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O povo se acordou! Le Brésil se réveille!

Publié: 19 juin 2013 par Fernand Naudin dans Articles
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50 ans que le Brésil n’avait plus vu ça…

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bresil emeutes 2013Au Brésil on ne l’attendait plus. Et pourtant. Un prétexte, l’augmentation du billet de bus, et c’est toute la poudrière qui prend feu, 200 personnes aux premières manifs, 100.000 hier à Rio.

Comme un air d’insurrection contre l’immense mensonge qu’est le gouvernement de gauche PT-FMI. La bourgeoisie pensait avoir endormi le peuple avec cette propagande quotidienne sur le nouveau « grand Brésil ». 6ème puissance mondiale, la pauvreté qui diminue, le pays de l’avenir, les classes moyennes qui augmentent, la consommation et tout le baratin…

La réalité est autre, pacification des Favelas ultra violente, conflit agraire réglé par les milices des latifundarios (grands propriétaires terriens), 5 millions de familles sans terre, les peuples indigènes toujours autant menacés, une inflation galopante, une corruption à tous les étages, un système de santé et éducatif d’une qualité exécrable. Des riches de plus en plus riche et les autres…

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On pensait les Brésiliens amorphes. Foot, samba, carnaval suffisait à ce peuple pour être heureux… Le réveil pour les élites doit être rude! La samba maintenant le peuple veut la danser avec la police, et les masques du carnaval sont remplacés par des foulards noirs.

La démocratie PT-FMI et le vieil État  montrent leurs vrais visages, fascistes, barbares. La police n’a pas changé depuis la dictature. L’État ne fait que défendre les monopoles impérialistes et protéger la bourgeoisie bureaucratique.

Le Brésil est pillé de ses richesses tandis qu’il se désindustrialise. C’est une véritable semi-colonie.

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Le peuple envahit l’assemblée législative de l’état de Rio de Janeiro.

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Le peuple sans peur! Ou… quand des flics prennent une rouste..!

La police tire à balles réelles pour « intimider » les manifestants.

« Durant ua manifestacion pacifica davant l’estadi Maracanã tà protestar contra las despensas exorbitantas hicadas en obras dens los diferents eveniments esportius que van arribats au Brasiu (copa de las confederacions, Copa deu monda, JO deu Rio) la policia qu’a emplegat armas de huec. Aquest acta amusha vertaderement ço qu’ei la democracia tan vantada. »

Lors d’une manifestation pacifique devant le stade Maracanã pour protester contre les dépenses exorbitantes mises en œuvres dans les différents évènements sportifs qui vont arriver au Brésil (coupe des confédérations, coupe du monde, JO de Rio) la police a fait usage d’armes à feux. Cet acte montre véritablement ce qu’est la démocratie tant vantée.

 

police tir balles réelles brésil

Tu parles… Ils sont paniqués et si certains tirent en l’air, on voit nettement que d’autres perdent les pédales et visent très nettement les manifestants à hauteur d’homme!

« Se são a favor de protesto com baderna »

Un sondage organisé sur un média bourgeois/collabo c’est retourné contre lui. A la question « Êtes-vous pour les manifs » une immense majorité a répondu ‘oui’. Comme ce n’est pas « politiquement correct » sur un média national qui fait de la lèche au gouvernement en place, ils ont donc décidé de changer perfidement la question pour influencer les votes. A la nouvelle question: « Êtes-vous pour des manifs avec des émeutes? » la réponse fut à nouveau un ‘oui’ retentissant! Cela démontre bien le climat actuel au Brésil.

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Maintenant il faut continuer et bâtir le mouvement populaire pour abattre ce vieil État décadent, et surtout ne pas tenter de le réformer..! Ils ne comprennent qu’un seul langage, celui de l’émeute!

ACAB brazil

Source: – 18 juin 2013

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« (Avanti) Les manifestations d’aujourd’hui au Brésil marquent une massification du mouvement et ce sont les plus importantes des 15 dernières années. Toutes les grandes villes sont touchées. Au moins 65.000 à São Paulo, 100.000 à Rio, 20.000 à Belo Horizonte, 15.000 à Porto Alegre, 10.000 à Belém… A São Paulo des cortèges ont été organisés sur plusieurs universités et lycées. 4000 de l’Université de São Paulo. Les étudiants de la fac de Médecine se préparent a secourir les manifestants en cas de repression. Les mères de plusieurs jeunes ont organisé leur propre cortège. Des manifestations de solidarité de la part d’artistes et intellectuels se multiplient. La police a été contrainte d’accepter que les manifestants définissent le parcours de la manif et le gouverneur « d’interdire » l’usage du flashball A Rio il y a des affrontements avec des voitures brulées et 80 policiers pris en otage à l’intérieur du parlement local. A Brasilia les manifestants sont montés sur le toit de l’Assemblée Nationale et un siège a été mis en place, en empechant les députés de sortir. A Belo Horizonte un manifestant a été poussé d’un pont de 36 mètres et il pourrait y avoir des morts (information non confirmée). Avec la Turquie, on peut dire que les pays « émergents » deviennent le maillon faible de la chaine capitaliste! Face à la popularité du mouvement, la présidente brésilienne Dilma Rousseff et Lula ont été contraints de dire qu’il s’agissait de « manifestations démocratiques qui faisaient progresser le pays ». A suivre… « 

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(Mediapart) Manifestants et policiers s’affrontaient lundi soir devant l’Assemblée législative de Rio de Janeiro, au Brésil, où le mouvement de contestation contre la hausse du coût des transports publics et la facture du Mondial-2014 a pris une nouvelle dimension en pleine Coupe des confédérations et où des dizaines de milliers de Brésiliens ont manifesté lundi dans tout le pays.

Quelque 30 000 personnes, en majorité des jeunes de la classe moyenne, défilaient pacifiquement à Sao Paulo, alors qu’il n’étaient que 8 000 jeudi dernier lors d’un rassemblement violemment réprimé par la police. Des manifestations moins importantes avaient lieu dans d’autres villes du pays. A Brasilia, environ 200 manifestants, sur un total de plus de 2 000, sont parvenus à grimper sur le toit du Parlement.

Et si dans la plupart des villes, la police surveillait étroitement les défilés sans les réprimer, à Belo Horizonte, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants pour les empêcher de s’approcher du stade Mineirao où se jouait le match de la Coupe des confédérations entre le Nigeria et Tahiti.

Et à Rio de Janeiro, où le stade Maracana avait déjà rassemblé des Brésiliens mécontents dimanche, un groupe de manifestants a tiré des feux d’artifice sur la police et incendié des poubelles tandis que la police retranchée dans le bâtiment répondait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Alors qu’un petit groupe de manifestants violents prenaient d’assaut depuis des heures le siège du gouvernement de l’Etat de Rio, à l’intérieur duquel étaient retranchés des dizaines de policiers, dont certains blessés lors des affrontements, des blindés de la police quadrillaient le centre de Rio dans la nuit de lundi à mardi, roulant sur des barricades en flammes, à la recherche de derniers groupes de manifestants. Tandis qu’à Sao Paulo aussi, la police a dispersé en fin de soirée des manifestants qui tentaient de pénétrer à l’intérieur du gouvernement de l’Etat de Sao Paulo.

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(Avanti) Ce lundi, 100.000 personnes ont manifesté à Río de Janeiro, 65.000 à Sao Paulo, et plusieurs dizaines de milliers d’autres à Brasilia, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador, Belén, Vitoria et Curitiba, entre autres grandes capitales régionales. A Brasilia, les protestations se concentrent surtout contre les dépenses pharaoniques de prestige engagées par les autorités pour organiser des événements sportifs internationaux. Le gouvernement dépense des milliards en stades de football alors que les secteurs publics des transports, de l’éducation et de la santé sont en difficulté.

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(Secours Rouge – 18 juin) A l’issue de la manifestation qui avait réuni plus de 100.000 personnes hier à Rio et entraîné des affrontements police/manifestants et de multiples arrestations, un groupe de manifestants a pris d’assaut le siège du gouvernement de l’état de Rio. Des dizaines de policiers anti-émeute s’y étaient retranchés en début de soirée, et les manifestants ont lancé des cocktails Molotovs et des pierres contre le bâtiment. Une centaine de policiers du bataillon de choc de la police militaire sont intervenus durant la nuit à bord de véhicules blindés, tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogène pour déloger les manifestants. Des poubelles et des voitures ont été incendiées, des vitrines de banques brisées par la foule qui dénonce toujours la hausse des prix des transports en commun et les dépenses gouvernementales énormes consenties par le gouvernement pour l’accueil de la Coupe du Monde de football l’an prochain. La police est également intervenue durant la nuit à Sao Paulo pour disperser des manifestants qui tentaient de pénétrer à l’intérieur du gouvernement de l’état de Sao Paulo.

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(Secours Fouge – 20 juin) Brésil : Violents affrontements en marge d’un match de foot. La vague de contestation contre la hausse du prix des transports et les dépenses gouvernementales inconsidérées pour des tournois de football ne faibli pas au Brésil. Hier soir, en marge du match Brésil-Mexique, 25.000 personnes ont bloqué deux des quatre routes d’accès au stade durant plusieurs heures. Un vaste cercle de sécurité avait été installé autour du stade. Lorsque la foule a tenté de le forcer, la police a riposté par une pluie de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, blessant au moins deux manifestants. Ceux-ci ont répliqué par des jets de pierres. D’autres manifestations s’étaient déroulé durant la journée à Belo Horizonte, Rio Branco, Brasilia et Niteroi. Un vaste appel au rassemblement a également été lancé pour ce soir à Rio, où l’Espagne affronte Tahiti dans la Coupe des Confédérations.

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D’autres vidéos du Brésil…

Lien vers Indymédia Brazil

Place taksim… Quid today?

Publié: 17 juin 2013 par Page de suie dans Articles
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Que se passe-t-il sur place aujourd’hui, après quinze jours de conflit ouvert entre la rue et Erdogan..?

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      Je vous en propose deux visions récentes, l’une de Defne Gursoy, l’autre de Beyithan Yurtseven…       infos sur les « Toma chimiques » en fin d’article

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Tout a basculé à Taksim hier soir

Publié le 16 juin 2013 par Defne Gursoy
Hier soir la guerre a été déclenchée par la police, je suis un témoin direct puisque j’étais sur place…

La violence démesurée de la police a fait des centaines de blessés, le parc a été évacué de force avec gaz, jet d’eau contenant des produits chimiques causant des brûlures sur la peau, les balles en plastiques ont blessés des dizaines de personnes, dont une femme enceinte. Par ailleurs, des grenades cataplexiantes (« Flashbang », « Incapacitantes » ou à ‘Saturation Sensorielle ») ont semé la terreur dans tous le quartier.

L’intervention a eu lieu alors qu’il n’y avait aucune manifestation, aucun rassemblement ni dans le parc Gezi, ni sur la place. C’était un samedi ordinaire et les habitants étaient venu avec leurs enfants pour prendre l’air dans ce parc. Cette intervention a été faite hier à partir de 19h40 alors que la Plateforme de Taksim avait annoncé à 11h00 le retrait pacifique des occupants du parc dès lundi…

Les affrontements ont duré jusqu’au petit matin, j’étais coincée entre les barricades et la police. Je me suis réfugiée dans un passage commerçant, la police a même lancé le gaz à l’intérieur de tous ces passages où les gens s’étaient réfugiés. J’ai été gazée, et j’ai vu des gens tomber comme des mouches sur la rue Istiklal. (notons qu’il n’y a pas que notre salaud de Vandersmissen national qui fait gazer les hôtels..!)

Des milliers ont afflué de tous les quartiers d’Istanbul pour venir en soutien à Gezi Park et les manifestants. La municipalité a annulé tous les transports en commun dès 11h00 pour empêcher cela mais les gens sont passé de la rive asiatique en marchant sur les ponts du Bosphore. La police a gazé ces gens à pied sur le pont même, sans leur laisser une issue de sortie, sauf peut-être de se jeter par le pont.

Les hôtels qui ont accueilli les gens blessés ont été gazés de l’intérieur. Les touristes ont accueilli les blessés dans leur chambre d’hôtel mais ont subi également les violences car les lobby et réceptions, transformés en centre de soins médicaux, de ces hôtels ont été attaqués par la police. Ceci est un crime contre l’humanité, du jamais vu même dans les pays avec des régimes les plus répressifs.

Toute cette violence n’a pas arrêter le peuple qui s’est regroupé dans chaque quartier. Nous ne connaissons pas exactement le nombre de blessés, mais nous savons qu’il y a plusieurs blessés dans un état grave, nous en sauront plus dans quelques heures. Des centaines de gens blessés n’ont pas pu recevoir de soins médicaux car les forces de l’ordre ont interdit l’accès des ambulances à Taksim.

Aujourd’hui, Erdogan tient un meeting à Istanbul avec ses supporters, qu’il n’hésitera sans doute pas à lâcher contre les résistants.

Les habitants des 70 villes du pays sont dans la rue aujourd’hui pour protester. Des dizaines de milliers sont en train de marcher vers la place Taksim. La violence du pouvoir actuel contre ses citoyens doit être arrêter au plus vite. Je vous demande de divulguer le message partout où vous pouvez. C’est vraiment très grave et cela va sans doute continuer. La désinformation du pouvoir ne doit pas être relayée par les médias européens mais la vérité doit être entendue partout dans le monde. Merci à tous de faire en sorte que l’information circule le plus vite et largement possible.

Ce dimanche 16 juin, nous nous attendons malheureusement à la suite des violences.

Defne Gursoy, Istanbul, 16 juin 2013, 11h00 (heure locale)

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Une nuit épouvantable à Istanbul…

Publié le 16 juin 2013 par Beyithan Yurtseven

J’avais commencé à écrire cet article hier matin (le 15 juin) alors que tout était encore calme et que le collectif Solidarité Taksim avait décidé de continuer d’occuper  le camp vu que leurs demandes n’avaient pas été satisfaites par le gouvernement. Mais cette résistance continuerait symboliquement dans le parc Gezi pour y suivre de près les décisions du gouvernement. Pourtant dans la journée, après que le Premier ministre turc Tayyip Erdogan ait prononcé un discours haineux lors d’un meeting de l’AKP près d’Ankara, devant plusieurs dizaines de milliers de ses partisans, le climat s’est brutalement réchauffé Istanbul.

Le chef du gouvernement a ordonné à la police de disperser les manifestants alors que la majorité d’entre eux étaient prêts à passer leur dernière nuit dans le parc Gezi. La police a pénétré dans le parc et l’a vidé de tous ses occupants par des tirs de grenades lacrymogènes. De nombreuses tentes ont été détruites lors de cette intervention barbare.

istanbul taksim violences policières turquie 15 juin

Il faut bien noter que les manifestants n’étaient pas seuls dans ce parc, des centaines des familles y passaient aussi leur soirée. En fin de compte, plusieurs manifestants et des « non-manifestants » y auront été arrêtés.

Il est fort probable que l’on nous présentera bien vite  une longue liste touchant à  des « matériaux suspects » trouvés dans les tentes, comme des cocktails Molotov, des armes, des documents illégaux, le tout relayé à grands renforts de moulinets par les mass-médias (à la solde d’Erdogan). La police n’ayant pas laissé entrer les journalistes dans le parc (de crainte de les blesser?) pendant que les tentes ont été fouillées et enlevées, on peut se demander d’où et à partir de quels éléments constaté ils pourront gloser sur « le matos en relation avec une intention terroriste » dont se seraient « emparés » les flics sinon sous la dictée détaillée de la police elle-même.

Il faut se préparer à assister à une grande messe de désinformation consensuelle contre les occupants du parc Gezi pour manipuler les gens, surtout les « hésitants » venus gonfler les rangs pro-Erdogan peu concernés (au sens indifférents)  par l’affaire dans son ensemble.

istanbul taksim violences policières 15 juin

L’intervention est survenue alors que personne ne s’y attendait. En effet, la police a évacué les occupants alors que ces derniers avaient trouvé un compromis avec Erdogan et que ce dernier leur avait donné un ultimatum au dimanche 16 juin au soir. Les occupants et la plate-forme ont cru les mensonges d’Erdogan. L’intervention du parc Gazi a d’autant plus choqué les opposants qu’ils s’étaient retranchés dans un certain attentisme  après deux semaines de confrontations.

Des centaines de milliers personnes ont essayé de rejoindre la place Taksim, mais tous les accès avaient déjà été bloqués. Le gouvernement turc a visiblement trompé les manifestants. Partout à Istanbul, les opposants se sont à nouveau réunis, tout comme à Izmir et à Ankara.

Pour comprendre, le collectif Solidarité Taksim avaient appelé les opposants à venir sur la Place Taksim à midi (16 juin) après avoir rencontré le premier ministre qui n’a pas voulu entendre leur requête et les avait copieusement insultés après avoir quitté la table de négociations et claqué la porte au nez du collectif. Ces derniers ont même préféré taire certains propos de Tayip lors de leur retour à Istanbul et n’avaient, dans leur dossier, qu’un ultimatum expirant le 16 juin au soir. Or c’était mal connaître la Bête…Sitôt qu’ Erdogan eut tenu son discours devant ses partisans – dont une partie a été payée – , il  a ordonné l’assaut sans plus attendre afin que ses opposants ne puissent  se rassembler le lendemain midi à la place Taksim et ceci à à n’importe quel prix. (Ceci sans compter les fort nombreuses arrestations qui contribueront à clairsemer les rangs des manifestants et inciter au découragement, à la démoralisation de bon nombre d’entre eux, surtout des plus timorés !)

istanbul taksim turquie violences policières 15 juin

Toute la nuit, des confrontations ont eu lieu entre la police – la gendarmerie (envoyée à la ville par le gouvernement, la première fois depuis le coup d’ État en 1980) –  et les opposants. On a déclaré des centaines de blessés dont 25 grièvement. Depuis le début des manifestations, 4 personnes ont été tuées par la police et plus de 7000 ont été blessées dont 130 ont perdu les yeux.

La nuit passée était différente. Les forces d’ État ont mené une action très violente, et une telle violence ne peut paraître que dans un régime fasciste.

L’Association Médicale Turque a déclaré que c’est la nuit la plus noire dans l’histoire de la Turquie. Les hommes d’Erdogan voulaient tuer les manifestants et les ont attaqués d’une façon fascisante. Ils poursuivaient les manifestants, qu’ils fussent blessés ou non. Des centaines de manifestants se réfugiaient dans les hôtels et dans les hôpitaux du quartier. Ce qui n’a pas empêché la police d’intervenir dans ces mêmes hôtels, (comme le Hilton) et dans les hôpitaux puis d’y tirer des grenades de gaz lacrymogènes.

Les gens déclarent  ne jamais oublier ce qu’ a fait Erdogan et qu’il devra le payer cher…

J’aimerais bien revenir à ce qui s’est passé depuis trois jours; probablement beaucoup de gens partageraient la même idée que moi. Je pense que peu importe comment les manifestations nées autour du parc Gezi se terminent. Le gouvernement turc, voire Erdogan, a envisagé une défaite historique. Le leader de l’AKP étant au pouvoir depuis plus que dix ans avait reculé pour la première fois. Pensez qu’on parle d’un homme qui a repris la main sur l’armée, sur la justice et sur la bureaucratie. Il semble que la conséquence la plus importante soit que le mur de la peur se soit fissuré.

Les nouvelles générations, les jeunes appelés apolitiques, se sont mis à apprécier la liberté. Le premier ministre turc a finalement accueilli les représentants pour mettre un point final à ces manifestations. Mais le premier tour n’a été qu’une déception. Il a préféré parler avec ceux qui soutiennent le pouvoir et qui ne sont jamais allés au parc lors des manifestations. Ainsi que le disait Christian Amanpour, c’est comme si Barack Obama parlait avec Jennifer Lopez sur le problème «occupy wallstreet».

Bref, au deuxième tour, la rencontre avec les représentants de la plate-forme Gezi, qui a eu lieu jeudi 13 juin, est en effet plus légitime que celle de la veille. La nouvelle proposition déclarée après cette rencontre est la suspension des travaux de démolition du parc jusqu’à ce que la Cour prenne une décision définitive. Si la Cour refuse la démolition du parc, le projet de construction sur le parc Gezi sera abandonné. Mais si la Cour accepte le projet, ce dernier sera soumis au plébiscite et donc les habitants d’Istanbul pourront/Devront(?) voter.

« Si j’étais un dictateur, je ne ferais jamais un plébiscite »

Probablement Erdogan et ses conseillers n’ont jamais entendu parler des plébiscites lancés par Hitler et par Mussolini. Il devrait lire un petit peu l’histoire. En Allemagne, Hitler s’est fait plébisciter comme président en 1934, puis Führer («guide»). On a vu plusieurs fois, sous De Gaulle, des plébiscites organisés. Il est clair que Tayyip Erdogan ne sera pas le premier dictateur plébiscité. Le premier ministre turc pense que la démocratie n’est que l’expression de  SA majorité. Si on vivait à l’époque Hellénistique, il aurait évidemment raison. Aujourd’hui, l’un des ennemis les plus dangereux de la démocratie est sans doute la tyrannie de la majorité.

turquie erdogan dernier avertissement istanbul taksim violences policières 15 juin

« Ils ont bu de l’alcool dans la mosquée..! »

Comme disait Goebbels ; «Plus le mensonge est gros, plus il passe»

Il est très affligeant de voir qu’un premier ministre mente -même si nous y sommes habitués depuis fort longtemps- pour désigner et criminaliser  des manifestants coupables de désaccords avec les autocrates, aux yeux bandés de la société.

Les premiers affrontements entre la police et les manifestants ont eu lieu près du bureau d’Erdogan à Istanbul.

Une mosquée s’est transformée en centre de soins par des médecins et des étudiants en médecine qui soutenaient la révolte, où des militants blessés étaient reçus pour y être soignés. Le Premier ministre et les journaux pro-Erdoganiste accusent les manifestants blessés de ne pas respecter le caractère sacré du lieu; ils sont même allés plus loin en accusant les militants d’y boire de l’alcool et d’y faire l’amour (Pourtant qu’y a t-il de plus beau que l’amour barricadier?). Les journaux ont diffusés quelques photos prises après cette nuit atroce montrant avec ostentation des canettes de bière jonchant le parterre de la mosquée. Bien évidemment ces images ont été manipulées, et ces canettes ont été déposées par des pro-Erdoganistes pour que les islamistes se rassemblent plus fort que jamais autour d’ Erdogan.

Deux jour après, l’imam de la mosquée, qui a observé les évènements pendant la nuit, a déclaré que les manifestants n’ont rien fait pour déranger la mosquée. Mais Erdogan et ses amis continuent à mentir pour manipuler leurs militants et malheureusement ils ont en grande partie réussi.

Erdogan tient à parler de «complot international»

Depuis le début des manifestations, Erdogan a dénoncé d’hypothétiques  « complots d’intérêts politiques et économiques » derrière ces manifestations. Après avoir reçu le feu vert, les médias du  très imaginatif Erdogan ont commencé à chercher les complots internationaux à peu près partout, y compris sous son propre lit.

Jusqu’à présent, on a eu le plaisir d’avoir entendu  un « grand groupe », réunissant tous les pays depuis Israël jusqu’à l’Iran en passant l’EU et les USA, qui veulent arrêter/enrayer la marche des Turcs vers le paradis qu’est le  « leadership » mondial. En quoi bon sang? En blagues d’organistes???

Le Premier ministre Erdogan qui joue de l’accordéon a perdu la tête et n’hésite pas à jeter le pays dans la guerre civile. On s’est toujours attendu à ce que la Turquie se divise en deux à cause du conflit Kurde. Toutefois, la Turquie est déjà divisée en deux camps; les islamistes et les laïcs.

C’est une guerre des cultures. Le « Kulturkampf » n’a jamais été aussi profonde qu’aujourd’hui. L’Histoire nous montre que les dictateurs font de la force le seul instrument de la grandeur. Mais ils sont condamnés à perdre tôt ou tard. Tayyip Erdogan va aussi perdre.

Tous les turques doivent se battre contre cette tyrannie coûte que coûte!

Beyithan Yurtseven

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L’association des médecins de Turquie à confirmé dans un communiqué l’utilisation de produits chimiques dilués dans les canons à eau..!

« La nuit dernière, mes amis un père et son fils de 13 ans, ainsi que des milliers d’autres personnes ont été la cible de gaz et de canons à eau. Ils avaient des brûlures sur le dos et des jambes et sous l’effet des gaz lacrymogènes, ils suffoquaient et crachaient du sang. C’est une guerre chimique du gouvernement contre son propre peuple. Il n y a pas de mot pour cette terreur, pas de mots pour exprimer cette tyrannie. Les milliers de personnes qui ont été touchées la nuit passée et celle d’avant auront probablement de graves séquelles sur leur santé au long ou court terme. » a témoigné un étudiant d’Istanbul.

Gaz toma eau chimiques turquie taksim violences policières

Serait-ce le contenu des bidons que l’on voit ci-dessus qui causeraient ces brûlures?

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Ces photos montrent un agent ajoutant un liquide dans le réservoir d’un TOMA, du « Jenix ». Un gaz poivré conçu en Turquie. Exclusivement réservé aux institutions publiques et aux autorités, ce bidon de 10kg est donc directement versé dans les TOMA.

Source: Des produits chimiques utilisés contre les protestataires Turcs ?

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Infos en direct de Taksim: http://gezipark.nadir.org

mis à jour d’heure en heure…

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Turquie : « Erdogan est un diviseur » – ARTE Journal – 16/06/13

Claudia Roth est la co-Présidente des Verts allemands. Elle était dans le parc Gezi à Istanbul au moment où la police turque a chargé pour faire évacuer les opposants. ARTE Journal l’a joint sur place…

————- Mises à jour de lundi ————-

Amnesty International 17 juin:  Turquie. Qu’est-il advenu des manifestants d’Istanbul arrêtés par la police ?
Charente Libre 16 juin:  Turquie : l’eau des canons mélangée avec du gaz, une folie

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Pour mes amis qui vivent à l’extérieur de la Turquie:

Je vous écris pour vous faire savoir ce qui se passe à Istanbul pour les cinq derniers jours. Personnellement, je dois écrire cela parce que la plupart des sources médiatiques sont fermées par le gouvernement et le bouche à oreille et l’Internet sont les seuls moyens laissés pour nous de nous expliquer et demander de l’aide et du soutien.

Il y a quatre jours, un groupe de personnes qui n’appartenaient à aucune organisation ou idéologie spécifique se sont réunies dans le parc Gezi d’Istanbul. Parmi eux, il y avait beaucoup de mes amis et étudiants. Leur raison était simple: prévenir et protester contre la démolition prochaine du parc pour la construction encore d’un autre centre commercial au centre de la ville. Il existe de nombreux centres commerciaux à Istanbul, au moins un dans chaque quartier! L’abattage des arbres devait commencer tôt jeudi matin. Les gens sont allés au parc avec leurs couvertures, des livres et des enfants. Ils ont planté leurs tentes et ont passé la nuit sous les arbres. Tôt le matin lorsque les bulldozers ont commencé à tirer sur les arbres centenaires. Les militants se sont levés contre eux pour arrêter l’opération.

Ils n’ont rien fait d’autre que de rester devant les machines!

Aucun journal, aucune chaîne de télévision n’était là pour présenter la manifestation. C’était un complet black out médiatique…

Mais la police est arrivée avec des véhicules à canons à eau et de gaz au poivre. Ils ont chassé les gens sur le parc.

Dans la soirée, le nombre de manifestants a grossi. De même que le nombre de forces de police à travers le parc. Pendant ce temps le gouvernement local d’Istanbul fermait tous les accès menant à la place Taksim, où le parc Gezi est situé. Le métro a été fermé, les ferries ont été annulées, les routes ont été bloquées.

Pourtant, de plus en plus de gens ont fait leur chemin jusqu’au centre de la ville à pied.

Ils sont venus de tous les coins d’Istanbul. Ils sont venus de tous les milieux différents, des idéologies, des religions différentes. Ils se sont tous réunis pour empêcher la démolition de quelque chose de plus grand que le parc:

Le droit de vivre comme des citoyens honorables de ce pays.

Ils se sont rassemblés et ont défilé. La police les a chassés avec des spray au poivre et des gaz lacrymogène et ont foncé avec leurs chars sur les gens qui en retour offraient de la nourriture à la police. Deux jeunes gens ont été écrasés par les chars et ont été tués. Une autre jeune femme, une de mes amis, a été touchée à la tête par une des bombes lacrymogènes. La police tirait directement dans la foule. Après une opération de trois heures, cette amie est toujours en unité de soins intensifs et dans un état très critique. Au moment où j’écris cela, nous ne savons pas si elle va s’en sortir. Ce blog est consacré à elle.

Ces gens sont mes amis. Ce sont mes étudiants, mes parents. Ils n’ont aucun «agenda caché» comme l’Etat aime à le dire. Leur agenda est là. Il est très clair. Le pays tout entier est vendu à des sociétés par le gouvernement, pour la construction de centres commerciaux, des condominiums de luxe, des autoroutes, des barrages et des centrales nucléaires. Le gouvernement est à la recherche de n’importe quelle excuse (et il l’inventera si nécessaire) pour attaquer la Syrie contre la volonté de son peuple.

En plus de tout cela, le contrôle du gouvernement sur la vie personnelle de son peuple est devenu insupportable. L’Etat, en vertu de son programme conservateur a adopté plusieurs lois et règlements concernant l’avortement, la naissance par césarienne, la vente et la consommation d’alcool et même la couleur du rouge à lèvres porté par les hôtesses de l’air.

Les gens qui marchent vers le centre d’Istanbul réclament leur droit de vivre librement et de recevoir la justice, la protection et le respect de l’État. Ils exigent d’être impliqués dans les processus de prise de décision au sujet de la ville où ils vivent.

Ce qu’ils ont reçu à la place est la mise en œuvre d’une force excessive et d’énormes quantités de gaz lacrymogène tirées directement en direction de leurs visages. Trois personnes ont perdu leurs yeux.

Pourtant, ils continuent leur marche. Des centaines de milliers de gens se joignent à eux. Plus de deux mille personnes ont passé le pont du Bosphore à pied pour soutenir le peuple de Taksim.

Aucun journal ou chaîne de télévision n’était là pour rapporter les événements. Ils étaient occupés à diffuser des nouvelles à propos de Miss Turquie et du « chat le plus étrange du monde ».

La police a continué de courir après les gens et en les pulvérisant avec spray au poivre si bien que les chiens et chats errants ont été empoisonnés et en sont morts.

Les écoles, les hôpitaux et même des hôtels 5 étoiles à travers la place Taksim ont ouvert leurs portes aux blessés. Les médecins rempli les salles de classe et des chambres d’hôtel à prodiguer les premiers soins. Certains policiers ont refusé de pulvériser des personnes innocentes avec des gaz lacrymogènes et ont quitté leur poste. Autour de la place ils ont mis des brouilleurs pour empêcher la connexion Internet et les réseaux 3G ont été bloqués. Les résidents et les entreprises de la région ont fourni leur réseau sans fil gratuit aux gens dans les rues. Les restaurateurs leur ont offert de la nourriture et de l’eau gratuitement.

Des personnes à Ankara et Izmir se sont réunies dans les rues pour soutenir la résistance à Istanbul.

Les médias grand public continuaient de montrer miss Turquie et « le chat le plus étrange du monde »..!


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Je vous écris cette lettre pour que vous sachiez ce qui se passe à Istanbul. Les médias ne vous diront rien de tout cela. Pas dans mon pays du moins. S’il vous plaît envoyez le plus grand nombre d’articles que vous voyez sur l’Internet et passer le mot.

Comme j’ai publié des articles qui expliquent ce qui se passe à Istanbul sur ma page Facebook hier soir quelqu’un m’a posé la question suivante:

«Qu’espérez-vous gagner en vous plaignant de notre pays aux étrangers?»

Ce blog est ma réponse.

Par ce qu’on appelle «se plaindre» au sujet de mon pays, j’ai l’espoir de gagner:

La liberté d’expression et de parole,

Le respect des droits de l’homme,

Le contrôle sur les décisions que je prends concernant mon sur mon corps,

Le droit de se réunir légalement dans n’importe quelle partie de la ville sans être considéré comme un terroriste.

Mais plus que tout vous passant ce message, mes amis qui vivez dans d’autres parties du monde, j’espère obtenir votre prise de conscience, votre soutien et votre aide!

S’il vous plaît diffusez ce message et partagez ce blog.

Je vous remercie!

Traduction : Atlas Alternatif Réseau

Témoignage de la révolte populaire massive en Turquie

Quelque chose d’incroyable s’est passé en Turquie cette nuit. Tout a commencé avec une petite manifestation dans le parc Gezi contre son projet de démolition afin de construire un centre commercial à sa place. Ce parc se trouve dans le centre du quartier historique d’Istanbul, sur la place Taksim.

Cette place est aussi un symbole du mouvement ouvrier turc et, chaque année, au Premier mai, des confrontations entre la police et les manifestants se déroulent sur cette place. C’est un endroit important que nous voulons récupérer alors que les manifestations sont interdites dans ce parc. Défendre celui-ci est un enjeu considérable car nous ne pouvons pas accepter qu’il soit transformé en centre commercial. En outre, ce parc compte de magnifiques arbres très anciens, et c’est l’un des rares lieux verts de la ville.

Occupy Gezi

Tout a commencé donc avec un petit groupe de jeunes écologistes qui défendaient ces arbres. Ce rassemblement s’est maintenu et n’a cessé de grandir depuis le lundi 27 mai. La police a attaqué le groupe et les a repoussés. Vendredi matin, la police a mené une attaque très violente. Des personnes qui n’étaient pas dans la manifestation se sont jointes aux manifestants pour les soutenir.

Pendant toute la journée, la situation s’est aggravée, la répression policière s’est faite plus brutale encore ; gaz aux poivres, lacrymogènes, tirs avec des munitions en plastique dur, jets d’eau à très haute pression et des centaines de policiers. Nous avons eu très peur pendant toute la journée qu’il y ait de nombreux morts. Et c’est arrivé. Deux personnes sont mortes.

Revoltes populaires Turquie police violence Taksim 01-06-2013 #occupy gezi istanbul

Cela a constitué le point de non-retour pour le peuple d’Istanbul. Grâce au fait que c’était vendredi en fin de journée, beaucoup de gens ont alors rejoint la place Taksim après leur travail. D’abord 10.000, puis 20.000 personnes, et leur nombre a augmenté, encore et encore. La police, encore très sûre de ses propres forces, a continué à attaquer brutalement la foule. C’était réellement un état de guerre. Pas loin de 250.000 personnes se sont alors rassemblées à Istanbul. Mais nous continuions à avoir peur que la police frappe encore plus fort, n’utilise de véritables munitions et multiplie le nombre de morts.

Et là, quelque chose de magique s’est produit. Des gens qui étaient conscients de ce danger ont commencé à défendre le peuple qui se battait à Taksim. Pendant ce temps, des manifestants de la place Taksim ont envahi d’autres rues. Dans le voisinage, des gens ont fait clignoter les lumières, puis en parlant entre eux, puis en sortant de chez eux. Tout s’est passé en quelques heures seulement… et maintenant, les manifestations ont gagné toute la Turquie.

Le gouvernement de l’AKP est remis en question

On dirait que personne ne dort cette nuit. Plus d’un million de personnes sont maintenant dans les rues d’Istanbul. Tout est bondé et les manifestants marchent à nouveau sur la place Taksim. A Ankara, le peuple marche vers le Parlement et dans les autres villes ils se dirigent sur les bâtiments de l’AKP (parti au pouvoir).

La police attaque de plus en plus lourdement et il y a une escalade dans l’usage de la force. Les gens sont d’abord arrivés en colère, mais deviennent de plus en plus confiant. Ils reculent un moment devant les gaz chimiques, mais continuent ensuite à marcher.

Revoltes populaires Turquie police violence Taksim #occupy gezi istanbul

Le gouvernement de l’AKP est maintenant directement remis en cause. C’est la première fois que quelque chose de ce genre se passe en Turquie sous ce gouvernement. Encore hier soir, cela ressemblait à une sorte de mouvement « Occupy », mais maintenant, c’est une protestation populaire massive qui manifeste contre le gouvernement pour demander sa démission.

Taksim-Tahrir..?

Il faudra analyser plus avant la nature de mouvement, mais pour l’instant il semble évident que c’est un soulèvement pour la démocratie… Qui sait, peut-être que Taksim sera la prochaine Tahrir dans les jours qui viennent. Les revendications vont se construire à l’intérieur de mouvement.

Il y a le risque que le mouvement soit récupéré par la gauche réformiste nationaliste. Cet enjeu dépendra aussi des villes kurdes. Si elles se joignent au mouvement, ce qu’elles semblent commencer à faire, alors nous pourrions combiner ce soulèvement pour la démocratie avec un véritable processus de paix en Turquie. Peut-être que la paix ne pouvait arriver qu’avec un soulèvement de ce genre, et cela en dépit du fait que l’ouest du pays est dominé par des tendances nationalistes pour le moment.

Si on m’avait demandé hier matin si je pensais que quelque chose de cette ampleur allait se passer, j’aurais certainement répondu non. C’était magnifique de voir ce peuple prendre de plus en plus de confiance dans son pouvoir et dans son combat pendant qu’il résistait collectivement.

Les habitants des quartiers sont très solidaires avec les manifestants. Tous les commerçants essayent d’aider et de pourvoir le nécessaire pour les soins.

Il paraît qu’il y a plus de 150 policiers à Istanbul qui ont arrêté de gazer les gens et se sont joints aux manifestants et certains ont déclarés qu’ils démissionnaient de la police. Un chauffeur de bus qui était au volant d’un bus municipal a conduit son véhicule contre un blindé de la police pour le bloquer et créer une barrière entre la police et les manifestants.

Il y a tant d’espoir dans ce qui est en train de se passer !

Istanbul, 1er juin 2013

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D’autres photos sur l’album « Taksim » de World Riot 24/h

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Revoltes populaires Turquie police violence Taksim #occupy gezi riot istanbul

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Turquie.1000 manifestants blessés à Istanbul: le régime Erdogan se dévoile.

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Turquie : Nuit d’affrontements à Istanbul – SR

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Turquie : le printemps place Taksim – TV5

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Istanbul : des milliers de manifestants ont fêté leur victoire  &  La police se retire de la place Taksim

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Les femmes résistent aussi ! *

Les femmes se rebellent ! Et vous ne nous arrêterez pas avec des gaz, des tanks et des matraques ! Les femmes résistent avec les autres groupes opprimés depuis deux jours. Travailleurs, Kurdes, LGBT, Alaouites, Musulmans, non-musulmans, athées et tous les opprimé(e)s, exploité(e)s, insulté(e)s et blâmé(e)s comme des « traîtres » sont en train de se rebeller en Turquie. La résistance qui a commencé dans le parc Gezi de la Place Taksim à Istanbul est en train de déborder sur de nombreuses autres villes.

Nous, les femmes, sommes sur le front de cette résistance. Nous rejoignons la rébellion parce que :

  • Le Premier ministre Tayyip Erdogan et sa clique ont cherché à promouvoir le lynchage des femmes par les hommes ;
  • Ils ont tolérés l’assassinat de femmes par des hommes avec leur loi sur les « provocations injustifiées » ;
  • Ils n’ont pas ouverts de lieux d’accueil pour permettre aux femmes d’échapper à la violence domestique des hommes ;
  • Ils ont stigmatisés les femmes violées et harcelées en les traitant d’immorales et de non-chastes ;
  • Ils ont mis la pression sur les femmes violées pour qu’elles accouchent des enfants issus de ces viols ;
  • Ils ont qualifiés l’avortement de meurtre ;
  • Ils n’ont pas ouvert de crèches mais ont imposés aux femmes de donner naissance à au moins trois enfants ;
  • Ils nous ont condamnés à la pauvreté, au travail précaire, aux emplois incertains et à vivre dans des conditions proches de l’esclavage ;
  • Ils ont définis le travail domestique comme le devoir des femmes ;
  • Ils se sont acharnés sur les femmes et les familles qui vivaient de manière indépendante des hommes avec leurs lois.

Mais nous, femmes, nous résistons !

Parce que le Premier Ministre Tayyip Erdogan et sa clique nous ont condamnés à subir l’oppression et l’exploitation des hommes, nous appelons toutes les femmes à descendre dans la rue et à se rebeller pour notre libération !

Socialist Feminist Collective

(*) j’avoue trouver ce titre zarbi, limite rabaissant, comme si il n’était pas évident que les femmes puissent être en premières lignes aux côtés des hommes…

Reblog d'un article de avanti4.be du 1 juin 2013 - Traduction française pour Avanti4: Sylvia Nerina

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Edit du dimanche 02 juin
Doruk, 31 ans, monteur

« Au départ, c’était qu’une petite lutte environnementale, juste pour quelques arbres, rien de plus. Juste une cinquantaine de personnes qui campaient dans un parc pour empêcher la construction d’un centre commercial. Et puis la police a attaqué les campeurs en pleine nuit. Ils ont brûlé les tentes et ça nous a tous rendu fous. Ce n’est pas une lutte politique, c’est un bras de fer entre la police et les habitants.

Si la police s’en va, tout ça va se calmer. C’est la seule solution. Il faudrait que le premier ministre s’excuse pour le comportement des forces de l’ordre mais je n’y crois pas. On a beaucoup encaissé ces dix dernières années. On n’en peut plus de ce gouvernement. Ils ont interdit la vente d’alcool après 22 heures il n’y a pas longtemps, ils passent des lois de plus en plus conservatrices. Jusqu’à maintenant on ne disait rien. Aujourd’hui, on veut montrer aux politiques qu’ils ne peuvent pas tout faire. »

Denis, 18 ans, étudiant

« C’était une action pour l’environnement, c’est devenu une guerre. Erdogan (le premier ministre turc) est trop conservateur. Nous ne voulons pas de la charia, nous ne voulons pas de femmes voilées, nous sommes des musulmans modernes. Etre musulman ce n’est pas être traditionaliste. Le chef de l’Etat fait peur, il suffit de regarder la télévision ces derniers jours : il n’y a que deux chaînes turques qui parlent des manifestations alors que, partout dans le monde, les médias en parlent ! Tayyip Erdogan veut nous imposer ses lois de plus en plus restrictives, il n’écoute pas son propre peuple, il attaque ses citoyens : nous ne voulons plus de lui. »

Deniz, 50 ans, banquière

« Il y a une semaine c’était un petit mouvement pacifique, à cause de la brutalité policière c’est devenu un énorme mouvement populaire. On en a marre de l’ivresse de pouvoir du chef de l’Etat. Utiliser des gaz contre quelques manifestants, juste parce qu’ils sont contre un projet décidé par le gouvernement, c’est une honte dans une démocratie. Où est la liberté d’expression ?

Ces derniers jours, c’est la première fois que le peuple turc se lève depuis plus de vingt ans. On peut remercier les réseaux sociaux qui ont éveillé les consciences des jeunes depuis quelques jours. Parce qu’on ne peut pas compter sur les médias pour dire la vérité. A la télé, les seules chaînes qui parlent de ce mouvement populaire disent que ce sont des activistes qui sèment la pagaille. C’est faux et ça il faut le dire au monde entier. »

Othar, 31 ans

« Je ne suis pas politisé mais je suis ici pour grossir les rangs de la contestation. Cela fait dix ans qu’on n’aime pas la façon dont le gouvernement nous traite, et on est restés endormis. Quand je vois tous ces gens dans la rue depuis plusieurs jours, je me demande pourquoi on n’a pas fait ça avant ! Les gens au pouvoir devraient nous représenter et nous protéger. »

Ergi et Sertaç, 30 ans, professeurs vacataires à l’université

« Chacun a une bonne raison d’être ici, nous n’avons pas tous les mêmes raisons mais nous avons une chose en commun : nous ne pouvons plus supporter la politique de notre gouvernement. Nous sommes là parce ce que nous en avons assez des villes transformées avec des grands projets immobiliers décidés par les politiques sans consulter le peuple. On en a marre de la violence qui augmente, on en a marre des lois liberticides qui passent en douce. La loi contre la vente d’alcool après 22 heures est l’exemple le plus récent mais il y en a d’autres ! L’histoire du parc est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Déjà, le 1er mai dernier, les syndicats n’ont pas eu le droit de manifester place Taksim, une place symbolique dans l’histoire du pays. Les policiers attendaient les manifestants et il y a eu des affrontements. C’est là que la prise de conscience populaire a commencé. On attendait depuis longtemps que la colère des gens explose. On y est, enfin ! »

Ces témoignages viennent de Rue89… je sais c’est pas le top comme référence… mais vu que les infos arrivent au compte goutte, on va pas faire les difficiles, hein.

Re-Edit du dimanche 02 juin
Émeutes massives contre le terrorisme d’État en Turquie

Après deux jours de protestation contre la gentrification urbaine de Gezi Park (le plus grand parc de la place Taksim, où les espaces verts sont sans cesse détruits), les gens en ont eu marre de la brutalité policière et de la violence.

Le silence des médias, qui augmente les histoires d’attaques contre le gouvernement et les libertés individuelles, répond aux objectifs de l’État qui essaye de tirer profit de la situation en Syrie et qui a transformé le récent conflit en émeutes. (sorry, la traduction de cette phrase n’est pas très clair…)

Les affrontements se sont poursuivis toute la journée et la nuit d’hier. Au moins sept personnes ont été tuées par les attaques de la police, des centaines ont été blessées, des centaines sont en garde à vue où ils sont battus et certains torturés.

Tous les temples du capitalisme ont dû fermer à Taksim. Il y a beaucoup de solidarité dans les rues, beaucoup de petits magasins, maisons, universités, toutes les pharmacies ont ouvert leurs portes aux manifestants. La Chambre des architectes et les bureaux d’ingénieurs turcs sont transformés en hôpitaux avec des médecins et des infirmiers bénévoles. Et ils soignent les manifestants blessés.

Dans de nombreux endroits à Istanbul, les postes de police ont été attaqués, de nombreux véhicules de police sont détruits ou incendiés. Des groupes fascistes ont été battus par des anarchistes. Les gens de la rive asiatique qui voulaient rejoindre les émeutes ont été bloqués par la police, mais ils ont marché après minuit, en traversant le pont du Bosphore à pied. Le premier ministre a blâmé les réseaux sociaux d’informer sur les meurtres, et il a ironiquement traité les personnes qui partagent ces informations de fascistes. (sic…)

La protestation s’est propagée dans toute la Turquie. Les gens sont dans les rues d’Ankara, Izmir, Eskisehir, Sakarya, Isparta et bien d’autres…

Ces protestations ne sont pas seulement pour le parc Gezi, comme les médias inféodés au pouvoir le clament. Les émeutes sont désormais l’expression de la révolte de centaines de milliers de personnes qui protestent contre l’oppression de l’État et contre la violence. Nous, en tant qu’anarchistes et en tant que révolutionnaires, avons été et allons être dans les rues, contre le terrorisme d’État et contre les violences policières.

Nous attendons des actions de solidarité de tous les anarchistes et anti-autoritaires dans le monde entier. Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et l’exploitation capitaliste.

Nous continuerons à diffuser des informations tant que l’émeute se poursuivra.

Action Révolutionnaire Anarchiste (DAF)

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En ce moment. Le peuple réquisitionne des engins de chantier pour contrer les barrages des flics, les routiers bloquent les accès aux flics avec leurs camions, les gens montent des barricades de pavés et de briques, de très nombreux véhicules de flics sont détruits et/ou brulés!

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Istanbul, pelle mécanique Vs police

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Istanbul, trucks Vs cops

Ca bouge en Bulgarie..!

Publié: 4 mars 2013 par Page de suie dans Articles
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A l’issue de plus de dix jours de manifestations dans le pays contre l’électricité hors d’accès et la corruption, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a annoncé mercredi matin au Parlement la démission de son gouvernement.

Depuis trois semaines, le peuple bulgare sort dans la rue avec une régularité qu’on ne voyait qu’en Grèce ou en Espagne. En cause, l’appauvrissement de la classe laborieuse, l’explosion du chômage, la corruption généralisé et l’augmentation abusive du prix de l’électricité – au mains de société étrangères – , réclamant un remplacement de l’élite politique par de nouveaux représentants des citoyens. Les politiques d’austérité mises en place face à la crise ont sapé les espoirs d’un meilleur avenir. La croissance marque le pas, le chômage explose, le niveau de vie baisse. Dans ce pays où la corruption est endémique, le salaire moyen est à 400 leva (200 €). La pension moyenne à environ 200 (100 €).

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A Sofia, plus de 7.000 manifestants (10.000 quelques jours plus tard) portaient des banderoles comme « Les mafieux en prison » et « Ils sont nombreux, ils sont riches, ils sont insolents, mais ils ne vont plus durer ». A Varna (est), environ 20.000 manifestants ont réclamé la démission du maire Kiril Yordanov à qui ils reprochaient d’obéir à un groupe économique « qui règne en maître » et « a détruit les petites et moyennes entreprises ». Des manifestations qui ont coïncidé avec la fête nationale se sont tenues également dans la deuxième ville bulgare de Plovdiv (sud), à Roussé (nord), Blagoevgrad (sud-ouest). Ils portaient des banderoles proclamant « Unité contre le pillage » ou encore « Stop à la mafia ». Lors de manifestations de dizaines de citoyens en colère, un texte de la constitution a été brûlé. L’opposition y avait exigé la tenue d’élections anticipées, mais organisées par un gouvernement intérimaire, car elle redoutait d’éventuelles manipulations de la part du gouvernement de centre-droit au pouvoir.

Pour la troisième fois en moins de dix jours, un homme s’est immolé par le feu.

On a même pu voir – fait rarissime –  des flics anti émeutes déposés leurs casques et leurs boucliers en solidarité avec les manifestants! C’est pas nos pandores fachos qui feraient ça…

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Une cérémonie pour la fête nationale à Sofia en présence du président Rossen Plevneliev a été marquée par l’absence de public, la place étant barrée et protégée par des policiers antiémeutes. Le président Rossen Plevneliev, apparu devant les manifestants, a été accueilli par un concert de sifflets. Le gouvernement a du démissionné mercredi sous la pression de la rue, et le président corrompu doit former un cabinet d’experts chargé d’organiser des élections anticipées au printemps.

Décidement ce pré-printemps prends des allures plaisantes, non? 🙂

Un jeune intérimaire belge d’ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son œil après avoir été touché par un tir de Flash-ball.

Suite à cette violence policière – une de plus – , j’ai potassé la réglementation sur l’usage du Flash-ball et l’ai comparé avec les photos d’hier…

Premier chose qui saute aux yeux… l’arme que les gendarmes ont utilisés à Strasbourg, n’est pas un Flash-ball!

Voici un Flash-ball:

flash-ball

Et voici ce qui a été utilisé hier…

LBD-40

Le premier est le vrai Flash-Ball Super-Pro à balles molles de 44mm (29gr.) commercialisé par Verney-Carron, en service depuis 1995, le second est le LDB40 « Exact Impact » à projectiles « mi-dur » de 40×46mm (95 gr. avec partie en plastique) commercialisé par Brugger & Thomet, en service depuis 2006, et conçu pour riposter à des armes réelles…

Voici un tableau comparatif de ces deux armes, où l’on voit bien la différence entre le « vieux » Flash-ball sans viseur au tir approximatif limité à 7-10 m et cette saloperie de LDB40 qui possède un viseur Eotech-552 – destiné à l’usage militaire – , qui a une portée précise entre 10 et 30 m! Selon le CNDS, en dessous de trente mètres le point visé est systématiquement atteint!

Flash-ball superpro & LDB40

 EOTECH sur ldb40

Avec le système de visée EOTECH et la précision du LDB40 pas d’excuse possible…  « là où JE vise, je touche »

Cette arme fut adoptée par les « forces de l’ordre » suite aux émeutes de 2005, pour pouvoir riposter aux agressions par armes. Elle fut discrètement incorporée dans l’ensemble des unités de police et de gendarmerie depuis.

– En 2009, la Direction centrale de la Sécurité publique avait rappelé la proscription de viser « au niveau du visage ou de la tête » et la nécessité d’une utilisation « proportionnée » (SIPA).

– Toujours en 2009, le CNDS à émit de graves réserves quand à son usage lors d’un attroupement et l’a déclaré « peu adaptée lors de manifestations »

-Si le classique Flash-ball n’est pas très efficace utilisé en tir tendu (chute de la trajectoire après quelques mètres) et jamais à moins de 7 m , le LDB40 quant à lui, DOIT être utilisé en tir tendu puisque sa balistique est comparable à une munition réelle (canon rayé), mais il ne peut JAMAIS être utilisé à moins de 10 m. Et point important, les deux ne peuvent en aucun cas être utilisés hors du cadre légal de la légitime défense!!!

Rapport CNDS LBD40

Rapport 2009 du CNDS sur le LDB40 – CLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR LA LECTURE

info flashball & LDB40

Ils précisent bien « peut être létal à distance rapprochée »! Et ça vient du Ministère de la défense…

Face à la multiplication de plusieurs blessures sérieuses occasionnées par des tirs de Flash-ball la Direction centrale de la sécurité publique (DSCP) a adressé, en mai 2009, une note aux divers directeurs départementaux leur rappelant les « règles impératives » de l’utilisation de cette arme, notamment le respect des distances minimales « pas moins de sept mètres pour le Flash-ball » et « pas moins de dix mètres pour le LDB40 » (15 selon le CNDS), proscrivant la visée « au niveau du visage ou de la tête » et insistant sur le fait que l’utilisation devait être « proportionnée » aux faits et liée à la légitime défense.

Interrogé en 2006 par l’AFP un expert en armes avait déclaré sous couvert de l’anonymat que le Flash-ball est une arme « théoriquement non létale » mais que le tireur ne doit en aucun l’utiliser à moins que la distance prévue (7 & 10 m) et surtout ne pas viser la tête car « une balle de flash-ball à bout portant peut tuer ». Dans son entretien avec l’AFP en 2002, l’inventeur du Flash-ball, Pierre Richet, rappelait déjà les règles d’utilisation: « ne tirer qu’en légitime défense, que lorsque l’on risque de prendre un coup ou qu’on en a déjà pris un, ne pas braquer les gens », concluant « si on les transgresse, cela veut dire que l’on est incapable d’utiliser l’arme ». CQFD!!!

On peut donc conclure en disant que ce LDB40 est prévu pour tirer de loin et avec précision sur une cible sélectionnée et ajustée… ce qui implique donc un « tir plus réfléchi, précédé d’un temps d’observation et d’ajustement dans le viseur de la cible »! Effectivement, c’est bien ce qui c’est passé à Strasbourg, regardez les photos, vous verrez des gendarmes en position de visée sur appui, viser calmement et consciencieusement leurs cibles – heureusement qu’ils tirent comme des clenches, il y aurait plus de blessés – , mais les photos montrent aussi des gendarmes qui ciblent des travailleurs à moins des dix mètres réglementaires, et surtout dans des situations CALMES, sans aucun danger pour eux!!! Un tribunal français a déjà condamné (30 avril 2012) un gendarme pour ce genre de faute grave ayant conduit à… la perte d’un œil!

Voici les photos qui montrent clairement les gendarmes viser sciemment les travailleurs:

Flash ball et LDB40

On y voit les deux, Flash-ball et LDB40, mais ils avancent et ne sont pas en danger et les « cibles » sont à moins de 10 m..!

projectile du  flashball LDB40

Le projectile du LDB40 a brisé la visière du casque… donc c’est bien la tête qui fut visée!

LDB-40

En sécurité sur une position en hauteur… mais on vise quand même les manifestants..!

flash-ball LDB-40 projectile mi-dur

Même dans une paluche de métallo c’est un fameux projectile, comment déjà? Ah oui, « semi-dur »…

flashball LDB-40 CRS

Ils n’ont pas l’air d’être en danger, les matraques sont posées… mais je vise toujours, on sait jamais!

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Des travailleurs qui n’ont pourtant pas l’air menaçant se font braquer par un LDB40 quasi à bout portant… ils sont +/- à respectivement 2.5, 4 et 5 m!!!

flash ball LDB-40 CRS rambo

Il a vraiment l’air en danger… Matraques posées sur les boucliers.

LDB-40 et flash-ball BAC

Pas moins de quatre flash-ball..! On dirait que c’est leur première manif, pas fier la BAC…

flashball

Au moins deux qui visent un métallo… Et c’est pas vraiment les jambes qu’ils visent là, hein!

Tout les témoignages parlent de tirs à hauteur de visages et quasi à bout-portant! De toutes façons avec leurs viseurs EOTECH, on voit nettement les yeux de celui qu’on vise… et on se marre « Tiens prends ça dans la gueule connard »! J’imagine bien les discussions au retour à la caserne: « dis donc, tu l’as pas raté le mec, hein. Y reviendra pas de sitôt celui-là… »  Et ils doivent en être fier en plus!


à visionnez jusqu’au bout… « Désarmons-les! »

ArcelorMittal: un manifestant belge perd l’usage d’un oeil – article de l’Humanité

Fash-ball: La totale

27 novembre 2007 blog – La liste des blessés s’allonge et la justice traîne

Le flash-ball, une arme à l’origine de graves blessures

AVIS ET RECOMMANDATIONS de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité – Saisine n°2008-1 du 12 mars 2008 (.pdf)

« Conseils d’urgence à l’intention des personnes gravement blessées par la police »

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A lire dans lundimatin#59, du 3 mai 2016 Flashball : 10 ans de blessures, 10 ans de lutte

« Si l’effet physique d’un tir de flashball dans la tête est microscopique à l’échelle de la foule, il est macroscopique au niveau de la peur qu’il produit. »

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Info du syndicat hier:
Camarades, mauvaise nouvelle concernant John David: il a perdu son œil droit, il a une fracture de la pommette, et 8 points de suture a l’arcade. Il en a pour 5 jours là bas.

Dernières nouvelles: « on rentre à l instant de Strasbourg, John est en état de choc , il a quelques soucis de perte de mémoire suite a son état. Pour l’instant il porte une prothèse oculaire pour quelques semaines. Il va déposer plainte contre les flics français et espère arriver a faire bouger les choses. Il nous demande un soutien fort et se réjouit de revoir sa famille et ses camas. Il doit rentrer lundi 11/02. Il vous embrasse tous et vous remercie pour votre soutien. »

Bruxelles, Namur, Strasbourg. Trois villes qui ont « accueilli » les travailleurs d’Arcelor-Mittal comme des chiens, de dangereux agitateurs, voire des terroristes comme le disait un délégué cette après-midi…

« Les travailleurs et les représentants syndicaux d’Arcelor-Mittal de France, de Belgique et du Luxembourg qui sont allés manifester ce mercredi à Strasbourg devant le parlement européen se sont heurtés aux forces de l’ordre. Il y a eu plusieurs blessés. La police française, qui craignait des débordements, en avait coincé certains sur un parking à proximité pour leur faire subir une fouille corporelle complète… » Ça c’est ce que retiendra le téléspectateur lambda de votre sombre journée à Strasbourg, du moins jusqu’au feuilleton sur TF1…

Mais enfin, que croyiez-vous camarades – je me permet de vous appeler camarades pour avoir trimé de nombreuses années en industrie et/ou sur chantier dans la métallurgie et le forage – , que nos dirigeants et les députés européens dont vous espériez de l’aide ou du moins de la compréhension se tracassent réellement de votre situation, de votre avenir, du mien? Ne me dites pas que vous leur faites confiance? Vous fustigez la police en Belgique, les gendarmes en France, mais croyez- vous qu’ils agissent de leur propre initiative? Ce sont des militaires en France et des fonctionnaires en Belgique, donc des corporations qui n’agissent QUE sur ordres précis des autorités politiques – ceux-là même de qui vous espériez de l’aide – , s’ils se permettent de vous mépriser de la sorte, de vous péter la gueule sans craindre de représailles, de vous interdire le centre-ville comme à de la vermine, de retenir des délégations venues en car hors de Strasbourg, de vous fouiller à corps comme des malfrats, c’est qu’ils agissent sur ordres et qu’ils ont un blanc-seing pour frapper dur et arrêter du prolo!

Fouilles des carsd français

Fouillés comme des malfrats et certains empêchés de rejoindre la manif

Décortiquez ce qui s’est passé aujourd’hui – idem à Bruxelles et Namur – , « on » a décidé que vous ne passeriez pas! « On » a décidé de vous faire passer pour des brutes, pour de pauv’prolos incapables de s’exprimer sans violence, le message interne était clair: « on ne discute pas avec ces gens-là môssieur, ils ne sont pas de notre monde, réglons ça entre gens de bonne condition… ». Pendant qu’à l’extérieur vous vous faisiez matraquer, gazés, tirer dessus – ah oui, ce n’était « que » des flash-ball et des balles en caoutchouc – , derrière les vitres de la forteresse Europe on ne savait même pas que vous existiez…! Écoutez ce journaliste belge qui a passé sa journée dans les couloirs du Parlement européen… Question de la présentatrice du JT: « Comment cette manifestation houleuse a-t-elle été perçue au sein même du parlement? » réponse du journaliste… « Alors, j’ai passé une partie de l’après-midi dans ce parlement et je peux vous dire que c’est un peu étonnant, parce que… la plupart des gens qui étaient dans ce parlement cette après-midi n’ont RIEN SU, RIEN VU, RIEN ENTENDU DE CE QUI SE PASSAIT. Ils ne savait pas qu’il y avait une manifestation, ça peut paraître incroyable, il n’y avait que quelques centaines de mètres entre les-uns et les autres, mais moi franchement j’ai eu l’impression qu’il y avait DEUX UNIVERS, DEUX PLANÈTES VRAIMENT DIFFÉRENTES..! » Et pour qu’un journaliste de la RTBF ose dire ça… c’est qu’il a vraiment été choqué! (vidéo ci-dessous à 03:00)

Ces eurocrates vivent effectivement sur une autre planète! Lors de la manif intersyndicale à Bruxelles du 24 mars 2011 , nous avions prévu une action en solidarité contre le « Pacte de compétitivité », à l’intérieur même du Parlement européen avec des amis « désobéissants », pendant une conférence sur la dette tunisienne, où nous avions réussis à nous faire invité (sic)… et donc nous attendions l’heure dite pour l’action, alors qu’à quelques centaines de mètres des travailleurs arrachaient les pavés et affrontaient les flics..! Hé bien, tout comme ce journaliste nous avions été choqués de voir ces eurocrates dans leurs beaux costumes à plusieurs milliers d’euro, discuter politique et vacances au soleil en rigolant… ILS IGNORAIENT ROYALEMENT la présence de dizaines de milliers de travailleurs mécontents à quelques pas de là!!! Et ça papotait et ça s’échangeait des cartes de visites… vous n’existiez pas! D’ailleurs l’action dans le parlement fut un flop total, car ils n’eurent qu’une réaction mi-amusée, mi-condescendante envers ces pauvres gauchistes avec leurs banderoles… Ça ne les touchait pas dans leur tour d’argent.

A l’évidence ces gens se foutent des milliers de pertes d’emploi du groupe Mittal et sous-traitant. Un commissaire européen en charge de l’industrie parle de « l’élaboration d’un plan sidérurgique européen qui sera prêt en juin », mais même s’il est prévu pour juin – ce à quoi personne ne croit, il faut bien vous laisser un os à ronger – , en juin vous serez tous au chômage à calculer ce qu’il faut sacrifier pour s’en sortir, et les belges iront voir leur syndicat pour savoir dans combien de mois leur maigre chômage – dégressif depuis peu – va tomber au stade… aumône!

On ne va pas énumérer, l’humiliation, les fouilles, la colère, l’incompréhension, vous l’avez tous ressentie et nous pour vous. Voici donc les liens et vidéos qui résument cette journée  – une de plus – à marquer d’une pierre noire.

Vidéo MW « Strasbourg, France: Steel workers protesting closures clash with police near EU parliament »

Manifestation des Mittal à Strasbourg : « On ira leur Brûler l’ Elysée s’il le faut »  vidéo youtube +++

Strasbourg: heurts entre les métallos d’ArcelorMittal et les policiers RTBF-info

Les « Arcelor » d’Europe manifestent à Strasbourg sous haute tension Lalibre.be

Strasbourg: affrontements entre manifestants et forces de l’ordre lors de la mobilisation de ce matin RTL-vidéo

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Après ça, on ne s’étonnera pas de savoir que les services de renseignement de la police française ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux qui pourraient échapper au contrôle des syndicats. « Dans un contexte économique dégradé qui touche l’ensemble des territoires, il est important de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir », explique cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP), qui fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d’information générale (SDIG, ex-RG).

Ce document, daté du 30 janvier 2013 et transmis aux différents directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne la nécessité « d’anticiper » les mobilisations, ainsi que « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ». Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs. Les services de renseignement, selon des sources policières, craignent une « radicalisation » de salariés de ces entreprises en difficultés. (Le figaro 04/02/13)

Déclaration de Ph. Poutou au Figaro le 05/02 : « Le danger pour l’Etat, le gouvernement comme pour les patrons mais aussi, et c’est plus surprenant, pour les directions syndicales (confédérations, fédérations) c’est la contagion des luttes, c’est la révolte généralisée car là il n’y a plus grand monde pour contrôler, maîtriser, encadrer le mouvement social »

Le gouvernement s’inquiète des risques d’explosion sociale L’express

Guide juridique pour activistes

Publié: 2 février 2013 par Page de suie dans Droits
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Cet article concerne la Belgique, et est disponible en : [Deutsch]  [English]  [italiano]  [Nederlands]  [polski]

Et pour ne pas faire de jaloux, voici les liens vers les équivalents français:
Guide du manifestant arrêté - Syndicat de la magistrature (très complet)
Le Guide juridique pour les manifestant(e)s et les activistes - Jura libertaire - en 6 langues
Objectifs et avertissement

Les présents conseils sont donnés à titre d’infos générales pour armer juridiquement les personnes participant à des actions ou des manifs, qu’elles soient légales ou… « borderline ». Il va de soi que toute situation individuelle peut nécessiter des conseils précis. Les auteurs déclinent toute responsabilité de l’usage qui pourra être fait de ces informations. Mais ne croyez pas non plus que ce guide est une invitation à respecter la loi, comme dirait un bon camarade…

Manifs et actions dans des lieux publics

Bien que manifester son opinion soit un droit fondamental, les manifs en plein air sont généralement soumises à autorisation de la commune en Belgique. Si on décide de suivre la procédure d’autorisation, il faut s’y prendre plusieurs jours à l’avance et parfois négocier les modalités pratiques avec les fonctionnaires locaux ou la police (présence d’un service d’ordre interne, négociation de l’itinéraire…). L’autorisation de l’événement n’empêche évidemment pas des charges policières en cas de délits commis pendant la manifs.

Si les policiers considèrent que la manif présente un risque de « menace réelle pour l’ordre public », ils peuvent fouiller les personnes qui s’y rendent et contrôler leur identité. Il s’agit d’une fouille superficielle (palpation du corps, des vêtements et éventuels sacs) qui doit être faite par un policier du même sexe que la personne fouillée.

Manifester ou organiser une action sans autorisation n’est pas un délit mais on risque au pire une arrestation administrative (plus d´info en bas) ou des amendes administratives (une pratique dont la légalité est douteuse mais qui se développe) ou des menaces de la police de disperser la manifs. En pratique, les événements non autorisés sont rarement dispersés par la police avec violence, sauf s’ils s’accompagnent de délits (dégradations, graffitis…) ou de troubles graves à l’ordre public (notion vague qui peut englober une simple gêne de la circulation), ou bien s’ils se déroulent dans des lieux considérés comme très sensibles (la « zone neutre », certaines ambassades, les institutions de l’UE en période de sommets).

Si on souhaite rester dans la légalité, il faut éviter de porter des armes ou objets assimilés (canifs, bâtons, battes de base-ball…) car ceci permet à la police de disperser la manif. La présence trop visible de stupéfiants (y compris le cannabis, dont la possession reste un délit même en faible quantité, même si les poursuites sont rares) est fortement déconseillée.

Si la police veut disperser la manif, elle est obligée de lancer un avertissement clair (par exemple par annonce dans des hauts-parleurs) aux personnes présentes avant de passer à l’action. Dans toute action policière, l’usage de la force doit être légitime et proportionné, ce qui est évidemment rarement respecté en pratique.

Les policiers peuvent photographier et filmer les manifestants. Se masquer le visage n’est pas (encore) un délit mais on risque éventuellement une amende administrative si c’est interdit par un règlement local. Sur le territoire de la ville de Bruxelles par exemple, « il est interdit de se dissimuler le visage sur l’espace public par des grimages, le port d’un masque ou tout autre moyen » sous peine d’une amende administrative de 250 euro maximum. Si on constate un comportement policier suspect ou inacceptable (arrestation arbitraire, coups sur une personnes déjà maîtrisée…), rien n’empêche de filmer ou photographier les policiers mais il faut être très rapide et efficace pour éviter une arrestation ou la destruction des preuves embarrassantes. Si les policiers confisquent ou endommagent des appareils photos ou caméscopes ou GSM de personnes qui n’ont commis aucun délit, il s’agit d’un abus. Dans ce genre de situation, prendre les coordonnées de témoins, récolter les preuves, mettre son récit sur papier avec un maximum de détails (chronologie précise avec lieux et faits exacts) et envisager de porter plainte (dans ce cas, se préparer à un long combat procédurier).

Précautions particulières pour les personnes sans papiers

Le droit des personnes sans papier à manifester leur opinion, incontestable en théorie, est fortement limité par le risque de détention et d’expulsion au moindre contact avec un policier. Les sans papiers doivent donc bien peser les risques lorsqu’ils décident de s’exposer dans des actions entrainant une forte présence policière. L’arrestation administrative d’un étranger qui n’est pas en ordre de séjour peut durer 24h (deux fois plus que pour les Belges) avant qu’une décision administrative de quitter le territoire et de détention soit prise par l’Office des étrangers.

Arrestations
a. Pendant l´arrestation

En cas d’arrestation, demander aux personnes de crier leur nom pour pouvoir agir et tenter de savoir à quel commissariat ils ont été emmenés. On peut exiger leur libération en contactant les commissariats concernés (coordonnées disponibles sur le site internet de la police : http://www.infozone.be)

b. Administrative

Les policiers peuvent, « en cas d’absolue nécessité », procéder à des arrestations administratives des personnes qui font obstacle à la liberté de circulation (ex : un sit-in non autorisé sur la chaussée …), qui perturbent effectivement la tranquillité publique, qui se préparent à commettre une infraction.

Une arrestation administrative peut durer le temps nécessaire au rétablissement de l’ordre public avec un maximum de 12h à partir du moment où le policier limite la liberté de mouvement (et pas à partir du moment où on est placé dans un véhicule ou au commissariat). La police doit te notifier tes droits comme personne arrêtée, oralement ou par écrit, dans une langue que je comprends (droit de demander qu’une personne de confiance soit avertie, droit à l’assistance médicale, droit de recevoir une quantité suffisante d’eau potable et un repas, droit d’utiliser des sanitaires adéquats, …). Insister pour qu’une personne de confiance soit avertie de votre arrestation. Pour les mineurs, les policiers sont toujours obligés d’accepter. Pour les majeurs, ils peuvent refuser s’ils ont des raisons sérieuses de penser que le fait d’avertir une tierce personne comporte un danger pour l’ordre public ou la sécurité. Les motifs de ce refus doivent être mentionnés dans le registre des privations des libertés. Il faut bien vérifier que les heures de débuts et de fin de l’arrestation, qui doivent être notées dans un registre spécifique, correspondent à la réalité. Le registre doit aussi mentionner la raison de l’arrestation, les objets saisis et l’identité des policiers qui ont procédé aux fouilles (utile de s’en souvenir). Les policiers doivent en principe demander de signer le registre à la sortie. Si le registre n’est pas complet ou contient des erreurs (par exemple sur les motifs ou les circonstances de l’arrestation), surtout NE PAS SIGNER (ceci hypothéquerait des actions futures).

c. Judiciaire

Si la police leur reproche d´avoir commis des infractions, on peut arrêter les personnes plus que 12h au commissariat. Il s’agit d’une arrestation judiciaire qui peut durer maximum 24h (heure de l’arrestation et durée mentionnées sur procès-verbal). Si la personne n’est pas libérée après 24h, c’est qu’un mandat d’arrêt a été délivré par un juge d’instruction et qu’elle doit donc faire face à un procès. Un tribunal appelé « chambre du conseil » devra décider le maintien du mandat d’arrêt ou la libération dans les 5 jours maximum.

Au commissariat

Si on est blessé , exiger d’être examiné par un médecin, de préférence de son choix et vérifier que le médecin établisse un certificat le plus détaillé possible décrivant les lésions avec précision (et éventuellement leur compatibilité avec l’explication du blessé sur leurs causes) dont on doit recevoir l’original. Le droit à l’avocat dès le commissariat de police n’est pas garanti en Belgique. En pratique, on ne rencontre un avocat que lorsqu’on est mis sous mandat d’arrêt par un juge. En cas d’arrestation judiciaire, il faut l’exiger et demander que ce soit mis dans le procès-verbal mais il y a peu de chances que les policiers donnent suite.

En cas d’interrogatoire, les policiers doivent indiquer que les déclarations pourront être utilisées comme preuves en justice mais ils ne doivent pas rappeler aux personnes qu’elles ont le droit de se taire, ce qui est pourtant incontestable. (modifier en 2012, ils vous lisent vos droits entièrement en théorie)

Il est vivement conseiller de TOUJOURS se borner à dire qu’on a RIEN A DECLARER et ne rien dire d’autre (par exemple ne pas dire qu’on ne sait rien à propos de telle ou telle action). Refuser de répondre même aux questions les plus anodines (« avez-vous un numéro de GSM ?, une adresse e-mail ? ») qui peuvent aboutir à des enquêtes très intrusive dans la vie privée de tous vos contacts. TOUT ce que vous dites à un policier, même dans la rue, une camionnette, un couloir, pourra être consigné et servir de preuve contre soi-même ou d’autres personnes. Si les policiers persistent à vouloir vous interroger, les mots « Je n’ai rien à déclarer » doivent se retrouver tels quels sur le procès-verbal et ce, à chaque question de l’audition. Penser qu’on va s’en tirer plus vite en répondant aux questions est totalement faux (les réponses appelant d’autres questions et vérifications etc.) . Si les policiers disent qu’ils ont déjà des preuves ou promettent des circonstances atténuantes en cas d’aveux, ne pas céder car leurs promesses n’ont aucune valeur.

Si vous décider tout de même de faire des déclarations (on vous le redit, c’est déconseillé ! ), vérifiez que vos propos soient fidèlement retranscrits (vous pouvez exiger une transcription mot pour mot de ce que vous dites. N’hésitez pas à faire réécrire le policier. Vérifiez aussi que la description de votre interrogation (les menaces éventuelles des policiers, la pression psychologique ou physique exercée, réflexions racistes ou insultantes …) soit retranscrite dans le PV d’audition et, au besoin, demandez que des éléments y soient ajoutés.

Quoi qu’il en soit, TOUJOURS REFUSER DE SIGNER le PV, ce qui n’entraine aucune sanction. La signature d’un PV erroné peut par contre être très dommageable. On peut aussi signer par inadvertance un document autorisant les policiers à faire une perquisition sans mandats à son domicile !

Si l’arrestation se prolonge, les policiers sont en principe obligés de donner à manger aux heures du repas. A Bruxelles, il est difficile d’obtenir autre chose que des gaufres.

On n´a pas le droit de recevoir des objets de l´extérieurs (vêtements, livres, …) mais rien n’empêche à des proches de venir apporter des objets qui pourront être transmis au bon vouloir des policiers. Si un mandat d’arrêt est décerné, on peut transmettre des objets en prison.

Perquisitions

Les policiers ont le droit d’entrer dans tous les lieux accessibles au public (cafés, bars sans carte de membre…) mais pas de les fouiller s’il n’y a pas de danger imminent, de flagrant délit ou s’ils ont un mandat du juge.

Dans les lieux privés, les policiers ne peuvent entrer sans mandat du juge en cas de danger très grave (incendie, inondation…), de flagrant délit, de suspicion d’infraction liée aux stupéfiants (y compris possession de cannabis) et d’accord des occupants (attention à ne signer aucun document !). En dehors de ces cas, une perquisition dans un domicile (habitation privée) n’est possible que si les policiers disposent d’un mandat d’un juge d’instruction qu’il faut demander à voir et ils ne peuvent entrer qu’entre 5h du matin et 21h. Un squat habité même contre l’avis du propriétaire, une caravane habitée, doivent bénéficier de la protection du domicile.

Contrôles d’identités

Les policiers peuvent contrôler l’identité de toute personne recherchée, arrêtée, ou pour laquelle ils ont des motifs de croire qu’elle prépare un délit, ou qu’elle trouble ou pourrait troubler l’ordre public (notion vague qui laisse de la marge à la subjectivité policière). Si on n’a pas sa carte d’identité ou son passeport, on risque une amende mais on a le droit de prouver son identité « de quelque manière que ce soit » (permis de conduire, carte d’étudiant, passeport…). Sans aucun document, on pourra être emmené au poste pour la durée nécessaire à la vérification d’identité (maximum 12h).

Rester anonyme

Ce n’est pas un délit de ne pas vouloir dévoiler son identité (contrairement au fait de déclarer une fausse identité). En cas d’arrestation administrative, le risque est que les policiers gardent la personne jusqu’à la fin du délai de 12h pour tenter d’obtenir tout de même son identité. En cas d’arrestation judiciaire, il est évident que le fait de ne pas donner son nom n’empêchera pas les poursuites ni une condamnation si des preuves existent.

Expulsions des activistes étrangers

En principe, les policiers ne peuvent pas faire de contrôles systématiques aux frontières internes de l’espace Schengen (routes, vols aériens internes, trains sauf l’Eurostar) et ne peuvent pas interdire l’entrée d’un étranger dans le but d’empêcher des personnes de participer à une action. Une interdiction d’entrée ou une expulsion peut être prise pour des raisons d’ordre public mais uniquement à titre individuel et par une décision mentionnant pour chaque personne les raisons. La participation à une manif ou une action non-violente est un droit démocratique et ne peut pas en soi être considérée comme un trouble l’ordre public.

Les citoyens UE ont une protection particulière et ne peuvent être interdit d’entrée ou expulsé que si leur comportement menace l’ordre public (l’existence d’un casier judiciaire par exemple ne suffit pas pour justifier une expulsion). Ils ne peuvent pas être traités d’une manière plus défavorable que les Belges car la discrimination sur base de la nationalité est interdite par les Traités de l’UE. Par exemple, si après une arrestation administrative, la police laisse partir les activistes belges sans aucune sanction mais donne un ordre d’expulsion aux citoyens UE, il s’agit d’une discrimination interdite. Si cela arrive, on vous demandera de signer l’ordre d’expulsion. Ne signez pas mais écrivez que vous souhaitez faire valoir vos droits de citoyens de l’UE sur base de la directive 2004/38 (si vous ne retenez pas ce numéro, mentionnez simplement le droit de l’UE).

En pratique, en cas d’interdiction d’entrée ou d’expulsion il faut trouver très rapidement un avocat qui peut introduire un recours en extrême urgence contre l’expulsion devant un tribunal spécial appelé Conseil du contentieux des étrangers (CCE). La loi prévoit un recours suspensif contre l’ordre d’expulsion, à condition qu’il soit introduit dans les trois jours ouvrables de l’expulsion. Ceci vaut pour tous les étrangers (tant citoyens de l’UE que d’autres pays). Si vous avez été expulsé sans avoir eu le temps de contacter un avocat, ça vaut quand même la peine de reprendre des contacts en Belgique pour qu’on puisse dénoncer une expulsion illégale, ou même tenter d’obtenir un dédommagement.

Source : Legal team Camp NoBorder août 2010