la répression, du contrôle d’identité à la Garde à Vue, jusqu’au passage devant le juge. La présente brochure n’est pas un guide juridique. Elle se limite à décrire des situations de confrontation à l’appareil policier, à tenter d’énumérer, à partir d’échanges d’expériences, des options de réactions possibles, à relever des détails auxquels penser pour mettre le plus d’atouts de son côté. Reste à souligner qu’il n’existe pas de règle générale. Chaque réaction fait écho au contexte et au cadre dans lequel s’opère la répression. Ce cadre peut évoluer à tout moment en fonction du genre de poulets à qui on a affaire et de la situation. Aucun conseil de cette brochure ne pourra donc faire force de loi !

Dans tous les cas, échanger des expériences sur des contrôles auxquels on a déjà assisté ou qu’on a déjà subi, envisager ces situations et ce qu’on peut faire lorsqu’on y est confronté, discuter ensemble en amont , c’est déjà se préparer à mieux réagir.  paris-luttes.info

■ ■ ■

Télécharger la brochure « Rien à déclarer » au format .pdf
Source : AZA/NI & paris-luttes.info
De terroriste à héros planétaire

Alors là, je ne comprends plus rien. Les hommages hypocrites pleuvent sur la tombe de « Madiba » comme s’il était un héros pour tous. On oublie presque ou on feint d’oublier qu’il n’a jamais été du même du bord que les oppresseurs, ni parmi leurs mercenaires de réserve. Rappelons que Madiba a toujours été du côté des opprimés, qu’il a été un fervent défenseur de la cause palestinienne. Rappelons aussi que l’ANC a été considéré comme une organisation terroriste par les Américains et la plupart les pays occidentaux, que tous les états réputés racistes, colonialistes et criminels collaboraient en bonne intelligence avec le régime d’apartheid. L’Occident hégémonique a perdu sa guerre abjecte contre un mouvement de libération, mais l’occident, comme à son accoutumée, récupère tout ce qu’il peut des symboles de ses adversaires pour en faire de la quincaillerie au service de sa doctrine des bonnes intentions. On efface l’image du révolutionnaire qui défendait la légitimité de résister à l’oppression par tous les moyens, y compris par la lutte armée, pour ne retenir que l’homme de paix ; on occulte son soutien à la cause palestinienne sous la figure d’une Pop star courtisée et prise en photo aux côté de tous les grands hypocrites en mal de reconnaissance. Mais toute l’idéologie sous-jacente à cette récupération n’effacera jamais le vrai sens du combat de Madiba pour la liberté et la dignité de son peuple»

Madiba, de son nom tribal signifiant « le fauteur de troubles », est mort. Lorsqu’un homme de 95 ans disparaît, on dit qu’il a eu « une belle vie ». Mais peut-on affirmer cela au vu du parcours de Nelson Mandela ? Non. Celui qui, enfant, labourait et gardait les moutons au Transkei, bantoustan[i] des anciennes provinces du Cap, ne profita pas pleinement de ses années d’existence. Combattant pour la liberté, il paya 27 ans de la sienne pour obtenir celle des autres. Qualifié de  « terroriste » au milieu sa vie, il l’achève en « héros de l’humanité ». Le tout dans un barnum médiatique hypocrite confortant une grave amnésie politique …

Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

Aujourd’hui, le monde entier salue le départ d’un homme d’exception. Plus discrètement, beaucoup témoignent de son immense fierté, de son allure de dandy, de sa susceptibilité, de son arrogance lors de ses études de droit à Johannesburg. Mais ses camarades de l’époque expliquent cette fierté comme une réaction aux humiliations subies dans un système ouvertement raciste. Une de ses amies se souvient de son indignation dans le bureau où il effectuait son stage d’avocat, où la ségrégation allait jusqu’aux tasses de thé : des tasses spéciales pour les blancs et des tasses plus laides pour les noirs, peu importe leur statut…

Mandela est donc le fruit d’une indignation et décide de désobéir face à l’injustice. Il s’est farouchement battu pour les revendications légitimes de sa population : le droit au logement, à la liberté d’expression, à l’égalité. Mandela a lutté pour que l’Afrique du Sud appartienne à tous ceux et celles y vivent : noirs, blancs, métis, Indiens. Il a milité afin que le peuple gouverne, qu’il profite des richesses du pays, que tous les citoyens soient égaux en droits, pour que l’éducation et la culture soient accessibles à tous, que la sécurité et l’emploi soient assurés. Il voulait que les Blancs comprennent que leur propre avenir, leur propre liberté seraient garantis à condition  qu’ils donnent la liberté aux Noirs et partagent avec eux le pays.

Est-ce bien cet ardent défenseur de la liberté qui est aujourd’hui salué par Marine Le Pen ? La fille de Jean-Marie qui, président du FN en 1990, déclarait à la libération de Mandela : « Cela ne m’a ni ému, ni ravi. J’ai toujours une espèce de méfiance envers les terroristes, quel que soit le niveau auquel il se situe »[ii] ? Est-ce bien cet homme, combattant pour l’égalité, qui est aujourd’hui salué par le Premier ministre britannique, David Cameron, digne héritier de Margaret Thatcher ? Celle qui affirmait : «l’ANC est une organisation terroriste type… Quiconque croit qu’elle va gouverner l’Afrique du Sud est dérangé» et qui, par ailleurs, n’a jamais soutenu l’égalité en quoi que ce soit ? S’agit-il aussi du même Cameron qui se rendit en 1989 en Afrique du Sud, pour le compte « d’une société chargée de faire du lobbying contre les sanctions imposées au régime sud-africain qui pratiquait alors l’apartheid »[iii] ? Est-ce encore Mandela qui est désigné comme « un résistant exceptionnel » par l’impopulaire président François Hollande ? Alors que la résistance du leader de l’ANC fût également tournée contre la France qui a soutenu durant des décennies l’apartheid sud-africain ?

Est-ce toujours ce militant pour la Justice qui reçoit un hommage virtuel de la part d’une des premières entreprises américaines : Google ? Alors que les gouvernements nord-américains ont soutenu quasiment jusqu’au bout l’apartheid ? Et est-ce aussi ce « nègre des champs » qui se fait applaudir par le « nègre de maison » qu’est Obama ? Barack, l’imposteur : essentiellement élu sur base de la couleur de sa peau et de ses formidables capacités d’acteur hollywoodien…

Le premier président métis des USA tenta désespérément de rencontrer peu avant sa mort celui qu’il l’a, soudain, « tant ému ». Des semblants de sourires ont dû se dessiner sur les visages de la famille Mandela lorsqu’ils lui ont répondu : « Non,  Monsieur le Président, malheureusement, ce ne sera pas possible : Madiba est malade ». La vérité est que le lion Mandela renâclait à l’idée de serrer la  main du sosie politique de Michael Jackson … Comment Mandela, malade, aurait-il pu supporter de voir Barack, l’esclave « noir » au service d’une Amérique blanche, s’agenouiller devant lui alors que, toute sa vie, il a refusé de subir pour lui-même cette infamie ?

Tous ces hypocrites n’ont-ils pas honte ? Ils devraient, pourtant.

Car l’actuelle adoration de la majorité des politiciens occidentaux vis-à-vis de Mandela relève de la mascarade honteuse. Celui qui fut désigné comme un «terroriste », un « allié des communistes », devient soudain un « héros », un « symbole ». Du grand cinéma sur fond d’amnésie politique !

En premier lieu, chez nous, en Belgique. Exemple : Jean Gol, ex-ministre de la justice, éternel complice du tyran congolais et pro-apartheid Mobutu, mentor du député européen Louis Michel, lui-même paternel de l’actuel président du MR (Mouvement Réformateur), Charles Michel. Jean Gol, donc, fut l’un des principaux hommes politiques belges à considérer Nelson Mandela comme une « menace terroriste ».

N’oublions pas non plus le lobby pro-apartheid au Parlement belge, agissant sous le nom de Protea. Parmi ses membres-fondateurs, on pouvait compter 18 députés du CVP (Christelijke Volkspartij – ancêtre de l’actuel CD&V) ; 18 parlementaires et responsables de la Volksunie (le parti nationaliste flamand dont est issu l’actuel N-VA de Bart De Wever) et 8 parlementaires du PVV (Partij voor Vrijheid en Vooruitgang – l’actuel parti libéral Open VLD). [iv]

On se souviendra également du grand rôle que la Belgique a joué dans l’accès à l’arme nucléaire pour l’Afrique du Sud de l’apartheid ; en collaboration avec la France, les États-​​Unis, la République Fédérale Allemande (RFA), Israël et le Japon. Avant de devoir signer, suite aux multiples protestations, l’embargo international. Mais trop tard. Certes, l’Afrique du Sud a renoncé à l’arme atomique et signé le Traité de non-​​prolifération nucléaire mais elle reste l’unique pays africain à disposer d’une centrale nucléaire, située à Koeberg. Centrale qui fonctionne toujours avec l’aide des entreprises françaises …

A l’instar d’Ernesto Che Guevara, Salvador Allende et Patrice Lumumba, Nelson Mandela eut droit à l’effrayant sobriquet octroyé par le pouvoir dès qu’on tente de le faire tomber : terroriste. Pendant longtemps, ces ardents défendeurs de la liberté et de l’autodétermination de leur peuple furent en effet listés par le Congrès américain comme terroristes. Jusqu’en 2008, le nom de Nelson Mandela et celui de ses compagnons de l’ANC figuraient sur la liste des personnes à surveiller dans les bases de données de l’immigration américaine…

Dès lors, une question s’impose : les terroristes d’aujourd’hui sont-ils les héros de demain ?

Rappelons à nos politicien(ne)s amnésiques que, jusqu’au milieu des années 80, les « pères » de ceux qui saluent Mandela aujourd’hui jugeaient qu’il ne fallait « pas prendre de sanctions » contre l’Afrique du Sud car c’était « contre-productif » … Il fallut attendre l’immense succès planétaire du concert de Wembley en hommage à Mandela, regardé par  600 millions de téléspectateurs dans 67 pays, pour que les politiciens occidentaux voient dans l’« ex-terroriste », un « héros »[v]. Un retournement de veste qui fut surtout conditionné par la fin de la guerre froide. Contexte dans lequel l’Occident capitaliste n’avait plus besoin d’un pouvoir dictatorial blanc et anticommuniste à la tête de l’Afrique du Sud. Pour autant, le succès du  concert anglais de 1988 – relevant du « jamais vu » pour un prisonnier politique – contribua incontestablement  à accélérer les choses …

Dans l’actuel bal des faux-culs, sont évidemment appelés à jouer leur partition l’allié favori des politiques : les médias traditionnels. Pour rivaliser de vulgarité…  Notamment via cet attentisme sur la mort du héros, annoncée depuis plusieurs mois. N’ont-ils pas honte, eux aussi ? La production de cette lamentable série, aux multiples épisodes, jouant avec obscénité de la fin de vie d’un homme est indigne d’une information de qualité ! Obsédés par leur logique du scoop et du buzz, les médias de masse ont à nouveau fait preuve d’une double incapacité. A savoir : apporter un regard neuf et pertinent sur le parcours d’un progressiste, au lieu de cette espèce de feuilleton de télé-réalité morbide.

Les jeunes qui ont assisté à cette propagande sont-ils armés pour l’identifier et l’analyser ? On peut craindre que non. Et pour cause : à quand un enseignement scolaire de qualité sur l’histoire de l’apartheid et du combat pour son abrogation ? A quand une critique historique sur le soutien des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Israël et de la France à la politique d’apartheid ? A quand une Histoire écrite non pas par les oppresseurs mais par les opprimés ?

Le combat d’une vie d’un homme debout mérite mieux que des engouements médiatiques largement hypocrites. Afin que la lutte de Nelson Mandela n’ait pas été vaine, il s’agit de mettre en œuvre une réflexion commune sur le sens de son combat. L’Histoire est censée nous fournir une expérience afin que jamais les horreurs du passé ne se reproduisent. Et malgré que les peuples et gouvernants, trop souvent, n’apprennent rien de l’Histoire, comme Mandela, il faut garder espoir.

Par Aurore Van Opstal, 07 décembre 2013

■ ■ ■

[i] Les bantoustans étaient les régions créées durant la période d’apartheid en Afrique du Sud et au Sud-Ouest africain, réservées aux populations noires

[iv] « Les Barbares. Les immigrés et le racisme dans la politique belge », éditions EPO

Je vous l’avais annoncé en juin, voici le film de Yannis Youlountas.

Venu des catacombes grecques de l’Europe, un murmure traverse le continent dévasté : « Ne vivons plus comme des esclaves » (prononcer « Na mi zisoumé san douli » en grec). Sur les murs des villes et sur les rochers des campagnes, sur les panneaux publicitaires vides ou détournés, dans les journaux alternatifs et sur les radios rebelles, dans les lieux d’occupation et d’autogestion qui se multiplient, tel est le slogan que la résistance grecque diffuse, jour après jour, et nous invite à reprendre en chœur sur les mélodies de ce film. Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée.

« La gratuité est l’arme absolue
contre la dictature du profit »

Cliquez sur l’affiche ci-dessous pour le visionner en HD…

CLIQUEZ POUR LANCER LE FILM EN HD