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Contrôle..? Vous avez dit contrôle?

Publié: 9 novembre 2014 par Fernand Naudin dans Articles
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Chômage, CPAS : le gouvernement voudrait dorénavant contrôler la consommation d’eau, d’électricité et de gaz des chômeurs… Si, si!

A peine sorti des latrines de l’œuf, le tout nouveau gouvernement du fils Michel propose un grand plan de lutte contre la fraude! Mais pas contre la fiscale, celle qui rapporterait des milliards – genre LuxLeak – , ben non, c’est bien contre ce terrible fléau moderne, la fraude sociale – celle qui ruine les fondements même du pays, qui nuit à sa « compétitivité » – , que ce courageux gouvernement va fondre avec des moyens pré-fascisants plus qu’inquiétants..!

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Hé oui, la dernière évolution de la lutte contre ces parasites de chômeurs serait donc le contrôle de leur consommation d’eau, d’électricité et de gaz!!!

L’ONEM aurait donc le droit de consulter les consommations d’énergies des chômeurs, et ce, avec l’aimable participation des distributeurs d’énergies, of course.

– Premier cas de figure: ces consommations sont anormalement élevées pour une personne isolée, cela signifiera qu’il y a des soupçons qu’elle ne vit pas seule.

– Second cas: les personnes ne consomment rien, ce sera le signe qu’elles ont une domiciliation fictive et qu’elles n’habitent donc pas où elles le prétendent.

Dans les deux cas, bardaf, c’est l’embardée..! Sanctions et exclusions en chaîne à la clef…

L’ONSS pourrait ainsi devenir une plaque tournante du croisement de base de données et de leur diffusion pour débusquer les fraudeurs, « le risque d’être pris doit être suffisamment élevé pour décourager la fraude. »

Il est vrai que le nombre de contrôles visant à déterminer la situation familiale réelle des chômeurs a presque triplé entre 2010 et 2012, passant de 8.500 à près de 23.000, selon le secrétaire d’État en charge de la Lutte contre la fraude.

Il y a déjà plusieurs cas en banlieue liégeoise, ou certain CPAS, font des enquêtes digne du KGB, chez des demandeurs d’aide sociale – pour raison de santé ou autre. Certaines assistantes sociales vont même jusqu’à faire signer des dénonciations de la part de voisins, qui, par bêtise ou jalousie, mettent parfois des personnes dans des situations critiques, vu qu’on leur refuse alors le minimum de moyens d’existence. Ira t’on contrôler la Duchesse de Lasnes dans son domicile fictif de Schaarbeek ..?

A quand le placardage officiel de belles affiches « Sachez les reconnaître et les dénoncer », invitant le bon citoyen à bien identifier ces rats de chômeurs ou autres parasites, afin de mieux les dénoncer?

 

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Dorénavant, le peuple d’en bas peut être déshabillé par l’état, mis à nu devant la collectivité pour « délit » de survie…

TOUT LE MONDE DOIT SAVOIR QUE LA FRAUDE SOCIALE EST DÉRISOIRE ET QU’ELLE EST MAJORITAIREMENT UN ACTE DE SURVIE !!!! QUAND UN GOUVERNEMENT ACCULE A CELA POUR LA SURVIE, IL DOIT SE POSER DES QUESTIONS SUR SES DÉCISIONS ET SES COMPÉTENCES OU ALORS IL EST RÉELLEMENT CONTRE UNE PARTIE DU PEUPLE… CONTRE UNE GRANDE PARTIE DU PEUPLE..! Le peuple d’en bas ne se laissera pas écraser. » Christine Mahy Hergot- Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté

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Découvrir l’existence de ce nanti, qui, de sa tour d’ivoire nous sort de grandes déclarations libérales, et ce à six heures du mat… Ouf! Ça te cloue pour la journée ce truc. Sa sale tronche de collabo m’a d’ailleurs rappelé que je n’avais plus décerné le titre de pétuffe depuis son pote Jan De Nul en juin.

Luc coene

Voici ce que notre pétuffe – de son état, gouverneur de la Banque nationale – à osé sortir lors d’une interview accordée au journal Le Soir :

… l’un des points problématiques réside dans les nombreux droits acquis pour lesquels il n’y a pas de contributions générées » […] « Quand vous êtes au chômage, vous vous constituez malgré tout des droits pour la pension mais vous ne cotisez pas au système. Il y a toute une série de règles qui octroient ainsi des droits sans qu’il y ait de contributions. Ce n’est pas normal » […] « Il faut restreindre ces droits. Mais tôt ou tard, il faudra aussi repousser l’âge de la retraite, c’est inévitable..! »

 

Et qui renchérit sur cette émouvante déclaration..? Le SNI (Syndicat national des indépendants), qui se dit de son côté entièrement d’accord avec Luc Coene!

Ce n’est ni plus ni moins qu’un ‘juste retour’ des choses« , selon Christine Mattheeuws, présidente du SNI. Pour ce syndicat, « ce n’est que celui qui finance les pensions qui peut construire son droit à la pension, pas celui qui est au chômage..! » […] « Coene insiste aussi sur une réduction des charges salariales pour donner un peu d’oxygène aux entreprises: tout le monde est d’accord là-dessus, mais ça reste des mots, alors que des actions sont nécessaires dans ce domaine. »

Il faut restaurer la sacro-sainte compétitivité de l’économie belge!
Combler le handicap salarial..!

Camarades…  Luc Coene! Pétuffe du mois, haut la main..!

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Pétuffe:  définition

En octobre 2012, on comptabilisait 412.739 chômeurs complets indemnisés, en octobre 2013, on en comptabilisait 427.241, moralité, on s’est donc pris 14.502 chômeurs de plus que l’année passée (chiffres des crétins de l’Onem, à prendre donc avec d’extrêmes réserves). Malgré leurs mesures d’activation, d’exclusion et de dégressivité qui vont crescendo, le chômage continue d’augmenter…

A l’école déjà, les math et moi ça faisait deux. Mais là, faut qu’on m’explique… 5.312 chômeurs exclus en 2012, le pic ayant été atteint en 2009 avec 6.601 exclusions – et le nombre d’exclusions en 2013 ne doit pas être piqués des vers lui non plus – , cela voudrait-il dire qu’on se fout de nous? Noooon…? Ils n’oseraient pas quand même.

En octobre 2013 nous dit-on, le Forem n’a géré que 10.964 offres d’emploi pour la Wallonie, soit une baisse de 11,2 % par rapport à octobre 2012… (Actiris 2.314 pour Bruxelles et VDAB 22.244 pour la Flandre, soit un total de 35.522 offres pour tout le pays). Y aurait-il une réelle pénurie d’offres d’emplois dans notre terre de cocagne? Non?

Attention que ces filous comptabilisent uniquement les chômeurs qui sont indemnisés… si on comptabilise TOUS les demandeurs d’emploi inoccupés, on arrive à 595.818 chômeurs! Alors un petit calcul simple nous donne : 595.818 divisé par 35.522 = 17 demandeurs d’emploi par offre pour le pays – avec des pointes à…48 demandeurs pour un boulot à Bxl. Et encore, pour les avoir épluchés quotidiennement jadis, je suis certain que dans ces « offres » se trouve des doublons, des demandes farfelues, des stages, du bénévolat, des arnaques, du soit-disant travail à domicile ou des CDD et intérims bidons, bref, quel est le pourcentage non-négligeable de vent dans ces offres..? Quel est la vraie perspective de boulot, dans cette Belgique où « tout va bien » selon l’autre connard de Di Rupo?

Malgré cette chasse honteuse aux chômeurs qui dure depuis des années, malgré l’accélération des « activations » et des exclusions, comment ces fainéants de chômeurs arrivent-ils encore à se multiplier..?!?

Alors même qu’on nous affirme fièrement, que les sanctions et exclusions de l’Onem envers les chômeurs qui refusent un emploi, l’activation ou le suivi d’une formation ont augmenté de 32% entre 2013 et 2012. Au total, pour le premier semestre, 14.000 chômeurs sont concernés, 14.000!

Cherchez l’erreur… Moi j’abandonne!

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P.S. : Pour les français… Onem = Office national pour l’emploi (ANPE) et Forem, Actiris, VDAB = Pôle Emploi

Du surréalisme typiquement belge, l’ONEM contrôle même les employeurs qui ont le culot de répondre aux candidatures de ces fainéants de chômeurs..!

Déjà que les employeurs chez qui vous envoyez une candidature, ne sont qu’une minorité à prendre la peine de vous répondre – même quand ils ont eux-mêmes placé une annonce – , voila que ces crétins de l’ONEM (Pôle emploi à la belge) leur font quasi la chasse… car pour leurs cerveaux de fachos dépourvus d’humanité et de neurones, être un patron « correct » et humain qui estime normal de donner une suite – même négative – à une sollicitation est plus que suspect!

Car à L’ONEM, la norme pour un employeur « sérieux » est celle du syndicat neutre des indépendants (S.N.I.), qui excédé par tous ces chômeurs – « faux candidats à l’embauche » – osant demander à l’entretien que le patron signe une « preuve de candidature », avait même demandé que le gouvernement organise la délation anonyme de tous ces candidats récalcitrants.

« Le SNI proposait de transmettre « en toute convivialité » les noms de ces faux candidats, par le biais d’une application en ligne, aux services de placement (Forem et Actiris) et à l’ONEM. Face à ces hordes de faux candidats, la plupart des entreprises réagissent de manière ferme à de telles pratiques : 32 % terminent directement l’entretien et 22 % ne signent pas pour un tel candidat. Et 4 % des entreprises transmettent le nom de cette personne au Forem, Actiris et/ou à l’ONEM. Les PME vont même un peu plus loin car 69 % trouvent que l’allocation de chômage devrait être supprimée pour les chômeurs qui ne postulent rien que pour ne pas perdre leur allocation. »

Pour l’ONEM, répondre à une candidature est hautement suspect !

Pour preuve la copie d’un courrier-type envoyé par l’ONEM à l’un de ces recruteurs plus humain que les autres…

«Lors des entretiens, (contrôle dispo à l’ONEM où un « facilitateur » épluche les preuves de recherche d’emplois du chômeur) nous avons constaté qu’à plusieurs reprises le nom de votre établissement a été mentionné dans les documents présentés.»

Jusque-là, on explique le pourquoi. Mais déjà la menace pointe :

« Afin de pouvoir vérifier si votre nom n’a pas été utilisé à des fins frauduleuses, nous serons peut-être amenés à vous contacter  régulièrement pour contrôler les candidatures des demandeurs d’emploi.»

En gros, l’employeur aussi va avoir l’ONEM aux trousses, déjà qu’il a pris le temps, lui,  de répondre aux chômeurs, voilà comment on le remercie…

«Pour cela, nous vous « demandons » au préalable de répondre au questionnaire qui suit et nous le renvoyer dans les plus brefs délais.»

La vraie menace, on peut la lire sur la page deux, en bas de page, un extrait du code pénal social très clair quant aux conséquences d’un refus d’obtempérer…

« […] sont punis d’un emprisonnement de huit jours à trois mois et d’une amende de 100 à 1000€ ou d’une de ces peines seulement, l’employeur, son préposé ou mandataire qui ne fournit pas, dans les délais qui lui sont impartis par l’inspecteur ou le contrôleur du chômage… »

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Voici la lettre complète reçue par un de ces employeurs:

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Tout le monde le sait – à l’ONEM – , ces parasites de chômeurs sont tous des fraudeurs, tricheurs and co.!

Cette propension à soupçonner de fraude tous les actes posés par le chômeur quant il rencontre ses obligations légales est au cœur de toutes les réformes du droit social depuis les années 2000.  Cet état que nous haïssons assomme le chômeur de devoirs à accomplir.

Le chômeur ne subit que des renforcements négatifs. Plus on alourdit sa barque, plus la traque s’intensifie, plus la pression est forte, plus il se sent acculé et plus le chômeur, qui n’a d’autre choix, élabore des stratégies de survie qui impliquent d’adopter les comportements qui lui sont imposés,  et indiquerait alors (le comble) qu’il ne fait que remplir officiellement ses obligations, que le cœur n’y est pas (c’est juste du show pour garder ses alloc), car il serait profondément adversaire – par nature – à chercher un emploi, c’est une évidence, le chômeur est responsable du chômage (paramétrage par défaut de l’ONEM en mode « fraude » permanent). Et finalement, la docilité du chômeur à adopter les comportements du «bon chercheur d’emploi» se retourne contre lui. Paradoxal système.

Ce gouvernement a donné un blanc-seing à tous les organismes de la Sécu, et à l’ONEM en particulier, pour pratiquer la pédagogie noire qui est à l’œuvre : on casse du chômeur, on le punit d’être chômeur en lui baissant ses allocations, on le punit de ne pas avoir trouvé un emploi en l’excluant purement et simplement – comme les jeunes à partir de janvier 2015 – , mais surtout le soupçon permanent entache ses démarches pour l’ONEM et ses sbires collabos, l’ennemi d’état du chômeur.

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Source: http://actuchomage.be
Y en a marre!  Et ne me dites pas que c’est le hasard…

On sabre allègrement dans les revenus des chômeurs, on les chasse, on supprime l’accès à la justice gratuite aux plus démunis, l’accès aux soins est refusé par des hôpitaux, et maintenant on nous supprime l’accès gratuit à la culture! PLACE AUX FRIC, cachez-moi ces pauvres que l’on ne saurait voir!!!

Fini la gratuité pour les – de 18 ans, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires d’un revenu d’intégration, les handicapés, etc… Ces salauds nous pondent chaque semaine des textes qui restreignent nos droits, nos moyens financiers, nos libertés et ce n’est que le commencement, le meilleur est certainement à venir… Se doutent-ils un seul instant qu’en agissant ainsi, ils se rapprochent inexorablement du point de non-retour, du moment où une tranche non-négligeable de la population n’aura plus qu’une seule alternative… entamer elle aussi un combat anti-nantis!?!

Trouvé dans la presse bourgeoise:

Musées: les plus faibles paieront plus

Depuis janvier, les jeunes, les chômeurs et les seniors paient leur entrée dans les musées fédéraux. Une décision passée quasi inaperçue…

«Le plus grave, c’est que la décision d’augmenter ces tarifs ne touche que les publics fragilisés!» Il fulmine Bernard Hennebert, coordinateur de Consoloisirs. C’est que depuis qu’une main anonyme a glissé le Moniteur du 21 décembre dernier dans sa boîte aux lettres, il a découvert que Paul Magnette, juste avant son départ du poste de ministre de la Politique scientifique a joué un drôle de tour aux visiteurs des musées fédéraux. «Les droits d’entrée ont été revus. Or les nouveaux tarifs ne touchent pas le prix plein mais suppriment la gratuité pour certaines catégories de visiteurs.» Et de fait, si auparavant l’entrée était gratuite pour les moins de 18 ans, les handicapés et leur accompagnateur, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires d’un revenu d’intégration, c’est terminé. Seuls les moins de 6 ans accompagnés d’un adulte et les plus de 65 ans (ainsi que certaines catégories de personnes comme par exemple les enseignants ou encore les journalistes) auront encore un accès gratuit aux collections. Mais aux Musées royaux des Beaux-Arts par exemple, un chômeur, un handicapé ou un jeune entre 6 et 18 ans devront désormais acquitter un droit d’entrée de 2 €.

«Si tous les tarifs avaient été augmentés, pour des raisons financières, on pouvait plus difficilement réagir mais ici, c’est vraiment une politique antisociale et qui est menée par un ministre socialiste!»

Car, si les entrées aux expositions temporaires sont fixées par les directeurs des musées, les tarifs pour les collections permanentes sont du ressort du gouvernement fédéral. Et Bernard Hennebert ne se gène pas pour rappeler que c’est déjà un socialiste, Yvan Ylieff qui avait, en 1997 supprimé la gratuité générale de ces musées, réduisant de deux tiers le nombre de visiteurs.

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Le gouvernement a revu le prix de l’accès aux musées fédéraux.. Jeunes et chômeurs passent à la caisse

Et ces augmentations tarifaires qui touchent manifestement tous les musées fédéraux sont renforcées dans le cadre des Musées royaux des Beaux-Arts par l’ouverture du Musée Magritte et du futur Musée fin de siècle. «Finalement, ce qu’on pouvait voir au sein d’un seul musée voici quelques années et pour un prix d’entrée de 5 € coûtera au minimum 13 € si on profite de l’entrée groupée et jusqu’à 24 € si on les visite séparément.»

«Je pense qu’il faut réagir, termine Bernard Hennebert, et dénoncer des pratiques qui touchent les plus faibles mais pas les nantis ou les touristes. Après tout, le nouveau ministre Courard est également PS. Et on peut toujours amender une décision!»

——- lavenir.net ——-

Ne cherchez pas d’autres sources… on n’en parle nulle part!

Ils sont quand même fortiches ces allemands!
Leur chômage chute, leur économie grimpe, le nouvel Éden quoi…
Sauf que… tout est bidon, du vent, de la vulgaire désinformation, de la propagande dans le plus pur style Goebbels!

Elle s’appelle Inge Hannemann. Depuis quelques semaines, elle fait les titres des journaux au pays d’Angela. Elle a travaillé comme conseillère à l’Arbeitsagentur (ONEM-Pôle emploi) allemand de Hambourg de 2005 à début 2013. Elle a été suspendue pour « activité politique ». En 2006, en constatant les méthodes pré-fascisantes pratiquées en interne, qui constituent de facto des violations des droits fondamentaux à l’égard de ses compatriotes au chômage, elle va se révolter et refuser d’appliquer ces sanctions iniques!

Cette « vigie citoyenne » francophile, passionnée par le pays des droits de l’Homme, veut venir en France rencontrer le syndicat du Pôle emploi, SNU-FSU. En effet, il y a fort à parier que les nouveaux plans sur le chômage en France – et partout en Europe – soient directement importés du modèle Hartz IV en vigueur chez les teutons. Depuis 2013, Inge Hannemann, licenciée pour « activité politique » (sic), est menacée d’être internée en psychiatrie. Angela Merkel et son second couteau, Ursula von der Leyen, de la CDU – qui a été une ministre de la famille au bilan médiocre et qui dirige le ministère du travail aujourd’hui – l’auraient dans leur ligne de mire. Devenant une affaire d’État, le blog d’Inge Hannemann, altonabloggt, et ses divers entretiens dans la presse commence à échauder Berlin. Huit millions de chômeurs en colère, qui pourraient se réveiller et prendre conscience de l’infamie dans laquelle ils sont jetés, inquiètent le pouvoir. De nombreux citoyens allemands enfoncent la tête dans les épaules tant la pression devient lourde. Mais ils sont de plus en plus nombreux à montrer grâce aux réseaux sociaux leur volonté de révolte. La politique de communication du gouvernement rappelle les heures noires de la fin du Reich ou de la RDA où il fallait faire croire au succès final.

Ach, propaganda!

« Le fameux rapport sur la pauvreté, publié en mars 2013 par Ursula von der Leyen, a été allègrement falsifié par le gouvernement. Chaque jour, 100 enfants sont retirés de leur famille – par le Jugendamt – pour pauvreté ou « difficultés » des parents. Les citoyens et de nombreux retraités ne sachant plus assumer les frais funéraires, sont « recyclés » dans une fabrique à la frontière polonaise et le gouvernement continue de dire que finalement, tout va bien en Allemagne ». Vendredi 3 mai, la CDU a publié un tract sur sa page facebook et affirme que le chômage est en dessous des 3 millions de demandeurs d’emploi. C’était sans compter avec la liberté du Net, où les internautes sont venus publier leur dégoût et insultes sous la publication. On pouvait notamment y lire : « A nouveau la si chère propagande d’État ! Voulez-vous continuer ainsi jusqu’à la victoire finale de cet État central européen ? ; Cher CDU, êtes-vous tous aveugles dans votre parti ou prenez-vous des drogues ? ; Les fonctionnaires ont réussi à retirer les chômeurs des statistiques ; Celui qui y croit est lui-même responsable. C’est pas possible, si ça continue je vais dans la rue ! ; Qu’est-ce qui se passe donc dans le pays ? Pas un responsable politique pour dire quelque chose ? ; La manière dont le peuple souffre, personne ne veut le voir ! »

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L’action politique de Inge Hannemann est devenue une affaire d’État. Trois avocats et des communicants se chargent de la conseiller. Son objectif est la fin de Hartz IV, un programme mis en place par les socialistes allemands qui appauvrit le pays, disloque les familles et fait régner la peur dans la société. « La Arbeitsagentur produit de la pauvreté et viole les droits fondamentaux. Plusieurs paragraphes de la loi fondamentale sont violés. Je vois la misère, les actes de répression et une grande division de la société se produire». Inge Hannemann ne veut pas accepter de voir plusieurs millions d’Allemands vivre ainsi. Avec cette politique menée par Berlin, l’avenir du pays est menacé. Trop de familles sont déjà menacés de glisser dans la case « esclaves ». Inge Hannemann dénonce le travail intérimaire, car il est financé par le gouvernement. « Les sociétés d’intérim reçoivent durant trois mois de l’argent de la Arbeitsagentur. Les travailleurs sont donc embauchés pour trois mois et sont ensuite virés car la boîte d’intérim embauche alors de nouveaux chômeurs pour retoucher les primes. La ministre du travail, Ursula von der Leyen, est une incompétente notoire. Je dénonce les chiffres sur le chômage annoncés par le gouvernement. Nos médias parlent de trois millions alors que nous avons huit millions de chômeurs en Allemagne! ».

« Un jour j’ai eu dans mon bureau un chômeur très malade. Il avait des problèmes d’audition et des difficultés à marcher. Il respirait à l’aide d’une machine… Les médecins de la Arbeitsagentur ont déclaré qu’il pouvait travailler tout en restant sur un lit !!! ».

Mais faîtes-moi taire cette salope!

Son employeur a tenté à plusieurs reprises de l’envoyer passer une expertise « psychologique » puis… psychiatrique, à l’occasion d’un burn-out. Inge Hanneman a refusé de se soumettre car « je sens qu’avec leurs expertises, ils pourraient me déclarer malade mentalement». Depuis 4 semaines, son ordinateur et son téléphone ne fonctionnent plus correctement. « Mes communications téléphoniques sont subitement interrompues quand je parle à des journalistes. Pendant des heures, je ne peux plus téléphoner. Mes mails n’arrivent plus correctement. Ceux qui veulent me contacter reçoivent un message comme quoi mon compte mail est… fermé! »

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Inge Hannemann veut venir en France pour rencontrer ses collègues du Pôle emploi et le syndicat SNU-FSU.« En France, ils ont déjà instauré le système du Hartz IV. Depuis 2005, le Pôle emploi peut sanctionner les chômeurs qui refusent de prendre un emploi proposé par le Pôle emploi».Le Hartz IV a été instauré par Schröder, du SPD. Il ressemble au système du RSA mais en plus strict, pénalise les chômeurs et permet aux agents du Pôle emploi de décider de la vie des personnes à la recherche d’un emploi. En plus de donner un travail obligatoire aux demandeurs d’emploi, les services du Pôle emploi ont une fonction de police et effectuent des contrôles dans les appartements des chômeurs et en particulier ceux de la catégorie Hartz IV. En outre, ils dénoncent les familles au Jugendamt. « Ils vont sonner chez les gens sans prévenir. Ils mettent un pied à travers la porte et rentrent. Puis ils regardent partout, dans les tiroirs et même dans le linge et dans les sous-vêtements. Tout est passé au crible. Il faut avertir les Français ! ». Elle veut aussi aller aux Pays-Bas pour avertir et dénoncer un système de camp de travail où les droits fondamentaux n’existent plus. Heuuu, elle peut passer en Belgique aussi, hein..! Parce qu’avec les nouvelles dispositions anti-chômeur de nos crapules de ministres, ont va bientôt faire concurrence à tati Angela!!!

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Bon, c’est du vite fait entre deux départs, je le peaufinerai demain, il y a des liens à faire, des explications à donnés… mais il y a aussi les aléas de la vie, sorry 🙂

On nous bassine depuis le début de la « crise » avec le modèle allemand

Il ne se passe pas un jour sans que, quasi religieusement les économistes autoproclamés – qui ont basés leurs prévisions austéritaires sur une erreur – ne nous le prêchent… leur paradis du libéralisme et des travailleurs! Alors que le taux de chômage et le nombre de chômeurs ne font qu’augmenter dans la Zone Euro, l’Allemagne tire plutôt bien son épingle du jeu avec, en février de cette année, un taux de chômage de 5,4%. Et ce taux ne fait que diminuer depuis des années – fin 2011, il était à presque 7% pour diminuer encore et afficher insolemment 5,4% en 2013.

Alors extrêmement bas le chômage allemand? Est-ce cela le «miracle économique allemand»? Oui mais… a-t-on envie de dire. Que se cache-t-il derrière ces chiffres: une économie à nouveau florissante, un exemple à suivre… ou un système social quelque peu défavorable aux sans-emplois?

Le modèle allemand

Bundesagentur für Arbeit…

Pour comprendre, il faut remonter quelques années en arrière, au début des années 2000. Le gouvernement allemand a voulu s’attaquer au «chômage volontaire» et donc mettre en place un système qui «oblige» le chômeur à chercher, mais surtout à trouver, du travail, sous peine de se voir refuser le versement des allocations de chômage.

Une série de réformes, pour le moins «musclées», ont été prises par le Chancelier socialiste Schröder, secondé dans cette tâche par Peter Hartz, qui n’est autre que le directeur des ressources humaines de Volkswagen. De 2003 à 2005, les « lois Hartz » ont fait leur entrée en Allemagne.

Ce qui a changé…

Tout d’abord la durée pendant laquelle le chômeur peut percevoir l’«Arbeitslosengeld I», c’est-à-dire l’indemnité de chômage – rabotée : de 32 mois, elle est passée à 12 mois.
Après ces 12 mois, le chômeur est considéré comme un chômeur de longue durée et percevra l’«Arbeitslosengeld II», une sorte de revenu minimum d’insertion… ou de survie, qui tourne lui aux alentours des 360-370 €. Bien évidemment, impossible pour le chercheur d’emploi de ne pas se rendre à un rendez-vous de travail fixé par l’Onem allemand (Bundesagentur für Arbeit) ou refuser un emploi qui lui serait proposé – et ce, n’importe où dans le pays, et il est grand… – , car les sanctions tombent alors! Un rendez-vous manqué, un retard? Avec les centres pour l’emploi, c’est 10% d’indemnités en moins. En cas de récidive, c’est 60% de pénalité, voire carrément le retrait total du minimum de survie. Plutôt dissuasif…

Mini-jobs et 1 euro-jobs

Peter Hartz, «Doktor Hartz» ainsi appelé par toute l’Allemagne, a également instauré dans cette réforme deux nouveautés : les mini-jobs et les 1 euro-jobs.

Un mini-job est un travail payés 400-450 euros par mois, sans cotisation et donc sans assurance (du travail au noir étatisé?). Du coup, bon nombre d’employeurs ont massivement recours à ce type de contrat, qui leur permet de payer moins de charges sociales que pour un contrat d’emploi traditionnel. Selon les statistiques, plus de 7 millions d’Allemands auraient un mini-job ; un tiers d’entre eux le couplerait même avec un travail à temps plein afin de joindre les deux bouts. Ces contrats sont également accusés d’alimenter une « bombe à retardement » en condamnant les salariés, employés trop longtemps sous ce dispositif, à des retraites dérisoires et donc à la précarité une fois l’heure de la retraite sonnée.
Enfin, si dans un premier temps les Mini-jobs ont été créés pour permettre au chômeur de remettre un pied à l’étrier du marché de l’emploi, force est de constater que ceux-ci ne constituent que rarement un tremplin vers un contrat « classique » et que les travailleurs s’y embourbent quelque peu – c’est un euphémisme…

Les 1 euro-jobs sont tout aussi redoutés sinon plus… car là aussi, il est indispensable d’accepter le travail proposé si on ne veut pas perdre son droit aux allocations de chômage. Un 1 euro-job, c’est un « travail », payé 1 euro de l’heure – parfois deux à l’heure actuelle, grand seigneur, hein – , dans le secteur public ou dans le caritatif.

Il est à noter que si les chiffres du chômage allemand ont effectivement fortement baissé suite aux réformes Hartz, ces fameux chiffres ne reprennent que les chômeurs touchant l’ «Arbeitslosengeld I» et ne tiennent pas compte des mini-jobber ou des 1 euro-jobbers qui ne sont plus considéré comme «chômeurs», ben tiens, facile alors d’atteindre des taux de chômage records.

Jusqu’il y a peu, les Allemands disaient «Arbeiten» pour définir le fait de travailler, maintenant ils ont un nouveau verbe : «Hartzen», qui désigne lui le fait de vivre modestement, de survivre, de divers petits boulots ou bien d’allocations…

D’ici à ce qu’on renomme les chômeurs en « Arbeitsscheu »… Non, décidément il peuvent se le garder leur foutu modèle allemand!

Source: Trends.be - Virginie Moriaux - avril 2013

Deux chômeurs, contraints d’aller travailler gratis pour mériter le versement de leurs allocations, ont refusé ce chantage et osé porter plainte contre le gouvernement. Le 12 février, ils ont obtenu gain de cause. En France, aucun média n’en a parlé.

C’est un camouflet pour le gouvernement ultra-conservateur de David Cameron, dont la haine envers ses chômeurs atteint des sommets et où la stigmatisation des « assistés » bat son plein. Car, outre-Manche et dans le monde anglo-saxon en général, il est commun de confondre allègrement salaire et aide sociale tandis que la notion de « mérite », aussi fallacieuse que chez nous, est, par contre, nettement plus aiguë…

Ainsi, au Royaume-Uni, pour lutter contre le chômage, on lutte contre les chômeurs et le travail forcé est une tradition. Ce pays en récession, qui affiche malgré tout un honorable taux de chômage à 7,8% derrière lequel se cachent exploitation, précarité et pauvreté (elle touche plus de 17% de la population, soit près de 11 millions de personnes), symbolise l’extrême dureté d’un capitalisme particulièrement sauvage et inégalitaire.

Le principe du «workfare-to-work» (allocations en échange de travaux), installé depuis la fin des années 1990, a été enrichi par des «back-to-work schemes» (programmes de réinsertion dans l’emploi) où, pour conserver leur allocation de 65 euros par semaine, les chômeurs sont sommés par les Jobcentre d’effectuer un « stage » non rémunéré dans des organismes communautaires ou dans les rayons de riches grandes enseignes comme Tesco, Poundland, Argos ou Sainsbury’s, jusqu’à 30 heures par semaine pendant un mois. A ceux qui refusent, on coupe les vivres pendant 6 mois.

Un programme inefficace, et jugé illégal

Malheureusement, ces jobs ne sont pas pérennisés et le taux de réinsertion dans l’emploi est nul : une récente étude du gouvernement l’a prouvé, court-termisme, déclassement et absence de volontariat étant le trou noir de ces politiques. Mais le gouvernement persiste et signe au motif de faire comprendre aux chômeurs qu’ils ne doivent pas «jouer avec le système», dixit le ministre de l’Emploi tout en éludant que ce programme permet en revanche aux employeurs de jouer, eux, avec le système en exploitant à l’infini une main d’œuvre abondante et gratuite, comme au bon vieux temps de l’esclavage.

Cait Reilly, 24 ans, jeune diplômée universitaire de Birmingham sans emploi (en photo) et Jamieson Wilson, 40 ans, chauffeur poids-lourd au chômage habitant Nottingham, l’une et l’autre obligés d’aller travailler gratuitement dans un supermarché sous peine de voir leurs allocations suspendues, ont refusé ce chantage, porté plainte et gagné leur procès contre l’Etat britannique. Après plus d’une année de procédure, la Cour d’appel leur a donné raison, jugeant illégale cette méthode de « réinsertion dans le travail ».

Le ministère de l’Emploi est donc prié de revoir sa copie et de se mettre en conformité avec le droit. En attendant, les chômeurs peuvent dès à présent refuser ces « stages » sans être sanctionnés, tandis que ceux qui les ont refusés et à qui on a coupé les vivres peuvent réclamer leur dû rétroactivement.

Grâce au courage et à l’entêtement de Cait et Jamieson, coup d’arrêt est porté à cette absurde politique coercitive qui punit et exploite les chômeurs au lieu de les aider, tandis que rappel au respect des conventions internationales est fait (notamment, la Convention n°105 de l’OIT sur l’abolition du travail forcé et la Déclaration universelle des Droits de l’Homme). Une excellente nouvelle qui n’a visiblement pas intéressé les médias français, dont le rôle se limite désormais à produire de vastes écrans de fumée.

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Ouais… On en est pas encore au travail forcé chez nous, mais ça ne saurait tarder. Parions que nos foutus ministres l’on déjà dans leur chapeau! Heureux pour cette victoire qui redonnera un peu de dignité aux sans emploi british. Une belle revanche sur ces crapules esclavagistes post-thatcher.

Sources : Dazibaoued & Actuchomage.org

Andalousie : ¡Tierra y libertad!

Publié: 4 mars 2013 par Fernand Naudin dans Articles
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Expropriation, collectivisation, reprise individuelle…
Appelez ça comme vous voudrez, mais eux, ils n’en parlent pas… ils le vivent!

A Somonte, en Andalousie, plusieurs centaines d’ouvriers agricole se réapproprient des terres, les occupent et les cultivent!

L’Andalousie, qu’est-ce que ça évoque pour vous? Le soleil, les oranges? Hé bien quand vous êtes sur la route qui part de Palma del Rio – une ville de la province de Cordoue, 1.700 chômeurs – pour rejoindre la Finca Somonte, il est là ce soleil, elles sont là ces oranges, partout! Belles, bien rondes, juteuses et mûres à souhait. Mais elles sont au sol… et elles pourrissent, car il n’y a personne qui les ramasse! Oui je sais, en Andalousie on ne manque pas de bras, avec 34% de la population active au chômage – jusque 63% chez les jeunes – , qui survit de petits boulots et parfois… de rien, on se dit que c’est incompréhensible! Ça l’est pour des purotins comme vous et moi, surtout quand on sait qu’un huitième des orangers de la région ont été brûlé par le gel lors de l’hiver 2011-12 faute de soins…

Il faut savoir qu’en Espagne existe toujours un système  injuste de répartition des terres quasi féodale. Plus de 60% des terres – les plus riches, les plus fertiles – sont entre les pattes d’une clique minoritaire de puissantes familles, qui spéculent avec ces terres, préférant les laisser à l’abandon et ainsi recevoir des subventions européennes et des aides agricoles faramineuses. Le domaine de Somonte – 400 hectares, dont 40 irrigables – fait partie des 20.000 hectares que le gouvernement andalou à mis en vente aux enchères pour renflouer ses caisses vides. En vente, ouais, mais avec la décrépitude de l’Espagne et cette putain de « crise », seules de grandes entreprises européennes ou des aristocrates comme la duchesse d’Albe* et le duc del Infantado ont les moyens de les acquérir…

Sur ces 20.000 hectares mis aux enchères par la junta, la moitié a récemment été vendue à des propriétaires discrets, le nom des acquéreurs n’est pas connu… et depuis lors, ils n’auraient embauché personne, préférant spéculer plutôt qu’exploiter!

« Andalous, n’émigrez pas. Combattez! La terre est à vous. Reprenez là! »

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A l’aube du 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles – membres du syndicat SOC** – , habitants des villages voisins et citoyens solidaires venus de toute la région ont commencé à occuper la Finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir, près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était prévue pour le 5 mars.

« Quand nous sommes arrivés à Somonte pour occuper les terres, c’était un matin très tôt, au lever du soleil. J’ai été surpris par le silence. Il n’y avait pas d’oiseaux sur ces terres! Pas de vie! Rien! »

Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux travailleurs vétérans qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de 83 ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

On se croirait revenu au temps joyeux de la collectivisation, lors de la révolution espagnole de 1936, il y flotte comme une légère brise anarchiste – bien qu’ils ne le soient pas tous – bien sympathique… Car dans la région, les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En ’36, elles s’étaient multipliées. Les anciens évoquent d’ailleurs la répression féroce qui s’en suivit lors de la victoire des fascistes de Franco. Un puissant propriétaire terrien – le duc del Infantado? – fit exécuter 350 journaliers à Palma del Rio, le village voisin de Somonte et la plupart des terres qui jouxtent la finca appartiennent aux descendants de cet homme…

« Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante : la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation… » […] « Cette action devrait marquer le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. »

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Et l’aventure continue encore aujourd’hui, en ce matin hivernal, une trentaine de personnes se pressent autour d’un brasero, installé devant la petite cuisine de la « finca ». Deux hommes réparent un vieux tracteur Fiat sur lequel est fiché un drapeau andalou portant le sigle SOC-SAT. Quand le tracteur finit par démarrer, des responsables du lieu répartissent les tâches entre les occupants et les visiteurs solidaires, selon les décisions prises la veille au soir en assemblée populaire. Un groupe ira désherber le champ d’oignons dont les plants viennent d’être mis en terre. Un autre ramassera les piments, les Piquillo, la variété locale, rouge sang, qui seront ensuite mis à sécher en grappes. Le troisième groupe préparera le repas collectif de la mi-journée.

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Bien entendu, les chiens de garde du capital, en l’occurrence ici, la tristement célèbre Guardia civil héritée du franquisme, viennent régulièrement relever les numéros des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le parking de la finca sous les quolibets discrets des travailleurs blasés, mais ils ne descendent jamais de leur véhicule, ils notent et repartent. Ils y a aussi quelques plaintes contre certains camarades occupants mais sans grande influence sur la vie quotidienne.

A côté de tout ça, il a fallu rénover les habitations afin de pouvoir loger tous les résidents. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

La finca Somonte se trouve à 50 km de Marinaleda, où la municipalité communiste a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à moyen terme, grâce à la culture sociale de tout le domaine, faire vivre beaucoup plus de travailleurs. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une « coopérative de résistance » assurant la survie et un havre de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

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« L’objectif, c’est de faire travailler et vivre ici quarante familles. Dès que nous aurons réglé le problème de l’irrigation, ce sera possible. » […] « La terre est bonne ici, pour les asperges, et l’avantage, c’est qu’on peut les vendre assez cher, ensuite, on pourra transformer les produits de Somonte à Marinaleda, où ils ont tous les outils nécessaires. Depuis que nous sommes ici, les oiseaux sont revenus et la vie aussi. L’homme appartient à la terre. Nous devons la respecter et veiller sur elle. C’est pour cela que nous allons faire ici de l’agriculture biologique paysanne. »

Une gestion entièrement biologique

Pour développer une agriculture en rupture avec le modèle dominant, nos occupant font appel à leur sensibilité et à leur mémoire, ravivée par leurs parents ou leurs grands-parents. Les premiers pieds de tomates plantés à Somonte proviennent de semences très anciennes apportées par le père – 84 ans – d’une occupante. « Dès que nous avons occupé Somonte, beaucoup de personnes âgées sont venues nous apporter des semences de piments, d’oignons, de laitues… Toutes les semences traditionnelles qu’elles avaient héritées de leurs parents et qu’elle avaient conservées et protégées précieusement année après année. » La finca a également reçu des graines bio du réseau andalou Semences et de la coopérative française Longo Maï. Somonte sera donc libre de semences transgéniques et de pesticides. « Nous sommes fatigués de voir ceux qui spéculent avec la terre spéculer aussi avec les produits chimiques, avec les semences et avec l’eau. Il va être difficile de mettre les 400 hectares en agriculture biologique mais nous allons le faire! »

Des milliers de familles de la région à nourrir

Petit à petit, avec le soutien d’ingénieurs agronomes, des anciens, d’organisations locales et de réseaux de solidarité internationaux, le projet agricole de Somonte prend corps. Trois hectares de légumes ont déjà été mis en culture pour l’autonomie des occupants, la vente sur les marchés locaux ou dans une coopérative de consommateurs de Cordoue. Plusieurs dizaines d’hectares vont être consacrés à des cultures maraîchères. Quarante hectares seront réservés à de grandes cultures en rotation avec notamment du blé biologique. Les occupants de Somonte envisagent de planter près de 1 500 arbres de variétés locales, de développer des vergers d’abricotiers, de cerisiers, d’amandiers, de créer une oliveraie, d’entretenir des haies.

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En décembre 2012, près de 700 arbres sont plantés le long du domaine. Une eau saine sera récupérée grâce à des retenues, des puits et à une protection des petits cours d’eau existants. Les occupants veulent réunir rapidement un troupeau d’au moins 300 brebis. Une grande partie de la production agricole de la finca sera transformée sur place dans des ateliers. Le projet agro-écologique et social de Somonte, organisé sous forme de coopérative de travailleurs, pourra donner du travail à plusieurs centaines de personnes et permettre à des milliers de familles de la région de se nourrir.

La situation de Somonte est suspendue à la situation politique en Andalousie. Le parlement autonome élu début 2012 est majoritairement à gauche. Cela n’a pas empêché le Parti socialiste de faire expulser les occupants de Somonte, le 26 avril 2012, le jour même où il signait un accord avec la Gauche Unie. Le 27 avril au matin, la finca était de nouveau occupée.

« S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois! Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper! Voilà la solution. » […] « Les moyens de production doivent être au service du peuple. Pour cultiver sainement, nous n’avons pas besoin d’un patron qui nous exploite et nous vole. Nous voulons décider nous-mêmes de notre avenir. »

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 En 2013: Aucune menace d’expulsion n’a été formulée depuis, les négociations sont au point mort. Jusqu’à aujourd’hui, ni la junta andalouse, ni Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, du Parti populaire (Partido popular, PP, droite), n’ont sévèrement menacé les journaliers. Souhaitons-leur un long et franc succès, et que leur exemple fasse tache d’huile à travers l’Europe. ¡No Pasarán!

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– Vous pouvez les soutenir  et les encourager à l’adresse  somontepalpueblo@gmail.com

En prime, un suberbe reportage photo sur ReelNews

L’aventure continue en 2015… El reportaje de BTV sobre Somonte, el documental

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(*) – duchesse d’Albe: 86 ans, possède 30.000 hectares de terres, richesse estimée 3,5 milliards d’euro, cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse, vicomtesse, comtesse-duchesse et connétable, et quatorze fois Grand d’Espagne, franquiste, fasciste, défigurée par l’abus de chirurgie esthétique…

(**) – Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo, SOC), qui mène, avec le mouvement Izquierda Unida, l’occupation de Somonte, depuis le 4 mars 2012. Créé en 1976, il renoue avec la vieille tradition des occupations massives de terres. Jusqu’à la Seconde République espagnole (1931-1939), en Andalousie et dans tout le sud de l’Espagne, les terres agricoles (les latifundios) appartenaient à une aristocratie de propriétaires fonciers. Face aux mauvaises conditions de travail, régulièrement, les paysans ont occupé ces terres, en signe de protestation. Parfois, les occupations ont débouché sur de grands mouvements de révolte. A l’image des luttes des années 70 menées à Marinaleda, une petite ville, communiste depuis 1979, dirigée par le Collectif unitaire des travailleurs (Colectivo de unidad de los trabajadores, CUT), et située à une cinquantaine de kilomètres de Somonte. Marinaleda, qui ne connaît pas le chômage, est un modèle. Et son maire, Juan Manuel Sanchez Gordillo, un nouveau Che local. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé une réforme agraire (En Andalousie, 60% des terres appartiennent à 2% de nantis). A l’époque, la répression avait été très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. Le SOC-SAT réunit des ouvriers agricoles de tous les horizons et organise régulièrement des grèves pour défendre leurs droits. Il dénonce aussi les injustices sociales, en organisant dans des supermarchés des opérations de récupération (reprises individuelles) de produits alimentaires de base, distribués ensuite à des cantines de quartiers pauvres.

Bruxelles, Namur, Strasbourg. Trois villes qui ont « accueilli » les travailleurs d’Arcelor-Mittal comme des chiens, de dangereux agitateurs, voire des terroristes comme le disait un délégué cette après-midi…

« Les travailleurs et les représentants syndicaux d’Arcelor-Mittal de France, de Belgique et du Luxembourg qui sont allés manifester ce mercredi à Strasbourg devant le parlement européen se sont heurtés aux forces de l’ordre. Il y a eu plusieurs blessés. La police française, qui craignait des débordements, en avait coincé certains sur un parking à proximité pour leur faire subir une fouille corporelle complète… » Ça c’est ce que retiendra le téléspectateur lambda de votre sombre journée à Strasbourg, du moins jusqu’au feuilleton sur TF1…

Mais enfin, que croyiez-vous camarades – je me permet de vous appeler camarades pour avoir trimé de nombreuses années en industrie et/ou sur chantier dans la métallurgie et le forage – , que nos dirigeants et les députés européens dont vous espériez de l’aide ou du moins de la compréhension se tracassent réellement de votre situation, de votre avenir, du mien? Ne me dites pas que vous leur faites confiance? Vous fustigez la police en Belgique, les gendarmes en France, mais croyez- vous qu’ils agissent de leur propre initiative? Ce sont des militaires en France et des fonctionnaires en Belgique, donc des corporations qui n’agissent QUE sur ordres précis des autorités politiques – ceux-là même de qui vous espériez de l’aide – , s’ils se permettent de vous mépriser de la sorte, de vous péter la gueule sans craindre de représailles, de vous interdire le centre-ville comme à de la vermine, de retenir des délégations venues en car hors de Strasbourg, de vous fouiller à corps comme des malfrats, c’est qu’ils agissent sur ordres et qu’ils ont un blanc-seing pour frapper dur et arrêter du prolo!

Fouilles des carsd français

Fouillés comme des malfrats et certains empêchés de rejoindre la manif

Décortiquez ce qui s’est passé aujourd’hui – idem à Bruxelles et Namur – , « on » a décidé que vous ne passeriez pas! « On » a décidé de vous faire passer pour des brutes, pour de pauv’prolos incapables de s’exprimer sans violence, le message interne était clair: « on ne discute pas avec ces gens-là môssieur, ils ne sont pas de notre monde, réglons ça entre gens de bonne condition… ». Pendant qu’à l’extérieur vous vous faisiez matraquer, gazés, tirer dessus – ah oui, ce n’était « que » des flash-ball et des balles en caoutchouc – , derrière les vitres de la forteresse Europe on ne savait même pas que vous existiez…! Écoutez ce journaliste belge qui a passé sa journée dans les couloirs du Parlement européen… Question de la présentatrice du JT: « Comment cette manifestation houleuse a-t-elle été perçue au sein même du parlement? » réponse du journaliste… « Alors, j’ai passé une partie de l’après-midi dans ce parlement et je peux vous dire que c’est un peu étonnant, parce que… la plupart des gens qui étaient dans ce parlement cette après-midi n’ont RIEN SU, RIEN VU, RIEN ENTENDU DE CE QUI SE PASSAIT. Ils ne savait pas qu’il y avait une manifestation, ça peut paraître incroyable, il n’y avait que quelques centaines de mètres entre les-uns et les autres, mais moi franchement j’ai eu l’impression qu’il y avait DEUX UNIVERS, DEUX PLANÈTES VRAIMENT DIFFÉRENTES..! » Et pour qu’un journaliste de la RTBF ose dire ça… c’est qu’il a vraiment été choqué! (vidéo ci-dessous à 03:00)

Ces eurocrates vivent effectivement sur une autre planète! Lors de la manif intersyndicale à Bruxelles du 24 mars 2011 , nous avions prévu une action en solidarité contre le « Pacte de compétitivité », à l’intérieur même du Parlement européen avec des amis « désobéissants », pendant une conférence sur la dette tunisienne, où nous avions réussis à nous faire invité (sic)… et donc nous attendions l’heure dite pour l’action, alors qu’à quelques centaines de mètres des travailleurs arrachaient les pavés et affrontaient les flics..! Hé bien, tout comme ce journaliste nous avions été choqués de voir ces eurocrates dans leurs beaux costumes à plusieurs milliers d’euro, discuter politique et vacances au soleil en rigolant… ILS IGNORAIENT ROYALEMENT la présence de dizaines de milliers de travailleurs mécontents à quelques pas de là!!! Et ça papotait et ça s’échangeait des cartes de visites… vous n’existiez pas! D’ailleurs l’action dans le parlement fut un flop total, car ils n’eurent qu’une réaction mi-amusée, mi-condescendante envers ces pauvres gauchistes avec leurs banderoles… Ça ne les touchait pas dans leur tour d’argent.

A l’évidence ces gens se foutent des milliers de pertes d’emploi du groupe Mittal et sous-traitant. Un commissaire européen en charge de l’industrie parle de « l’élaboration d’un plan sidérurgique européen qui sera prêt en juin », mais même s’il est prévu pour juin – ce à quoi personne ne croit, il faut bien vous laisser un os à ronger – , en juin vous serez tous au chômage à calculer ce qu’il faut sacrifier pour s’en sortir, et les belges iront voir leur syndicat pour savoir dans combien de mois leur maigre chômage – dégressif depuis peu – va tomber au stade… aumône!

On ne va pas énumérer, l’humiliation, les fouilles, la colère, l’incompréhension, vous l’avez tous ressentie et nous pour vous. Voici donc les liens et vidéos qui résument cette journée  – une de plus – à marquer d’une pierre noire.

Vidéo MW « Strasbourg, France: Steel workers protesting closures clash with police near EU parliament »

Manifestation des Mittal à Strasbourg : « On ira leur Brûler l’ Elysée s’il le faut »  vidéo youtube +++

Strasbourg: heurts entre les métallos d’ArcelorMittal et les policiers RTBF-info

Les « Arcelor » d’Europe manifestent à Strasbourg sous haute tension Lalibre.be

Strasbourg: affrontements entre manifestants et forces de l’ordre lors de la mobilisation de ce matin RTL-vidéo

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Après ça, on ne s’étonnera pas de savoir que les services de renseignement de la police française ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux qui pourraient échapper au contrôle des syndicats. « Dans un contexte économique dégradé qui touche l’ensemble des territoires, il est important de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir », explique cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP), qui fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d’information générale (SDIG, ex-RG).

Ce document, daté du 30 janvier 2013 et transmis aux différents directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne la nécessité « d’anticiper » les mobilisations, ainsi que « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ». Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs. Les services de renseignement, selon des sources policières, craignent une « radicalisation » de salariés de ces entreprises en difficultés. (Le figaro 04/02/13)

Déclaration de Ph. Poutou au Figaro le 05/02 : « Le danger pour l’Etat, le gouvernement comme pour les patrons mais aussi, et c’est plus surprenant, pour les directions syndicales (confédérations, fédérations) c’est la contagion des luttes, c’est la révolte généralisée car là il n’y a plus grand monde pour contrôler, maîtriser, encadrer le mouvement social »

Le gouvernement s’inquiète des risques d’explosion sociale L’express


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