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« Je ne suis pas raciste, mais… »

L’enquête commence par ces mots, tant et tant de fois entendu : « Je ne suis pas raciste, mais..! » Gilles Cayatte et Christophe Nick – Yami2 productions – s’attachent à déconstruire un préjugé. Les préjugés, nous les subissons tous depuis la maternelle. Certains sont naïfs, stupides, inoffensifs… d’autres sont cruels, détruisent des vies, sont cause de racisme, de haine et de peur! Celui-ci est bien connu, rabâché dans les meetings de droite et par les roquets Zémour et Marine depuis des lustres – oups, par la gauche aussi, j’oubliais que Valls en était – et bien sur repris en cœur par les médias mainstream. Ce préjugé..? « l’immigration et la délinquance en France seraient liés »

DISCRI

Partie 1 : IMMIGRATION ET DÉLINQUANCE, L’ENQUÊTE QUI DÉRANGE

Prenons un préjugé très répandu en France. « Plus il y a d’immigrés, plus il y a de délinquance ». John Paul Lepers – le journaliste – , qui en est fermement convaincu, veut vérifier. À l’aide du recensement de l’INSEE et des statistiques du ministère de l’Intérieur, il se rend d’abord dans les communes de France qui comptent le plus d’immigrés : Aubervilliers, Beausoleil, Oyonnax. Les écarts de délinquance dans ces quatre communes en tête du hit-parade de l’immigration sont tels qu’il doit changer de méthode. Il compare la délinquance dans deux grosses agglomérations que tout oppose : Montbéliard, à très fort taux d’immigrés et Caen, avec quasiment pas d’immigrés.  Les résultats le stupéfient : ce sont les mêmes. Avec l’aide de statisticiens et de spécialistes de la criminalité, il démontre que le lien entre immigration et délinquance n’est pas vérifié.

Partie 2 : LA FABRIQUE DU PRÉJUGÉ

Dans un second film, John Paul Lepers essaye de comprendre pourquoi ce préjugé est tenace. Il découvre des mécanismes insidieux qui sont à la racine de toute discrimination. À l’aide de professeurs en psychologie sociale, il réalise des expériences dans des écoles primaires et dans des salles de laboratoire qui révèlent les processus inconscients qui nous poussent à créer des catégories humaines et à leur apposer des stéréotypes, qui deviennent des préjugés à la base de toute discrimination.

Une enquête pour les Français qui doutent. Ces deux films vont choquer, et je le revendique. Au début du premier film, « immigration et délinquance, l’enquête qui dérange » je raconte une expérience personnelle, avec des mots crus : « Dernièrement, à Paris, une dizaine de jeunes, noirs et arabes, a essayé de voler mon scooter, je l’ai récupéré, mais ils m’ont frappé ». Pourquoi ai-je précisé qu’il s’agissait de  jeunes « noirs et arabes », au risque d’être condamné pour cette précision ethnique. J’ai décidé de prononcer ces mots parce que je sais aujourd’hui que nous sommes dans l’erreur, et que cette situation est dangereuse pour notre pays.

Pendant le tournage de ces films, j’ai accepté de me mettre à nu. J’ai abandonné mon idéologie, et j’ai voulu me fondre dans cette France qui est malade des bouleversements qu’elle subie. Nous – une majorité de Français, et je m’y inclus – avons la quasi certitude que la montée de la délinquance est liée à l’immigration. Certes, nous ne l’exprimons pas de la même manière, car pour certains il s’agit d’une opportunité politique, pour d’autres c’est un sentiment presque honteux, mais nous en sommes là, collectivement.

Sur ces questions essentielles, les sentiments, bons ou mauvais, ne suffisent pas. Avec Christophe Nick et Gilles Cayatte, nous avons mené l’enquête, pendant de long mois. A partir des statistiques officielles que nous avons minutieusement vérifiées sur le terrain, nous apportons des preuves qui montrent que non, et je dois vous dire que j’ai eu du mal à le croire, la délinquance n’est en aucune manière liée à la présence d’immigrés sur notre territoire. Les immigrés ne sont pas plus, et bien sur pas moins délinquants que les autres Français. Qu’on se le dise !

Le premier film apporte, à tout citoyen de bonne foi, des exemples concrets et des chiffres précis, qui constituent potentiellement une boite à outils pour combattre ceux qui ont intérêt à opposer les communautés qui forment la France.

Le deuxième documentaire, s’attache à nous expliquer comment naît un préjugé, et pourquoi nous en sommes, en fait, victimes. Une plongée scientifique et subtile dans nos imaginaires collectifs. »

John Paul Lepers

Les préjugés..? On peut les colporter et les ânonner bêtement, mais on peut aussi les réfléchir, les conscientiser pour travailler dessus.
Source : Yami2 Productions