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Fais ton choix camarade, mais laisse tranquille les autres!

Texte de , publié le

blac block molotov

Libre à chacun de lutter comme il l’entend face à la violence du pouvoir et de ses serviteurs zélés. Parmi les formes de résistance, la non-violence est un choix tout à fait respectable qui peut revêtir des façons d’agir très diverses. Parallèlement, d’autres, parmi nous, font parfois le choix de la violence dans la lutte, à divers degrés, tout en désirant pareillement une société non-violente où les mots liberté, égalité et fraternité ne seraient plus réduits à une illusoire décoration masquant la réalité quotidienne de la domination, de la misère et de l’oppression.

Malheureusement, parmi les partisans de la non-violence, la mode est, de plus en plus, à la condamnation sans appel des autres formes de lutte. Certains caciques, soigneusement apprêtés et préparés, sont même devenus des spécialistes du genre, distribuant les bons et les mauvais points, sans jamais descendre eux-mêmes dans l’arène.

Pourtant, la moindre des choses serait, justement, que ceux qui ne prennent aucun risque, qui se contentent de parler, qui se gargarisent de leur prises de position dans les médias, qui se targuent de marcher docilement dans des manifestations sans abimer quoi que soit, et qui, bien sûr, se pressent au premier rang des innombrables pétitions à signer, que ceux-là aient au moins la décence de laisser librement lutter les autres.

Ces sempiternels chantres de la bienséance, ces bureaucrates syndicaux grassement payés par leurs adhérents smicards, ces professionnels de la politique passés de la lutte des classes à la lutte des places, tous ces prophètes du tabou de la violence révolutionnaire servent en réalité des intérêts contraires à ceux qu’ils sont censés défendre. Car ils se posent en tampons entre le pouvoir et ses opposants, en amortis des colères, en modérateurs des révoltes, appelant inlassablement au calme et à la discipline, et condamnant perpétuellement les casseurs, zadistes, saboteurs, faucheurs, squatteurs, tagueurs, émeutiers, anarchistes et autres révolutionnaires.

A ces bateleurs, je suggère cette réponse :

« Vous qui revendiquez, tambour battant, la Révolution française, la Commune de Paris et la Résistance au nazisme, sans jamais avoir l’idée sinon le courage d’agir pareillement, ayez au moyen la décence et l’humilité ne pas donner de leçon à ceux qui osent prendre le relais de vos illustres exemples. Assez de pitreries et de rodomontades. Faites comme bon vous semble, mais pour ce qui est des anathèmes, taisez-vous. »

Yannis Youlountas

CRS roti molotov

 

Je crois qu’« espoir » n’est qu’un autre mot pour dire « lâcheté ». Qu’est-ce, au fond, que l’espoir ? Est-ce la croyance que les choses vont s’améliorer. Où la volonté qu’elles deviennent meilleurs ? Personne n’a jamais encore produit une analyse de l’acte d’espérer. Pas même Bloch. Il ne faut pas faire naître l’espoir, il faut l’empêcher. Car personne n’agira par espoir. Tout espérant abandonne l’amélioration à une autre instance. Mais dans une situation où seul l’agir individuel compte, « espoir » n’est qu’un mot pour dire qu’on renonce à l’action individuelle. »  Günther Anders

A lire :

Nos luttes peuvent-elles rester non-violentes ?
La non-violence est une idéologie au service du capitalisme
La violence : oui ou non : Une discussion nécessaire

 

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Re-révolution égyptienne – Black bloc Cairo?

Publié: 4 février 2013 par Page de suie dans Articles
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« La révolution contre les Frères musulmans a commencé, elle va se poursuivre, elle sera plus violente que jamais, et il le faut ; je revendique cette violence, car contre le fascisme religieux, contre le terrorisme d’État, on ne peut se contenter, tout en restant chez soi, d’appeler tous les partis à la retenue »

Nous sommes tous des Blacks Blocks !

Depuis plusieurs semaines l’Égypte est embrasée par des manifestations, qui contestent la mainmise des Frères musulmans sur tous les rouages de l’État, d’une constitution baclée, d”un référendum imposé par la fraude, d’une absence de l’État, au fil du temps, et compte tenu de l’absence de toute réponse à l’attente des populations et aux revendications légitimes de la révolution de janvier, la violence se substitue au mythe de la révolution non violente.

Ceux qui dénoncent la violence actuelle, ont la mémoire courte ; ils ont probablement oublié que la majorité des martyrs de la révolution du 25 ont été tués au vendredi sanglant de la colère, quand les révolutionnaires ont mis le feu aux postes de police et ont incendié le siège du parti national au pouvoir.

Ils ont oublié qu’entre le 25 et le 28 janvier, les affrontements à Suez ont fait des dizaines de morts, tant parmi les forces de l’ordre que ceux des manifestants.

Ils ont aussi oublié la chronologie des faits par la suite, sous le régime militaire, depuis l’attaque de l’armée contre les familles des martyrs, en passant par les événements de Maspero et le lynchage des femmes à la place Tahrir.

Ils ont oublié, les 900 morts de janvier à mars 2011.

Cette révolution n’a jamais été pacifiste, c’est un mythe. Il y a certes une recrudescence de violences, contre les forces de l’ordre dirigée par un ministre affilié aux Frères, ministre qui reproduit à la lettre les méthodes de l’ancien régime. Les Égyptiens résistent et répondent à ces méthodes par la violence, ce qui est tout-à-fait légitime ; la révolution contre les Frères a commencé, elle va se poursuivre, elle sera plus violente que jamais, et il le faut ; je revendique cette violence, car contre le fascisme religieux, contre le terrorisme d’État, on ne peut se contenter, tout en restant chez soi, d’appeler tous les partis à la retenue.

No Pasaran

Mailing – Galila El Kadi, 1er février 2013

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L’ère des émeutes

Déclaration du black bloc égyptien

Le mouvement anarchiste égyptien émerge accompagné par une vague de bombes incendiaires et de combats de rue.

Les anarchistes ont été présents en Égypte, avant, pendant et après la révolution, mais jusqu’à ce jour, ils n’avaient pas encore organisé de regroupements de masse sous la bannière de l’anarchisme. Les ultras des clubs de football égyptiens ont été associés pendant des années aux idées et actions anarchistes,  et ont initié un côté militant qui a contribué largement à la chute du gouvernement Moubarak en février 2011.

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La nuit dernière, les anarchistes ont laissé tomber les slogans sur les murs, les petites discussions, et les forums égyptiens sur internet, pour apparaître au Caire et se déclarant comme une nouvelle force  dans cette révolution sociale actuelle, déclenchée il y a deux ans par plusieurs attentats à la bombe visant les bureaux des frères musulmans. Plus tard, le gouvernement a fait fermer les pages facebook des groupes « Black Blocairo » et du «  Black Bloc Égyptien », mais ils furent relancés peu de temps après.

« Attendez-vous à de nouvelles attaques, en réponse à la fermeture de notre page officielle… » ont-ils déclaré dans un communiqué publié sur internet ce matin.

Aujourd’hui, le black bloc a fait sa première apparition de masse sur la placeTahrir et, peu de temps après ont fait exploser une bombe au conseil de la Shura (le parlement égyptien), démolissant une partie d’un mur de protection anti-émeute menant à la place Tahrir. Tandis que, d’autres se sont affrontés avec les forces de l’ordre. Ces déclarations et ces actions sont en préparation pour célébrer demain le deuxième anniversaire de la révolution égyptienne. Certains qualifient déjà ces actions de « passage à un niveau supérieur » de la protestation actuelle en Égypte.

L’anarchisme et le concept du black bloc a émergé ces derniers mois à travers l’Égypte, issus de la coalition de plusieurs groupes anarchistes qui se sont unis pendant la période révolutionnaire. Une méfiance massive de la jeunesse envers tous les partis politiques, une critique acerbe du rôle de la religion dans la gouvernance du pays et, l’inspiration de la résistance anarchiste dans le monde (surtout symbolisé par la révolte en Grèce fin 2008), ont créé l’émergence de ce mouvement.

Ci-dessous, voici la déclaration du black blocairo en ce qui concerne la fermeture de leur site web, leurs attaques à la bombe contre les bureaux du gouvernement et, leurs appels à la révolte :

« Hier, après que nous ayons terminé nos actions, nous avons rencontré quelques uns des mouvements révolutionnaires en place et, nous avons décidé de nous unir lors de nos prochaines actions, d’où nos deux premières attaques, comme nous vous l’avons dit hier :

1) – Mettre le feu aux locaux de gestion internet d’Ikhwan (Frères musulmans)

2) – Mettre le feu aux bureaux d’Ikhwan sur Al-Manial street au Caire.

Et nous déclarons notre révolution à partir d’aujourd’hui depuis la place Tahrir, jusqu’à ce que l’Égypte et sa population obtiennent leurs droits ! La vie, la liberté, et la justice sociale !

Attendez-vous à de nouvelles attaques, en réponse à la fermeture de notre page officielle… Black Blocairo »

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LIENS SUR DES GROUPES ANARCHISTES ÉGYPTIENS : Revolution Black Bloc (page des anarchistes égyptiens) • Black Blocairo (la nouvelle page du Black Blocairo) • Black Bloc Egypt

AUTRES LIENS DE GROUPES ANARCHISTES ARABES : Anarchists of ArabsMoroccan Black BlocAnarchists in LebanonTunisian Anarchist MovementTunisian Anarchist OrganizationTunisian AnarchistSyrian Anarcha Feminist MovementSyrian AnarchistsTahrir ICN (page européenne de solidarité, en anglais)

« Cahiers d’Histoire »: Socialisme en Égypte avant la Première Guerre mondiale : la contribution des anarchistes (Anthony Gorman, Université d’Edinburgh)

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Source: Le Jura Libertaire – 02 février 2013

English translation : https://juralib.noblogs.org/2013/01/28/lere-des-emeutes-declaration-du-black-bloc-egyptien/