Articles Tagués ‘Espagne’

Ces images que nos merdias ne diffusent jamais… serait-ce pour éviter de donner des idées à certain(e)s?

Auraient-ils peur que le citoyen lambda ne se rende compte que toutes ces protections « robocop » ne sont pas efficaces contre la fureur populaire..?

MolotovToujours est-il que le 22 mars deux millions d’espagnols en colère se sont rassemblés à Madrid dans l’indifférence de nos médias, AFP, Belga, NADA! Pas une ligne, pas une image, on en avait que pour Poutine, les fachos de Svoboda en Ukraine, le premier tour des municipales et le crash de la Malaysia Airlines…

Pourtant, ce soir-là à Madrid… la peur a changé de camp! Les flics anti-émeute qui étaient mobilisés en masse (1700…), ont vu la dynamique de l’affrontement tourner à leur net désavantage. Et malgré tout leur attirail offensif… c’est eux qui reculaient, qui subissaient. Oh, bien sur il y eu quelques irréductibles « paciflics » pour essayer de calmer le jeu, mais ce qu’on constate, c’est que la colère et la haine contre les politiques liberticides et austéritaires du PP et de ces comparses européens s’est librement et joyeusement exprimée, et de la seule façon compréhensible par ces assassins, dans la violence!

 A bon entendeur…  😉

La plus grande manifestation de l’histoire récente de l’Espagne

L’info intoxiquée: l’exemple de l’Espagne

des images que les médias français ne vous montreront pas

5 avril 2014 15 h 51 min

C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

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C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

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C’était le 22 mars dernier à Madrid, à l’issue de la marche de la dignité contre l’austérité et aucun média français n’en a parlé

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L’Espagne a augmenté le budget de la police de 1.900%

L’Espagne, pourtant bien embourbée dans ces mesures d’austérité, n’hésite pas à armer sa police anti-émeute jusqu’aux dents avec du matériel dernier cri prévoyant de toute évidence des révoltes encore plus nombreuses et violentes dans les mois/années à venir.

Ainsi, menacés par le tourniquet de l’émeute qui surprend partout le camp du capitalisme mondialisé, les gouvernements européens se préparent discrètement à « recadrer démocratiquement » leurs peuple en cas de débordements trop importants.

antidisturbios

Si il est de notoriété publique que la France s’équipe de nouvelles armes anti-émeutes autrement plus violentes que de simples bombes lacrymogènes, on ignore par contre que l’Espagne, le pays des indignés, « chantre de la non-violence », est en train d’augmenter son budget lié à l’achat de « matériel et équipement spécifiques anti-émeute, de protection et de défense » de près de 1.900% entre 2012 2013.

Le budget espagnol anti-émeute passe de 173.000€ en 2012 à …
3,26 millions en 2013..!

Pour 2016, le projet d’investissement va dépasser les … dix millions €!!! Il vise à moderniser les matériels des unités anti-émeute. Plus de gilets pare-balles – c’est vrai que ces indignés devraient cesser d’abattre à vue les mossos… – , de gaz lacrymo de dernières générations, de matraques, de boucliers et de balles en caoutchouc.

Mais… le budget prévoit également d’y intégrer des armes de guerre. Plus précisément, on parle de fusils laser – causant la cécité « temporaire » ou permanente selon l’usage – , des canons sonores – testés lors de manifs aux USA, et générant des étourdissements et des nausées aux manifestants – et des armes à micro-ondes – qui provoquent des brûlures et des douleurs insoutenables.

armes-laser-PHASR_Rifle

Émet un faisceau laser pour aveugler « temporairement » et désorienter les manifestants.

On y retrouve aussi de armes semblant sortir d’un film de science-fiction, comme ces armes électromagnétiques et ces lanceurs de mousse immobilisante. (arrivé à ce stade, il est indispensable de préciser que ceci n’est pas de la divagation d’activiste en manque de copie… mais hélas, une bien triste réalité, avec sources en bas de page)

Avec ce genre de mesures, les pré-fascisants qui gouvernent l’Espagne, prétendent lutter contre la vague croissante de protestations qui a secoué la péninsule ces dernières années, oubliant qu’ils violent les lois régissant l’utilisation de ces armes, depuis la convention contre la torture, jusqu’aux conventions internationales sur les armes chimiques. (la banalisation de l’utilisation des armes chimiques anti-émeutes c’est généralisée en Europe)

Le Centre d’études sur la paix, qui traite des questions liées au désarmement et à la paix, a averti que l’on assistait à une « militarisation des polices » au regard de ses procédures d’exploitation et du type d’armements utilisés.

Le gouvernement espagnol, comme les autres gouvernements européens, sentant venir les risques insurrectionnels légitimes des peuples éperdus de l’oppression de l’Union Européenne et de ses suppôts nationaux, accroît considérablement son budget anti-émeute pour mater sa population..! »

■ ■ ■

Sources:
"La revue de l'arsenal" - organe de défense des forces armées, septembre 2013, page 10
actualidad.rt.com - España aumenta el presupuesto de la Policía para combatir las protestas 2013, 16 juillet 2013


PS: la « revue de l’arsenal » est une publication d’extrême droite de l’armée française, donc pas moyen d’accuser ces fumiers d’exagérer..!

Techniques de la répression:

France-Nouveau camion-pompe blindé

Encore un prototype d’arme « non-létale » électromagnétique

Fusils-lasers anti-émeutes

Boucliers « combo » – taser, riot-gun et gaz

Boucliers à ondes à basse fréquence

Une nouvelle arme anti-émeute : le  FN 303 + autre source

Les armes non létales: une réponse à l’insécurité?

Bientôt des lasers pour remplacer les tasers ?

Les policiers bientôt équipés de fusils laser

■ ■ ■

A lire aussi:

Espagne… un avant-goût de ce qui nous attend?

Espagne… un avant-goût de ce qui nous attend?

Publié: 25 novembre 2013 par Page de suie dans Articles
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La mort de la liberté d’expression en Espagne!

Les nouveaux franquistes au pouvoir en Espagne appellent ça, « loi citoyenne de sécurité »… preuve que même des merdes fascistes peuvent faire montre d’humour. Ce panel de lois liberticides est une atteinte flagrante au droit de manifester, et ce, même en mode « indignés pacifiques ». Certes, elle n’a pas encore été approuvé par le Conseil des ministres, mais c’est une question de jours, et on sait que, comme chez nous avec les trois salopes, quand l’intérieur et la justice proposent… la « loi » dispose selon leurs désidératas!

Le ministre de l’Intérieur Jorge Fernandez Díaz a déclaré que le durcissement était indispensable pour lutter contre la “spirale de violence” des “collectifs antisystème” qui utilisent des “techniques de guérilla urbaine” […] “il ne s’agit pas seulement de réagir juridiquement aux initiatives de guérilla urbaine qui prolifèrent dans nos villes”, mais de refuser l’“angélisme juridique”. Il faut que “les gens craignent davantage l’Etat”, n’a pas hésité à aboyer le ministre de l’Intérieur du gouvernement autonome catalan, Felip Puig. Ils souhaitent notamment qualifier “la résistance passive ou active à grande échelle” comme un délit d’“atteinte à l’autorité”…

l'ombre du franquisme
Les infractions « graves »… de 1.000 à 30.000 €

Il s’agit de « menaces ou insultes envers un policier »  (laissé à leur appréciation, connaissant leur honnêteté légendaire…)

Ou encore de « disposer des éléments qui empêchent la libre circulation des véhicules et des personnes »  (toutes obstructions sur la voie publique, plus de manifs « barrages »…)

Les infractions « très graves »… jusqu’à 600.000 €

Ces délits méritant la damnation éternelle sont :

« La captation ou la diffusion d’images attentant à l’honneur, l’image ou la sécurité de membres des forces de l’ordre »  (l’interdiction de filmer les flics…)

Manifester « sans préavis, devant des institutions de l’état, comme le Congrès, le Sénat ou les hauts tribunaux »  (donc toutes manifs ou actions non autorisées ou spontanées…)

« Porter une capuche » lors d’une action ou manifestation sera également considéré comme une infraction gravissime, tout comme la pratique des « escraches«  – que Basagoiti, leader régional du PP, voit comme une « attitude nazie » et que Mariano Rajoy qualifie de « profondément antidémocratiques » (sic) – , lorsque des mouvements ou associations citoyennes se rendent sur le lieu de travail ou le domicile des personnes qu’ils veulent dénoncer publiquement.

spainprotest

Foutez-moi ces terroristes en taule, et circulez, y a rien a filmer!

Bien sur toutes ces joyeusetés seront assorties de peines de prison – et vice versa – , ben ouais…

Selon le futur arsenal législatif espagnol, celui qui occupe un bâtiment tel qu’une agence bancaire peut être puni de 3 à 6 mois de prison. Si on interrompt les transports publics, on peut être condamné jusqu’à deux ans d’emprisonnement. La résistance à l’autorité (par exemple en s’enchaînant les uns aux autres pour éviter une expulsion) pourra être assimilée à un attentat et donc puni de 4 ans de prison. Quant au partage ou à la diffusion par des moyens publics d’actions qui troublent l’ordre public (en d’autres termes : l’appel à une manifestation via des réseaux sociaux), il peut être puni d’une peine de prison d’un an… et aux joyeuses amendes mentionnées plus haut, of course. Toute action – avec banderole ou tag – sur un monument ou un immeuble public sera interdite. En fait, quand cette loi sera passée, n’importe quel acte de désobéissance civile ou de résistance au cours d’une manifestation pourra être puni d’une peine de prison et d’amendes. Ah oui, j’oubliais… les prostituées et leur clientèle sont aussi concernées par la loi : racolage, jusqu’à 30.000 euros d’amende!

Bon ben, on peut y aller maintenant, hein… La loi nous protège, l’esprit du « Caudillo » est de retour!

L’ONG Reporter Sans Frontières, dans un communiqué publié jeudi 21 novembre:

« Dans quelle démocratie digne de ce nom les opérations de police ne peuvent-elles plus être couvertes par la presse lorsqu’elles ont lieu dans l’espace public ? » […] « Ce projet de loi risque de faire des manifestations de rue des zones interdites aux journalistes. Sous le coup de poursuites judiciaires et d’amendes exorbitantes, susceptibles d’être distribuées à l’envie tant la notion ‘d’atteinte à l’image ou à l’honneur d’un policier’ est imprécise, comment les journalistes pourront-ils couvrir efficacement non seulement les manifestations, mais l’ensemble des événements impliquant la police ? »

L’Espagne serait-elle une nouvelle fois le terrain de jeu et d’entraînement du fascisme rampant, l’histoire se répète-t-elle comme dans les années trente..? Comme en ’36 les gouvernements européens ferment les yeux, car en réalité, ils bavent d’envie devant cet arsenal juridique inique que ces nostalgiques du franquisme pondent aujourd’hui, et ils en prennent bonne note!

■ ■ ■

Voir aussi:

Y a-t-il un risque de coup d’état en Espagne, voire… en Grèce?

Espagne – « Plus un gouvernement gouverne mal, plus il fait attention à sa police »

Andalousie : ¡Tierra y libertad!

Espagne 15 mai…

Opération antiterroriste contre le mouvement libertaire partout en Espagne. Aujourd’hui (15 mai), à l’aube, le ministère de l’intérieur, avec l’appui de l’audience nationale (tribunal spécial), a lancé une opération antiterroriste de grande envergure sur tout le territoire espagnol. A Madrid, Valence, Barcelone ou Sabadell, différents lieux d’organisation et d’occupation anarchiste et libertaire ont été perquisitionné sans plus d’informations avec comme objectif de déstabiliser le mouvement et de procéder à des arrestations préventives….

Allemagne 22 mai…

L’Allemagne mobilise contre le terrorisme de l’extrême-gauche. L’information a de quoi étonner. Le Parquet National vient d’opérer une razzia concertée dans 21 bâtiments à Berlin, Magdeburg et Stuttgart. Plus de 300 policiers ont cherché des preuves d’activités terroristes des «Revolutionäre Aktionszellen» (cellules d’action révolutionnaires), un groupuscule totalement inconnu du grand public. A un moment où l’implication des services d’état dans la série de meurtres néo-nazis commis par le NSU laisse bouche béé, cet actionnisme contre des prétendus terroristes d’extrême-gauche (qui n’ont jamais commis d’action dirigée contre des personnes) semble être …

Belgique 22 mai…

Opération « cendres », Perquisitions dans le milieu libertaire bruxellois dans le cadre d’une enquête en « anti-terrorisme ». Le 22 mai 2013 vers 6h du matin, des dizaines de policiers de la section anti-terroriste de la police fédérale judiciaire investissent et perquisitionnent trois domiciles où habitent notamment des compagnons anarchistes et anti-autoritaires ainsi que la bibliothèque anarchiste Acrata. Toutes les personnes présentes (11) sont arrêtées et emmenées aux bureaux de la police fédérale…

On dirait que personne n’ai relevé ces « coïncidences » au niveau des dates..?! L’Europe serait-elle en train de se trouver un nouveau bouc-émissaire… en l’occurrence le mouvement libertaire et l’extrême-gauche « radicale »? Il est quand même curieux que dans la même semaine, trois pays européens – sans se concerter? – aient eu l’initiative de descendre en force dans les dits milieux libertaires et d’extrêmes gauche… non? Planquez vos PC, vos données, vos carnets d’adresses, et cryptez-moi tout ça!!! 😉 A bon entendeur…

libert3

Voici les liens vers tous ces « hasards »…

Certains viennent de sites alternatifs, d’autres des larbins de la maison poulaga

Opération antiterroriste contre le mouvement libertaire partout en Espagne

L’Allemagne mobilise contre le terrorisme de l’extrême-gauche

Perquisitions dans le milieu libertaire bruxellois

[Bruxelles] Contribution concernant les perquisitions

Bruxelles : Perquisitions dans les milieux anarchistes

local acrata bruxelles bibliothèque anarchiste

 

acrata 22 mai perquisitions

Selon Harlem Désir, Secrétaire du PS : « les réfugiés espagnols étaient fiers de la solidarité de la France, ils étaient soulagés et reconnaissants… »

Faut oser quant même!!! Ignorance ou déni? Deux explications, il est con..? Ou, il est con..!

Lundi 21 janvier 2013, en début de « Mots Croisés » sur Fr 2 – le sujet étant l’intervention française au Mali -, Harlem Désir, Secrétaire du PS, député européen, a tenu des propos ubuesques : (ceci dit, ils étaient sept sur le plateau… et pas un n’a bronché)

« Juste avant cette émission, j’étais à Montreuil où nous organisions une réunion de solidarité avec le peuple malien et j’ai vu des hommes et des femmes, beaucoup de Maliens de France, qui étaient à la fois inquiets, pour leur pays, comme ont pu être des réfugiés, vous savez, des Espagnols ou autres qui ont été accueillis en France au moment où leur pays traversait des drames, ou des guerres, et qui en même temps étaient fiers de la solidarité de la France qui étaient soulagés, qui étaient reconnaissants […] Et moi, comme beaucoup de Français, je crois, je suis fier que la France ait été à ce rendez-vous de la solidarité internationale, que nous ayant porté assistance à un peuple en danger… »

C’est d’une part méconnaître l’atroce situation dans laquelle les réfugiés ont été « accueillis » et d’autre part nier les méfaits du gouvernement français qui à l’époque n’a pas hésité bien longtemps avant de renvoyer de force ces républicains encombrants dans l’Etat franquiste, les faire déporter vers l’Allemagne nazie ou, dans le « meilleur » des cas, les interner dans des camps de fortune où un très grand nombre d’entre eux trouvèrent la mort. Ces camps sont pourtant bien connus de la France. Argelers, Ribesaltes, etc., ces camps de concentration où il n’y avait aucun soin, où les familles étaient souvent divisées, ne servaient en fait qu’à parquer des « étrangers » indésirables alors qu’ils n’étaient là que pour avoir une idée républicaine et/ou anarchiste, donc anti-dictatoriale, et de ce fait mortellement réprimée sous Franco.
Il serait peut-être de bon ton d’envoyer une biographie du Président Lluís Companys à Harlem Désir, ou du moins lui enseigner les circonstances de sa mort : représentant démocratique des catalans (président élu de la Generalitat), il est arrêté en France alors qu’il est en exil à cause de Franco. Il est remis aux autorités franquistes qui le fusillèrent. Ses derniers mots furent « Per Catalunya ». Seul président de gouvernement élu démocratiquement à avoir été fusillé, il semble peu probable qu’il ait été reconnaissant envers la France… Il n’est malheureusement qu’un exemple parmi de nombreux autres qui, anonymes, ont été renvoyés en Espagne, parqués ou encore déportés en Afrique du Nord ou en camps nazis. On appelle donc les instances locales du PS et plus particulièrement les élus à transmettre une demande de clarification des propos à leur premier secrétaire. Celui-ci ne peut ignorer et encore moins dédaigner les conditions de l’exil d’espagnols sous Franco.

retirada

Parmi les 500 000 réfugiés espagnols fuyant le franquisme – après avoir, pour nombre d’entre eux, mené un âpre combat contre les forces franquistes – mais aussi contre ses alliés nazis et les supplétifs de Salazar, au moins 330 000 se sont retrouvés dans des camps de concentration (appellation officielle).

La solidarité n’était pas de mise, en métropole et au Sahara colonisé, le gouvernement recevait ces Espagnols antifascistes, sans l’avoir anticipé – alors que les évènements présageaient une arrivée massive –, dans les camps de la honte du sud du pays. 17 000 personnes y périrent, ne parvenant pas à lutter contre le vent froid, la pluie, l’insalubrité, le manque d’eau potable, l’insuffisance des équipements sanitaires, la typhoïde, la tuberculose, le paludisme et le désespoir..! Au Sahara, les conditions de vie étaient encore pires et certains y croupirent jusqu’en 1942. Rappelons aussi que les revendications étaient considérées comme révoltes, et étaient punies d’emprisonnement dans des « espaces disciplinaires » et que ces punitions brutales pouvaient semer la mort.

Là, il est question de l’attitude du gouvernement républicain jusqu’en 1940. Quant à celui de Vichy, il a livré des Espagnols au régime franquiste et aux nazis qui les ont déportés dans les camps d’extermination.

Pour rendre la monnaie de la pièce de la solidarité à la France, nombre d’espagnols exilés, dont de nombreux anarchistes, se sont battus contre l’occupation nazie, rejoignant la Résistance ou les Forces libres : parmi les hommes de la 2e division blindée de Leclerc, ceux commandée par le capitaine Raymond Dronne, la Nueve, qui, comme son nom l’indique, était composée en majorité d’anarchistes Espagnols, ont été les premiers à rentrer dans Paris, le 24 août 1944, au soir.

Aussi, ce crétin inculte d’Harlem Désir – à la tête d’un parti de gauche (sic) – , est invité à revisiter son Histoire de France, l’histoire de ces républiques et celle du comportement honteux de ses représentants vendus.

—————————————-

Vidéo : http://www.france2.fr/videos/75850033 (Harlem Désir, juste au début…)

Un film de ’39 sur l’exode des réfugiés républicains : La retirada: L’exode d’un peuple

Petits meurtres entre amis…

En septembre dernier, à quelques centaines de mètres de Lanzarote (Canaries), une embarcation de réfugiés était percutée par un bateau de la Guardia Civil. Un des jeunes occupants avait été tué sous le choc, six autres avaient disparu… La Guardia Civil avait parlé d’une panne, cause de l’accident, alors qu’ils tentaient de les secourir…

Mais une vidéo, filmée depuis la côté par les caméras de surveillance, livre une tout autre version : Repérée et pourchassée par les gardes, l’embarcation avait réduit sa vitesse et obtempérait en se dirigeant vers la côte. C’est alors que le bateau des Guardia Civil, accélère et se dirige droit sur elle jusqu’à l’engloutir! En revenant sur leur méfait, ces salauds se contentent de leur jeter une seule bouée – pour 17 survivants sur 25 – et prennent leur temps, en les regardant quasi se noyer, alors que le zodiac, lui, restera sagement sur leur bateau…

Encore une fois, et quelque soit la latitude… Un flic reste un flic, en qui on ne peut pas avoir confiance, qui sera toujours du côté des fachos, des patrons, des salauds! Nous en avons la preuve chaque semaines dans nos villes, violences, bavures, mensonges, vidéos truquées, œil crevé au flasball, passage à tabac mortel en cellule, protection des fafs, tabassage d’ados, répression de mouvements citoyens pacifiques, j’en passe et des meilleures..! Ce n’est pas pour rien qu’une manif contre la répression policière se fera le 15 à Bruxelles…

Voici l’article d’El Pais:
Un vídeo desmonta la versión oficial del accidente de una patera en Lanzarote
Un joven murió en el accidente y otros seis desaparecieron en aguas de la isla
Le particularisme espagnol

Partout dans le monde les pays ayant subi des dictatures on envoyés devant les tribunaux – fut-ce tardivement – les bourreaux qui les avaient asservis. Une épuration – réelle ou symbolique – des éléments d’extrême droite semblait évidente… Partout? Non, car en Espagne le passage du franquisme à la « démocratie de bazar » ne fut pas brutal, mais se fit par un processus de « transition pacifique », le roi Juan Carlos étant mis au pouvoir par ce chien de Franco. La première décision de ce « roi » fantoche fut d’ailleurs de confirmer à son poste, Carlos Arias Navarro, un porc phalangiste, dernier président du gouvernement de Franco. Bref, une vieille raclure fasciste sentant sa fin venir, a placer au pouvoir un connard d’aristo de droite incompétent pour éviter que des « sales gauchistes » qu’il à traqué toute sa vie ne prennent sa place et détruise son « œuvre »..! Pas de quoi être fier de lui le Juan Carlos de mes deux.

Il s’agit maintenant de savoir si un pays peut se construire « démocratiquement », si accessoirement une réconciliation reste possible, en niant son passé, en refusant de le regarder en face, en maintenant sa jeunesse dans l’ignorance de sa propre Histoire. Autrement dit : peut-on construire une démocratie sur l’impunité ? Aucun pays au monde n’a suivi ce modèle de l’oubli complet, de l’impunité totale, du refus de rendre justice et d’apporter réparation. De l’Allemagne post nazie (procès de Nuremberg mais, surtout, de Frankfort où des Allemands jugèrent des Allemands), aux pays d’Amérique latine, jusqu’aux commissions « Vérité et Réconciliation » d’Afrique du Sud, quand ce ne sont pas les tribunaux pénaux internationaux (Yougoslavie, Rwanda…) qui prennent le relais, les exemples sont nombreux où la volonté de réconciliation n’est rendue possible que si elle passe par un indispensable travail de vérité et de justice. En Espagne, la « transition démocratique » s’est soldée par l’oubli, l’amnistie et l’impunité pour les responsables des crimes odieux de la dictature franquiste.

En Grèce également, à la même époque il n’y eu pas réellement d’épuration à la chute de la Dictature des colonels et l’extrême droite a toujours été présente politiquement, ce qui donne aujourd’hui les résultats que l’on connait avec le retour du fascisme via l’Aube dorée ouvertement néo-nazie et la droite « classique » qui flirte allègrement sur la vague nationaliste brune.

Alors doit-on craindre que ces partisans du fascisme reviennent en force sur le devant de la scène, se risqueraient-ils à un coup d’état menant à une dictature nationaliste?

On aurait tort de croire que la paix et la démocratie sont définitivement installées en Europe. Il suffit par exemples de s’arrêter sur la situation de l’Espagne pour se rendre compte qu’un changement de paradigme est possible à tout moment.

Jusqu’à il y a quelques années, le risque d’un coup d’état populiste – voire carrément fasciste –  était considéré comme quasiment inexistant en Europe. Cependant la crise de la dette souveraine est venue changer brutalement la donne. Le spectre des défauts de paiement sur le Vieux-Continent est réapparu et avec lui les mesures d’austérité qui entraînent toujours les mêmes fléaux: mouvements sociaux, rejet de la démocratie, nationalisme et repli sur le populisme… pouvant aller jusqu’à  un changement de régime. Il serait imprudent de faire l’impasse sur l’histoire récente de la péninsule, car le dernier coup d’État – militaire – ne remonte en effet qu’au début des années 80 et a échoué seulement grâce à l’aura du roi Juan Carlos, aura qui a beaucoup terni depuis! De plus, n’oublions pas que le 23 janvier, l’Assemblée de Catalogne a déclaré solennellement que la région est une « entité légale et politique souveraine« . En d’autres termes, la Catalogne est prête à faire sécession, ce qui risque de déranger les esprits étriqués de certains nostalgiques qui ne voient que par l’unité de la nation. Bref, l’Espagne est au bord du précipice même si on l’oublie trop souvent.

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Le colonel Tejero aux Cortès, lors de la tentative du coup d’État
du 23 février 1981

Lors d’une conférence organisée le 6 février par un centre de réflexion à Madrid et qui portait sur les forces armées et la Constitution, il fut mis en lumière un certain « malaise » au sein d’une partie des officiers supérieurs de l’armée, notamment face à la gestion de la question catalane. Plusieurs officiers à la retraite ont pris la parole à l’occasion de ce colloque. Rien d’inhabituel à cela jusqu’à l’intervention du Général Juan Antonio Chicharo qui a commandé le corps d’élite de la marine jusqu’en 2010 – et a donc commencé sa carrière militaire sous Franco – et fait désormais partie de la réserve.

Qu’a t-il dit de particulièrement inquiétant ce général? Il a notamment fait part d’un « sentiment général de préoccupation, de peur, d’incertitude et de confusion au sein de l’armée espagnole » au sujet de la sécession possible de la Catalogne, allant jusqu’à regretter la démission en 2006 du Général José Mena qui s’était publiquement prononcé en faveur de la possibilité d’une intervention militaire afin de mettre un terme aux demandes d’autonomie plus importante de la région. Il a demandé ensuite, pendant son discours, d’imaginer un scénario qui a de grandes chances d’arriver: si le parti au pouvoir perd sa majorité absolue lors des prochaines élections générales et que les Catalans, en échange de leur soutien, demandent à abroger dans la Constitution la doctrine de « l’indissoluble unité » de l’Espagne, « que pourra-faire alors l’armée », s’est-il interrogé. Il n’a pas apporté de réponse… mais tout le monde a plus ou moins compris ce qu’il sous-entendait.

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Le pays est entré dans une ère de difficultés croissantes et l’évolution actuelle de la situation n’augure rien de bon. Jusqu’à présent, la figure du roi Juan Carlos servait d’unité à la Nation mais ce n’est désormais plus le cas puisque même la monarchie constitutionnelle est de plus en plus critiquée en tant que système de gouvernement. L’armée qui est « garante de l’unité de la Nation » et du respect de la Constitution pourrait tout à fait intervenir en cas de total discrédit des gouvernants et de risque réel d’implosion de l’unité espagnole. Ce n’est évidemment pas le scénario le plus souhaitable mais, dans tous les cas, on aurait tort de croire que l’Espagne est sur le chemin de la stabilisation. Le pays peut à tout moment s’enflammer, et faire avec lui basculer toute l’Europe dans un cycle infernal, les mouvements politiques nationalistes européens pourraient voir cela comme un signal…

Et en Grèce? La droite du premier ministre A. Samaras fricote de plus en plus avec l’idéologie de l’Aube Dorée.

Le parti d’Antonis Samaras a intégré des éléments pro-junte dans son groupe parlementaire, des membres de l’ancienne extrême droite du LAOS et du Parti du 4 août. Makis Voridis, par exemple, ancien membre du parti d’extrême droite LAOS est actuellement le porte parole du groupe parlementaire de Nouvelle Démocratie. Adonis Georgiadis quitte le LAOS pour Nouvelle Démocratie en février 2012. Konstantinos Kiltidis, a rejoint lui aussi Nouvelle Démocratie en 2012, ayant commencé sa carrière en 1973 au sein du Parti du 4 Août, un parti fasciste qui soutient ouvertement la dictature des colonels. Thanos Plevris a également rejoint Nouvelle Démocratie en mai 2012, il n’est autre que le fils de Konstantinos Plevris, considéré comme le père du néo-nazisme grec.

Il y a quelques jours, 85 députés du parti de droite « conservatrice » Nouvelle Démocratie, soit les deux tiers des ses membres élus, ont déposé un texte qui entend privilégier la « loi du sang » pour entrer dans la police ou l’armée nationale. Avec cet amendement, il ne suffira plus d’être citoyen grec pour accéder à ces fonctions, il faudra aussi être de « pure souche grecque ». Le parti nationaliste des grecs indépendants de P. Kammenos et le parti néo-nazi de N. Michaloliakos Aube Dorée ont bien entendu applaudit cette initiative et ont annoncé leur soutien pour le vote de ce texte… tu m’étonnes!

Cette initiative révèle encore un peu plus le vrai visage du parti du premier ministre Antonis Samaras, qui rallie l’extrême droite et affiche son mépris des droits de l’homme et des citoyens. Le 25 Février 2013, le chef des forces armées grecques Michalis Kostarakos a provoqué une réaction considérable sur l’échiquier politique quand il a écrit sur twitter : « Le temps est venu de réglementer par la loi la question de genos pour ceux qui s’inscrivent  dans les académies militaires. Ils doivent être grec par genos », autrement dit, ils veulent clairement « purifier » la police et l’armée de tout élément « à risque » pour leurs projets.

Quant on constate quotidiennement l’attitude partisane de la police grecque envers l’aube dorée, quand on voit ces « défenseurs de la loi » fermer les yeux sur les exactions xénophobes des milices nazies de l’aube dorée… quand ils n’y participent pas ouvertement, il y a de quoi s’inquiéter! Le slogan d’Aube Dorée, « Sang, Honneur, Aube Dorée«  rappelle des temps bien sombres. De plus, l’impunité dont profite les membres du parti néonazi depuis des mois maintenant pose de nombreuses questions sur la volonté réelle de l’État de lutter contre les violences racistes et les dérives fascistes. Et n’oublions pas qu’ils auront certainement le soutien de la haute bourgeoisie, car que si le bourgeois encense la démocratie en période faste, il préfère nettement le fascisme en temps de crise!

Alors, au vu de ces éléments, l’hypothèse d’un coup d’état dans ces pays… toujours fantaisiste???

Un militaire reste un militaire, con, brutal et avide de pouvoir! Ces porcs fascistes sont toujours là, tapis dans l’ombre, certains ne se cachant même plus comme en Grèce, et ils guettent leur proie! Au moindre signe de faiblesse de ces démocraties de pacotilles – gangrenées jusqu’à la moelle par la puanteur capitaliste et ses sbires de la CE, du FMI, de la BCE – , ils leur feront la peau! Mais ils nous trouveront toujours sur leur route, pas pour défendre un quelconque gouvernement – que nous haïssons pour d’autres raisons – , mais pour monter qu’un autre mode de vie, SANS gouvernement est possible… Car n’oublions pas, les anarchistes restent plus que jamais TRÈS présents, en Grèce, comme en Espagne!

Andalousie : ¡Tierra y libertad!

Publié: 4 mars 2013 par Fernand Naudin dans Articles
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Expropriation, collectivisation, reprise individuelle…
Appelez ça comme vous voudrez, mais eux, ils n’en parlent pas… ils le vivent!

A Somonte, en Andalousie, plusieurs centaines d’ouvriers agricole se réapproprient des terres, les occupent et les cultivent!

L’Andalousie, qu’est-ce que ça évoque pour vous? Le soleil, les oranges? Hé bien quand vous êtes sur la route qui part de Palma del Rio – une ville de la province de Cordoue, 1.700 chômeurs – pour rejoindre la Finca Somonte, il est là ce soleil, elles sont là ces oranges, partout! Belles, bien rondes, juteuses et mûres à souhait. Mais elles sont au sol… et elles pourrissent, car il n’y a personne qui les ramasse! Oui je sais, en Andalousie on ne manque pas de bras, avec 34% de la population active au chômage – jusque 63% chez les jeunes – , qui survit de petits boulots et parfois… de rien, on se dit que c’est incompréhensible! Ça l’est pour des purotins comme vous et moi, surtout quand on sait qu’un huitième des orangers de la région ont été brûlé par le gel lors de l’hiver 2011-12 faute de soins…

Il faut savoir qu’en Espagne existe toujours un système  injuste de répartition des terres quasi féodale. Plus de 60% des terres – les plus riches, les plus fertiles – sont entre les pattes d’une clique minoritaire de puissantes familles, qui spéculent avec ces terres, préférant les laisser à l’abandon et ainsi recevoir des subventions européennes et des aides agricoles faramineuses. Le domaine de Somonte – 400 hectares, dont 40 irrigables – fait partie des 20.000 hectares que le gouvernement andalou à mis en vente aux enchères pour renflouer ses caisses vides. En vente, ouais, mais avec la décrépitude de l’Espagne et cette putain de « crise », seules de grandes entreprises européennes ou des aristocrates comme la duchesse d’Albe* et le duc del Infantado ont les moyens de les acquérir…

Sur ces 20.000 hectares mis aux enchères par la junta, la moitié a récemment été vendue à des propriétaires discrets, le nom des acquéreurs n’est pas connu… et depuis lors, ils n’auraient embauché personne, préférant spéculer plutôt qu’exploiter!

« Andalous, n’émigrez pas. Combattez! La terre est à vous. Reprenez là! »

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A l’aube du 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles – membres du syndicat SOC** – , habitants des villages voisins et citoyens solidaires venus de toute la région ont commencé à occuper la Finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir, près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était prévue pour le 5 mars.

« Quand nous sommes arrivés à Somonte pour occuper les terres, c’était un matin très tôt, au lever du soleil. J’ai été surpris par le silence. Il n’y avait pas d’oiseaux sur ces terres! Pas de vie! Rien! »

Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux travailleurs vétérans qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de 83 ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

On se croirait revenu au temps joyeux de la collectivisation, lors de la révolution espagnole de 1936, il y flotte comme une légère brise anarchiste – bien qu’ils ne le soient pas tous – bien sympathique… Car dans la région, les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En ’36, elles s’étaient multipliées. Les anciens évoquent d’ailleurs la répression féroce qui s’en suivit lors de la victoire des fascistes de Franco. Un puissant propriétaire terrien – le duc del Infantado? – fit exécuter 350 journaliers à Palma del Rio, le village voisin de Somonte et la plupart des terres qui jouxtent la finca appartiennent aux descendants de cet homme…

« Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante : la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation… » […] « Cette action devrait marquer le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. »

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Et l’aventure continue encore aujourd’hui, en ce matin hivernal, une trentaine de personnes se pressent autour d’un brasero, installé devant la petite cuisine de la « finca ». Deux hommes réparent un vieux tracteur Fiat sur lequel est fiché un drapeau andalou portant le sigle SOC-SAT. Quand le tracteur finit par démarrer, des responsables du lieu répartissent les tâches entre les occupants et les visiteurs solidaires, selon les décisions prises la veille au soir en assemblée populaire. Un groupe ira désherber le champ d’oignons dont les plants viennent d’être mis en terre. Un autre ramassera les piments, les Piquillo, la variété locale, rouge sang, qui seront ensuite mis à sécher en grappes. Le troisième groupe préparera le repas collectif de la mi-journée.

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Bien entendu, les chiens de garde du capital, en l’occurrence ici, la tristement célèbre Guardia civil héritée du franquisme, viennent régulièrement relever les numéros des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le parking de la finca sous les quolibets discrets des travailleurs blasés, mais ils ne descendent jamais de leur véhicule, ils notent et repartent. Ils y a aussi quelques plaintes contre certains camarades occupants mais sans grande influence sur la vie quotidienne.

A côté de tout ça, il a fallu rénover les habitations afin de pouvoir loger tous les résidents. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

La finca Somonte se trouve à 50 km de Marinaleda, où la municipalité communiste a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à moyen terme, grâce à la culture sociale de tout le domaine, faire vivre beaucoup plus de travailleurs. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une « coopérative de résistance » assurant la survie et un havre de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

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« L’objectif, c’est de faire travailler et vivre ici quarante familles. Dès que nous aurons réglé le problème de l’irrigation, ce sera possible. » […] « La terre est bonne ici, pour les asperges, et l’avantage, c’est qu’on peut les vendre assez cher, ensuite, on pourra transformer les produits de Somonte à Marinaleda, où ils ont tous les outils nécessaires. Depuis que nous sommes ici, les oiseaux sont revenus et la vie aussi. L’homme appartient à la terre. Nous devons la respecter et veiller sur elle. C’est pour cela que nous allons faire ici de l’agriculture biologique paysanne. »

Une gestion entièrement biologique

Pour développer une agriculture en rupture avec le modèle dominant, nos occupant font appel à leur sensibilité et à leur mémoire, ravivée par leurs parents ou leurs grands-parents. Les premiers pieds de tomates plantés à Somonte proviennent de semences très anciennes apportées par le père – 84 ans – d’une occupante. « Dès que nous avons occupé Somonte, beaucoup de personnes âgées sont venues nous apporter des semences de piments, d’oignons, de laitues… Toutes les semences traditionnelles qu’elles avaient héritées de leurs parents et qu’elle avaient conservées et protégées précieusement année après année. » La finca a également reçu des graines bio du réseau andalou Semences et de la coopérative française Longo Maï. Somonte sera donc libre de semences transgéniques et de pesticides. « Nous sommes fatigués de voir ceux qui spéculent avec la terre spéculer aussi avec les produits chimiques, avec les semences et avec l’eau. Il va être difficile de mettre les 400 hectares en agriculture biologique mais nous allons le faire! »

Des milliers de familles de la région à nourrir

Petit à petit, avec le soutien d’ingénieurs agronomes, des anciens, d’organisations locales et de réseaux de solidarité internationaux, le projet agricole de Somonte prend corps. Trois hectares de légumes ont déjà été mis en culture pour l’autonomie des occupants, la vente sur les marchés locaux ou dans une coopérative de consommateurs de Cordoue. Plusieurs dizaines d’hectares vont être consacrés à des cultures maraîchères. Quarante hectares seront réservés à de grandes cultures en rotation avec notamment du blé biologique. Les occupants de Somonte envisagent de planter près de 1 500 arbres de variétés locales, de développer des vergers d’abricotiers, de cerisiers, d’amandiers, de créer une oliveraie, d’entretenir des haies.

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En décembre 2012, près de 700 arbres sont plantés le long du domaine. Une eau saine sera récupérée grâce à des retenues, des puits et à une protection des petits cours d’eau existants. Les occupants veulent réunir rapidement un troupeau d’au moins 300 brebis. Une grande partie de la production agricole de la finca sera transformée sur place dans des ateliers. Le projet agro-écologique et social de Somonte, organisé sous forme de coopérative de travailleurs, pourra donner du travail à plusieurs centaines de personnes et permettre à des milliers de familles de la région de se nourrir.

La situation de Somonte est suspendue à la situation politique en Andalousie. Le parlement autonome élu début 2012 est majoritairement à gauche. Cela n’a pas empêché le Parti socialiste de faire expulser les occupants de Somonte, le 26 avril 2012, le jour même où il signait un accord avec la Gauche Unie. Le 27 avril au matin, la finca était de nouveau occupée.

« S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois! Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper! Voilà la solution. » […] « Les moyens de production doivent être au service du peuple. Pour cultiver sainement, nous n’avons pas besoin d’un patron qui nous exploite et nous vole. Nous voulons décider nous-mêmes de notre avenir. »

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 En 2013: Aucune menace d’expulsion n’a été formulée depuis, les négociations sont au point mort. Jusqu’à aujourd’hui, ni la junta andalouse, ni Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, du Parti populaire (Partido popular, PP, droite), n’ont sévèrement menacé les journaliers. Souhaitons-leur un long et franc succès, et que leur exemple fasse tache d’huile à travers l’Europe. ¡No Pasarán!

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– Vous pouvez les soutenir  et les encourager à l’adresse  somontepalpueblo@gmail.com

En prime, un suberbe reportage photo sur ReelNews

L’aventure continue en 2015… El reportaje de BTV sobre Somonte, el documental

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(*) – duchesse d’Albe: 86 ans, possède 30.000 hectares de terres, richesse estimée 3,5 milliards d’euro, cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse, vicomtesse, comtesse-duchesse et connétable, et quatorze fois Grand d’Espagne, franquiste, fasciste, défigurée par l’abus de chirurgie esthétique…

(**) – Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo, SOC), qui mène, avec le mouvement Izquierda Unida, l’occupation de Somonte, depuis le 4 mars 2012. Créé en 1976, il renoue avec la vieille tradition des occupations massives de terres. Jusqu’à la Seconde République espagnole (1931-1939), en Andalousie et dans tout le sud de l’Espagne, les terres agricoles (les latifundios) appartenaient à une aristocratie de propriétaires fonciers. Face aux mauvaises conditions de travail, régulièrement, les paysans ont occupé ces terres, en signe de protestation. Parfois, les occupations ont débouché sur de grands mouvements de révolte. A l’image des luttes des années 70 menées à Marinaleda, une petite ville, communiste depuis 1979, dirigée par le Collectif unitaire des travailleurs (Colectivo de unidad de los trabajadores, CUT), et située à une cinquantaine de kilomètres de Somonte. Marinaleda, qui ne connaît pas le chômage, est un modèle. Et son maire, Juan Manuel Sanchez Gordillo, un nouveau Che local. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé une réforme agraire (En Andalousie, 60% des terres appartiennent à 2% de nantis). A l’époque, la répression avait été très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. Le SOC-SAT réunit des ouvriers agricoles de tous les horizons et organise régulièrement des grèves pour défendre leurs droits. Il dénonce aussi les injustices sociales, en organisant dans des supermarchés des opérations de récupération (reprises individuelles) de produits alimentaires de base, distribués ensuite à des cantines de quartiers pauvres.

Dire simplement… NON, PAS MOI!

L’austérité en Espagne, ils l’ont prises droit dans les dents! Sans fioritures, sans détour, froidement. Ce gouvernement de fumiers vendus à la troïka européenne – et le précédent – n’ont même pas essayé d’atténuer le choc pour la population. et les premiers qui ont reçu la claque furent ceux qui avaient cru faire une bonne affaire, profitant de conditions de crédit faciles, en acquérant – enfin – un logement. Mais depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, de nombreuses familles ne peuvent plus faire face à leurs échéances. Les expulsions se sont alors multipliées: depuis 2008, 350.000 ordres d’expulsions, visant des résidences, ainsi que des espaces commerciaux, ont été lancés par les banques, selon les chiffres officiels, dont environ la moitié ont été exécutés… En Espagne, plus de 600.000 foyers ont déjà perdu leur logement.

Les comparses habituels de la misère s’en sont donnés à cœur joie, huissiers, flics, banques, juges…

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Mais ils semblent que le vent tourne pour ces banques – premiers coupables de cette crise – et ces crapules qui vivent de la quasi faillite d’un pays.

Voici ce qu’on pouvait lire dans divers journaux la semaine dernière:

« Pompiers et serruriers ont rejoint cette semaine le mouvement social contre les expulsions de propriétaires surendettés en Espagne, une question très sensible dans l’opinion publique notamment après le suicide de plusieurs personnes qui ne pouvaient faire face à leurs dettes. Ces derniers jours, les pompiers de plusieurs régions, ainsi que l’Union des serruriers, ont refusé de répondre à des ordres de la justice qui leur demandaient d’ouvrir les portes de logements pour en expulser les occupants. « On ruinait la vie des familles et on nous transformait en bourreaux. Cela nous mettait très mal à l’aise et nous avons décidé de ne plus participer à cela », a expliqué à l’AFP David Ormaechea, le président de l’Union des serruriers. 

Mardi, dans la ville de La Corogne en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, face au refus d’un serrurier, la police a fait appel aux pompiers pour ouvrir la porte de l’appartement d’une femme de 85 ans qui n’avait pas payé son loyer. Mais les pompiers, arrivés sur les lieux accompagnés de dizaines de militants anti-expulsions, ont à leur tour refusé d’ouvrir la porte et quelques-uns se sont mêlés aux manifestants. Dans la foulée des pompiers galiciens, ceux d’autres régions comme la Catalogne et Madrid ont annoncé qu’ils refusaient de participer désormais aux expulsions. « Nous portons secours aux personnes en danger. C’est une contradiction d’aider les banques qui vont jusqu’à mettre en danger la vie des personnes », a affirmé à l’AFP Antonio del Rio, représentant syndical des pompiers de Catalogne. »

Est-ce donc si difficile de dire NON? Ils suffit de se conduire en homme ou en femme digne de ce nom, en refusant tout acte incompatible avec notre conscience.