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La machine a expulser s’emballe

Publié: 20 mars 2014 par Page de suie dans Articles
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Institut du Sacré-Cœur à Vielsalm
Institut Saint-Roch à Marche-en-Famenne
Institut du Sacré-Cœur de Barvaux-sur-Ourthe

Qu’ont-ils en commun? Dans chacun de ces établissements scolaires, notre tristement célèbre Maggie De Block, veut expulser des élèves parfaitement intégrés et leurs familles. Les renvoyer, tout comme elle le fit avec Aref vers les persécutions, la misère, l’analphabétisme… et peut-être vers l’incarcération ou la mort..! Des dizaines de familles, d’élèves, de professeurs, de voisins, d’amis se sont mobilisés. Ils se démènent pour tenter d’infléchir cette garce, qui ne sait que répondre froidement : « De wet is de wet! »

On dit toujours qu’en cas d’enlèvement, il faut appeler les victimes par leur prénom, pour les « humaniser » aux yeux du psychopathe qui les menace… Donc, Maggie, voici les enfants que tu veux expulser:

  • Hadeel Eldhomh, yéménite, vit en Belgique depuis sa troisième maternelle (près de 10 ans !). Son père, suite à des protestations, risque la mort dès son arrivée sur le territoire. Hadeel serait quant à elle mariée peu de temps après son retour… Au Yémen, ce sont les grands-parents qui prennent les décisions pour toute la famille : elle sait donc qu’elle n’échappera pas au mariage ! Pouvons-nous vraiment enlever tout espoir de vie heureuse à cette jeune fille de 13 ans en la renvoyant vers un mariage certain, vers une vie de femme soumise à un homme qui lui aura été imposé ? Est-ce là les valeurs que veut défendre notre pays ? Les conséquences de ce mariage forcé seraient catastrophiques et en parfait désaccord avec les règles morales de notre pays. Cet avenir probable nous inquiète tout particulièrement. Notre inquiétude est d’autant plus vive que c’est une élève brillante, parfaitement intégrée, qui maîtrise parfaitement le français, et qui fait l’unanimité au sein du corps professoral et des élèves. Elle est d’ailleurs promue à un parcours prometteur si elle peut poursuivre sa scolarité dans notre pays. Elle rêve de devenir médecin.
  • Ruzanna Yedigaryan, arménienne, dans le pays depuis 4 ans, a toujours vécu dans des centres. Elle craint de rentrer en Arménie. Outre les nombreuses amitiés nouées et les activités auxquelles elle prend part, elle construit chaque jour son avenir dans notre établissement scolaire. Son intégration passe également par une volonté permanente d’être traitée à l’égal des autres dans ses apprentissages. Son caractère combatif la pousse à se dépasser et à produire un travail de qualité en dépit des obstacles de la langue. L’une de ses plus grandes craintes est d’ailleurs de ne pas pouvoir mener ses études à terme. Très appréciée de ses camarades de classe, son possible départ est un choc pour chacun. Il nous a de plus été rapporté qu’un retour dans son pays d’origine pourrait constituer un grand danger pour son père. Nous éprouvons dès lors de vives inquiétudes. « Si nous retournons à Erevan, mes parents seront jetés en prison et nous serons seuls sans famille pour nous protéger« , redoute Ruzanna.
  • Besiana et Albina Rustemi, également dans le pays depuis 4 ans, sont nées en Allemagne. Elles proviennent de Serbie. Leurs parents, albanais, ont fait l’objet de persécutions liées à la minorité ethnique à laquelle ils appartiennent. Besiana a vraiment très peur de retourner au pays.
  • Maryam Oganyan : 19 ans, émigrée russe qui réside en Belgique depuis 4 ans et quatre mois. Sa famille a rencontré des problèmes avec la mafia russe. Son père tenait un commerce dans une petite ville à 250km au sud de Moscou. Il s’avère qu’une employée de l’établissement vendait de la drogue, sans que sa famille ne le sache. Elle a été tuée par la mafia, dans le magasin de son père. Les criminels ont mis le feu au magasin et réclamaient de l’argent. Sa famille et elle-même ont fuit pour sauver leur vie. C’est une fille qui en veut : elle se lève tous les jours à 5h du matin pour venir à l’Institut Saint-Roch de Marche-en-Famenne, école dans laquelle elle est inscrite depuis 3 ans. Si elle retourne en Russie, elle sera en danger de mort…
  • Isa, Zharadat et Abubakar Konkurkhanov : 15, 14 et 13 ans, émigrés de Tchétchénie. Ils résident au centre de Melreux depuis le 15 mars 2012. Trois enfants qui ont perdu leur père en Tchétchénie, tué sur place. Ils ont fuit ce pays pour échapper à la violence. Isa est un élève qui a intégré une 3pMeca début septembre après avoir appris le français sur très peu de temps. Il se débrouille très bien, il s’accroche pour réussir ses cours, il est très sociable et a beaucoup d’amis dans l’école. Zharadat et Abubakar sont en classe DASPA. En septembre 2014, ils doivent intégrer une 1ère différenciée. Ces 2 élèves sont très motivés et apprennent très vite. Ils sont toujours joyeux, ils apportent beaucoup de bonheur en classe. Si ils retournent en Tchétchénie, ils seront en danger de mort…
  • Ermal Kastrati : 18 ans, Kosovar, il vit en Belgique depuis 18 mois. Ermal vit chez un oncle avec sa mère qui souffre d’un cancer. Ils ont tout perdu là-bas. Son père est arrivé sur notre territoire cinq mois plus tard. Ermal et sa mère ont reçu un avis d’expulsion mais pas son père. Ce sont deux dossiers différents.Cet élève a intégré une 4pMeca en septembre. Il est très volontaire. Il est inscrit au club de football de Marche-en-Famenne, est toujours là pour donner un coup de main. Il a énormément d’amis à l’école qui ne veulent pas le voir partir. S’il retourne au Kosovo, il ne sait pas s’il pourra reprendre des études. Il veut se construire un avenir, trouver du travail, avoir une vie de famille normale.
  • Hasmik (15 ans), Nelli (13 ans), Narek (9 ans) et Karina Stepanyan (9 mois). La famille a fui l’Arménie en 2010 car la situation politique et économique du pays n’était pas stable. Trois des enfants sont scolarisés dans la commune de Durbuy, à l’ISC et à l’école communale d’Izier. Ils parlent parfaitement le français et sont très bien intégrés. Il y a quelques jours, le renouvellement de leur permis de séjour vient de leur être refusé. Ils sont renvoyés dans un pays où leur avenir reste incertain. Nous, enseignants, parents, amis ne pouvons accepter cette situation.

Les citoyens lambdas ouvrent enfin les yeux sur l’inhumaine politique d’expulsion de Maggie De Block, et dans ces trois cas… pas un activiste, pas un seul « gauchiss »..! Ce sont des citoyens ordinaires Maggie, tu ne peux plus dire dans les médias que ce sont des activistes qui fomentent ces actions, qui font monter la mayonnaise. Vas-tu les envoyer à la mort comme tu l’as fait avec Aref, assassiné dès son retour forcé en Afghanistan?

expulsion marche en famenne

Élèves et professeurs se mobilisent à St. Roch (Marche-en-Famenne)

Barvaux contre les expulsions

Institut Sacré-Cœur, école communale, école d’Izier en « front commun » contre les expulsions à Barvaux

Voici divers articles qui évoquent le sujet:

Durbuy. Contre l’expulsion des Stepanyan – tv-Lux

Toute une école se mobilise contre l’expulsion de ses élèves – dh.be

Une chaîne humaine contre l’expulsion d’une famille – 7sur7.be

Barvaux: les Stepanyan soutenus par 600 élèves (+ photos) – lameuse.be

Vielsalm: Ruzanna et sa famille, qui ont fui l’Arménie en 2008, sont dans l’angoisse d’être expulsés – laprovince.be

Les trois pétitions contre ces expulsions:

Institut du Sacré-Cœur de Vielsalm

Institut du Sacré-Cœur de Barvaux

Institut Saint-Roch de Marche-en-Famenne

Flash-ball et grenade de désencerclement

– Premier cas: 22 février, manif contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Yves Monteil, photographe, fondateur de Citizen Nantes :

« Toute la finesse policière. Alors que je filmais et ne représentais aucun danger j’ai senti un choc au niveau de la poitrine. Suis tombé net et ai tout de suite compris qu’un tir de flash-ball a courte distance m’avait touché. Et c’est rien comparé aux blessés en pleine face….

Ce samedi 22 février 2014, je couvre, comme photographe indépendant, le rassemblement d’opposition à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Mouvement que je suis – en photographie – depuis 2009… Je suis équipé d’un appareil photo avec une longue optique (300mm) et d’une mini caméra.

Après plusieurs minutes de capture vidéo et de photos à l’angle du quai Turenne et du Cours Olivier de Clisson, je suis témoin d’un gazage à la lacrymogène d’un groupe de journalistes. Tout en filmant je m’oppose verbalement  – « Héé, c’est des journalistes!«  – avant de recevoir un tir de flash ball dans la poitrine.

Ce récit en 17 images est réalisé avec les captures d’images fixes de ma caméra (In) et d’une caméra (Off) qui se trouvait derrière moi. Leurs auteurs ont bien voulu me les fournir. Il est important de bien voir ces photos avant de regarder la vidéo tout en bas…

Ce mec est de toutes les manifs du coin, c’est un peu notre « mediActivista », il se trouve avec un groupe de journalistes de la presse locale et nationale, il a au cou un appareil doté d’un objectif 300mm blanc des moins discret, il est dans une portion des plus calme, ne représente aucun danger… sauf pour deux petits branleurs de flics: un crétin de CRS à la gazeuse fébrile et une petite frappe de la BAC qui prend son flash-ball pour une extension de son pénis..! (quoique si on se réfère à Brassens… il semblerait que: « par bonheur, ils n’en avait pas..! 🙂 ) La blessure, un gros hématome, n’a rien à voir avec la gravité de celle d’un jeune manifestant qui lui, a perdu un œil – un de plus! – le même jour, il s’est pris la grenade assourdissante d’une racaille étatique en plein visage!

flashball nantes 22 fev 14

Celui qui a pris cette photo est visé par rien moins que deux débiles, en-deçà de la distance réglementaire! BAC Bloc?

– Reportage, photos et vidéo sur Citizen Nantes
– Pour un article détaillé sur les divers Flash-ball voir ICI

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– Second cas: 22 février, manif contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Gaspard Glanz, journaliste de RennesTV :

En analysant image par image la séquence de l’explosion, on se rend compte que l’engin qui explose au pied du journaliste n’est pas une grenade assourdissante, mais une grenade de « désencerclement » – « Dispositif Balistique de Dispersion », (DBD) ou « Dispositif manuel de protection » (DMP). C’est une grenade explosive qui contient 18 fragments de plastique dur, en plus de sa douille en métal, projetés dans un rayon de 15m autour de l’explosion et qui atteint une intensité sonore de 165 dB à 5-15m selon le fabricant, la Société d’application des procédés Lefebvre (SAPL). Le problème c’est que cette « arme de guerre » n’est pas censée être utilisée « offensivement », mais uniquement dans des situations réelles « d’encerclement » qui nécessitent un acte « défensif » de la part de la police. En l’occurrence, les CRS étaient ici en ligne à plus de 20m, protégés par un canon à eau : il n’étaient donc absolument pas encerclés, et encore moins au contact des manifestants. Normalement, si la police avait respecté la procédure légale : de telles grenades n’auraient jamais dû être employées pendant toute la durée de la manifestation.

Encore une fois, ce journaliste se trouve loin des heurts avec les CRS, dans un groupe clairement identifié comme « presse »… Ce qui n’empêche nullement ces porcs de CRS de lancer, non pas une , mais bien une flopée de grenades diverses sur le groupe de journalistes en position stationnaire depuis dix minutes..! Une première grenade assourdissante est envoyée, suivie une seconde plus tard de deux DBD ainsi que d’une CM6 (la cartouche qui libère 6 pastille de gaz lacrymogène CS), pourquoi faire, on se le demande… Des CRS qui trouvent le temps long? Tu t’imagines, dix minutes sans pouvoir faire l’homme avec mes grenades? « Putain, on se fait chier chef, allez, on se défoule en attendant sur ces connards de journalistes..?!? »

blessures grenade désencerclement nddl

Et il avait pourtant enfilé deux pantalons par prudence…

L’onde de choc m’a arraché la peau au niveau des deux chevilles sur une surface de plusieurs cm2, presque symétriquement, tout en causant des brûlures au 2e et 3e degrés. Plus de 72h après l’explosion, ces plaies ne sont toujours pas cicatrisées, la chair y est encore à vif quand elle n’est pas carbonisée. L’explosion a par ailleurs projeté 3 fragments sur mes deux jambes : celui qui a atteint ma cuisse est clairement identité comme une balle de plastique rond (on dirait l’impact d’une bille). La blessure sur ma jambe droite, par sa forme beaucoup plus grande et son hématome plus large (ainsi que la douleur plus forte), fait plutôt penser qu’il s’agit de l’impact de la douille en métal. Un dernier fragment a ricoché contre l’articulation de mon genoux droit, provoquant un hématome de plusieurs dizaines de centimètres carrés sans perforation. Et il faut savoir que j’ai eu de la chance : les fragments n’ont pas pénétré sous la peau comme cela se voit souvent (ZAD…) lors de l’explosion de ces grenades, et ce pour un bonne raison : je portais deux pantalons pour m’en protéger. Les fragments ont percés le premier, mais pas le deuxième. Sinon, il aurait probablement fallu m’opérer pour retirer des éclats sous-cutanés.

– Reportage, photos et vidéos sur RennesTV

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Grenade de désencerclement, vous avez dit… inoffensive..?!?

grenade de désencerclement DMPVoici le type de saloperies utilisées à Nantes. Vous avez bien lu..! 160 Db de niveau sonore (annoncés à… 5-15m) et 80 joules d’énergie cinétique pour les billes! Pour comparer, voir le tableau ci-dessous pour le son, et pour se faire une idée de la force des billes… un pistolet de Paint ball ne peut dépasser les… 7,5 – 10 joules et ne peut être utiliser qu’avec protections individuelles sérieuses! Il est réglementairement prévu de les faire rouler vers les manifestants et uniquement pour se dépêtrer d’une situation à risque pour les poulets, d’où l’appellation « de désencerclement »! Quand on se souvient des quantités astronomiques de grenades ramassées après les offensives des CRS et Gardes mobiles sur la ZAD en novembre 2012… combien de grands sacs poubelles furent remplis! Sans compter les multiples blessés par ces saloperies, à qui on a du extraire des éclats de grenades des visages, des jambes, etc..!

seuil douleurs auditive

A partir de 130 Db la loi impose des mesures de protection, à 120 Db on atteint le seuil de la douleur et aux alentours de 160 Db les tympans éclatent..!

Parmi les blessures dues aux DMP, on compte entre autres : une joue ouverte pour une manifestante contre les nanotechnologies à Grenoble en 2006, la perte d’un œil, du goût et de l’odorat pour une jeune femme observant une manifestation dans cette même ville en 2007, l’amputation de deux orteils d’un manifestant à Saint-Nazaire en 2009 (« en cas de guerre civile, il faut du répondant », lui explique la police des polices), et la même année des brûlures et des plaies au contre-sommet de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) à Strasbourg, sans omettre les nombreux blessés de la ZAD.

Bref, ce genre d’engin utilisé abondamment par les forces du désordre comme s’il s’agissait d’un jouet, n’est en fait qu’une grenade offensive camouflée, comprenant des pièces métalliques éjectées en tant que fragments lors de la déflagration, et ses billes en plastique dur font de graves dégâts, sans parler des dommages auditifs permanents engendrés. Les flics, comme pour le flash-ball ne respectent aucunes des directives et mesures de sécurités requises pour son usage, usage clairement incompatible avec le faible niveau d’instruction et moral du pandore de base… qui plus est avec celui d’un CRS aux quatre neurones continuellement en conflit sur le choix du remontant… Kronenbourg ou Ricard???

Sur le même sujet:

« Armement : police et armée aiment le son qui fait mal »

« Armes non létales ..? »

« L’usage dangereux des grenades assourdissantes »

« Grenades assourdissantes: une vidéo soulève des questions »

« Étudiant blessé à l’œil: son père en colère »

« Conseils d’urgence à l’intention des personnes gravement blessées par la police« 

Un manuel de débrouille face aux condés et à leur justice

Concerne spécifiquement la France

Une brochure qui vous apprend quels sont vos droits et quelles sont les obligations et limites de la maison poulaga. Alors, évidemment, il y a des fois où le fait de faire le malin en citant les divers articles du code pénal agace un chouïa le connard en face de vous, mais il est toujours bon de dire aux flics ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire… avant de se recevoir la claque. Cette brochure va vous fournir les outils pour vous éviter bien des désagréments et erreurs, et il est toujours bon de se renseigner au cas où on a jamais eu affaire à la police. Jouez-là comme vous la sentez, cela fait du bien, même si on en arrive finalement au même résultat: passer la journée au poste!

prison GAV

Et même si en définitive, par expérience, ils n’en font qu’à leur tête, si vous ne trouveriez qu’une seule chose d’utile dans cette brochure… ce sera peut-être celle qui vous sauvera la mise ou vous permettra de les berner!

Face aux flics et à la répression, on se sent souvent seuls et démunis. C’est d’ailleurs un des objectifs de la répression : faire peur et isoler, pour mieux résigner et soumettre. Malgré les outils de contrôle et la répression policière, il est possible d’esquiver ou de limiter la casse, en se préparant en amont seul ou collectivement. Confronter diverses expériences face aux forces de l’ordre, pour cerner ensemble comment les flics agissent, comment s’opère la répression et comment réagir. Se doter d’outils qui peuvent aider face à la police et à la justice : ateliers d’auto-défense pratique et théorique, groupes de soutien juridique, caisses de solidarité, course à pied…

Cette brochure envisage quelques pistes de pratiques et de réflexions, à travers différentes situations, pour s’organiser face à la répression, du contrôle d’identité à la Garde à Vue, jusqu’au passage devant le juge. La présente brochure n’est pas un guide juridique. Elle se limite à décrire des situations de confrontation à l’appareil policier, à tenter d’énumérer, à partir d’échanges d’expériences, des options de réactions possibles, à relever des détails auxquels penser pour mettre le plus d’atouts de son côté. Reste à souligner qu’il n’existe pas de règle générale. Chaque réaction fait écho au contexte et au cadre dans lequel s’opère la répression. Ce cadre peut évoluer à tout moment en fonction du genre de poulets à qui on a affaire et de la situation. Aucun conseil de cette brochure ne pourra donc faire force de loi !

Dans tous les cas, échanger des expériences sur des contrôles auxquels on a déjà assisté ou qu’on a déjà subi, envisager ces situations et ce qu’on peut faire lorsqu’on y est confronté, discuter ensemble en amont , c’est déjà se préparer à mieux réagir.  paris-luttes.info

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Télécharger la brochure « Rien à déclarer » au format .pdf
Source : AZA/NI & paris-luttes.info
De terroriste à héros planétaire

Alors là, je ne comprends plus rien. Les hommages hypocrites pleuvent sur la tombe de « Madiba » comme s’il était un héros pour tous. On oublie presque ou on feint d’oublier qu’il n’a jamais été du même du bord que les oppresseurs, ni parmi leurs mercenaires de réserve. Rappelons que Madiba a toujours été du côté des opprimés, qu’il a été un fervent défenseur de la cause palestinienne. Rappelons aussi que l’ANC a été considéré comme une organisation terroriste par les Américains et la plupart les pays occidentaux, que tous les états réputés racistes, colonialistes et criminels collaboraient en bonne intelligence avec le régime d’apartheid. L’Occident hégémonique a perdu sa guerre abjecte contre un mouvement de libération, mais l’occident, comme à son accoutumée, récupère tout ce qu’il peut des symboles de ses adversaires pour en faire de la quincaillerie au service de sa doctrine des bonnes intentions. On efface l’image du révolutionnaire qui défendait la légitimité de résister à l’oppression par tous les moyens, y compris par la lutte armée, pour ne retenir que l’homme de paix ; on occulte son soutien à la cause palestinienne sous la figure d’une Pop star courtisée et prise en photo aux côté de tous les grands hypocrites en mal de reconnaissance. Mais toute l’idéologie sous-jacente à cette récupération n’effacera jamais le vrai sens du combat de Madiba pour la liberté et la dignité de son peuple»

Madiba, de son nom tribal signifiant « le fauteur de troubles », est mort. Lorsqu’un homme de 95 ans disparaît, on dit qu’il a eu « une belle vie ». Mais peut-on affirmer cela au vu du parcours de Nelson Mandela ? Non. Celui qui, enfant, labourait et gardait les moutons au Transkei, bantoustan[i] des anciennes provinces du Cap, ne profita pas pleinement de ses années d’existence. Combattant pour la liberté, il paya 27 ans de la sienne pour obtenir celle des autres. Qualifié de  « terroriste » au milieu sa vie, il l’achève en « héros de l’humanité ». Le tout dans un barnum médiatique hypocrite confortant une grave amnésie politique …

Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

Aujourd’hui, le monde entier salue le départ d’un homme d’exception. Plus discrètement, beaucoup témoignent de son immense fierté, de son allure de dandy, de sa susceptibilité, de son arrogance lors de ses études de droit à Johannesburg. Mais ses camarades de l’époque expliquent cette fierté comme une réaction aux humiliations subies dans un système ouvertement raciste. Une de ses amies se souvient de son indignation dans le bureau où il effectuait son stage d’avocat, où la ségrégation allait jusqu’aux tasses de thé : des tasses spéciales pour les blancs et des tasses plus laides pour les noirs, peu importe leur statut…

Mandela est donc le fruit d’une indignation et décide de désobéir face à l’injustice. Il s’est farouchement battu pour les revendications légitimes de sa population : le droit au logement, à la liberté d’expression, à l’égalité. Mandela a lutté pour que l’Afrique du Sud appartienne à tous ceux et celles y vivent : noirs, blancs, métis, Indiens. Il a milité afin que le peuple gouverne, qu’il profite des richesses du pays, que tous les citoyens soient égaux en droits, pour que l’éducation et la culture soient accessibles à tous, que la sécurité et l’emploi soient assurés. Il voulait que les Blancs comprennent que leur propre avenir, leur propre liberté seraient garantis à condition  qu’ils donnent la liberté aux Noirs et partagent avec eux le pays.

Est-ce bien cet ardent défenseur de la liberté qui est aujourd’hui salué par Marine Le Pen ? La fille de Jean-Marie qui, président du FN en 1990, déclarait à la libération de Mandela : « Cela ne m’a ni ému, ni ravi. J’ai toujours une espèce de méfiance envers les terroristes, quel que soit le niveau auquel il se situe »[ii] ? Est-ce bien cet homme, combattant pour l’égalité, qui est aujourd’hui salué par le Premier ministre britannique, David Cameron, digne héritier de Margaret Thatcher ? Celle qui affirmait : «l’ANC est une organisation terroriste type… Quiconque croit qu’elle va gouverner l’Afrique du Sud est dérangé» et qui, par ailleurs, n’a jamais soutenu l’égalité en quoi que ce soit ? S’agit-il aussi du même Cameron qui se rendit en 1989 en Afrique du Sud, pour le compte « d’une société chargée de faire du lobbying contre les sanctions imposées au régime sud-africain qui pratiquait alors l’apartheid »[iii] ? Est-ce encore Mandela qui est désigné comme « un résistant exceptionnel » par l’impopulaire président François Hollande ? Alors que la résistance du leader de l’ANC fût également tournée contre la France qui a soutenu durant des décennies l’apartheid sud-africain ?

Est-ce toujours ce militant pour la Justice qui reçoit un hommage virtuel de la part d’une des premières entreprises américaines : Google ? Alors que les gouvernements nord-américains ont soutenu quasiment jusqu’au bout l’apartheid ? Et est-ce aussi ce « nègre des champs » qui se fait applaudir par le « nègre de maison » qu’est Obama ? Barack, l’imposteur : essentiellement élu sur base de la couleur de sa peau et de ses formidables capacités d’acteur hollywoodien…

Le premier président métis des USA tenta désespérément de rencontrer peu avant sa mort celui qu’il l’a, soudain, « tant ému ». Des semblants de sourires ont dû se dessiner sur les visages de la famille Mandela lorsqu’ils lui ont répondu : « Non,  Monsieur le Président, malheureusement, ce ne sera pas possible : Madiba est malade ». La vérité est que le lion Mandela renâclait à l’idée de serrer la  main du sosie politique de Michael Jackson … Comment Mandela, malade, aurait-il pu supporter de voir Barack, l’esclave « noir » au service d’une Amérique blanche, s’agenouiller devant lui alors que, toute sa vie, il a refusé de subir pour lui-même cette infamie ?

Tous ces hypocrites n’ont-ils pas honte ? Ils devraient, pourtant.

Car l’actuelle adoration de la majorité des politiciens occidentaux vis-à-vis de Mandela relève de la mascarade honteuse. Celui qui fut désigné comme un «terroriste », un « allié des communistes », devient soudain un « héros », un « symbole ». Du grand cinéma sur fond d’amnésie politique !

En premier lieu, chez nous, en Belgique. Exemple : Jean Gol, ex-ministre de la justice, éternel complice du tyran congolais et pro-apartheid Mobutu, mentor du député européen Louis Michel, lui-même paternel de l’actuel président du MR (Mouvement Réformateur), Charles Michel. Jean Gol, donc, fut l’un des principaux hommes politiques belges à considérer Nelson Mandela comme une « menace terroriste ».

N’oublions pas non plus le lobby pro-apartheid au Parlement belge, agissant sous le nom de Protea. Parmi ses membres-fondateurs, on pouvait compter 18 députés du CVP (Christelijke Volkspartij – ancêtre de l’actuel CD&V) ; 18 parlementaires et responsables de la Volksunie (le parti nationaliste flamand dont est issu l’actuel N-VA de Bart De Wever) et 8 parlementaires du PVV (Partij voor Vrijheid en Vooruitgang – l’actuel parti libéral Open VLD). [iv]

On se souviendra également du grand rôle que la Belgique a joué dans l’accès à l’arme nucléaire pour l’Afrique du Sud de l’apartheid ; en collaboration avec la France, les États-​​Unis, la République Fédérale Allemande (RFA), Israël et le Japon. Avant de devoir signer, suite aux multiples protestations, l’embargo international. Mais trop tard. Certes, l’Afrique du Sud a renoncé à l’arme atomique et signé le Traité de non-​​prolifération nucléaire mais elle reste l’unique pays africain à disposer d’une centrale nucléaire, située à Koeberg. Centrale qui fonctionne toujours avec l’aide des entreprises françaises …

A l’instar d’Ernesto Che Guevara, Salvador Allende et Patrice Lumumba, Nelson Mandela eut droit à l’effrayant sobriquet octroyé par le pouvoir dès qu’on tente de le faire tomber : terroriste. Pendant longtemps, ces ardents défendeurs de la liberté et de l’autodétermination de leur peuple furent en effet listés par le Congrès américain comme terroristes. Jusqu’en 2008, le nom de Nelson Mandela et celui de ses compagnons de l’ANC figuraient sur la liste des personnes à surveiller dans les bases de données de l’immigration américaine…

Dès lors, une question s’impose : les terroristes d’aujourd’hui sont-ils les héros de demain ?

Rappelons à nos politicien(ne)s amnésiques que, jusqu’au milieu des années 80, les « pères » de ceux qui saluent Mandela aujourd’hui jugeaient qu’il ne fallait « pas prendre de sanctions » contre l’Afrique du Sud car c’était « contre-productif » … Il fallut attendre l’immense succès planétaire du concert de Wembley en hommage à Mandela, regardé par  600 millions de téléspectateurs dans 67 pays, pour que les politiciens occidentaux voient dans l’« ex-terroriste », un « héros »[v]. Un retournement de veste qui fut surtout conditionné par la fin de la guerre froide. Contexte dans lequel l’Occident capitaliste n’avait plus besoin d’un pouvoir dictatorial blanc et anticommuniste à la tête de l’Afrique du Sud. Pour autant, le succès du  concert anglais de 1988 – relevant du « jamais vu » pour un prisonnier politique – contribua incontestablement  à accélérer les choses …

Dans l’actuel bal des faux-culs, sont évidemment appelés à jouer leur partition l’allié favori des politiques : les médias traditionnels. Pour rivaliser de vulgarité…  Notamment via cet attentisme sur la mort du héros, annoncée depuis plusieurs mois. N’ont-ils pas honte, eux aussi ? La production de cette lamentable série, aux multiples épisodes, jouant avec obscénité de la fin de vie d’un homme est indigne d’une information de qualité ! Obsédés par leur logique du scoop et du buzz, les médias de masse ont à nouveau fait preuve d’une double incapacité. A savoir : apporter un regard neuf et pertinent sur le parcours d’un progressiste, au lieu de cette espèce de feuilleton de télé-réalité morbide.

Les jeunes qui ont assisté à cette propagande sont-ils armés pour l’identifier et l’analyser ? On peut craindre que non. Et pour cause : à quand un enseignement scolaire de qualité sur l’histoire de l’apartheid et du combat pour son abrogation ? A quand une critique historique sur le soutien des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Israël et de la France à la politique d’apartheid ? A quand une Histoire écrite non pas par les oppresseurs mais par les opprimés ?

Le combat d’une vie d’un homme debout mérite mieux que des engouements médiatiques largement hypocrites. Afin que la lutte de Nelson Mandela n’ait pas été vaine, il s’agit de mettre en œuvre une réflexion commune sur le sens de son combat. L’Histoire est censée nous fournir une expérience afin que jamais les horreurs du passé ne se reproduisent. Et malgré que les peuples et gouvernants, trop souvent, n’apprennent rien de l’Histoire, comme Mandela, il faut garder espoir.

Par Aurore Van Opstal, 07 décembre 2013

■ ■ ■

[i] Les bantoustans étaient les régions créées durant la période d’apartheid en Afrique du Sud et au Sud-Ouest africain, réservées aux populations noires

[iv] « Les Barbares. Les immigrés et le racisme dans la politique belge », éditions EPO

Je vous l’avais annoncé en juin, voici le film de Yannis Youlountas.

Venu des catacombes grecques de l’Europe, un murmure traverse le continent dévasté : « Ne vivons plus comme des esclaves » (prononcer « Na mi zisoumé san douli » en grec). Sur les murs des villes et sur les rochers des campagnes, sur les panneaux publicitaires vides ou détournés, dans les journaux alternatifs et sur les radios rebelles, dans les lieux d’occupation et d’autogestion qui se multiplient, tel est le slogan que la résistance grecque diffuse, jour après jour, et nous invite à reprendre en chœur sur les mélodies de ce film. Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée.

« La gratuité est l’arme absolue
contre la dictature du profit »

Cliquez sur l’affiche ci-dessous pour le visionner en HD…

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Avignon – Contre la LEO et son monde!

Publié: 21 avril 2013 par Page de suie dans Articles
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 Les ZAD sont partout …
… Avignon – la LEO (Liaison est-ouest)
LEO avignon
Une ceinture verte en béton ?

Depuis 30 ans, les décideurs planchent sur un projet de rocade – la LEO, pour Liaison Est-Ouest – qui contournerait la ville d’Avignon par le Sud afin de relier les autoroutes A7 et A9 qui vont respectivement vers Marseille et Barcelone. Cette opération à plus d’un milliard d’euros est prévue en 4 tranches, dont une a déjà été réalisée, non sans contestation. Jusqu’à peu, les 3 tronçons restants semblaient abandonnés par manque d’argent, mais en mars 2012, décideurs et bétonneurs ont réussi à arracher les 180 millions d’euros nécessaires à la réalisation de la tranche 2. Aujourd’hui, pour les autorités locales le projet va se faire et le processus s’accélère : l’enquête publique parcellaire s’est clôturée en février 2013 et l’État a déjà entamé des procédures d’expropriation sur le tracé.

Le tracé de cette future 2×2 voies passe dans une large zone aux portes de la ville appelée ceinture verte, dernier poumon agricole de la ville étonnamment préservée jusqu’ici. La réalisation de la LEO aura pour impact immédiat la destruction de 50 ha de terres alluvionnaires. Mais celle-ci engagera très probablement à terme la destruction de toute la ceinture verte : la LEO stimulera la spéculation foncière et le processus d’urbanisation dans cette zone, accélérant ainsi l’expansion de la ville vers le sud.

Contre la LEO et son monde, manif-occupation !

Alors que les expropriations se multiplient et que les premiers travaux sont programmés dès 2014, nous souhaitons donner un nouveau souffle à cette lutte car nous savons qu’elle peut encore être gagnée. Le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes montre l’utilité d’occuper le terrain pour créer des espaces de résistances créatifs et permettre de construire collectivement une lutte offensive.

NOUS VOUS INVITONS LE 27 AVRIL À UN MOMENT D’ACTION COLLECTIVE, DE RENCONTRES ET DE FÊTES, ET VOUS PROPOSONS DE RESTER LES JOURS SUIVANTS POUR RENFORCER LA RÉSISTANCE.

affiche avignon LEO

Source: Le Collectif LEOPART

« Avec ‘SÈME TA ZAD!’ nous voulons mettre en place, dès maintenant une communisation des terres et des pratiques. Nous prenons la terre et nous la garderons! »

Pas question de laisser le champ libre à Vinci. Plus d’un millier d’opposants – armé de bêches, de fourches, de pioches et autres outils, venant de tous horizons – au très hypothétique futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont organisé une manifestation, samedi 13 avril, sur la Zone à défendre. Au programme de la journée, nommée « SÈME TA ZAD! », plantations de pommes de terre, semis, montage de serre, poulailler, petits fruitiés, réfection de clôture, création de chemins pour ne pas abîmer les champs (éviter la police aussi…) et curage de fossés.

Bizarrement, aucune trace des barrages de flics!!! Ils ont dû choisir de faire profil bas, ou de faire comme si il n’y avait pas d’occupation militaire quand les médias débarquent… Dans le cortège au sud de la Zad, une « samba » suivait une banderole proclamant « Sème ta Zad, occuper, cultiver, résister ».

Malgré l’arrivée du printemps, c’est sous la pluie qu’un des groupes a emprunté la « RD281 », cette route barrée de chicanes depuis le début des tentatives d’expulsion en octobre 2012, où de multiples affrontements avec ces chiens de CRS ont eu lieu. « Avec les différents chantiers agricoles, nous renforcerons l’implantation dans la durée des occupations sur la Zad », a expliqué un porte-parole des camarades zadistes, monté sur une remorque, « Construire là où il veulent détruire, cultiver là où ils veulent bétonner », a-t-il proclamé..!

Dans le Sabot, une vingtaine de zadistes ont enrichi à l’aide de fumier un grand jardin maraîcher collectif. Dans un autre, à côté de nouvelles cabanes baptisées les 100 Noms, des rangs de pommes de terre et de fraisiers étaient plantés. Après avoir déjeuné autour de tentes de restauration collective, les zadistes se sont dispersés vers les différents ateliers de curage de fossés ou de réfection de clôture, certains chantiers prévus ayant dû être repoussés à cause de la pluie et de la terre détrempée. Au nord, où la ferme de Bellevue est occupée depuis janvier – par le collectif « Copain », regroupement d’organisations agricoles en lutte contre l’aéroport – pour éviter sa destruction, plusieurs centaines de zadistes se sont également rassemblés. Ils y ont fait la première fournée de pain sortie du vieux four en pierre qu’ils avaient remis en état il y a peu.

« L’hiver n’a pas été évident, les conditions climatiques, la fatigue, le stress… » […] « Là, on est au début du printemps, c’est plein de nouvelles énergies » [...] « peut-être qu’on va pas faire germer des graines mais on va faire germer plein d’idées qui vont durer des semaines ».

Une certaine « animosité » fut ressentie envers les collabos journalistes des merdias mainstream… Il parait que deux véhicules siglés des logos de la presse, ont eu leurs pneus dégonflés, la boue a fusée à plusieurs reprises sur une équipe télé, et au micro, il a été évidemment demandé aux « journalistes journaleux des médias bourgeois » de ne pas filmer les personnes présentes sans leur permission. On se demande pourquoi… 😉

Les photos de la journée « Sème ta ZAD! »  Purée, qu’est-ce que j’ai hâte d’y aller cet été..!!!

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En bonus – pour ceux qui s’y rende bientôt… Le lien de la carte détaillée de la ZAD.

« Si vous n’entendez pas les tambours de guerre, c’est que vous êtes sourd »

Ce n’est pas de moi… mais d’un maître ès saloperies politiques, j’ai nommé le tristement célèbre Henry Kissinger ex-exécuteur des basses œuvres étasuniennes.

Sans tomber dans le conspirationnisme primaire, il est en effet palpable que quelque chose se prépare en Europe. Le problème est que cela risque de venir de là où on ne s’y attend pas forcement. On ignore trop souvent que les états européens – nos états prétendument démocratiques – se préparent en catimini à un nouveau genre de conflit, avec toute la préparation tactique, logistique et le sérieux que peut développer une classe toute puissante qui sent le vent tourner à son désavantage. Une classe qui n’entend nullement se laisser détrôner sans combattre.

Depuis quelques temps, l’Union Européenne se met en ordre de bataille et « harmonise » ses lois, ses procédures et ses doctrines militaires. Pour l’heure, ces États ne s’entendent pas encore sur tous les points. Pour l’heure, la militarisation n’est pas partout aussi avancée que dans le Val de Suse en Italie, où des paras tout juste revenus d’Afghanistan sont déployés contre les manifestants. Non, pour l’heure, ils planifient simplement, naturellement, des entrainements militaires à grande échelle dans le but non avoué de « mater la résistance populaire »!

Mais d’abord, comment pensent-ils ces états et surtout leurs instances militaires? Ils constatent que comme partout dans le monde, de plus en plus de gens vivent dans les villes, s’y appauvrissent, s’y précarisent et par là même, se réveillent, se rebiffent, voire s’organisent. Il sera donc nécessaire pour eux, de remédier aux déficits en capacités d’intervention en milieu urbain de leurs armées. Comme les militaires et les classes dirigeantes, ne réfléchissent pas sur les causes et les manières d’empêcher un tel appauvrissement, les futures émeutes sont simplement vues comme des défis tactiques à relever. En plus de leurs particularités architecturales, c’est surtout le déploiement dans les zones habitées qui pose problème à l’armée : du fait que les « combattants » sont difficiles à distinguer de la population, il y a rapidement des victimes civiles – en jargon de l’Otan: CDs – , qui provoquent à leur tour des manifestations; bref : des déploiements inefficaces, voire même avortés! C’est pourquoi le militaire veut s’approcher et rentrer dans la société, aussi bien avec des infiltrations, qu’avec des unités nettement plus « robustes », équipées avec des armes lourdes, pour « contrôler » les foules. Et du fait de la disparition des frontières et de l’internationalisation de la colère populaire, ils sont obligés de mettre en place des « réseaux » de coopération inter-états, tant au niveau civil que militaires.

Est-t-il utile de rappeler que le Parlement Européen avait déjà envisagé en juin 2000 que les peuples rassemblés sous la tutelle bienveillante de l’Union puissent un jour se rebeller faute de pouvoir exprimer démocratiquement leur ras le bol? C’est en tout cas ce qu’il n’est pas déraisonnable de conclure à la lecture du passionnant rapport titré « Crowd Control Technologies : an appraisal of technologies for political control » qu’on traduira par : « Les technologies de contrôle des foules : passage en revue des technologies destinées au contrôle politique… »

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Les faits:

Les pays européens n’ayant pas tous les moyens financiers et logistiques pour prévoir de grands centres d’entrainements à la guerre urbaine, deux pays en particulier se sont lancé dans l’aventure. Bien entendu, il s’agit de l’Allemagne et de la France – le pays du « Kärcher » et celui des emplois à 4€ de l’heure – , qui estiment peut-être que les risques d’émeutes sociales sont plus élevés chez eux que partout ailleurs..?

– Le gouvernement allemand a donc approuvé la construction d’un grand complexe d’entrainement urbain pour la Bundeswehr – l’armée allemande – , sur le site de la base de GÜZ-Altmark, en Saxe-Anhalt, (d’une superficie de 232 km²) qui va voir son statut de terrain d’entrainement militaire « classique », transformé en Centre d’exercice européen pour l’entraînement à la lutte contre les émeutes (CRC). En effet, c’est un secret de polichinelle qu’il s’y construit en ce moment – pour un budget colossal de près de 200 millions d’euro – une cité pourvue de divers « quartiers », dont, un aéroport et ses 1700 m de pistes, un centre commercial, des quartiers d’habitation, des portions et connexions d’autoroute, un métro, un complexe industriel et tout ce qu’il faut pour simuler un insurrection des populations européennes. En tout, plus de 500 bâtiments en tous genres se construisent  pour recréer une ville la plus réaliste possible, de plus de 6 km². Ville où viendront s’entrainer conjointement les armées venues de toute l’Europe..! Le but pour l’Europe est clairement de s’y entrainer à contrer efficacement toutes tentatives de soulèvements des populations urbaines et d’y coordonner l’action de ces armées.

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– Le gouvernement français, quand à lui, ne lésine pas non plus quand il s’agit de casser du citoyen. L’armée française et ses généraux viennent d’organiser une campagne de pub « sécuritaire », afin de rassurer le bon bourgeois… « Nous sommes prêt à protéger vos biens contre la racaille des cités et les agitateurs gauchisants..! » L’armée française, se prépare à la guerre des cités, et a construit spécialement dans ce but à Sissonne, dans l’Aisne, une cité fantôme (centre d’entraînement aux actions en zone urbaine – Cenzub) comparable à une ville de 5000 habitants, pour y entraîner ses soldats. Le budget de ce programme de guérilla des banlieues, nommé « Scorpion » (sic), est de… 400 millions d’euros par an pendant 10 ans, rien que ça.

Si ça, c’est pas la réplique d’une cité..!

Les généraux ne s’en cachent même pas: « Les combats de demain ne seront pas ceux d’hier. Les armées ne vont plus « faire campagne », mais vont se battre en ville. Mais, en milieu urbain, un combat est souvent source de pièges et d’enlisement. Il y est quasiment impossible d’y développer une manœuvre sans risque de perte importante en matériels et en personnels, alors il faut s’adapter avec du matériel performant et du personnel bien formé. » C’était tout le sens des manœuvres organisées sur ce camp, en présence du connard en chef himself, le général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre.

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Interrogé par un journaliste local, un colonel présente ce qu’il appelle des « constatations sociologiques » : « en 1950, les villes abritaient 22 % de l’humanité pour 75 % aujourd’hui. Pas de doute, selon les stratèges, c’est bien dans les cités que les conflits de demain vont se dérouler ». Oui, mais dans les cités françaises… Le gouvernement français, et ce pourri de Manuel Valls, peuvent bien prétendre qu’ils n’envisagent pas l’idée de mobiliser l’armée dans les quartiers et/ou les cités, le programme Scorpion démontre clairement que l’armée, elle, s’y prépare activement.

Déroulement de l’exercice: (extrait d’un journal local)

Pour s’y préparer, l’armée mise sur la complémentarité. Plus question de laisser des fantassins progresser sans l’appui de blindés et la maîtrise du ciel. Tout commence avec un drone qui communique immédiatement des images. C’est ensuite la ronde des hélicoptères. Le Tigre, souple, transportant un pilote et un tireur, est vraiment un félin des cieux. Il glisse dans les airs, virevolte. Des explosions résonnent. La terre boueuse est masquée par des nuages de fumée. Un char Leclerc avance, menaçant avec sa longue tourelle pouvant atteindre des cibles avec des obus en roulant. C’est curieusement une démonstration de force et aussi de faiblesse. L’armée sait manier les symboles en montrant un tireur vulnérable avec la tête sortant du blindé. Le message est clair : Il est urgent de disposer d’un matériel performant protégeant plus nos troupes. Des engins de transport de troupes progressent. Ils abritent des parachutistes. appartenant justement à la section qui a perdu près d’une dizaine d’hommes à Uzbin en Afghanistan en août 2008. Plus que d’autres, ils connaissent l’urgence de se préparer à la guerre. Les armes crépitent. Les hommes prennent possession d’immeubles. Leur présence est signalée par des sacs marqués à l’infra-rouge. Dans un hangar, des ingénieurs expliquent le maniement de robots mobiles équipés de caméras. »

Sauf que: le félin des cieux c’est sur vos gueules qu’il va envoyer ses bastos! Le superbe char Leclerc éclatera vos immeubles une fois qu’on aura décrété qu’il contient des « éléments à éliminer ». Et ne comptez pas sur les sentiments humains de ces fachos de paras – qui ne se plaignent que lorsque des afghans ne se laissent pas tuer comme à l’exercice, sans répliquer et les prennent en embuscade – , ce ne sont, ni plus, ni moins, que les dignes descendants des tortionnaires d’Alger… la vie d’un civil – surtout d’une « racaille » de cité – , fut-ce-t-il « français sur papier », ne vaut pas broquette pour eux quand il s’agit d’obéir à un ordre! Tout ceci a été conçu dans le seul but de réduire au silence des populations européennes révoltées par leurs conditions de vie, aggravées par le chômage, les mesures d’austérité et la misère…

– Et chez nous en Belgique? Hé bien, rappelez-vous que l’année passé un camarade avait surpris lors d’une ballade à vélo, nos chers Chasseurs ardennais en train de s’entrainer à la répression d’un mouvement d’insurrection civile dans nos villages… Il y avait d’un côté des militaires faisant des barrages filtrants et de l’autre, des « civils » arrêtés… Les premiers braquant leurs FNC sur la nuque des seconds, qui eux se retrouvaient à genoux et les mains derrière la tête! Ceci est appuyé par le fait que lors des « journées portes ouvertes » de Bourg-Léopold de 2012, des exercices de « maintien de l’ordre » furent mis au programme, comme on peut le voir ci-dessous… Dans les « démonstrations » on trouvait également: L’utilisation des armes non-létales (Non Lethal Weapons). Et ça, ce n’est que la partie visible de la grande muette, on n’ose imaginer ce qui se fait dans le secret de certaines casernes!

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– Même la suisse… La Suisse vient de former quatre nouveaux bataillons militaires. Et est en passe de déployer ses troupes le long de ses frontières, en vue d’anticiper tout désordre social qui pourrait découler de l’effondrement de la zone Euro et afin de se préserver de futures émeutes dans les pays limitrophes. “Les exercices menés par les militaires Suisses en septembre, surnommés Stabilo Due, ont été basés sur l’éventualité d’une instabilité Européenne devenue hors-de-contrôle .

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Ce qui précède est déjà plus que révélateur de la volonté des gouvernements, des classes dirigeantes bourgeoises, d’être prêts lorsque ces situations insurrectionnelles populaires surviendront, mais à cela il faut ajouter le détails qui rapproche l’échéance: la France a ordonné la mobilisation des services secrets et de la police pour mettre sous surveillance les travailleurs qui se battent contre le chômage de masse et les fermetures d’usines. Le ministre de l’Intérieur français, Manuel Valls, a révélé récemment que sa police politique est pleinement mobilisée pour espionner la révolte grandissante des travailleurs des usines où sont prévus des licenciements ou bien qui seront fermées. Il a dit que ces mesures étaient nécessaires compte tenu du risque d’«implosions ou explosions sociales»

Pour le moment ils nous gazent, nous matraquent, nous tirent dessus aux flash-ball, LDB40, FN303 et autres saloperies… Mais ils ont déjà prévus de nous abattre comme des chiens, comme aux plus belles heures des barricades du 19e siècle, où la troupe ouvrait le feu joyeusement sur les émeutiers, sur les ouvriers, sur le peuple… Si vous l’avez oublié, eux pas, ils s’y préparent! Et ils n’ont même pas besoin de nouvelles lois scélérates, tout est déjà dans le traité de Lisbonne et ses « annexes ».

Et nous..? Oui « nous », est-ce qu’on se prépare à ce genre de conflits imminents? Ou est-ce qu’on se contente de subir et de chaque fois découvrir sur le tas les dernières saloperies technologiques ou tactiques de l’ennemi? Connaissons-nous les points faibles d’une tactique militaire urbaine? Selon un général français présent à Sissonne, « Ce sont des combats de grande intensité qui nécessitent des relèves. On sait qu’un soldat restant plus de 24 heures au combat urbain peut souffrir de dommages psychologiques importants. »… Toute armée en campagne a ses points faibles, nous avons dans ce genre de conflit bien des avantages sur ces militaires de métiers qui sont perdus sans chaine de commandement efficace, notamment la connaissance du terrain, le soutien d’une part non-négligeable de la population locale, le fait que des petits groupes menant des actions rapides passent plus inaperçus que ces grandes unités. Pensez-vous à vous documenter sur la guérilla urbaine? Vous n’êtes pas les premier à devoir affronter ce genre de situation contre-insurrectionnelle, d’autres ont résisté avant vous… Documentez-vous, préparez-vous, personnellement et entre amis de confiance, et si vous pensez que ce n’est pas encore le moment, dites-vous que vous le regretterez amèrement plus tard, car une fois commencé, ceux qui ne se seront pas préparés – dans tous les sens du terme – , ne seront que des victimes livrées sans défense à la répression bourgeoise et finiront dans le meilleur des cas dans des camps et des stades – très utilisés en ces périodes par tous les militaires – , et dans le pire dans les statistiques des victimes! A bon entendeur…

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Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine – defense.gouv.fr

Entraînement zonal au camp de Sissonne – aisne.gouv.fr

 

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Tous au Larzac!

Publié: 8 février 2013 par Page de suie dans Coups de coeur
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Nous étions dans le sud-ouest entrain de contempler hilares notre « table de choure », il faisait 4-5°, des courants d’air comme des entre les oreilles d’un flic et le poêle à bois n’était prévu que pour le lendemain  🙂

Quand l’un d’entre nous lança: « si on se matait Tous au Larzac? Je l’ai sur le portable. »

Et bien je vous assure que regarder « Tous au Larzac » en grelottant, en grignotant des toasts au foie gras (je sais, c’est pas bien le foie gras… mais dans le sud-ouest c’est tentant! Hé puis on l’a piqué, na!), des saucissons du pays et avec quelques ééénormes pétards, c’est géant! Je vous le conseille, à essayer au moins une fois.

Voici le lien pour le regarder en streaming (ou le télécharger) sur Filmonde.com: TOUS AU LARZAC

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L’histoire d’un combat victorieux: Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne cèderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité inébranlable, qui les porteront vers la victoire.

I got it…! « Les damées de la terre »

Publié: 7 février 2013 par Page de suie dans Coups de coeur
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2011, je l’ai commandé… rupture de stock!

2012, j’ai essayé de le voler… pas moyen de le trouver en « poche », il était trop grand à planquer!

Et puis la semaine dernière ma chouette libraire, en allant chercher un bouquin pour l’école de la gamine, me dit qu’il est à nouveau disponible. Enfin j’ai pu le commander, et aujourd’hui je l’ai 🙂 Je n’en suis qu’a la préface, mais il promet d’être excellent.

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Né en 1925 à Fort-de-France, Frantz Fanon quitte la Martinique pour rejoindre la Résistance en France, et plus précisément les forces gaullistes, à l’âge de 17 ans. Il se lance par la suite dans des études de médecines, à Lyon ; il publie son premier livre qui fait date encore aujourd’hui : Peau noire, masques blancs (1952). Dans ce court mais dense ouvrage, il y interroge et décortique les conséquences de la colonisation sur les rapports entre Noirs et Blancs, sur la façon dans les Antillais -et les Noirs en général- se construisent par rapport au Blanc, sans réclamer réparation mais en posant des questions pour construire l’avenir.
Il devient l’année suivante le Médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie, alors colonie française. La guerre de libération engagé par le FLN ne le laisse pas indifférent, il choisit son camp, celui du peuple algérien, celui de l’indépendance, celui de la liberté.
Son engagement est profond, intellectuel mais aussi physique : il démissionne de ses responsabilité, est expulsé et rejoint une section du FLN en Tunisie (où il est d’ailleurs enterré).
Il écrit dans El Moudjahid et deviendra même ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana et essuiera plusieurs attentats fomentés dans divers pays où il se rend.

Fanon n’est pas un théoricien de la négritude, il refuse de participer à l’édifice du Noir comme entité « naturelle » ; il déconstruit l’oppression et les formes de dominations (économiques, idéologiques, linguistiques…) pour proposer un programme humaniste et internationaliste…
En 1961, avec Les damnés de la Terre, Fanon fait un exposé socio-psychologique des conséquences de la colonisation sur les colonisés, partant d’observations objectives alliées au paradigme marxiste et alimentées par la réalité des mouvements de libération, en particulier algérien. Se rajoute à son livre une préface très commentée de Jean-Paul Sartre. Or celle-ci est ambigüe. D’un coté elle aide à la diffusion et la notoriété du livre et des idées de Fanon, d’un autre l’aspect dithyrambique -et ultra-gauchiste- du texte de Sartre fait de l’ombre à la précision dialectique de l’auteur, à ce qui relève des constats de la production de la violence révolutionnaire par le système colonial (ce que fait Fanon) et la glorification mythifiée de la lutte armée (ce que fait Sartre).

L’année où sortent Les damnés de la Terre, il est fauché par une leucémie. L’hôpital de Blida porte aujourd’hui son nom, de même que des rues et des avenues en Martinique et en Algérie. Il est cité dans des chansons de LKJ, Rage Against the Machine, KRS-One, ou en France par La Rumeur, M.A.P. ou Casey. Sa pensée est encore vivante…