ULB – Avec un « L » pour… Libre?

Publié: 15 octobre 2013 par Page de suie dans Articles
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Où l’on revient à la genèse des faits…

Jeudi 10 octobre, une assemblée générale des étudiant(e)s de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) convoquée par le Bureau des étudiants administrateurs (BEA) a décidé de bloquer le Conseil d’administration (C.A.) du lundi 14 octobre si le point de la réforme n’est pas retiré de l’ordre du jour, et ce, à une très large majorité. En effet, les étudiant(e)s de l’assemblée générale refusent le coup de force du vote de cette réforme. Les étudiant(e)s rappellent aux autorités de l’ULB le respect du « libre examen » dans leurs propres décisions.

ag ULB 10 oct 2013

Pour rappel, fin mai 2013, en plein blocus, les étudiant(e)s furent informés d’un projet de réforme de la gouvernance à l’ULB, changeant ses statuts. Les autorités avaient constitué, quasi secrètement, plusieurs groupes de travail d’« experts » depuis 2 ans sur ce projet, sans en avertir la communauté universitaire.

Il est à déplorer que cette réforme veuille transformer l’université en une entreprise managériale. Les étudiants pointent notamment la séparation du CA en deux entités – une pour la gestion et une pour la politique académique – , effaçant ainsi toute opposition possible des corps dits « minoritaires » – étudiants, travailleurs, chercheurs – , un des derniers acquis de démocratie qui persistait de Mai 68. Les principales organisations étudiantes de l’ULB ainsi que des syndicats des travailleurs, se positionnent contre la réforme.

Les étudiant(e)s de l’assemblée générale revendiquent de manière indissociable le report de la réforme après les élections universitaires de décembre, ainsi que l’initiation d’un débat contradictoire sur l’ULB concernant la réforme préalablement à la mise en place d’un référendum où tous les membres de la communauté universitaire – étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs – pourront s’exprimer.

Le Blocage…

Nous refusons de vous laisser décider dans votre coin en secret d’une réforme d’une importance fondamentale pour l’université. Reportons la décision et osons le débat dans notre université. »

Une action pacifique qui a rapidement tourné à la répression policière.

Lundi 14 octobre à 16h30, plus d’une centaine d’étudiants de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) a réussi à bloquer la tenue de son conseil d’administration (CA) pour s’opposer à la « réforme de la gouvernance ». Suite à la décision de blocage du CA si le point « réforme » n’était pas reporté.

A l’arrivée des étudiants, les autorités de l’ULB avaient déplacé le CA dans un lieu qu’ils tenaient secret. Les étudiants ont constaté qu’en lieu et place du CA, les administrateurs embarquaient dans un bus pour une destination inconnue. Les étudiants ont alors bloqué – pacifiquement, mais fermement – le bus. Malgré la présence de nombreux étudiants devant celui-ci, le bus s’est élancé manquant d’écraser les manifestants au vu et au su des autorités et des administrateurs. Suite au blocage, un second bus est arrivé suivi d’une imposante « escorte » policière dépêchée par l’ULB. Bus dans lequel se sont empressés de monter les administrateurs. Bloquant ce second bus – toujours sans aucune violence – , les étudiants ont pourtant été réprimés avec une brutalité extrême. Plusieurs étudiants ont été blessés gratuitement : matraqués, jetés au sol, intimidés par la brigade canine – faisant un étudiant mordu – et finalement gazés par les forces de l’ordre.

Dans le calme et la bonne humeur, jusqu'à l'arrivé des cognes...

Les autorités ont contacté la police contre leurs propres étudiants! Les pandores étaient présents sur le campus – et donc soumis à la responsabilité de l’ULB – avant 16h. Des policiers en civil étaient présents dans le hall d’entrée du Conseil d’Administration. Cette mascarade démocratique n’avait qu’un but : empêcher les étudiants d’exprimer leur opposition.
En voulant faire passer en force le vote de la réforme de la gouvernance – pour laquelle les délégués des étudiants et des travailleurs s’étaient exprimés contre en juin dernier – , les autorités de l’ULB n’ont pas hésité à employer la violence gratuitement plutôt que de répondre positivement aux revendications démocratiques des étudiants.

En une semaine, ce sont plus de 2.000 étudiants qui ont signé la pétition, s’opposant au projet en l’état et soutenant la volonté de plus de démocratie à l’ULB! Ceci n’a pourtant pas ému les membres du CA ce lundi. L’ULB reste sourde aux demandes des étudiants pour plus de démocratie. Les étudiants ont eu à faire face aux insultes, à la malhonnêteté et aux coups, mais ils n’ont pas cédé.

Il est à déplorer le manque d’engagement du bureau des étudiants administrateurs (BEA) dans le dossier. Le BEA, malgré sa minorité progressiste, n’a pas pris en considération le vote démocratique du blocage décidé par l’assemblée générale. Cet agissement tient de la confiscation bureaucratique du pouvoir et n’a aucune légitimité. Le BEA, en tant qu’organe de représentation des étudiants, se doit de tenir des assemblées générales (AG) étudiantes démocratiques. Le mandat du BEA doit ainsi être défini par les revendications et les actions votées par les étudiants lors de ces AG!

Il est primordial de reporter cette réforme après les élections universitaires de décembre, ainsi que l’initiation d’un débat contradictoire sur l’ULB concernant la réforme préalablement à la mise en place d’un référendum où tous les membres de la communauté universitaire – étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs – pourront s’exprimer. Nous nous retrouverons pour une nouvelle assemblée générale ce mardi à 12h au foyer de l’ULB, car nous n’entendons pas nous arrêter là !

Voici la vidéo contredisant la version des  « autorités » de l’ULB, aucune violence de la part des étudiants!

Ce que les autorités qualifient aujourd’hui d’extrémisme, c’est le fait qu’une partie des étudiants ne se sont pas laissé faire et ont décidé de défendre leurs convictions, leurs valeurs et leur idéal démocratique de manière conséquente. Et je le revendique : ce n’est pas bloquer le processus démocratique mais au contraire c’est lui donner vie. Je sais que dans notre université nous vivons des temps où le refus de la contestation n’a sans doute d’égal que la glorification de celle du passé, mais il faut être de tout de même solidement borgne pour ne pas voir qu’on ne peut pas sans cesse défendre les valeurs de Mai 68, le libre-examen, le refus de se soumettre à un dogme d’un côté et de l’autre refuser de dialoguer avec toute forme d’action qui sorte du cadre institutionnel. Où sont passés les valeurs d’insoumissions de notre université ?  Que signifie encore le « L » de notre nom ? »

■ ■ ■

P.S.: Certains reconnaîtront leur plume dans ce texte, et s’étonneront que je ne cite pas l’origine de ces extraits, qu’ils ne s’en offusquent pas. Mais fidèle à mes idées libertaires, n’ayant aucune attache politique, je me suis permis de retirer de ces textes toutes expressions partisanes ou allusions à un parti et/ou organisation affiliée. Les faits se suffisant je pense à eux-mêmes. Sorry… ou pas.

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commentaires
  1. samtelam dit :

    C ‘est clair, vu les differentes videos que l’ opposition étudiante est parfaitement NON VIOLENTE;
    Une fois de plus la violence étatique s’ arroge tous les droits pour permettre à des fuyards d’ aller prendre une decision anti-democratique ailleurs que dans l’ Université.
    Une question se pose: Si une décision n’ est pas prise dans l’ Etablissement, est-elle juridiquement valable? je ne connais pas la Loi belge, et en particulier le Droit des Université, mais il y a sans doute quelque chose à creuser….

    Bon courage et Honte aux keufs, j’ arrive tjrs pas à comprendre comment on en arrive à s’ engager dans ce « métier » et je reste poli….

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  2. samtelam dit :

    A reblogué ceci sur les AZA.

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  3. geneghys dit :

    Arriver avec un chien dans un tel contexte. où tout le monde hurle, c’est s’exposer à des morsures, que ce soit autant pour les flics que pour les manifestants.

    A part ça, je n’ai pas compris ce que revendiquaient les manifestants!

    Et je ne sais pas…j’ai comme un malaise surtout par rapport aux forces de l’ordre qui me paraissent encore « bons enfants » par rapport à d’autres situations beaucoup plus discutables.

    Ne me méprends pas sur mes propos. Je ne donne pas raison aux flics. Mais je n’approuve seulement absolument pas que des recteurs et autres responsables universitaires demandent aux forces de l’ordre de venir pour dégager le petit groupe de manifestants qui barre la route au bus.
    À mon avis, c’est là que le bât blesse!
    Gene

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