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L’Espagne a augmenté le budget de la police de 1.900%

L’Espagne, pourtant bien embourbée dans ces mesures d’austérité, n’hésite pas à armer sa police anti-émeute jusqu’aux dents avec du matériel dernier cri prévoyant de toute évidence des révoltes encore plus nombreuses et violentes dans les mois/années à venir.

Ainsi, menacés par le tourniquet de l’émeute qui surprend partout le camp du capitalisme mondialisé, les gouvernements européens se préparent discrètement à « recadrer démocratiquement » leurs peuple en cas de débordements trop importants.

antidisturbios

Si il est de notoriété publique que la France s’équipe de nouvelles armes anti-émeutes autrement plus violentes que de simples bombes lacrymogènes, on ignore par contre que l’Espagne, le pays des indignés, « chantre de la non-violence », est en train d’augmenter son budget lié à l’achat de « matériel et équipement spécifiques anti-émeute, de protection et de défense » de près de 1.900% entre 2012 & 2013.

Le budget espagnol anti-émeute passe de 173.000€ en 2012 à …
3,26 millions en 2013..!

Pour 2016, le projet d’investissement va dépasser les … dix millions €!!! Il vise à moderniser les matériels des unités anti-émeute. Plus de gilets pare-balles – c’est vrai que ces indignés devraient cesser d’abattre à vue les mossos… – , de gaz lacrymo de dernières générations, de matraques, de boucliers et de balles en caoutchouc.

Mais… le budget prévoit également d’y intégrer des armes de guerre. Plus précisément, on parle de fusils laser – causant la cécité « temporaire » ou permanente selon l’usage – , des canons sonores – testés lors de manifs aux USA, et générant des étourdissements et des nausées aux manifestants – et des armes à micro-ondes – qui provoquent des brûlures et des douleurs insoutenables.

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Émet un faisceau laser pour aveugler « temporairement » et désorienter les manifestants.

On y retrouve aussi de armes semblant sortir d’un film de science-fiction, comme ces armes électromagnétiques et ces lanceurs de mousse immobilisante. (arrivé à ce stade, il est indispensable de préciser que ceci n’est pas de la divagation d’activiste en manque de copie… mais hélas, une bien triste réalité, avec sources en bas de page)

Avec ce genre de mesures, les pré-fascisants qui gouvernent l’Espagne, prétendent lutter contre la vague croissante de protestations qui a secoué la péninsule ces dernières années, oubliant qu’ils violent les lois régissant l’utilisation de ces armes, depuis la convention contre la torture, jusqu’aux conventions internationales sur les armes chimiques. (la banalisation de l’utilisation des armes chimiques anti-émeutes c’est généralisée en Europe)

Le Centre d’études sur la paix, qui traite des questions liées au désarmement et à la paix, a averti que l’on assistait à une « militarisation des polices » au regard de ses procédures d’exploitation et du type d’armements utilisés.

Le gouvernement espagnol, comme les autres gouvernements européens, sentant venir les risques insurrectionnels légitimes des peuples éperdus de l’oppression de l’Union Européenne et de ses suppôts nationaux, accroît considérablement son budget anti-émeute pour mater sa population..! »

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Sources:
"La revue de l'arsenal" - organe de défense des forces armées, septembre 2013, page 10
actualidad.rt.com - España aumenta el presupuesto de la Policía para combatir las protestas 2013, 16 juillet 2013

 

PS: la « revue de l’arsenal » est une publication d’extrême droite de l’armée française, donc pas moyen d’accuser ces fumiers d’exagérer..!

Techniques de la répression:

France-Nouveau camion-pompe blindé

Encore un prototype d’arme « non-létale » électromagnétique

Fusils-lasers anti-émeutes

Boucliers « combo » – taser, riot-gun et gaz

Boucliers à ondes à basse fréquence

Une nouvelle arme anti-émeute : le  FN 303 + autre source

Les armes non létales: une réponse à l’insécurité?

Bientôt des lasers pour remplacer les tasers ?

Les policiers bientôt équipés de fusils laser

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A lire aussi:

Espagne… un avant-goût de ce qui nous attend?

Décidément, nos valeureux afghans de Bruxelles font couler de l’encre ces temps-ci… Mais pas toujours dans le sens où on le voudrait, en fait, ils servent plutôt de révélateur de la situation pré-fascisante de la Belgique, mépris des lois, des droits individuels, de la plus élémentaire humanité, et mise en avant de la personnalité retors de nos raclures politiques, tel que des Turtelboom, De Block, Di Ruppo, Milquet, and co.

Cette histoire me rappelle la phrase de cette m…. de VandersmiSSen à notre camarade Pavel, qui prenait, comme à son habitude des photos, de je ne sais plus quel manif ou action, et à son affirmation du genre : « Hé, je suis de la presse, moi… », ce c… de VandersmiSSen lui répond :  » « Toi, t’es pas de la « bonne » presse..!!! »

Un photographe arrêté à deux reprises, la fin de la liberté de la presse en Belgique ?

From pressformore.com

« Ce vendredi 18 octobre, l’un de nos photographes s’est fait arrêter deux fois dans la même journée. Depuis une vingtaine de jours, dans le cadre de son actuel reportage pour “Press for more” sur la problématique des Afghans sans-papiers, il était régulièrement victime de menaces, intimidations et violences verbales de la part d’officiers de police. »

Voici son récit :

Cela fait presque deux ans que je travaille régulièrement comme photographe de presse. C’est un métier fascinant, aux multiples facettes et relativement étranger à toute routine. J’ai souvent l’occasion de couvrir les nombreuses manifestations dans la capitale, j’y côtoie entre autres des personnalités politiques, des ouvriers, des militants, des étudiants, des policiers… A force de se croiser, on se reconnaît, se serre la main, on échange quelques mots. Les rapports sont généralement courtois entre les différents corps et je n’ai que très rarement subi des pressions avant de m’intéresser au sujet des Afghans.

Des activistes ont lancé de la peinture rose et fermé à l’aide de cadenas les portes de l’Office des étrangers ce vendredi 18 octobre. ©Thibault Kruyts

Des activistes ont lancé de la peinture rose et fermé à l’aide de cadenas les portes de l’Office des étrangers ce vendredi 18 octobre. ©Thibault Kruyts

Cependant, avant-hier, au cours d’une seule journée, j’ai été arrêté deux fois par les mêmes policiers. J’ai été victime de violences physiques et psychologiques, de menaces, d’humiliations et d’intimidations. Mes droits ont été à plusieurs reprises bafoués. J’ai vu mes images être saisies, volées et supprimées par la police. Aujourd’hui, j’ai peur pour ma sécurité et celle des gens que je photographie, ainsi que pour ma liberté à exercer le métier de photographe de presse. Le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles, M. De Coninck, était injoignable dès ma deuxième arrestation et ce malgré les nombreux appels de différentes rédactions.

Tout commence vendredi matin, lorsque je suis réveillé par le message d’un contact : « Action choc à 9 heures. Rendez-vous Gare du Nord ». En quelques minutes, le temps de prévenir l’un ou l’autre collègue et de prendre mon matériel, je suis sur la route. A deux pas des voies se situe l’Office des étrangers, tout y est encore calme à mon arrivée. En quelques instants, des ombres surgissent, cadenassent les portes et projettent de la peinture rose contre celles-ci, avant de disparaître sous les yeux ébahis des quelques badauds présents. Une équipe de TV Brussel, un citoyen-photographe et moi-même prenons alors des images de la scène. Deux minutes plus tard, cinq activistes arrivent, quatre d’entre eux s’allongent sur la chaussée tandis que le dernier, déguisé en Maggie de Block, s’enorgueillit de ces nouvelles victimes de sa politique.

De l’une des voitures bloquées sortent trois policiers en civils, interloqués. Après avoir demandé aux militants d’évacuer les lieux, alors qu’un seul portait son brassard, ils déplacent les corps inertes sur le côté de la route. J’ai photographié leur intervention dans sa totalité. L’action, comme les arrestations, se sont – selon moi – bien déroulées, l’ambiance semblait plutôt bon enfant. Cependant, des combis d’intervention arrivent en nombre dans les rues adjacentes. De loin, je remarque que l’équipe de TV Brussel se fait violemment interpeller alors qu’ils rejoignent leur voiture, idem pour le photographe-citoyen. Je vois quelques secondes après que des policiers se dirigent vers moi, accompagnés d’un agent de sécurité. J’ai reconnu le visage de plusieurs d’entre eux, ils étaient en effet venus harceler la semaine précédente les réfugiés afghans au 127, rue du Trône. Certains m’avaient ce jour-là menacé : « Toi, si on t’attrape, on va te niquer ta sale gueule, on va te démonter et détruire ton appareil photo ». Prenant peur, plus pour mon matériel que pour moi, je me mets à cavaler. L’agent de sécurité m’a rattrapé et immobilisé au milieu de la Gare du Nord, j’ai été très brutalement plaqué au sol et menotté par huit à dix agents de police selon les témoins. C’est sous bonne garde, plié en deux et tel un dangereux criminel que l’on me fait rentrer dans un combi. A cet instant, je les ai entendus dire « Tu vois, on t’avait dit qu’on te retrouverait, maintenant, tu vas le regretter ». Ils savaient que j’étais photographe de presse, ils me connaissaient. Le gradé m’avise que je suis désormais en garde à vue, mais refuse de me donner l’heure de mon arrestation (sans doute 9 h 30).

L’arrivée de manifestants afghans, accompagnés par une rédactrice Belga (avec qui je travaille comme freelance), modifie alors leurs priorités. Ils doivent rejoindre leurs collègues devant l’Office des étrangers. La rédactrice, ayant appris mon arrestation, vient trouver le commissaire pour confirmer mon identité, mon statut de photographe de presse et exiger ma libération immédiate. Après un temps certain, de nombreux coups de fil à M. De Coninck (porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles) de la part de la rédaction Belga et la pression d’officiers supérieurs m’ayant reconnu, mon statut passe de « garde à vue » à « témoin » forcé. Contre mon gré et sous de nombreuses menaces (saisie de mon matériel, entrave à une enquête, etc.), je suis emmené au commissariat de Bockstael. Un des policiers détient mon téléphone portable et mon matériel photo, je ne suis manifestement pas « libre » et mes droits sont bafoués. Ma carte mémoire me sera prise une fois sur place.

Arrestation violente du photographe freelance Thibault Kruyts par une petite dizaine de policiers, après l’action devant l’Office des étrangers. ©Maxime Van Laere

Arrestation violente du photographe freelance Thibault Kruyts par une petite dizaine de policiers, après l’action devant l’Office des étrangers. ©Maxime Van Laere

Libéré aux alentours de midi (soit deux bonnes heures après mon arrestation), je prends le métro pour rejoindre cinq militants devant le commissariat central de Bruxelles. Sur place, je discute avec eux pour avoir des informations quant au déroulement des événements auxquels je n’ai pas pu assister. Je les prends en photo pendant qu’ils scandent « Libérez nos camarades ! », une policière vient gentiment leur demander combien de temps ils comptent rester sur le trottoir en face du commissariat. Cinq minutes après, sans avertissement, ils sont très violemment arrêtés. Le commissaire lui-même vient me chercher, alors que j’étais à dix mètres de là, « Tu n’as pas compris avec ce matin ? Eh bien cette fois, tu vas comprendre et on va bien te le faire regretter », tels étaient ses mots. Aucun motif et de nouveau en arrestation administrative. Mon sac photo est immédiatement confisqué, je suis menotté, déshabillé et fouillé. Certains policiers, surpris de me revoir dans cette situation rocambolesque, ont essayé de demander à ce que je sois libéré, sans y parvenir. Je suis emmené en cellule, où je resterai durant cinq longues heures. Malgré des demandes répétées pour de l’eau ainsi qu’une gaufre, aucun d’entre nous n’a pu en avoir, mais nous avons subi les moqueries gratuites d’agents du commissariat. En sortant, j’ai pu découvrir que la majorité de mes images avait été supprimée et j’ai ressenti des douleurs lancinantes dans mon bras gauche toute la soirée.

Cette journée ubuesque marque un tournant important des rapports entre la Presse et les Forces de l’ordre. Des journalistes ont été volontairement inquiétés et j’ai été arrêté parce que je gênais certains officiers. Dans un pays démocratique, comment est-il possible d’en arriver à une telle situation ? De quel droit la Police peut-elle saisir et se servir des images d’un photo-journaliste alors qu’il n’y a aucun crime, seulement un petit délit qui s’effacera à l’aide d’un jet d’eau ? Photographes, rédacteurs, cameramen, preneurs de sons, sommes-nous encore libres d’exercer nos métiers d’Information, sans pour autant devenir involontairement des auxiliaires de police, ou nous faire arrêter pour refus de leur donner ce qu’ils veulent ? Un goût amer me reste dans la bouche. Je laisserai donc les derniers mots à Victor Hugo, ceux qu’il a prononcés le 11 septembre 1848 devant l’Assemblée :

La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une c’est attenter à l’autre. Eh bien, toutes les fois que ce grand principe sera menacé, il ne manquera pas, sur tous ces bancs, d’orateurs de tous les partis pour se lever et pour protester comme je le fais aujourd’hui. La liberté de la presse, c’est la raison de tous cherchant à guider le pouvoir dans les voies de la justice et de la vérité. Favorisez, messieurs, favorisez cette grande liberté, ne lui faites pas obstacle ; songez que le jour où, après trente années de développement intellectuel et d’initiative par la pensée, on verrait ce principe sacré, ce principe lumineux, la liberté de la presse, s’amoindrir au milieu de nous, ce serait en France, ce serait en Europe, ce serait dans la civilisation tout entière l’effet d’un flambeau qui s’éteint ! « 

Source : pressformore.com - Thibault Kruyts
« Sales gauchistes, on vous aura..! »

Le témoignage d’Isabelle Marchal :

J‘ajoute à ce TRÈS inquiétant témoignage que lors de l’expulsion des Afghans de l’église Sainte-Croix, les policiers interdisaient de prendre des photos d’eux. L’un d’entre eux m’a dit : « Quand ce sera votre tour, vous rirez moins » (NB : Je ne riais pas, je prenais des photos…). A une autre photographe – non journaliste, comme moi – , l’un d’eux a lancé : « Sales gauchistes, on vous aura », avant de conclure par « Raus! »… … (oui oui : Raus!)

Moi je veux bien ne pas faire de comparaisons avec « une certaine époque », mais ça devient difficile!

Quant au jour de la tentative d’expulsion manquée, chaussée de Charleroi, par deux fois, un jeune policier m’a interdit de photographier les policiers (à ma connaissance, ce n’est pas interdit, si c’est dans le cadre de leurs fonctions), et à la deuxième fois, j’ai du présenter ma carte d’identité, avec intimidations du genre : « Si vous publiez ces photos de mon collègue qui est par ailleurs mon supérieur (slurp), vous devrez vous en expliquer »…

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Voici la réaction de la presse mainstream via la rédaction du site lesoir.be:

Manif d’Afghans:
«La police n’a pas à exiger du matériel à des fins d’enquête»

«Les forces de l’ordre n’ont pas à exiger du matériel à des fins d’enquête», indique vendredi le secrétaire général adjoint de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP), Jean-François Dumont, après qu’un photographe de presse eut été interpellé par la police lors d’une manifestation d’Afghans organisée vendredi matin devant l’Office des étrangers.

Selon des policiers sur place, le photographe freelance Thibault Kruyts a été interpellé comme témoin. Il aurait photographié des manifestants qui ont mis de la peinture rouge sur la porte d’entrée du bâtiment de l’Office des étrangers, situé chaussée d’Anvers à Bruxelles, entre la Gare du Nord et la station Rogier. Les policiers souhaitent identifier les auteurs de la dégradation à partir des photographies du journaliste freelance.

Même genre d’article sur RTBF.be: Confiscation du matériel d’un photographe: intimidation policière?

ULB – Avec un « L » pour… Libre?

Publié: 15 octobre 2013 par Page de suie dans Articles
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Où l’on revient à la genèse des faits…

Jeudi 10 octobre, une assemblée générale des étudiant(e)s de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) convoquée par le Bureau des étudiants administrateurs (BEA) a décidé de bloquer le Conseil d’administration (C.A.) du lundi 14 octobre si le point de la réforme n’est pas retiré de l’ordre du jour, et ce, à une très large majorité. En effet, les étudiant(e)s de l’assemblée générale refusent le coup de force du vote de cette réforme. Les étudiant(e)s rappellent aux autorités de l’ULB le respect du « libre examen » dans leurs propres décisions.

ag ULB 10 oct 2013

Pour rappel, fin mai 2013, en plein blocus, les étudiant(e)s furent informés d’un projet de réforme de la gouvernance à l’ULB, changeant ses statuts. Les autorités avaient constitué, quasi secrètement, plusieurs groupes de travail d’« experts » depuis 2 ans sur ce projet, sans en avertir la communauté universitaire.

Il est à déplorer que cette réforme veuille transformer l’université en une entreprise managériale. Les étudiants pointent notamment la séparation du CA en deux entités – une pour la gestion et une pour la politique académique – , effaçant ainsi toute opposition possible des corps dits « minoritaires » – étudiants, travailleurs, chercheurs – , un des derniers acquis de démocratie qui persistait de Mai 68. Les principales organisations étudiantes de l’ULB ainsi que des syndicats des travailleurs, se positionnent contre la réforme.

Les étudiant(e)s de l’assemblée générale revendiquent de manière indissociable le report de la réforme après les élections universitaires de décembre, ainsi que l’initiation d’un débat contradictoire sur l’ULB concernant la réforme préalablement à la mise en place d’un référendum où tous les membres de la communauté universitaire – étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs – pourront s’exprimer.

Le Blocage…

Nous refusons de vous laisser décider dans votre coin en secret d’une réforme d’une importance fondamentale pour l’université. Reportons la décision et osons le débat dans notre université. »

Une action pacifique qui a rapidement tourné à la répression policière.

Lundi 14 octobre à 16h30, plus d’une centaine d’étudiants de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) a réussi à bloquer la tenue de son conseil d’administration (CA) pour s’opposer à la « réforme de la gouvernance ». Suite à la décision de blocage du CA si le point « réforme » n’était pas reporté.

A l’arrivée des étudiants, les autorités de l’ULB avaient déplacé le CA dans un lieu qu’ils tenaient secret. Les étudiants ont constaté qu’en lieu et place du CA, les administrateurs embarquaient dans un bus pour une destination inconnue. Les étudiants ont alors bloqué – pacifiquement, mais fermement – le bus. Malgré la présence de nombreux étudiants devant celui-ci, le bus s’est élancé manquant d’écraser les manifestants au vu et au su des autorités et des administrateurs. Suite au blocage, un second bus est arrivé suivi d’une imposante « escorte » policière dépêchée par l’ULB. Bus dans lequel se sont empressés de monter les administrateurs. Bloquant ce second bus – toujours sans aucune violence – , les étudiants ont pourtant été réprimés avec une brutalité extrême. Plusieurs étudiants ont été blessés gratuitement : matraqués, jetés au sol, intimidés par la brigade canine – faisant un étudiant mordu – et finalement gazés par les forces de l’ordre.

Dans le calme et la bonne humeur, jusqu'à l'arrivé des cognes...

Les autorités ont contacté la police contre leurs propres étudiants! Les pandores étaient présents sur le campus – et donc soumis à la responsabilité de l’ULB – avant 16h. Des policiers en civil étaient présents dans le hall d’entrée du Conseil d’Administration. Cette mascarade démocratique n’avait qu’un but : empêcher les étudiants d’exprimer leur opposition.
En voulant faire passer en force le vote de la réforme de la gouvernance – pour laquelle les délégués des étudiants et des travailleurs s’étaient exprimés contre en juin dernier – , les autorités de l’ULB n’ont pas hésité à employer la violence gratuitement plutôt que de répondre positivement aux revendications démocratiques des étudiants.

En une semaine, ce sont plus de 2.000 étudiants qui ont signé la pétition, s’opposant au projet en l’état et soutenant la volonté de plus de démocratie à l’ULB! Ceci n’a pourtant pas ému les membres du CA ce lundi. L’ULB reste sourde aux demandes des étudiants pour plus de démocratie. Les étudiants ont eu à faire face aux insultes, à la malhonnêteté et aux coups, mais ils n’ont pas cédé.

Il est à déplorer le manque d’engagement du bureau des étudiants administrateurs (BEA) dans le dossier. Le BEA, malgré sa minorité progressiste, n’a pas pris en considération le vote démocratique du blocage décidé par l’assemblée générale. Cet agissement tient de la confiscation bureaucratique du pouvoir et n’a aucune légitimité. Le BEA, en tant qu’organe de représentation des étudiants, se doit de tenir des assemblées générales (AG) étudiantes démocratiques. Le mandat du BEA doit ainsi être défini par les revendications et les actions votées par les étudiants lors de ces AG!

Il est primordial de reporter cette réforme après les élections universitaires de décembre, ainsi que l’initiation d’un débat contradictoire sur l’ULB concernant la réforme préalablement à la mise en place d’un référendum où tous les membres de la communauté universitaire – étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs – pourront s’exprimer. Nous nous retrouverons pour une nouvelle assemblée générale ce mardi à 12h au foyer de l’ULB, car nous n’entendons pas nous arrêter là !

Voici la vidéo contredisant la version des  « autorités » de l’ULB, aucune violence de la part des étudiants!

Ce que les autorités qualifient aujourd’hui d’extrémisme, c’est le fait qu’une partie des étudiants ne se sont pas laissé faire et ont décidé de défendre leurs convictions, leurs valeurs et leur idéal démocratique de manière conséquente. Et je le revendique : ce n’est pas bloquer le processus démocratique mais au contraire c’est lui donner vie. Je sais que dans notre université nous vivons des temps où le refus de la contestation n’a sans doute d’égal que la glorification de celle du passé, mais il faut être de tout de même solidement borgne pour ne pas voir qu’on ne peut pas sans cesse défendre les valeurs de Mai 68, le libre-examen, le refus de se soumettre à un dogme d’un côté et de l’autre refuser de dialoguer avec toute forme d’action qui sorte du cadre institutionnel. Où sont passés les valeurs d’insoumissions de notre université ?  Que signifie encore le « L » de notre nom ? »

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P.S.: Certains reconnaîtront leur plume dans ce texte, et s’étonneront que je ne cite pas l’origine de ces extraits, qu’ils ne s’en offusquent pas. Mais fidèle à mes idées libertaires, n’ayant aucune attache politique, je me suis permis de retirer de ces textes toutes expressions partisanes ou allusions à un parti et/ou organisation affiliée. Les faits se suffisant je pense à eux-mêmes. Sorry… ou pas.

On dit policier-hooligan ou hooligan-flic?

Publié: 19 septembre 2013 par Page de suie dans Articles
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Un des sept hooligans belges arrêtés à Lisbonne
est… un policier bruxellois

 

hooligans-flic

Quand je croise la police militaire je me marre toujours en me disant que les mecs qui cumulent la connerie d’un flic avec celle d’un militaire, ça doit pas peser lourd sous le calot… Mais imaginez la fusion des du neurone d’une pourriture de petit flic bruxellois avec celui d’un supporter de foot hooligan..! J’imagine qu’on doit obtenir quelque chose avoisinant le Q.I. d’une huitre avariée à marrée basse!!! 😉 Ce serait effectivement marrant, révélateur, voire instructif de connaître les hobbies de tous ces mecs, une fois qu’ils enlèvent le casque, le bouclier et dépose la matraque. Naaan, j’crois pas..!

Sept supporters anderlechtois arrêtés à Lisbonne – DH.be

Un des hooligans belges appréhendés à Lisbonne est… un policier bruxellois – DH.be

Le policier arrêté pour hooliganisme « pourrait » faire l’objet d’une enquête – RTBFinfo

Baah, il ne fait que reproduire sur son temps libre la seule chose qu’il doit-être capable de bien faire… certains font des câlins à leur amoureuse, d’autres tapent sur les gens. On peut pas être doué en tout, hein..!

O povo se acordou! Le Brésil se réveille!

Publié: 19 juin 2013 par Fernand Naudin dans Articles
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50 ans que le Brésil n’avait plus vu ça…

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bresil emeutes 2013Au Brésil on ne l’attendait plus. Et pourtant. Un prétexte, l’augmentation du billet de bus, et c’est toute la poudrière qui prend feu, 200 personnes aux premières manifs, 100.000 hier à Rio.

Comme un air d’insurrection contre l’immense mensonge qu’est le gouvernement de gauche PT-FMI. La bourgeoisie pensait avoir endormi le peuple avec cette propagande quotidienne sur le nouveau « grand Brésil ». 6ème puissance mondiale, la pauvreté qui diminue, le pays de l’avenir, les classes moyennes qui augmentent, la consommation et tout le baratin…

La réalité est autre, pacification des Favelas ultra violente, conflit agraire réglé par les milices des latifundarios (grands propriétaires terriens), 5 millions de familles sans terre, les peuples indigènes toujours autant menacés, une inflation galopante, une corruption à tous les étages, un système de santé et éducatif d’une qualité exécrable. Des riches de plus en plus riche et les autres…

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On pensait les Brésiliens amorphes. Foot, samba, carnaval suffisait à ce peuple pour être heureux… Le réveil pour les élites doit être rude! La samba maintenant le peuple veut la danser avec la police, et les masques du carnaval sont remplacés par des foulards noirs.

La démocratie PT-FMI et le vieil État  montrent leurs vrais visages, fascistes, barbares. La police n’a pas changé depuis la dictature. L’État ne fait que défendre les monopoles impérialistes et protéger la bourgeoisie bureaucratique.

Le Brésil est pillé de ses richesses tandis qu’il se désindustrialise. C’est une véritable semi-colonie.

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Le peuple envahit l’assemblée législative de l’état de Rio de Janeiro.

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Le peuple sans peur! Ou… quand des flics prennent une rouste..!

La police tire à balles réelles pour « intimider » les manifestants.

« Durant ua manifestacion pacifica davant l’estadi Maracanã tà protestar contra las despensas exorbitantas hicadas en obras dens los diferents eveniments esportius que van arribats au Brasiu (copa de las confederacions, Copa deu monda, JO deu Rio) la policia qu’a emplegat armas de huec. Aquest acta amusha vertaderement ço qu’ei la democracia tan vantada. »

Lors d’une manifestation pacifique devant le stade Maracanã pour protester contre les dépenses exorbitantes mises en œuvres dans les différents évènements sportifs qui vont arriver au Brésil (coupe des confédérations, coupe du monde, JO de Rio) la police a fait usage d’armes à feux. Cet acte montre véritablement ce qu’est la démocratie tant vantée.

 

police tir balles réelles brésil

Tu parles… Ils sont paniqués et si certains tirent en l’air, on voit nettement que d’autres perdent les pédales et visent très nettement les manifestants à hauteur d’homme!

« Se são a favor de protesto com baderna »

Un sondage organisé sur un média bourgeois/collabo c’est retourné contre lui. A la question « Êtes-vous pour les manifs » une immense majorité a répondu ‘oui’. Comme ce n’est pas « politiquement correct » sur un média national qui fait de la lèche au gouvernement en place, ils ont donc décidé de changer perfidement la question pour influencer les votes. A la nouvelle question: « Êtes-vous pour des manifs avec des émeutes? » la réponse fut à nouveau un ‘oui’ retentissant! Cela démontre bien le climat actuel au Brésil.

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Maintenant il faut continuer et bâtir le mouvement populaire pour abattre ce vieil État décadent, et surtout ne pas tenter de le réformer..! Ils ne comprennent qu’un seul langage, celui de l’émeute!

ACAB brazil

Source: – 18 juin 2013

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« (Avanti) Les manifestations d’aujourd’hui au Brésil marquent une massification du mouvement et ce sont les plus importantes des 15 dernières années. Toutes les grandes villes sont touchées. Au moins 65.000 à São Paulo, 100.000 à Rio, 20.000 à Belo Horizonte, 15.000 à Porto Alegre, 10.000 à Belém… A São Paulo des cortèges ont été organisés sur plusieurs universités et lycées. 4000 de l’Université de São Paulo. Les étudiants de la fac de Médecine se préparent a secourir les manifestants en cas de repression. Les mères de plusieurs jeunes ont organisé leur propre cortège. Des manifestations de solidarité de la part d’artistes et intellectuels se multiplient. La police a été contrainte d’accepter que les manifestants définissent le parcours de la manif et le gouverneur « d’interdire » l’usage du flashball A Rio il y a des affrontements avec des voitures brulées et 80 policiers pris en otage à l’intérieur du parlement local. A Brasilia les manifestants sont montés sur le toit de l’Assemblée Nationale et un siège a été mis en place, en empechant les députés de sortir. A Belo Horizonte un manifestant a été poussé d’un pont de 36 mètres et il pourrait y avoir des morts (information non confirmée). Avec la Turquie, on peut dire que les pays « émergents » deviennent le maillon faible de la chaine capitaliste! Face à la popularité du mouvement, la présidente brésilienne Dilma Rousseff et Lula ont été contraints de dire qu’il s’agissait de « manifestations démocratiques qui faisaient progresser le pays ». A suivre… « 

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(Mediapart) Manifestants et policiers s’affrontaient lundi soir devant l’Assemblée législative de Rio de Janeiro, au Brésil, où le mouvement de contestation contre la hausse du coût des transports publics et la facture du Mondial-2014 a pris une nouvelle dimension en pleine Coupe des confédérations et où des dizaines de milliers de Brésiliens ont manifesté lundi dans tout le pays.

Quelque 30 000 personnes, en majorité des jeunes de la classe moyenne, défilaient pacifiquement à Sao Paulo, alors qu’il n’étaient que 8 000 jeudi dernier lors d’un rassemblement violemment réprimé par la police. Des manifestations moins importantes avaient lieu dans d’autres villes du pays. A Brasilia, environ 200 manifestants, sur un total de plus de 2 000, sont parvenus à grimper sur le toit du Parlement.

Et si dans la plupart des villes, la police surveillait étroitement les défilés sans les réprimer, à Belo Horizonte, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants pour les empêcher de s’approcher du stade Mineirao où se jouait le match de la Coupe des confédérations entre le Nigeria et Tahiti.

Et à Rio de Janeiro, où le stade Maracana avait déjà rassemblé des Brésiliens mécontents dimanche, un groupe de manifestants a tiré des feux d’artifice sur la police et incendié des poubelles tandis que la police retranchée dans le bâtiment répondait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Alors qu’un petit groupe de manifestants violents prenaient d’assaut depuis des heures le siège du gouvernement de l’Etat de Rio, à l’intérieur duquel étaient retranchés des dizaines de policiers, dont certains blessés lors des affrontements, des blindés de la police quadrillaient le centre de Rio dans la nuit de lundi à mardi, roulant sur des barricades en flammes, à la recherche de derniers groupes de manifestants. Tandis qu’à Sao Paulo aussi, la police a dispersé en fin de soirée des manifestants qui tentaient de pénétrer à l’intérieur du gouvernement de l’Etat de Sao Paulo.

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(Avanti) Ce lundi, 100.000 personnes ont manifesté à Río de Janeiro, 65.000 à Sao Paulo, et plusieurs dizaines de milliers d’autres à Brasilia, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador, Belén, Vitoria et Curitiba, entre autres grandes capitales régionales. A Brasilia, les protestations se concentrent surtout contre les dépenses pharaoniques de prestige engagées par les autorités pour organiser des événements sportifs internationaux. Le gouvernement dépense des milliards en stades de football alors que les secteurs publics des transports, de l’éducation et de la santé sont en difficulté.

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(Secours Rouge – 18 juin) A l’issue de la manifestation qui avait réuni plus de 100.000 personnes hier à Rio et entraîné des affrontements police/manifestants et de multiples arrestations, un groupe de manifestants a pris d’assaut le siège du gouvernement de l’état de Rio. Des dizaines de policiers anti-émeute s’y étaient retranchés en début de soirée, et les manifestants ont lancé des cocktails Molotovs et des pierres contre le bâtiment. Une centaine de policiers du bataillon de choc de la police militaire sont intervenus durant la nuit à bord de véhicules blindés, tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogène pour déloger les manifestants. Des poubelles et des voitures ont été incendiées, des vitrines de banques brisées par la foule qui dénonce toujours la hausse des prix des transports en commun et les dépenses gouvernementales énormes consenties par le gouvernement pour l’accueil de la Coupe du Monde de football l’an prochain. La police est également intervenue durant la nuit à Sao Paulo pour disperser des manifestants qui tentaient de pénétrer à l’intérieur du gouvernement de l’état de Sao Paulo.

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(Secours Fouge – 20 juin) Brésil : Violents affrontements en marge d’un match de foot. La vague de contestation contre la hausse du prix des transports et les dépenses gouvernementales inconsidérées pour des tournois de football ne faibli pas au Brésil. Hier soir, en marge du match Brésil-Mexique, 25.000 personnes ont bloqué deux des quatre routes d’accès au stade durant plusieurs heures. Un vaste cercle de sécurité avait été installé autour du stade. Lorsque la foule a tenté de le forcer, la police a riposté par une pluie de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, blessant au moins deux manifestants. Ceux-ci ont répliqué par des jets de pierres. D’autres manifestations s’étaient déroulé durant la journée à Belo Horizonte, Rio Branco, Brasilia et Niteroi. Un vaste appel au rassemblement a également été lancé pour ce soir à Rio, où l’Espagne affronte Tahiti dans la Coupe des Confédérations.

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D’autres vidéos du Brésil…

Lien vers Indymédia Brazil

Pour mes amis qui vivent à l’extérieur de la Turquie:

Je vous écris pour vous faire savoir ce qui se passe à Istanbul pour les cinq derniers jours. Personnellement, je dois écrire cela parce que la plupart des sources médiatiques sont fermées par le gouvernement et le bouche à oreille et l’Internet sont les seuls moyens laissés pour nous de nous expliquer et demander de l’aide et du soutien.

Il y a quatre jours, un groupe de personnes qui n’appartenaient à aucune organisation ou idéologie spécifique se sont réunies dans le parc Gezi d’Istanbul. Parmi eux, il y avait beaucoup de mes amis et étudiants. Leur raison était simple: prévenir et protester contre la démolition prochaine du parc pour la construction encore d’un autre centre commercial au centre de la ville. Il existe de nombreux centres commerciaux à Istanbul, au moins un dans chaque quartier! L’abattage des arbres devait commencer tôt jeudi matin. Les gens sont allés au parc avec leurs couvertures, des livres et des enfants. Ils ont planté leurs tentes et ont passé la nuit sous les arbres. Tôt le matin lorsque les bulldozers ont commencé à tirer sur les arbres centenaires. Les militants se sont levés contre eux pour arrêter l’opération.

Ils n’ont rien fait d’autre que de rester devant les machines!

Aucun journal, aucune chaîne de télévision n’était là pour présenter la manifestation. C’était un complet black out médiatique…

Mais la police est arrivée avec des véhicules à canons à eau et de gaz au poivre. Ils ont chassé les gens sur le parc.

Dans la soirée, le nombre de manifestants a grossi. De même que le nombre de forces de police à travers le parc. Pendant ce temps le gouvernement local d’Istanbul fermait tous les accès menant à la place Taksim, où le parc Gezi est situé. Le métro a été fermé, les ferries ont été annulées, les routes ont été bloquées.

Pourtant, de plus en plus de gens ont fait leur chemin jusqu’au centre de la ville à pied.

Ils sont venus de tous les coins d’Istanbul. Ils sont venus de tous les milieux différents, des idéologies, des religions différentes. Ils se sont tous réunis pour empêcher la démolition de quelque chose de plus grand que le parc:

Le droit de vivre comme des citoyens honorables de ce pays.

Ils se sont rassemblés et ont défilé. La police les a chassés avec des spray au poivre et des gaz lacrymogène et ont foncé avec leurs chars sur les gens qui en retour offraient de la nourriture à la police. Deux jeunes gens ont été écrasés par les chars et ont été tués. Une autre jeune femme, une de mes amis, a été touchée à la tête par une des bombes lacrymogènes. La police tirait directement dans la foule. Après une opération de trois heures, cette amie est toujours en unité de soins intensifs et dans un état très critique. Au moment où j’écris cela, nous ne savons pas si elle va s’en sortir. Ce blog est consacré à elle.

Ces gens sont mes amis. Ce sont mes étudiants, mes parents. Ils n’ont aucun «agenda caché» comme l’Etat aime à le dire. Leur agenda est là. Il est très clair. Le pays tout entier est vendu à des sociétés par le gouvernement, pour la construction de centres commerciaux, des condominiums de luxe, des autoroutes, des barrages et des centrales nucléaires. Le gouvernement est à la recherche de n’importe quelle excuse (et il l’inventera si nécessaire) pour attaquer la Syrie contre la volonté de son peuple.

En plus de tout cela, le contrôle du gouvernement sur la vie personnelle de son peuple est devenu insupportable. L’Etat, en vertu de son programme conservateur a adopté plusieurs lois et règlements concernant l’avortement, la naissance par césarienne, la vente et la consommation d’alcool et même la couleur du rouge à lèvres porté par les hôtesses de l’air.

Les gens qui marchent vers le centre d’Istanbul réclament leur droit de vivre librement et de recevoir la justice, la protection et le respect de l’État. Ils exigent d’être impliqués dans les processus de prise de décision au sujet de la ville où ils vivent.

Ce qu’ils ont reçu à la place est la mise en œuvre d’une force excessive et d’énormes quantités de gaz lacrymogène tirées directement en direction de leurs visages. Trois personnes ont perdu leurs yeux.

Pourtant, ils continuent leur marche. Des centaines de milliers de gens se joignent à eux. Plus de deux mille personnes ont passé le pont du Bosphore à pied pour soutenir le peuple de Taksim.

Aucun journal ou chaîne de télévision n’était là pour rapporter les événements. Ils étaient occupés à diffuser des nouvelles à propos de Miss Turquie et du « chat le plus étrange du monde ».

La police a continué de courir après les gens et en les pulvérisant avec spray au poivre si bien que les chiens et chats errants ont été empoisonnés et en sont morts.

Les écoles, les hôpitaux et même des hôtels 5 étoiles à travers la place Taksim ont ouvert leurs portes aux blessés. Les médecins rempli les salles de classe et des chambres d’hôtel à prodiguer les premiers soins. Certains policiers ont refusé de pulvériser des personnes innocentes avec des gaz lacrymogènes et ont quitté leur poste. Autour de la place ils ont mis des brouilleurs pour empêcher la connexion Internet et les réseaux 3G ont été bloqués. Les résidents et les entreprises de la région ont fourni leur réseau sans fil gratuit aux gens dans les rues. Les restaurateurs leur ont offert de la nourriture et de l’eau gratuitement.

Des personnes à Ankara et Izmir se sont réunies dans les rues pour soutenir la résistance à Istanbul.

Les médias grand public continuaient de montrer miss Turquie et « le chat le plus étrange du monde »..!


* * *


Je vous écris cette lettre pour que vous sachiez ce qui se passe à Istanbul. Les médias ne vous diront rien de tout cela. Pas dans mon pays du moins. S’il vous plaît envoyez le plus grand nombre d’articles que vous voyez sur l’Internet et passer le mot.

Comme j’ai publié des articles qui expliquent ce qui se passe à Istanbul sur ma page Facebook hier soir quelqu’un m’a posé la question suivante:

«Qu’espérez-vous gagner en vous plaignant de notre pays aux étrangers?»

Ce blog est ma réponse.

Par ce qu’on appelle «se plaindre» au sujet de mon pays, j’ai l’espoir de gagner:

La liberté d’expression et de parole,

Le respect des droits de l’homme,

Le contrôle sur les décisions que je prends concernant mon sur mon corps,

Le droit de se réunir légalement dans n’importe quelle partie de la ville sans être considéré comme un terroriste.

Mais plus que tout vous passant ce message, mes amis qui vivez dans d’autres parties du monde, j’espère obtenir votre prise de conscience, votre soutien et votre aide!

S’il vous plaît diffusez ce message et partagez ce blog.

Je vous remercie!

Traduction : Atlas Alternatif Réseau

Témoignage de la révolte populaire massive en Turquie

Quelque chose d’incroyable s’est passé en Turquie cette nuit. Tout a commencé avec une petite manifestation dans le parc Gezi contre son projet de démolition afin de construire un centre commercial à sa place. Ce parc se trouve dans le centre du quartier historique d’Istanbul, sur la place Taksim.

Cette place est aussi un symbole du mouvement ouvrier turc et, chaque année, au Premier mai, des confrontations entre la police et les manifestants se déroulent sur cette place. C’est un endroit important que nous voulons récupérer alors que les manifestations sont interdites dans ce parc. Défendre celui-ci est un enjeu considérable car nous ne pouvons pas accepter qu’il soit transformé en centre commercial. En outre, ce parc compte de magnifiques arbres très anciens, et c’est l’un des rares lieux verts de la ville.

Occupy Gezi

Tout a commencé donc avec un petit groupe de jeunes écologistes qui défendaient ces arbres. Ce rassemblement s’est maintenu et n’a cessé de grandir depuis le lundi 27 mai. La police a attaqué le groupe et les a repoussés. Vendredi matin, la police a mené une attaque très violente. Des personnes qui n’étaient pas dans la manifestation se sont jointes aux manifestants pour les soutenir.

Pendant toute la journée, la situation s’est aggravée, la répression policière s’est faite plus brutale encore ; gaz aux poivres, lacrymogènes, tirs avec des munitions en plastique dur, jets d’eau à très haute pression et des centaines de policiers. Nous avons eu très peur pendant toute la journée qu’il y ait de nombreux morts. Et c’est arrivé. Deux personnes sont mortes.

Revoltes populaires Turquie police violence Taksim 01-06-2013 #occupy gezi istanbul

Cela a constitué le point de non-retour pour le peuple d’Istanbul. Grâce au fait que c’était vendredi en fin de journée, beaucoup de gens ont alors rejoint la place Taksim après leur travail. D’abord 10.000, puis 20.000 personnes, et leur nombre a augmenté, encore et encore. La police, encore très sûre de ses propres forces, a continué à attaquer brutalement la foule. C’était réellement un état de guerre. Pas loin de 250.000 personnes se sont alors rassemblées à Istanbul. Mais nous continuions à avoir peur que la police frappe encore plus fort, n’utilise de véritables munitions et multiplie le nombre de morts.

Et là, quelque chose de magique s’est produit. Des gens qui étaient conscients de ce danger ont commencé à défendre le peuple qui se battait à Taksim. Pendant ce temps, des manifestants de la place Taksim ont envahi d’autres rues. Dans le voisinage, des gens ont fait clignoter les lumières, puis en parlant entre eux, puis en sortant de chez eux. Tout s’est passé en quelques heures seulement… et maintenant, les manifestations ont gagné toute la Turquie.

Le gouvernement de l’AKP est remis en question

On dirait que personne ne dort cette nuit. Plus d’un million de personnes sont maintenant dans les rues d’Istanbul. Tout est bondé et les manifestants marchent à nouveau sur la place Taksim. A Ankara, le peuple marche vers le Parlement et dans les autres villes ils se dirigent sur les bâtiments de l’AKP (parti au pouvoir).

La police attaque de plus en plus lourdement et il y a une escalade dans l’usage de la force. Les gens sont d’abord arrivés en colère, mais deviennent de plus en plus confiant. Ils reculent un moment devant les gaz chimiques, mais continuent ensuite à marcher.

Revoltes populaires Turquie police violence Taksim #occupy gezi istanbul

Le gouvernement de l’AKP est maintenant directement remis en cause. C’est la première fois que quelque chose de ce genre se passe en Turquie sous ce gouvernement. Encore hier soir, cela ressemblait à une sorte de mouvement « Occupy », mais maintenant, c’est une protestation populaire massive qui manifeste contre le gouvernement pour demander sa démission.

Taksim-Tahrir..?

Il faudra analyser plus avant la nature de mouvement, mais pour l’instant il semble évident que c’est un soulèvement pour la démocratie… Qui sait, peut-être que Taksim sera la prochaine Tahrir dans les jours qui viennent. Les revendications vont se construire à l’intérieur de mouvement.

Il y a le risque que le mouvement soit récupéré par la gauche réformiste nationaliste. Cet enjeu dépendra aussi des villes kurdes. Si elles se joignent au mouvement, ce qu’elles semblent commencer à faire, alors nous pourrions combiner ce soulèvement pour la démocratie avec un véritable processus de paix en Turquie. Peut-être que la paix ne pouvait arriver qu’avec un soulèvement de ce genre, et cela en dépit du fait que l’ouest du pays est dominé par des tendances nationalistes pour le moment.

Si on m’avait demandé hier matin si je pensais que quelque chose de cette ampleur allait se passer, j’aurais certainement répondu non. C’était magnifique de voir ce peuple prendre de plus en plus de confiance dans son pouvoir et dans son combat pendant qu’il résistait collectivement.

Les habitants des quartiers sont très solidaires avec les manifestants. Tous les commerçants essayent d’aider et de pourvoir le nécessaire pour les soins.

Il paraît qu’il y a plus de 150 policiers à Istanbul qui ont arrêté de gazer les gens et se sont joints aux manifestants et certains ont déclarés qu’ils démissionnaient de la police. Un chauffeur de bus qui était au volant d’un bus municipal a conduit son véhicule contre un blindé de la police pour le bloquer et créer une barrière entre la police et les manifestants.

Il y a tant d’espoir dans ce qui est en train de se passer !

Istanbul, 1er juin 2013

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D’autres photos sur l’album « Taksim » de World Riot 24/h

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Revoltes populaires Turquie police violence Taksim #occupy gezi riot istanbul

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Turquie.1000 manifestants blessés à Istanbul: le régime Erdogan se dévoile.

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Turquie : Nuit d’affrontements à Istanbul – SR

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Turquie : le printemps place Taksim – TV5

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Istanbul : des milliers de manifestants ont fêté leur victoire  &  La police se retire de la place Taksim

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Les femmes résistent aussi ! *

Les femmes se rebellent ! Et vous ne nous arrêterez pas avec des gaz, des tanks et des matraques ! Les femmes résistent avec les autres groupes opprimés depuis deux jours. Travailleurs, Kurdes, LGBT, Alaouites, Musulmans, non-musulmans, athées et tous les opprimé(e)s, exploité(e)s, insulté(e)s et blâmé(e)s comme des « traîtres » sont en train de se rebeller en Turquie. La résistance qui a commencé dans le parc Gezi de la Place Taksim à Istanbul est en train de déborder sur de nombreuses autres villes.

Nous, les femmes, sommes sur le front de cette résistance. Nous rejoignons la rébellion parce que :

  • Le Premier ministre Tayyip Erdogan et sa clique ont cherché à promouvoir le lynchage des femmes par les hommes ;
  • Ils ont tolérés l’assassinat de femmes par des hommes avec leur loi sur les « provocations injustifiées » ;
  • Ils n’ont pas ouverts de lieux d’accueil pour permettre aux femmes d’échapper à la violence domestique des hommes ;
  • Ils ont stigmatisés les femmes violées et harcelées en les traitant d’immorales et de non-chastes ;
  • Ils ont mis la pression sur les femmes violées pour qu’elles accouchent des enfants issus de ces viols ;
  • Ils ont qualifiés l’avortement de meurtre ;
  • Ils n’ont pas ouvert de crèches mais ont imposés aux femmes de donner naissance à au moins trois enfants ;
  • Ils nous ont condamnés à la pauvreté, au travail précaire, aux emplois incertains et à vivre dans des conditions proches de l’esclavage ;
  • Ils ont définis le travail domestique comme le devoir des femmes ;
  • Ils se sont acharnés sur les femmes et les familles qui vivaient de manière indépendante des hommes avec leurs lois.

Mais nous, femmes, nous résistons !

Parce que le Premier Ministre Tayyip Erdogan et sa clique nous ont condamnés à subir l’oppression et l’exploitation des hommes, nous appelons toutes les femmes à descendre dans la rue et à se rebeller pour notre libération !

Socialist Feminist Collective

(*) j’avoue trouver ce titre zarbi, limite rabaissant, comme si il n’était pas évident que les femmes puissent être en premières lignes aux côtés des hommes…

Reblog d'un article de avanti4.be du 1 juin 2013 - Traduction française pour Avanti4: Sylvia Nerina

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Edit du dimanche 02 juin
Doruk, 31 ans, monteur

« Au départ, c’était qu’une petite lutte environnementale, juste pour quelques arbres, rien de plus. Juste une cinquantaine de personnes qui campaient dans un parc pour empêcher la construction d’un centre commercial. Et puis la police a attaqué les campeurs en pleine nuit. Ils ont brûlé les tentes et ça nous a tous rendu fous. Ce n’est pas une lutte politique, c’est un bras de fer entre la police et les habitants.

Si la police s’en va, tout ça va se calmer. C’est la seule solution. Il faudrait que le premier ministre s’excuse pour le comportement des forces de l’ordre mais je n’y crois pas. On a beaucoup encaissé ces dix dernières années. On n’en peut plus de ce gouvernement. Ils ont interdit la vente d’alcool après 22 heures il n’y a pas longtemps, ils passent des lois de plus en plus conservatrices. Jusqu’à maintenant on ne disait rien. Aujourd’hui, on veut montrer aux politiques qu’ils ne peuvent pas tout faire. »

Denis, 18 ans, étudiant

« C’était une action pour l’environnement, c’est devenu une guerre. Erdogan (le premier ministre turc) est trop conservateur. Nous ne voulons pas de la charia, nous ne voulons pas de femmes voilées, nous sommes des musulmans modernes. Etre musulman ce n’est pas être traditionaliste. Le chef de l’Etat fait peur, il suffit de regarder la télévision ces derniers jours : il n’y a que deux chaînes turques qui parlent des manifestations alors que, partout dans le monde, les médias en parlent ! Tayyip Erdogan veut nous imposer ses lois de plus en plus restrictives, il n’écoute pas son propre peuple, il attaque ses citoyens : nous ne voulons plus de lui. »

Deniz, 50 ans, banquière

« Il y a une semaine c’était un petit mouvement pacifique, à cause de la brutalité policière c’est devenu un énorme mouvement populaire. On en a marre de l’ivresse de pouvoir du chef de l’Etat. Utiliser des gaz contre quelques manifestants, juste parce qu’ils sont contre un projet décidé par le gouvernement, c’est une honte dans une démocratie. Où est la liberté d’expression ?

Ces derniers jours, c’est la première fois que le peuple turc se lève depuis plus de vingt ans. On peut remercier les réseaux sociaux qui ont éveillé les consciences des jeunes depuis quelques jours. Parce qu’on ne peut pas compter sur les médias pour dire la vérité. A la télé, les seules chaînes qui parlent de ce mouvement populaire disent que ce sont des activistes qui sèment la pagaille. C’est faux et ça il faut le dire au monde entier. »

Othar, 31 ans

« Je ne suis pas politisé mais je suis ici pour grossir les rangs de la contestation. Cela fait dix ans qu’on n’aime pas la façon dont le gouvernement nous traite, et on est restés endormis. Quand je vois tous ces gens dans la rue depuis plusieurs jours, je me demande pourquoi on n’a pas fait ça avant ! Les gens au pouvoir devraient nous représenter et nous protéger. »

Ergi et Sertaç, 30 ans, professeurs vacataires à l’université

« Chacun a une bonne raison d’être ici, nous n’avons pas tous les mêmes raisons mais nous avons une chose en commun : nous ne pouvons plus supporter la politique de notre gouvernement. Nous sommes là parce ce que nous en avons assez des villes transformées avec des grands projets immobiliers décidés par les politiques sans consulter le peuple. On en a marre de la violence qui augmente, on en a marre des lois liberticides qui passent en douce. La loi contre la vente d’alcool après 22 heures est l’exemple le plus récent mais il y en a d’autres ! L’histoire du parc est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Déjà, le 1er mai dernier, les syndicats n’ont pas eu le droit de manifester place Taksim, une place symbolique dans l’histoire du pays. Les policiers attendaient les manifestants et il y a eu des affrontements. C’est là que la prise de conscience populaire a commencé. On attendait depuis longtemps que la colère des gens explose. On y est, enfin ! »

Ces témoignages viennent de Rue89… je sais c’est pas le top comme référence… mais vu que les infos arrivent au compte goutte, on va pas faire les difficiles, hein.

Re-Edit du dimanche 02 juin
Émeutes massives contre le terrorisme d’État en Turquie

Après deux jours de protestation contre la gentrification urbaine de Gezi Park (le plus grand parc de la place Taksim, où les espaces verts sont sans cesse détruits), les gens en ont eu marre de la brutalité policière et de la violence.

Le silence des médias, qui augmente les histoires d’attaques contre le gouvernement et les libertés individuelles, répond aux objectifs de l’État qui essaye de tirer profit de la situation en Syrie et qui a transformé le récent conflit en émeutes. (sorry, la traduction de cette phrase n’est pas très clair…)

Les affrontements se sont poursuivis toute la journée et la nuit d’hier. Au moins sept personnes ont été tuées par les attaques de la police, des centaines ont été blessées, des centaines sont en garde à vue où ils sont battus et certains torturés.

Tous les temples du capitalisme ont dû fermer à Taksim. Il y a beaucoup de solidarité dans les rues, beaucoup de petits magasins, maisons, universités, toutes les pharmacies ont ouvert leurs portes aux manifestants. La Chambre des architectes et les bureaux d’ingénieurs turcs sont transformés en hôpitaux avec des médecins et des infirmiers bénévoles. Et ils soignent les manifestants blessés.

Dans de nombreux endroits à Istanbul, les postes de police ont été attaqués, de nombreux véhicules de police sont détruits ou incendiés. Des groupes fascistes ont été battus par des anarchistes. Les gens de la rive asiatique qui voulaient rejoindre les émeutes ont été bloqués par la police, mais ils ont marché après minuit, en traversant le pont du Bosphore à pied. Le premier ministre a blâmé les réseaux sociaux d’informer sur les meurtres, et il a ironiquement traité les personnes qui partagent ces informations de fascistes. (sic…)

La protestation s’est propagée dans toute la Turquie. Les gens sont dans les rues d’Ankara, Izmir, Eskisehir, Sakarya, Isparta et bien d’autres…

Ces protestations ne sont pas seulement pour le parc Gezi, comme les médias inféodés au pouvoir le clament. Les émeutes sont désormais l’expression de la révolte de centaines de milliers de personnes qui protestent contre l’oppression de l’État et contre la violence. Nous, en tant qu’anarchistes et en tant que révolutionnaires, avons été et allons être dans les rues, contre le terrorisme d’État et contre les violences policières.

Nous attendons des actions de solidarité de tous les anarchistes et anti-autoritaires dans le monde entier. Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et l’exploitation capitaliste.

Nous continuerons à diffuser des informations tant que l’émeute se poursuivra.

Action Révolutionnaire Anarchiste (DAF)

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En ce moment. Le peuple réquisitionne des engins de chantier pour contrer les barrages des flics, les routiers bloquent les accès aux flics avec leurs camions, les gens montent des barricades de pavés et de briques, de très nombreux véhicules de flics sont détruits et/ou brulés!

taksim pelle mecanique contre police

Istanbul, pelle mécanique Vs police

turquie camions Vs police Taksim istanbul

Istanbul, trucks Vs cops

Dix-huit décès impliquant des policiers ont été recensés en 2012.

[Reblogué depuis Basta! – Par Ludo Simbille, avril 2013]

Deux fois plus qu’il y a dix ans. Et un scénario souvent similaire : peu d’égards pour les familles des victimes, des procédures judiciaires qui s’éternisent, une difficile transparence sur les circonstances de la mort et le rôle des policiers… Est-ce dû au profil type des trépassés ? Au poids de la corporation policière et à sa difficulté à reconnaître une éventuelle faute ? Alors que trois non-lieux viennent d’être confirmés pour des opérations de police ayant entraîné la mort, Basta ! a enquêté sur les raisons de cette tradition française.

« Je suis très fier de la justice française. » L’enthousiasme de Jean-Pierre Mignard, avocat des familles de Zyed Benna et Bouna Traoré, fait le tour des médias ce 31 octobre 2012. La cour de cassation de Paris vient d’annuler le non-lieu en faveur des policiers impliqués dans la mort de ces deux adolescents de Clichy-sous-Bois, un soir d’octobre 2005. Après sept ans de procédure ponctuée de non-lieux et de reports, la tenue d’un procès va pouvoir avoir lieu. S’en exalter, c’est dire le caractère apparemment exceptionnel de cette décision. Comme si « les gens à Clichy devaient comprendre que c’est classe de la part de la justice, et après fermer leur gueule. On dira merci à la fin, quand il y aura le procès et qu’ils seront condamnés. Alors que c’est complètement normal », tance Noredine Iznasni, co-fondateur du Mouvement immigration banlieue (MIB). Mais derrière cette « décision historique », les classements sans suite, les procédures à rallonge, les acquittements, et les peines avec sursis sont légion.

Ne serait-ce que sur les six derniers mois, quatre plaintes mettant en cause des forces policières ont été déboutées : non-lieu en février dernier pour la mort d’Ali Ziri, ce retraité décédé à la suite d’une suffocation après son interpellation à Argenteuil. Non-lieu en décembre pour Mohamed Boukourou, victime d’un arrêt respiratoire dans un fourgon de police après avoir pris des coups. Non-lieu encore, en octobre 2012, pour Mahamadou Marega, décédé après avoir été la cible d’un tir de Taser à Colombes. Enfin, non-lieu en septembre dernier avec Abou Bakari Tandia, tombé dans le coma pendant sa garde à vue, fin 2004, à Courbevoie. Trois de ces ordonnances de non-lieu viennent d’être confirmées par la cour d’appel de Versailles. Ces drames allongent la liste interminable des violences policières fatales reléguées dans les oubliettes des prétoires. De quoi atténuer la ferveur de l’avocat Jean-Pierre Mignard.

10 à 15 morts par an suite à des opérations de police

Dix à quinze décès par an. C’est la moyenne nécrologique de la répression policière qu’avance l’historien Maurice Rajsfus et son Observatoire des libertés publiques : Que fait la police ? . Elle s’étire sur plus de cinquante ans. Six à huit décès entre 1977 et 1997. Une dizaine de 1997 à 2001. Au début du 21ème siècle, la macabre moyenne atteint les douze cercueils par an. Désormais, on compterait un mort tous les vingt jours selon la comptabilité du Collectif « Vies volées ». Ce qui élève l’année 2012 au rang des plus meurtrières, avec 18 décès. En quatre décennies, entre 500 et 1 000 personnes auraient ainsi succombé, directement ou indirectement, des suites d’une opération de police. Le profil type du trépassé ? Un jeune homme des quartiers populaires, d’origine maghrébine ou d’Afrique Noire.

Deux constats sont sans appel : d’une part, une intervention policière peut provoquer la mort, même si c’est involontairement. D’autre part les responsables sont rarement inquiétés. Sur un échantillon de 180 personnes décédées au cours d’une opération de police, environ un tiers des affaires sont classées sans suite, une trentaine débouchent sur un non-lieu, et une dizaine sur des relaxes. Soit plus de la moitié des affaires. Près de soixante-dix entraînent des peines avec sursis pour les auteurs des violences. On relève moins de dix condamnations à de la prison ferme [1]. « C’est presque un lieu commun de parler d’impunité », lance Rafik Chekkat, ancien avocat et animateur du site État d’exception. Pourtant, « les policiers sont des justiciables de droit commun », rappelle la juge d’instruction et vice-présidente du Syndicat de la magistrature, Sophie Combes. En théorie… Comment se traduit cette immunité de fait ? Quel chemin suivent les procédures ?

De mort naturelle

« Aucun élément ne permet de retenir la responsabilité d’un fonctionnaire de police dans le processus ayant abouti au décès de la victime ». Ce type d’ordonnance de non-lieu revient régulièrement pour signifier l’abandon d’une action judiciaire. Il n’y a donc pas de relation de cause à effet entre la mort d’une personne et l’intervention dont il a fait l’objet. « Même lorsque les preuves sont accablantes contre les flics », se désole Omar Slaouti du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ». Juin 2009, ce chibani de 69 ans succombe à la technique d’interpellation dite du « pliage » à Argenteuil. Une première expertise médicale dédouane les policiers. Mais une seconde autopsie indique « un arrêt cardio-circulatoire multifactoriel », suite à un manque d’oxygène avec plus de 27 hématomes sur son corps.

Pour Lamine Dieng mort à Paris dans un fourgon de police en juin 2007 : du vomi dans tout le système respiratoire, et un hématome de 5 cm au sommet du crâne occasionnant gonflement et écoulement du cerveau, explique sa sœur Ramatta Dieng. « Personne n’aurait pu survivre au traitement qu’il lui a été infligé ». Motif du décès : asphyxie due à « l’appui de la face contre le sol ». Les policiers sont placés en qualité de témoins assistés, ce qui n’est pas vraiment une mise en examen.

Armes non létales

En cause : la technique « d’asphyxie posturale », une technique d’immobilisation largement dénoncée depuis dix ans par Amnesty International ou la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) et interdite dans plusieurs pays. En France, elle serait à l’origine de plusieurs fins de vie prématurées, tel Abdelhakim Ajimi en 2008, qui s’est éteint devant dix témoins et dont le sursis des responsables vient d’être confirmé.

Idem pour les armes dites non-létales. Mahamadou Marega en décembre 2010 est retrouvé inanimé dans un ascenseur d’immeuble à Colombes suite à une intervention policière. Il a été aspergé de gaz lacrymogène et électrocuté de 17 coups de Taser, un pistolet à impulsion électrique. Son cœur est gonflé de sang. Mostefa Ziani expire à Marseille d’une crise cardiaque suite à un tir de flash-ball [2]. La CNDS ou son successeur, le Défenseur des droits, attestent d’« usage abusif » de ces armes, « d’immobilisation peu académique », ou encore de « traitement inhumain et dégradant » de la part des agents publics. De leur côté, magistrats et Inspection générale des services (IGS) concluent généralement à une « mort naturelle » liée au stress de l’interpellation ou à l’état de santé [3].

« Si ce ne sont pas les policiers, qui l’a tué ? »

« Le non-lieu, ça veut dire qu’il s’est tué tout seul. Si ce ne sont pas les policiers, qui l’a tué ? C’est qui ? », s’énerve Touré Ismail, l’oncle de Mahamadou Marega. Un non-lieu n’est pas un acquittement mais une décision qui clôt l’instruction, prise lorsque les preuves n’apparaissent pas suffisantes à l’encontre de la personne mise en cause. Dans plusieurs décès, des suites d’une opération de police, l’état de santé de la victime est jugé responsable de la mort : « malformation cardiaque » voire maladie génétique. Comme pour Abdel El-Jabri, décédé à Aulnay en janvier 2012 après un contrôle d’identité. Selon le Parquet, le décès est dû à « une rupture de l’aorte, déjà fragile, liée à une maladie génétique », malgré le massage cardiaque effectué par un policier. « A croire que lorsqu’on est immigré, on a tous un problème de valve cardiaque. C’est complètement délirant », ironise Omar Slaouti.

Abou Bakari Tandia aussi serait mort en se frappant la tête contre les murs d’un commissariat de Courbevoie en 2004. Avant que les rapports médicaux, bizarrement disparus, réapparaissent cinq ans plus tard et évoquent une asphyxie posturale. Puis qu’un policier avoue s’être essayé à la clef d’étranglement… La caméra de surveillance de sa cellule aurait été hors service suite à un arrachage de fils. Son avocat Yassine Bouzrou, qui a porté plainte pour faux témoignage, a également fait appel du non-lieu rendu.

Vaine volonté de transparence

Matériel technique qui fait défaut, « zones d’ombres », « versions contradictoires », « contre-autopsie » rythment inlassablement nombre de procédures. Certaines affaires se suivent et se ressemblent. « A la limite si on nous faisait la démonstration que ce ne sont pas des meurtres… mais qu’il y ait une volonté de transparence sur les choses », soupire Omar Slaouti. Ce sentiment est alimenté par la difficulté pour les proches de disposer d’informations claires sur les circonstances de la mort. Les familles sont parfois prévenues bien après le dernier souffle. Dix heures après pour Tina Sebaa et Raouf Taïtaï, tués à bord d’une voiture volée lors d’une poursuite avec la brigade anti-criminalité (BAC), à Saint-Fons, dans la banlieue lyonnaise, en 2007. Trente-six heures pour Lamine Dieng. Quarante-huit heures après pour Ali Ziri.

Déjà en 2006 Amnesty International alertait l’opinion sur « ces policiers au-dessus des lois » : réticence à poursuivre les responsables, enquêtes partiales, lenteurs administratives… Une situation qui impose aux familles de se constituer partie civile auprès du juge d’instruction pour accéder aux éléments du dossier et consulter les examens médicaux. Durant l’enquête préliminaire, l’avocat n’a accès qu’au procès verbal et aux auditions, et non à tout le dossier comme le revendique le Syndicat de la magistrature.

« Connue des services de police »

Durant cette phase de l’enquête, c’est souvent le profil de la victime « connue des services de police » qui est pointée. Au mieux celle-ci est alcoolique ou toxicomane. Au pire un dangereux délinquant. Ainsi, découvrait-on dans la bouche du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, Zyed et Bouna en voleurs de chantiers alors qu’ils rentraient d’un match de football. « J’ai mal car ils ont sali le nom de mon neveu, ils ont déclaré qu’il était délinquant », confie de son côté Touré Ismail, à propos de Mahamadou Marega. Celui que les médias appellent le sans-papier malien n’attendait en fait que son renouvellement de titre de séjour de dix ans.

Quant à Amine Bentounsi, décédé le 21 avril 2012 à Noisy-le Sec (Seine-Saint-Denis), il est réduit dans plusieurs médias à son statut de « caïd multirécidiviste ». Fuyant un contrôle d’identité, alors qu’il aurait dû regagner la maison d’arrêt de Châteaudun, en Eure-et-Loir, où il bénéficie d’une permission de sortie, il est abattu par un agent de la BAC, d’une balle logée dans le dos. Le jeune homme était armé mais n’a pas ouvert le feu. « On a voulu le rendre coupable à titre posthume », regrette Amal, la sœur du défunt.

Peine de mort abolie ?

La peine de mort est abolie en France. « Toute personne appréhendée ne doit subir de la part des fonctionnaires aucune violence ni traitement inhumain », stipule l’article 10 du Code de déontologie de la police nationale. Pourquoi alors charger le casier judiciaire du cadavre encore chaud ? Avoir un comportement illicite délivrerait-il un permis de tuer aux fonctionnaires assermentés ? « Les policiers ne sont-ils pas formés pour désamorcer ce genre de choses ? » s’étonne Ramatta Dieng, animatrice du site A toutes les victimes, et sœur de Lamine Dieng, décédé à Paris dans un fourgon de police.

Yassine Bouzrou avance une analyse : « Comme les magistrats se prononcent sur leur intime conviction, il est plus facile de légitimer que le policier n’a pas dérapé mais a répondu à un acte anti-flic. » La systématisation de la plainte pour « outrage et rébellion » va dans ce sens, remarque l’avocat [4]. Autre argument récurent de la part de l’institution policière : l’interpellation s’est effectuée « dans le respect de la procédure ». Pas vraiment rassurant.

Présomption de légitime défense

La légitime défense est également invoquée. Notamment lorsque les voitures en fuite, considérées comme « armes par destination », se dirigent vers les barrages installés pour les stopper. Abdel Kader Bouziane aurait ainsi été abattu d’une balle au nom de ce principe. Et tant pis si l’accidentologue révèle une vitesse de 36 km/h : non-lieu pour le fonctionnaire. Le commissaire honoraire Georges Moréas reconnaît sur son blog que la jurisprudence fait jouer depuis longtemps la « présomption de légitime défense » en faveur des policiers.

La mise en examen pour homicide volontaire du policier qui a tiré sur Amine Bentounsi provoque la fronde de ses collègues – nous sommes la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Ils réclament l’instauration de la fameuse présomption [5]. « Un policier mis en examen doit pouvoir continuer à travailler, peut-être dans un autre service, et toucher la totalité de son salaire, sinon c’est antinomique avec la présomption d’innocence », expliquait alors Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police. « Si on laisse passer une balle dans le dos, c’est qu’il n’y pas de justice en France », répond Amal, la sœur d’Amine Bentounsi. Vivement engagée pour la reconnaissance du meurtre de son frère, elle subit depuis des pressions. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a porté plainte contre elle pour « diffamation envers une administration », à cause de son site urgence-notre-police-assassine. « Tous les policiers ne sont pas à mettre dans le même sac, mais il existe une grosse pression des syndicats de police qui sont très puissants. C’est presque un lobby », estime-t-elle.

Omerta ?

Dans ces affaires, ce sont des policiers qui enquêtent sur des policiers. « La police joue à domicile, la justice est l’annexe du commissariat », critique l’ancien avocat Rafik Chekkat. Que ce soient l’IGS, l’IGPN ou la police judiciaire, tous font partie intégrante de la même maison. Une certaine omerta s’y illustre par la réticence de plusieurs agents à dresser des procès-verbaux dénonçant leurs collègues, pour ne pas passer pour un « traître » ou une « balance ». Des recommandations du Défenseur des droits ont même été rejetées par le ministère de l’Intérieur, toute sanction disciplinaire devant venir après une éventuelle sanction pénale. Ce qui peut durer longtemps.

Pourtant, quand on veut sanctionner une mortelle incompétence ou une tragique faute, on peut. Une demi-douzaine de policiers ont été condamnés pour homicide à de la prison ferme [6]. A chaque fois, l’acte mortel est solitaire, s’exécute par balle et l’intentionnalité est peu contestable. Jean Carvalho – condamné à 12 ans pour le meurtre de Fabrice Fernandez, dans un commissariat de Lyon –, Alain Marty – 10 ans pour avoir tué un SDF de quatre balles en 1998 à Tarbes – et Pascal Compain – 8 ans pour une balle dans la tempe de Makomé M’Bowolé dans un commissariat parisien – demeurent les trois policiers le plus lourdement condamnés. Caractéristique ? Ils ont été lâchés par leurs collègues, leur hiérarchie ou la Place Vendôme. Présentés comme « médiocre », « caractériel », « désinvolte et dilettante », « déprimé » ou « impulsif ». Soit comme des fonctionnaires non représentatifs de la corporation. Comme un aveu de cette influence, Manuel Valls a promis que « personne ne sera protégé » à propos du policier qui a tué hors-service Yassin Aïbeche à Marseille devant une épicerie, mi-février.

Justice à plusieurs vitesses

Environ 600 fonctionnaires de police sont décédés pendant leur service depuis 1971. Dont les deux tiers lors d’accidents de service, selon le décompte du blog Victime du devoir. Environ 200 agents ont été tués lors d’opérations de police proprement dites (fusillade, interpellation, contrôle, prise d’otages…). Et la plupart des coupables dorment désormais entre quatre murs. Le meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique est passible de la réclusion criminelle à perpétuité, contre 30 ans pour tout autre personne [7].

D’un côté, la fermeté et la rapidité sont la règle, et c’est normal. De l’autre, le classement sans suite, le non-lieu ou la peine avec sursis semblent banalisés. Pourquoi cette différence ? Mantes-la-Jolie en 1991. Saïd Lhadj tue de manière accidentelle la policière Marie-Christine Baillet : dix ans de prison ferme [8]. Ce même soir de juin, au Val-Fourré, Youssef Khaïf, est tué d’une balle dans la nuque par l’arme de service de Pascal Hiblot. Dix ans après, le policier est acquitté. Toulouse en 1998 : Henri Blois tue Habib d’une balle dans le dos. Verdict en correctionnel : trois ans de sursis. Jérôme Chaboub blesse un policier dans les révoltes qui font suite à la mort du jeune toulousain : douze ans derrière les barreaux pour tentative d’homicide. Villiers-le-Bel en 2007 : les frères Kamara purgent douze et quinze ans de prison. Ils sont condamnés, sur la foi de témoignages sous X et sans preuves irréfutables, pour avoir tiré sur des policiers lors d’affrontements suscités par le décès de Larami et Moushin, tués lors de la collision de leur moto avec un véhicule de police. Leurs familles attendent encore qu’un procès fasse la lumière sur les circonstances de leur mort.

Vers des commissions d’enquête autonomes ?

Comment en finir avec ce qui ressemble à une certaine impunité ? L’avocat Yassine Bouzrou suggère que les membres de l’IGS, chargés d’enquêter sur leurs collègues en cas de délit ou de faute, ne soient pas des policiers intégrables aux services classiques, afin de leur éviter des représailles. Au Syndicat de la magistrature, Sophie Combes propose de placer la PJ sous l’autorité d’une instance judiciaire à qui on ne pourrait reprocher aucun lien d’empathie avec la corporation. C’est ce que souhaite également le collectif Vies volées en lançant une pétition pour la création d’une commission d’enquête autonome et indépendante. Objectif : 10 000 signatures à déposer au ministère de Justice. Afin qu’avocats et magistrats indépendants puissent juger les crimes policiers « sans parti pris ».

« Le jour où ils seront condamnés normalement, certains policiers réfléchiront avant de faire ce genre d’actes », espère Noredine Iznasni. Quitte à étudier d’autres formes d’incarcération pour les policiers jugés coupables d’homicides. « C’est irresponsable de confier tant de pouvoir à des individus sans qu’il y ait de contrôle derrière, c’est normal qu’il y ait des dérives », ajoute Ramatta Dieng. Pour que demain, plus personne ne meure, en France, sans autre forme de procès. Et que méfiance et suspicion ne planent plus sur les procédures judiciaires impliquant des policiers.

Ludo Simbille

Photos : © Basta ! (Ivan du Roy, Karim Benzidani, Julien Brygo, Ornella Guyet)

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Notes

[1] Constat établi à partir de faits relevés depuis cinquante ans sur des blogs de collectifs, de livres, et recoupés par la presse. Nous reviendrons prochainement sur ce recensement.

[2] Le rôle du flash-ball est jugé « indiscutable » par l’autopsie dans l’œdème pulmonaire ayant provoqué la mort : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/14/tir-de-flash-ball-un-deme-pulmonaire-serait-la-cause-du-deces_1453052_3224.html.

[3] Voire « d’acte suicidaire » comme l’a avancé un procureur à propos d’un chauffeur de taxi mort suite à un refus de contrôle de police.

[4] En 20 ans, le nombre de condamnations pour ce type de délits a augmenté de 74 %. Une arme de dissuasion « commode pour justifier les excès de leurs violences et faire condamner leurs victimes », écrit l’observatoire des violences policières des bouches du Rhône.

[5] Selon l’article 122-5 du code pénal : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même et autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense. » Finalement refusée par la commission de protection juridique, cela avait abouti à un projet de loi.

[6] Dont deux ayant commis leur crime hors service.

[7art. 221-4 du code pénal.

[8] Les assises de Versailles ont reconnu en 1997 le caractère accidentel.

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La fameuse technique d’immobilisation « d’asphyxie posturale » m’a fait voir mes derniers moments arriver, ces trois connards de flics ne se rendant même pas compte qu’ils me brisaient quasi la nuque et que j’étais incapable de respirer, seul un appel radio les a distrait du dangereux anarchiste, me permettant d’aspirer enfin de l’air et cessant la pression sur mes cervicales. Ils doivent bander quand ils coincent ainsi un « bougnoule » ou un « gauchisss »… Pauv’merdes va, bientôt le vent changera et on verra s’ils auront toujours la niaque pour cogner… Mais ils retourneront leurs vestes bien avant ces chiens, comme en ’44 lorsque les flics de France se sont soudain découverts un amour immodéré pour la justice, après quatre ans de collaboration odieuse et ont mis des brassards FFI.

Notez que des flics, « anonymes » ou non… aux AA y doit y en avoir une belle flopée, hein? 🙂

Via le Secours Rouge:

Jusqu’à présent, les policiers étaient légalement obligés de porter une plaquette nominative sur leur uniforme. Une proposition de loi vient d’être votée pour que cette plaquette soit remplacée par un numéro d’intervention pour préserver leur anonymat sur le terrain. Selon les termes du texte, cela permettra de « garantir au citoyen la possibilité d’identifier les policiers qui les interpellent tout en évitant que les hors-la-loi puissent connaître leur identité pour éviter les représailles ».

Déjà que nos foutus flics belges refusaient obstinément – en opposition avec la loi – de faire figurer leur patronyme de façon visible sur leurs uniformes… C’est pas en remplaçant un nom fantôme par un numéro que ça va améliorer quelque chose!!! Vous me direz que pour tabasser des gamines ou du « gauchisss », il vaut mieux rester anonymement noyé dans la masse, OK. Sans compter qu’en cas de plainte… est-il plus facile de retenir 56734 (ou était-ce 57634 !!) plutôt que Grandjean ou Martinez? Le retour du classique: « le numéro qui vous a tabassé n’est plus attribué, tûuut, tûuut, tûuut… le numéro qui vous a tabassé n’est… »

Merci Annemie, merci, Joëlle, comme toujours quand il s’agit de sortir une connerie on sait qu’on peut compter sur vous, vous êtes les meilleurs les filles continuez comme ça!

http://www.secoursrouge.org/Belgique-Policiers-anonymes

http://www.liguedh.be/2002/1719-lidentification-des-policiers–une-necessite-pour-eviter-limpunite

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Dans la presse mainstream, Lesoir.be

Les Policiers ne sont pas des numéros

Marc Metdepenningen

Un projet de loi voté mardi en Commission de l’Intérieur au Sénat, à l’initiative de Gérard Deprez (MCC-MR), entend allouer aux policiers le bénéfice de l’anonymat lors de leurs interventions ou des auditions qu’ils réalisent. Leurs nominettes d’identification seraient remplacées par des numéros, les réfugiant ainsi dans l’inexistence personnelle et interdisant à ceux auxquels ils s’adressent de les nommer. Cette mesure se fonde sur le risque (très limité) de représailles que les policiers pourraient ressentir après l’interpellation d’un suspect.

Force est de constater que ce projet de loi plonge le bras armé de l’Etat dans l’inexistence sociale. La dés-individualisation des actes de l’administration (comme dans tout groupe humain) produit fatalement une perte de responsabilité qui ne peut être qu’individuellement assumée et ressentie, comme l’avaient notamment démontré les travaux du psychologue américain Edward Diener.

L’agent 15 (Quick et Flupke) ou 212 (Cauvin) sont-ils en train de reprendre du service ? L’optimalisation des services de l’Etat qui rendait chaque agent (de police ou d’administration) identifiable et qui consacrait les citoyens face à ses services comme des « clients » plutôt que comme des administrés est-elle en régression ? On peut le craindre. D’autant que par contamination virale de cette mesure, jusqu’à présent dédicacée à la seule police (et dont le parcours législatif doit se prolonger), il n’est pas exclu que d’autres corps de l’Etat ou des administrations demanderont de bénéficier de la même faveur au motif qu’il arrive (et c’est regrettable) que certains de leurs clients-administrés profèrent parfois des menaces ou prononcent aux guichets de l’Onem, du fisc, etc., des gros mots.

Si cette loi devait entrer en application, le justiciable serait susceptible de devoir adresser ses courriers à l’inspecteur traitant sa plainte sous l’en-tête, par exemple, de Monsieur 56734, plutôt que sous l’introduction « Inspecteur Dupond ». L’objectif poursuivi par cette proposition de loi (contraindre les représailles que des agents disent subir) semble disproportionné en regard de l’ampleur des mesures préconisées. Elles sont contraires aux principes de « Community Policing » adoptés lors de la réforme des polices. Contraires aussi aux droits d’une défense qui voudrait porter plainte contre un policier. C’est un recul démocratique qui ramène du secret au sein d’une administration parmi les plus essentielles.

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On peut imaginer les AAP… 😉

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Le flic qui avait donné un coup de pied à Niki une jeune indignée grecque assise par terre et menottée, a été jugé coupable… mais pas condamné!

Le 12 octobre 2011, Niki, une des jeunes « indignées » grecque faisant partie de la marche vers Bruxelles, a été violemment frappée au visage à plusieurs reprises par un lâche flic en civil bien connu des activistes bruxellois, alors qu’elle venait d’être interpellée lors d’une action – plus que pacifique! – contre la banque Dexia.

Niki viloences policières Bruxelles octobre 2011

Les deux vidéos: d’abord le coup de pied et ensuite les coups et la tête au sol…

Imaginez une frêle gamine d’à peine 20 ans, menottée, assise par terre, immobile, qui comme le montre la vidéo, n’a AUCUNE agressivité envers cette saloperie de flic. Et puis sans raison apparente il lui lance un coup de pied en plein visage! Quel homme! Ça c’est un flic, un défenseur de la loi! Une merde fasciste oui! Et on remarquera, que PAS UN de ses collègues ne trouve ça choquant… genre : « Oh, Fabrice! C’est une gamine quoi, t’es con? ». Évidemment que non, ils font tous la même chose, nous avons tous subit leur violence, nous avons tous vu comment ils s’acharnent sur des gamins déjà menottés et arrêtés. Et quand ils se rendent compte qu’ils ont été un tantinet trop loin… le mec au crane éclaté se prend une « rébellion à agent » en sortant des urgences. Un pote s’est fait fracasser le crane à la matraque par notre cher VandersmiSSen, pissant le sang, et s’est vu accuser de rébellion une heure après. Ah ils sont beaux tes pandores Annemie! Si ce genre de justice n’est pas un blanc-seing à l’intention des flics, ça y ressemble comme deux gouttes d’eau.

Suspension du prononcé!

Reconnu coupable le 13 mars dernier par le juge de la 50e chambre, pour coups et blessures volontaires avec la circonstance aggravante qu’elles étaient illégitimes, et dans le cadre de ses fonctions, Fabrice V.H. (ils n’osent même pas donner son nom, comme on le fait avec n’importe quel inculpé non mineur), a obtenu la suspension du prononcé de la condamnation, ce qui lui préserve un casier judiciaire vierge..!

Oui, malgré qu’il fut reconnu coupable le tribunal a accepté la suspension du prononcé. Imaginez un instant, que cela soit Niki qui ai envoyé son pied dans la figure du flic, qu’elle se soit acharné une seconde fois sur lui, étant allongé et menotté, comme il l’a fait… pensez-vous que cette gamine aurait bénéficié de la suspension du prononcé et s’en soit tirée sans même une inscription à son casier judiciaire? ELLE SERAIT EN TAULE! Je le sais, vous le savez, nous le savons tous, et cette garce d’Annemie Turtelboom aussi! Si c’est ça la loi qu’ils veulent nous voir respecter, ils peuvent se la foutre au cul et profond!

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Dans la presse mainstream:

JT du 12/10/2011 RTLtvi

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RTBF.be – 15 octobre 2011

Violence policière sur une jeune « indignée » à Bruxelles: le policier libéré…

Le 12 octobre dernier, Niki, une des jeunes « indignées » grecque faisant partie de la marche vers Bruxelles, a été violemment frappée par celui qu’elle décrit comme un « policier en civil », alors qu’elle venait d’être interpellée lors d’une action contre la banque Dexia. Le policier est suspendu.

La vidéo, que l’on peut voir sur You Tube, n’est pas d’excellente qualité. Elle a été prise lorsque la police a fait évacuer des locaux de Dexia que les jeunes « indignés » avaient pris pour cible d’une action de protestation. Mais l’on discerne clairement une jeune fille menottée faisant l’objet, par deux fois, de coups portés par quelqu’un que les indignés assurent être un policier en civil.
Une première fois, c’est un coup de pied au visage qui est porté à la jeune femme. La seconde fois, alors qu’elle gît au sol, la même personne lui porte un nouveau coup et lui projette la tête au sol.
La jeune femme qui témoigne, Niki, explique n’avoir résisté à aucun moment. Elle estime que les coups ont été portés sans aucune raison, alors qu’elle ne bougeait pas. Selon les auteurs de la vidéo, la jeune femme a été emmenée à l’hôpital et y a été soignée pour diverses blessures faciales.

Le policier a été suspendu

Du côté de la police, une enquête a été ouverte. « Le service de surveillance interne a rédigé les procès-verbaux nécessaires et le policier en question » a été entendu ce vendredi après-midi a précisé Roland Thiébault, porte-parole de la zone Nord. La victime a eu l’occasion de donner sa version des faits. Le policier a été suspendu de ses fonctions et privé de liberté ce vendredi, puis libéré ce samedi. Il a été mis à la disposition du parquet. Un procès-verbal pour coups et blessures volontaires a été dressé. « Nous sommes les premiers à déplorer ce genre de comportement. Dès que nous avons vu les images vidéo de la scène, nous avons immédiatement réagi. Nous avons pris contact avec le parquet, interpellé le policier à son domicile puis l’avons amené dans nos bureaux pour une audition » a déclaré Roland Thiébault.
Les « indignés », venus de plusieurs pays d’Europe, se sont donné rendez-vous à Bruxelles du 8 au 15 octobre. Le samedi 15 octobre, ils organisent une manifestation dans les rues de Bruxelles, en même temps que dans une septantaine d’autres villes européennes.

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La capitale.be – 25 avril 2013

Saint-Josse: le policier qui a tabassé la jeune indignée est coupable, mais pas condamné

Le policier qui, en octobre 2011, avait scandaleusement frappé à coups de pied une des manifestantes d’un groupe des indignés, assise et ligotée devant le siège de la banque Dexia de la place Rogier, à Saint-Josse, n’a pas été condamné. Niki avait reçu des coups de pieds du policier qui ont été filmés.Niki viloences policières Bruxelles octobre 2011

Bien que reconnu coupable de coups et blessures volontaires, Fabrice V.H. a obtenu le mois dernier une suspension du prononcé devant le tribunal correctionnel. Mais il aurait renoncé à sa carrière.

La scène violente, filmée par un simple GSM, a fait scandale en faisant le tour du web. C’était en octobre 2011, lorsque les « indignés » manifestaient à Brxuelles. On y voit un policier décocher gratuitement des coups de pied au visage d’une jeune fille, assise et menottée devant le siège de la banque Dexia de la place Rogier, à Bruxelles. Ce policier, vient d’être jugé par le tribunal correctionnel, pour coups et blessures volontaires avec la circonstance aggravante qu’elles étaient illégitimes, dans le cadre de ses fonctions de policier.

Reconnu coupable le 13 mars dernier par le juge de la 50e chambre, Fabrice V.H., a obtenu la suspension du prononcé de la condamnation, qui lui préserve un casier judiciaire vierge. Mais il mettrait malgré tout un terme à sa carrière de policier.