Archives de mars, 2014

  « En clair, le 22, je faisais de la politique. A voté. Point..! »

 

NDDL 22 février

 

Je me contenterai donc de reproduire ce texte anonyme brut de décoffrage… vous êtes assez grands pour en tirer vos conclusions personnelles, non?

En rentrant de Nantes, je pensais ne rien écrire. Je me disais que ce n’était pas nécessaire. Que l’essentiel avait été de vivre cette journée-là. Et que le torrent médiatique sortirait de toute façon de son lit pour venir noyer cette manif. Je savais qu’il recouvrirait entièrement nos gestes et nos histoires. Et qu’il ne laisserait derrière lui que boue, effroi et désolation. Comme d’habitude. Face à cette capacité de confiscation de la réalité qu’on appelle information, nos mots, mes mots, je les imaginais dérisoires. Pourquoi s’embêter, alors ?

Sauf que cette fameuse journée, elle s’est mise à faire les cent pas dans ma cage à pensées. Elle ne voulait pas en partir. Je ne savais ni pourquoi, ni comment, mais cette manifestation m’avait bougé. J’y pensais et je trépignais devant l’ordinateur. Je ressassais.

J’enrageais, aussi. Je bouillais littéralement en lisant les comptes-rendus de procès des quelques personnes chopées à la fin de la journée. Ou en me plongeant dans le récit du manifestant qui a perdu un œil. Un de plus1.

Je lisais aussi ce qui pouvait bien se dire dans le salon et la cuisine de monsieur et madame tout le monde : la France avait peur. Grave. À en mouiller le tricot de peau. Le ton employé par les médias au sujet de la dite « émeute » du 22 me rappelait un souvenir d’enfance : la voix de ce commercial qui tentait de vendre une alarme à mes parents après qu’ils se soient fait cambrioler. Les mêmes mots. Le même ton. C’est toujours pareil. Quand créer du danger de toute pièce te permet de payer tes vacances ou d’acheter une motocyclette à ton ado de fils, tu sais te montrer convaincant. Tu racontes la peur, ta peur, tu ne lésines pas, t’y vas franco et, au passage, tu déroules le tapis rouge à l’ordre en vigueur, parce que l’ordre tu en profites goulûment.

Bref, j’en étais là : elle me prenait la tête, cette journée du 22. Elle était là, un peu partout. Dans leurs bouches, derrière leurs mots, au centre de leurs images. Et forcément, j’y étais aussi. J’écris « forcément » parce que j’ai fait partie de ce qu’eux nomment « casseurs ». Moi et quelques copains. On agissait ensemble, petit groupe solidaire. Rien de fou, hein, nul fait d’arme. Simplement, on était là. On a fait quelques trucs, on s’est agités. Point.

Je suis donc « un casseur ». Mais « un casseur » hyper-sympa. La précision est importante. Parce que dans les deux semaines qui suivent ce genre de journée, tu as quand même largement l’impression que beaucoup de gens viennent mettre leur main dans le derrière de la manif afin de lui faire dire tout et n’importe quoi. Beaucoup de ventriloques et de tours de passe-passe, dans les articles, sous les articles, dans les images, sous les images. Une hypertrophie des enjeux, servie sur son flux continu d’informations, à la sauce virtuelle. Avec un soupçon de connerie.

Reprenons. Je suis « un casseur » sympa. Et je ne suis pas complètement con non plus. Alors quand je lis un peu partout que ce jour-là j’ai été manipulé et que je n’ai rien compris à ce qui s’est passé, j’ai envie de dire : comme d’habitude. Ni plus, ni moins – certainement moins, en fait. Oui, je suis manipulé. Comme au supermarché, au boulot, devant des guichets, des médecins, des profs, des représentants de la loi en tous genres. Comme tout le monde. Oui, je suis manipulé, pour peu d’entendre par là : « Soumis à des forces qui me dépassent ». Mais je me soigne. Je l’ai accepté, ce statut de petite souris dans une cage. Je l’ai accepté parce que je me suis dit : si je ne suis que ça, une petite souris dans une cage, alors je serai une petite souris qui dévisse, qui fait n’importe quoi. Cette manif du 22 février, je savais très bien qu’elle ne changerait pas le monde (sic), et qu’elle s’inscrivait dans un jeu de pouvoir, de territoires et de symboles qui me dépassent. Mais j’étais excité comme une souris qui a pété un plomb dans sa cage. Et qui tente d’invalider l’expérience qu’on mène sur elle.

Auscultons la manipulation vendue ici et là : « Les flics nous ont laissé la ville » ; « Il y avait des flics/provocateurs dans le cortège » ; « Les flics ont laissé faire ». Ou bien : « En bloquant l’accès à une partie de la ville, les flics ont crée la tension de toute pièce pour discréditer le mouvement ». Cette idée que les flics sont acteurs de la journée est à la fois assez vraie et très mensongère. Je ne rentrerai pas ici dans l’analyse de la répression ce jour-là ; je ne suis nullement un « spécialiste » de la question. Mais je me suis par contre rendu compte que le point commun de ces évocations de « l’émeute » comme favorisées par police tient à l’impossibilité pour les gens qui les évoquent de concevoir qu’on puisse être assez nombreux-ses à être en colère, suffisamment déterminé(e)s et organisé(e)s pour débarquer dans une ville afin de la retourner. Ça leur semble tellement fou et irrationnel que ça doit forcément être un complot. Ben non.

La réalité est beaucoup plus simple : ce jour-là, les flics n’ont pas créé la violence, ils l’ont gérée. Violemment, patiemment et méthodiquement. Et ils avaient certainement conduit un efficace travail de renseignement en amont puisqu’ils avaient compris combien on était motivé(e)s. Ils avaient saisi que s’ils nous laissaient accès à toute la ville, on risquait d’avoir méchamment envie de faire du lèche-vitrine sans pour autant passer par les portes automatiques. J’imagine que de longues réunions se sont alors tenues dans de beaux bureaux soyeux pour décider comment administrer cette colère qui allait parcourir le cortège. Qu’en faire ? Comment la récupérer ?

Loin d’une quelconque théorie du complot, il y a tout de même une réalité qui semble dépasser quelques commentateurs en mal de bons et de méchants. Celle-ci : alors que les festivités allaient bon train et que l’air devenait difficilement respirable, la foule est restée en grande partie présente, à quelques mètres. À nous observer caillasser les flics, tenter de les faire reculer. À nous regarder agir avec sympathie. Et j’avais l’impression que cette foule disait : « Je le sens moyen, ton plan… ça a l’air foireux… Mais vas-y, ne t’inquiète pas : je reste là, je te couvre. » C’était fou, vachement beau à voir. Et encore plus à vivre. C’est aussi ce qui rendait l’intervention des flics si difficile, tant ils risquaient de commettre plus de « bavures » que de nécessaires, de possibles ou d’autorisées. Comme un aval tacite d’une partie de la foule. Lequel a sans doute permis à toutes ces personnes qui n’étaient pas équipées pour la castagne (pas de masque, des vêtements clairement identifiables, etc.) de ne pas finir dans le camion à salade ou en disque de ball-trap pour baqueux en mal de cible.

J’ai aussi lu, ça et là, que les flics auraient fait usage d’une force démesurée et qu’ils se seraient trompés de cible, en « frappant » les gentils manifestants plutôt que les vilains « casseurs ». C’est quoi, un usage de la force mesuré ? Quand les flics font comme à la pétanque, c’est-à-dire tracer un rond au sol à bonne distance, prendre le temps de viser, et commenter gentiment le tir en y allant d’une petite blague impromptue ? Et c’est quoi, trompé de cible ? Ça signifie qu’un tir tendu sur un manifestant pas du tout gentil, qui ne vote pas, qui a pillé le rayon vêtements noirs du Décathlon, et qui a lancé un caillou, ce n’est plus vraiment un tir tendu ? Mon cul ! Moi, je ne vois là que la violence d’État, dans son hideuse banalité, dans sa toute-puissance, peu importe qui s’en retrouve victime. Quant aux quelques pavés qui ont atteint leur cible, reconnaissez que c’est bien la moindre des choses. Il faudrait quand même voir à ne pas oublier, dans un retournement symbolique quasi cocasse, d’où émane la plus grande des violences, la légitime, la rémunérée.

Le côté « sportif » de cette manif n’a pas débordé le cortège. Et il n’a pas décrédibilisé la journée. Au contraire, il l’a transcendée en un joyeux bordel informe et foutraque où l’on ne savait plus trop bien qui est qui. Davantage que la minorité qui déborde, cette journée a été placée sous le signe de la majorité qui bout – et c’est pour cette raison que c’est essentiellement cette dernière qui a été marquée dans son corps par les hommes en arme. Inutile de chercher à tout prix une ligne de démarcation entre pacifiste et « casseurs » : cela relève du rite de conjuration. Ou de la prière, ressassée par celles et ceux qui abhorrent l’idée que la violence que j’exerce – quand je suis en forme – avec d’autres, contre tout symbole du pouvoir, puisse potentiellement être avalisée avec le sourire par monsieur ou madame tout le monde. Le cauchemar du pouvoir, à en réveiller le préfet la nuit.

Définitivement, cette journée du 22 fut sacrément animée. Une sorte de rencontre inter-régionale autour des loisirs créatifs. Un salon international du bien-être. Très sympa. Comme moi, je vous rappelle. Et ce, malgré l’austérité de ma tenue. Oui, j’étais tout en noir. Oui, je portais un masque. Figurez-vous que j’avais bien pensé venir en short et en tee-shirt. Mais ça n’aurait pas été raisonnable : il fallait se protéger de la bande armée qui nous attendait de pied ferme. Croyez bien que je la regrette, cette tenue noire si peu rigolote et fort menaçante. Et que je n’aime pas porter ces masques anonymes. Ils cachent les sourires, nos sourires. Et ils facilitent la construction médiatique et policière de ce personnage du « casseur », cette ombre haineuse et abrutie. C’est pratique, l’ombre : elle ne parle pas, ne pense pas, et permet même de dissimuler.

Sous ce masque, cagoule ou capuche, j’ai un cerveau. Et il turbine. Sec. Trop vite, souvent. Mon cerveau, « l’aéroport et son monde », il y a beaucoup réfléchi. Depuis longtemps, presque depuis toujours. Parce que « son monde », je m’y suis bien cogné le front. Assez pour me sentir résolument déterminé à agir sur ce qui se passe autour de moi. À ne pas accepter, à ne plus accepter. Alors, c’est vrai, cette journée du 22, c’était un peu la fête, le grand rendez-vous. Mais son assise à la fête, c’était ma colère. Précise. Dense. Quotidienne. Physique. Lucide. Rien à voir avec cette idée colportée par les médias et les politiciens d’une masse abrutie de combattants tout de noir vêtus qui se déplacerait au gré des affrontements en France et en Europe sans comprendre où elle est ni pourquoi elle y est. Oui, les fantasmatiques et imaginaires black-blocs. Sauf que moi, je sais très bien sur quel front je me situe, et pourquoi. Je sais très bien que je ne revendique rien, je veux tout. En clair, le 22, je faisais de la politique. A voté. Point.

Et je ne pète pas plus haut que mon cul. J’ai bien compris que l’intensité de cette « guerre » est basse. Je sais qu’il y a d’autres fronts, ailleurs, pas loin, autrement plus violents. J’ai bien conscience que le capitalisme souvent tue ou anéantit, alors que le 22 il se « contente » de blesser. Je ne m’enracine pas dans un imaginaire viril ou guerrier – le moins possible, en tout cas. Et je fais attention à ce que moi et mes copains et copines, on ne finisse pas par ériger un quelconque folklore de la petite guérilla urbaine, même si partager un imaginaire est inévitable. Je sais tout ça. Il n’empêche : cette violence, je la ressens au quotidien. Je la vois, je l’entends, partout, tout le temps. Dans l’histoire, dans l’économie, dans les rapports de genre, de classe, dans le racisme, la répression de toute forme de contestation hors cadre… Cette conflictualité, elle m’habite, elle m’obsède, elle m’a rendu fou parfois. Elle me bouffe tout autant qu’elle m’a fait. Et quand on bouge le 22, je pense à cette violence, aux dernières fois où elle s’est manifestée à moi. Et je me rêve mèche.

Du coup, c’est vrai : on laisse un peu de bordel en repartant. Si peu. Maire et préfet chialent parce qu’on a fait caca dans leurs boîtes aux lettres, comme s’ils oubliaient que ranger le bazar génère aussi de la croissance. Les dégâts causés par « l’émeute » sont bons pour l’économie, non ? Le déploiement du maintien de l’ordre l’est pour nos exportations de matériel policier, n’est-ce pas ? Alors, basta avec cette fable du contribuable qui raque en bout de chaîne. Leurs mots, leur histoire. De toute façon, il ne s’agit pas de mettre à mal le capitalisme en brûlant trois arrêts de bus. Non, l’enjeu réside dans la manière dont ce genre de journée irrigue le quotidien de celles et ceux qui les vivent, quelle que soit leur place dans les festivités. Comme le retour du corps, du corps comme interface avec le conflit. C’est le corps qui est en jeu – réalité précieuse à l’heure où l’exercice de la citoyenneté et du conflit, et donc de la politique, repose sur la confiscation de la parole, sur la délégation du pouvoir et sur une dilution permanente de la responsabilité. C’est le corps qui est en danger, aussi. Tripes, jambes, cerveau. Nos corps sont nus, ceux d’en face sont protégés par une véritable carapace. C’est frappant. Et toutes celles, tous ceux qui étaient là n’auront pas manqué de noter cette distorsion de moyens, l’État apparaissant pour ce qu’il est : une arme à la ceinture d’un homme. Un vrai dévoilement, qui affecte des vies et des quotidiens.

Ce versant physique de l’exercice d’une force collective met en jeu la puissance et la peur. La puissance d’agir, d’être. Un sentiment de présence au monde rare. Une danse sur la plus étrange des musiques, celle de la révolte. Avec des gens sur le côté de la salle des fêtes, semblant attendre qu’on les invite. Manquent uniquement les nappes en crépon… Et la peur ? C’est celle de ce qu’il y a en face, de la blessure, de la répression. Celle de là où nous mène la colère, aussi, de ces points de non-retours franchis. Celle de constater qu’on vit déjà au-delà de soi-même, qu’on ne se reconnaît plus très bien parfois. Comme une espèce de tempête en interne, vécue par toutes celles et tous ceux qui mettent pareillement la main à la pâte. Il ne te reste alors qu’à écouter, qu’à sentir et ressentir.
Et ce jour-là, justement, j’ai entendu des gens vociférer, et les altercations ont été aussi nombreuses que les rires. Fallait-il brûler cette voiture ? Faire fuir de façon vigoureuse cette camionnette de BFM-TV ? Défoncer cette vitrine ? Ce sont de bonnes questions, que tout le monde devrait se poser. Et justement : quand ça brûle, ça casse, ça pète, tout le monde se les pose. Parce que ce jour-là, ces questions sont ressenties, vécues – elles ne sont plus simplement théoriques. Rien que pour ça, ça vaut le coup. Impression que je participe à ouvrir alors la plus belle agora du monde. Ensuite, à chacun de fixer son curseur.

En ce qui me concerne, j’ai choisi. Et quand tout le monde se défoule gentiment sur le camion égaré d’une grosse chaîne de télé, au grand dam des journalistes qui sont au volant, j’y vois la preuve que personne n’a envie de se faire voler le compte-rendu des débats. Surtout pas moi. C’est d’ailleurs pour ça, je crois, que cette journée du 22 m’a tant trotté dans la tête quand d’autres manifestations similaires ne m’avaient pas tant marqué. C’était le désir de raconter mon histoire tandis qu’on me la volait qui tapait au portillon. L’envie de rappeler que je ne dors pas entre deux « émeutes ». Que j’ai une vie bien remplie. Que si « émeute » il y a, elle n’est qu’un temps politique parmi d’autres dans ma vie – pas forcément le plus important, d’ailleurs. Que j’ai méchamment envie de tout péter, car j’ai furieusement envie de construire autre chose qu’un monde mort. Que je suis – je crois – assez lucide sur la pertinence et la limite de nos gestes, et qu’il s’agit aussi d’un besoin, d’une pulsion. Et que les feux allumés ce jour-là, réchauffent toutes les démarches que je mène une fois retourné à mon quotidien. Le son de « l’émeute », je l’entends tout le temps dans ma tête, obsession qui habille le réel de la plus belle des manières.

Vous n’êtes pas obligés de croire à cet hydre du « casseur » agité par certain(e)s. Vous n’êtes pas obligés de reprendre à votre compte l’histoire que propose le pouvoir. Faîtes plutôt la vôtre. Et la prochaine fois qu’on se croise alors que les animations battent leur plein, n’hésitez pas à vous rapprocher et à venir me parler. Rappelez-vous : avant d’être un « casseur », je suis hyper-sympa.

PS.: est-ce utile de nommer la source pour un pamphlet anonyme…? 😉

La machine a expulser s’emballe

Publié: 20 mars 2014 par Page de suie dans Articles
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Institut du Sacré-Cœur à Vielsalm
Institut Saint-Roch à Marche-en-Famenne
Institut du Sacré-Cœur de Barvaux-sur-Ourthe

Qu’ont-ils en commun? Dans chacun de ces établissements scolaires, notre tristement célèbre Maggie De Block, veut expulser des élèves parfaitement intégrés et leurs familles. Les renvoyer, tout comme elle le fit avec Aref vers les persécutions, la misère, l’analphabétisme… et peut-être vers l’incarcération ou la mort..! Des dizaines de familles, d’élèves, de professeurs, de voisins, d’amis se sont mobilisés. Ils se démènent pour tenter d’infléchir cette garce, qui ne sait que répondre froidement : « De wet is de wet! »

On dit toujours qu’en cas d’enlèvement, il faut appeler les victimes par leur prénom, pour les « humaniser » aux yeux du psychopathe qui les menace… Donc, Maggie, voici les enfants que tu veux expulser:

  • Hadeel Eldhomh, yéménite, vit en Belgique depuis sa troisième maternelle (près de 10 ans !). Son père, suite à des protestations, risque la mort dès son arrivée sur le territoire. Hadeel serait quant à elle mariée peu de temps après son retour… Au Yémen, ce sont les grands-parents qui prennent les décisions pour toute la famille : elle sait donc qu’elle n’échappera pas au mariage ! Pouvons-nous vraiment enlever tout espoir de vie heureuse à cette jeune fille de 13 ans en la renvoyant vers un mariage certain, vers une vie de femme soumise à un homme qui lui aura été imposé ? Est-ce là les valeurs que veut défendre notre pays ? Les conséquences de ce mariage forcé seraient catastrophiques et en parfait désaccord avec les règles morales de notre pays. Cet avenir probable nous inquiète tout particulièrement. Notre inquiétude est d’autant plus vive que c’est une élève brillante, parfaitement intégrée, qui maîtrise parfaitement le français, et qui fait l’unanimité au sein du corps professoral et des élèves. Elle est d’ailleurs promue à un parcours prometteur si elle peut poursuivre sa scolarité dans notre pays. Elle rêve de devenir médecin.
  • Ruzanna Yedigaryan, arménienne, dans le pays depuis 4 ans, a toujours vécu dans des centres. Elle craint de rentrer en Arménie. Outre les nombreuses amitiés nouées et les activités auxquelles elle prend part, elle construit chaque jour son avenir dans notre établissement scolaire. Son intégration passe également par une volonté permanente d’être traitée à l’égal des autres dans ses apprentissages. Son caractère combatif la pousse à se dépasser et à produire un travail de qualité en dépit des obstacles de la langue. L’une de ses plus grandes craintes est d’ailleurs de ne pas pouvoir mener ses études à terme. Très appréciée de ses camarades de classe, son possible départ est un choc pour chacun. Il nous a de plus été rapporté qu’un retour dans son pays d’origine pourrait constituer un grand danger pour son père. Nous éprouvons dès lors de vives inquiétudes. « Si nous retournons à Erevan, mes parents seront jetés en prison et nous serons seuls sans famille pour nous protéger« , redoute Ruzanna.
  • Besiana et Albina Rustemi, également dans le pays depuis 4 ans, sont nées en Allemagne. Elles proviennent de Serbie. Leurs parents, albanais, ont fait l’objet de persécutions liées à la minorité ethnique à laquelle ils appartiennent. Besiana a vraiment très peur de retourner au pays.
  • Maryam Oganyan : 19 ans, émigrée russe qui réside en Belgique depuis 4 ans et quatre mois. Sa famille a rencontré des problèmes avec la mafia russe. Son père tenait un commerce dans une petite ville à 250km au sud de Moscou. Il s’avère qu’une employée de l’établissement vendait de la drogue, sans que sa famille ne le sache. Elle a été tuée par la mafia, dans le magasin de son père. Les criminels ont mis le feu au magasin et réclamaient de l’argent. Sa famille et elle-même ont fuit pour sauver leur vie. C’est une fille qui en veut : elle se lève tous les jours à 5h du matin pour venir à l’Institut Saint-Roch de Marche-en-Famenne, école dans laquelle elle est inscrite depuis 3 ans. Si elle retourne en Russie, elle sera en danger de mort…
  • Isa, Zharadat et Abubakar Konkurkhanov : 15, 14 et 13 ans, émigrés de Tchétchénie. Ils résident au centre de Melreux depuis le 15 mars 2012. Trois enfants qui ont perdu leur père en Tchétchénie, tué sur place. Ils ont fuit ce pays pour échapper à la violence. Isa est un élève qui a intégré une 3pMeca début septembre après avoir appris le français sur très peu de temps. Il se débrouille très bien, il s’accroche pour réussir ses cours, il est très sociable et a beaucoup d’amis dans l’école. Zharadat et Abubakar sont en classe DASPA. En septembre 2014, ils doivent intégrer une 1ère différenciée. Ces 2 élèves sont très motivés et apprennent très vite. Ils sont toujours joyeux, ils apportent beaucoup de bonheur en classe. Si ils retournent en Tchétchénie, ils seront en danger de mort…
  • Ermal Kastrati : 18 ans, Kosovar, il vit en Belgique depuis 18 mois. Ermal vit chez un oncle avec sa mère qui souffre d’un cancer. Ils ont tout perdu là-bas. Son père est arrivé sur notre territoire cinq mois plus tard. Ermal et sa mère ont reçu un avis d’expulsion mais pas son père. Ce sont deux dossiers différents.Cet élève a intégré une 4pMeca en septembre. Il est très volontaire. Il est inscrit au club de football de Marche-en-Famenne, est toujours là pour donner un coup de main. Il a énormément d’amis à l’école qui ne veulent pas le voir partir. S’il retourne au Kosovo, il ne sait pas s’il pourra reprendre des études. Il veut se construire un avenir, trouver du travail, avoir une vie de famille normale.
  • Hasmik (15 ans), Nelli (13 ans), Narek (9 ans) et Karina Stepanyan (9 mois). La famille a fui l’Arménie en 2010 car la situation politique et économique du pays n’était pas stable. Trois des enfants sont scolarisés dans la commune de Durbuy, à l’ISC et à l’école communale d’Izier. Ils parlent parfaitement le français et sont très bien intégrés. Il y a quelques jours, le renouvellement de leur permis de séjour vient de leur être refusé. Ils sont renvoyés dans un pays où leur avenir reste incertain. Nous, enseignants, parents, amis ne pouvons accepter cette situation.

Les citoyens lambdas ouvrent enfin les yeux sur l’inhumaine politique d’expulsion de Maggie De Block, et dans ces trois cas… pas un activiste, pas un seul « gauchiss »..! Ce sont des citoyens ordinaires Maggie, tu ne peux plus dire dans les médias que ce sont des activistes qui fomentent ces actions, qui font monter la mayonnaise. Vas-tu les envoyer à la mort comme tu l’as fait avec Aref, assassiné dès son retour forcé en Afghanistan?

expulsion marche en famenne

Élèves et professeurs se mobilisent à St. Roch (Marche-en-Famenne)

Barvaux contre les expulsions

Institut Sacré-Cœur, école communale, école d’Izier en « front commun » contre les expulsions à Barvaux

Voici divers articles qui évoquent le sujet:

Durbuy. Contre l’expulsion des Stepanyan – tv-Lux

Toute une école se mobilise contre l’expulsion de ses élèves – dh.be

Une chaîne humaine contre l’expulsion d’une famille – 7sur7.be

Barvaux: les Stepanyan soutenus par 600 élèves (+ photos) – lameuse.be

Vielsalm: Ruzanna et sa famille, qui ont fui l’Arménie en 2008, sont dans l’angoisse d’être expulsés – laprovince.be

Les trois pétitions contre ces expulsions:

Institut du Sacré-Cœur de Vielsalm

Institut du Sacré-Cœur de Barvaux

Institut Saint-Roch de Marche-en-Famenne

Pétuffes du mois exæquo… Milquet & Fabius

Publié: 17 mars 2014 par Page de suie dans Articles
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Impossible de les départager, vous sauriez le dire vous, lequel des deux est le plus débilo-incompétent… bref, le ou la pétuffe du mois? Alors, on va leur décerner le prix de pétuffes du mois à exæquo..!

laurent fabius pétuffe

Interrogé mardi à France Inter sur la situation en Ukraine, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rejeté les accusations portées contre le parti antisémite Svoboda, qualifié d’extrême droite, représenté dans le nouveau gouvernement ukrainien.

Quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême droite, « c’est faux », a affirmé M. Fabius. “Il y a trois membres du parti Svoboda qui est un parti plus à droite que les autres, mais l’extrême droite n’est pas au sein du gouvernement”

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joëlle milquet pettuffe

Joëlle Milquet ministre belge de l’intérieur. Engagée au sein du gouvernement dans un long programme de déradicalisation des jeunes musulmans belges, la ministre a cité le Maroc comme source d’inspiration… si, si!

Le Maroc aurait beaucoup de choses à nous apprendre’’

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Camarades…  Laurent Fabius & Joëlle Milquet! Pétuffes du mois, haut la main..!

Pétuffe:  définition

Engagez-vous qu’ils disaient… engagez-vous! On vous offre l’impunité, l’omerta!

violence policièresHier, près de mille personnes défilaient dans les rues de Bruxelles pour réclamer la fin de l’impunité et des brutalités policières. Et comme chaque fois, il y a des bonnes âmes bien pensantes, des syndicats de police, des politiques, pour nous bassiner avec des discours du genre: « le métier de policier est éprouvant, vous êtes bien content de les trouver quand vous en avez besoin, c’est de la propagande de bobos gauchistes, ils nous protègent, il ne faut pas salir un corps tout entier pour quelques rares brebis galeuses, etc… »

Mais non, la plupart des citoyens ont peur de vos flics! Vous pouvez dire ce que vous voulez, la majorité des flics en milieu urbain ne sont que des brutes avinées qui ont trop regardé de séries télé. Ils ont un tel sentiment d’impunité, que pendant même que le jugement de l’affaire des flics de la gare du midi torturant des SDF, faisait grand bruit dans les médias… deux autres flics, au même endroit reproduisent la même situation..! Et pour que la juge les incarcère dès l’audition, ça devait pas être de la petite bière, hein!

Imaginons, imaginons un seul instant, une autre corporation que ces pourris de flics, tenez, les pompiers par exemple… Si chaque semaine il y avait des articles tels que ceux qu’on voit sur ces flics… si youtube était noyé de vidéos montrant des brutalités lors d’intervention en cas de malaise ou d’incendie..????? On verrait la chieuse en chef Joëlleke monter aux taquets et exiger une refonte complète du corps incriminé.

Par contre, quand il s’agit des condés, là, la môme Joëlle et la zombie Annemie trouvent toujours un argument pour contrer, ridiculiser, minimiser, oublier, voire retourner complétement l’accusation sur les victimes! C’est marrant, mais ces pratiques rappellent celles d’une autre grande « famille »… mafieuse celle-là!

Vu sur leur presse:

Bruxelles: deux policiers obligent un sans-abri à se dénuder avant de le voler – RTLinfo

Bruxelles: handicapée, elle accuse des policiers de l’avoir dépouillée de son argent – La capitale.be

Bavures gare du Midi: « La police a voulu étouffer l’affaire » – DH.be

Des policiers jugés pour avoir tabassé des sans-papiers – DH.be

«Les violences policières restent impunies», selon la Ligue des Droits de l’Homme

Une plongée vertigineuse dans les abysses de l’inhumanité
…une réflexion saisissante sur l’acte de tuer.

C’est l’histoire d’un réalisateur qui se rend en Indonésie pour réaliser un documentaire sur le massacre de plus d’un million d’opposants politiques en 1965, il ne s’imagine pas que, même 45 ans après les faits, les survivants terrorisés n’oseraient pas s’exprimer. Mais surtout, il ne s’attend pas à cette situation pour le moins ubuesque, sordide, où les bourreaux, eux, protégés par un pouvoir corrompu, s’épanchent librement et proposent même de rejouer joyeusement les scènes d’exactions qu’ils ont commises. Ces bourreaux revivent fièrement leurs crimes devant la caméra, en célébrant avec entrain leur rôle dans cette tuerie de masse…

The Act of Killing

On croirait l’affiche d’un road-movie sinistre… sauf que Safit, Anwar et Adi sont des criminels d’état en balade.

On avance dans ce film comme dans un cauchemar éveillé :
« En un mot, ce documentaire est brutal »

Qui se souvient qu’en Indonésie, en 1965, la junte militaire, aidée d’un mouvement milicien privé surnommé « les gangsters », a écrasé toute velléité du parti communiste à prendre le pouvoir, exposant plus d’un million d’opposants politiques à un massacre cruel et systématique? Qui sait que, 45 ans plus tard, l’Indonésie, qui s’inscrit dans un processus de modernisation et de développement parmi les plus spectaculaires au monde, n’a toujours pas réglé ces comptes avec ce sombre passé? Les bourreaux d’alors sont libres de leurs mouvements et considèrent la démocratie sous un angle conceptuel. Les survivants quant à eux, toujours terrorisés, n’osent pas s’exprimer.

The act of killing 2

Cet ancien tortionnaire revit avec un plaisir non dissimulé son odieuse technique d’exécution, n’omettant aucun détail!

The-act-if-killing-poster

SYNOPSIS

En 1965, après l’assassinat de six généraux de l’armée indonésienne, le président Suharto désigne les responsables : le parti communiste indonésien. Des expéditions punitives sont aussitôt lancées, qui vont durer plusieurs mois. Un million de morts sont à déplorer, tués pour leur appartenance réelle ou supposée au parti communiste, syndicalistes, opposants divers, défenseur des droits humains, etc… Joshua Oppenheimer a retrouvé certains des tortionnaires qui ont participé au massacre. La justice ne les a jamais poursuivis. Ils racontent leur action et rejouent même, face caméra, les scènes de tortures auxquelles ils ont participé, sans manifester le moindre remord. Les survivants, eux, sont toujours ostracisés…

LA CRITIQUE

On est d’abord frappé de stupeur. Tout paraît choquant, effarant, obscène. Est-ce un canular de mauvais goût ? Une farce kitsch et trash dans l’archipel indonésien ? Une chose est sûre : ces presque deux heures passées en compagnie de tortionnaires relèvent de l’expérience extrême… Octobre 1965. L’armée prend le pouvoir à Jakarta. Pendant plus d’un an, la junte extermine les membres et sympathisants du Parti communiste local : entre cinq cent mille et un million de personnes, selon les estimations.

Pour raconter ce génocide oublié, le documentariste américain Joshua Oppenheimer se tourne vers les rares survivants, qui refusent de parler, trop dangereux. Ce diplômé de Harvard part alors à la rencontre des tueurs eux-mêmes, toujours bien en cour dans l’Indonésie d’aujourd’hui : une poignée de mafieux psychopathes, ravis de se vautrer dans leurs souvenirs sanglants. Il leur propose de rejouer leurs crimes dans des mises en scène de leur choix. Le dispositif enthousiasme le leader des sadiques, un certain Anwar Congo, crinière chenue et silhouette juvénile dans ses costumes en lin, soucieux de son élégance jusque sur les lieux de supplice où il évoque, comme d’autres le bon vieux temps, sa méthode pour tuer sans « tacher ».

Bande annonce: http://www.dailymotion.com/video/x15tb17_the-act-of-killing-bande-annonce-vostfr_shortfilms

The act of killing en streaming ( director cut vost) – cosmos documentaries

The act of killing en streaming ( director cut vost) – putlocker

(les sous-titres sont en anglais, mais les dialogues sont simplistes, même moi je peux suivre…)

Flash-ball et grenade de désencerclement

– Premier cas: 22 février, manif contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Yves Monteil, photographe, fondateur de Citizen Nantes :

« Toute la finesse policière. Alors que je filmais et ne représentais aucun danger j’ai senti un choc au niveau de la poitrine. Suis tombé net et ai tout de suite compris qu’un tir de flash-ball a courte distance m’avait touché. Et c’est rien comparé aux blessés en pleine face….

Ce samedi 22 février 2014, je couvre, comme photographe indépendant, le rassemblement d’opposition à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Mouvement que je suis – en photographie – depuis 2009… Je suis équipé d’un appareil photo avec une longue optique (300mm) et d’une mini caméra.

Après plusieurs minutes de capture vidéo et de photos à l’angle du quai Turenne et du Cours Olivier de Clisson, je suis témoin d’un gazage à la lacrymogène d’un groupe de journalistes. Tout en filmant je m’oppose verbalement  – « Héé, c’est des journalistes!«  – avant de recevoir un tir de flash ball dans la poitrine.

Ce récit en 17 images est réalisé avec les captures d’images fixes de ma caméra (In) et d’une caméra (Off) qui se trouvait derrière moi. Leurs auteurs ont bien voulu me les fournir. Il est important de bien voir ces photos avant de regarder la vidéo tout en bas…

Ce mec est de toutes les manifs du coin, c’est un peu notre « mediActivista », il se trouve avec un groupe de journalistes de la presse locale et nationale, il a au cou un appareil doté d’un objectif 300mm blanc des moins discret, il est dans une portion des plus calme, ne représente aucun danger… sauf pour deux petits branleurs de flics: un crétin de CRS à la gazeuse fébrile et une petite frappe de la BAC qui prend son flash-ball pour une extension de son pénis..! (quoique si on se réfère à Brassens… il semblerait que: « par bonheur, ils n’en avait pas..! 🙂 ) La blessure, un gros hématome, n’a rien à voir avec la gravité de celle d’un jeune manifestant qui lui, a perdu un œil – un de plus! – le même jour, il s’est pris la grenade assourdissante d’une racaille étatique en plein visage!

flashball nantes 22 fev 14

Celui qui a pris cette photo est visé par rien moins que deux débiles, en-deçà de la distance réglementaire! BAC Bloc?

– Reportage, photos et vidéo sur Citizen Nantes
– Pour un article détaillé sur les divers Flash-ball voir ICI

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– Second cas: 22 février, manif contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Gaspard Glanz, journaliste de RennesTV :

En analysant image par image la séquence de l’explosion, on se rend compte que l’engin qui explose au pied du journaliste n’est pas une grenade assourdissante, mais une grenade de « désencerclement » – « Dispositif Balistique de Dispersion », (DBD) ou « Dispositif manuel de protection » (DMP). C’est une grenade explosive qui contient 18 fragments de plastique dur, en plus de sa douille en métal, projetés dans un rayon de 15m autour de l’explosion et qui atteint une intensité sonore de 165 dB à 5-15m selon le fabricant, la Société d’application des procédés Lefebvre (SAPL). Le problème c’est que cette « arme de guerre » n’est pas censée être utilisée « offensivement », mais uniquement dans des situations réelles « d’encerclement » qui nécessitent un acte « défensif » de la part de la police. En l’occurrence, les CRS étaient ici en ligne à plus de 20m, protégés par un canon à eau : il n’étaient donc absolument pas encerclés, et encore moins au contact des manifestants. Normalement, si la police avait respecté la procédure légale : de telles grenades n’auraient jamais dû être employées pendant toute la durée de la manifestation.

Encore une fois, ce journaliste se trouve loin des heurts avec les CRS, dans un groupe clairement identifié comme « presse »… Ce qui n’empêche nullement ces porcs de CRS de lancer, non pas une , mais bien une flopée de grenades diverses sur le groupe de journalistes en position stationnaire depuis dix minutes..! Une première grenade assourdissante est envoyée, suivie une seconde plus tard de deux DBD ainsi que d’une CM6 (la cartouche qui libère 6 pastille de gaz lacrymogène CS), pourquoi faire, on se le demande… Des CRS qui trouvent le temps long? Tu t’imagines, dix minutes sans pouvoir faire l’homme avec mes grenades? « Putain, on se fait chier chef, allez, on se défoule en attendant sur ces connards de journalistes..?!? »

blessures grenade désencerclement nddl

Et il avait pourtant enfilé deux pantalons par prudence…

L’onde de choc m’a arraché la peau au niveau des deux chevilles sur une surface de plusieurs cm2, presque symétriquement, tout en causant des brûlures au 2e et 3e degrés. Plus de 72h après l’explosion, ces plaies ne sont toujours pas cicatrisées, la chair y est encore à vif quand elle n’est pas carbonisée. L’explosion a par ailleurs projeté 3 fragments sur mes deux jambes : celui qui a atteint ma cuisse est clairement identité comme une balle de plastique rond (on dirait l’impact d’une bille). La blessure sur ma jambe droite, par sa forme beaucoup plus grande et son hématome plus large (ainsi que la douleur plus forte), fait plutôt penser qu’il s’agit de l’impact de la douille en métal. Un dernier fragment a ricoché contre l’articulation de mon genoux droit, provoquant un hématome de plusieurs dizaines de centimètres carrés sans perforation. Et il faut savoir que j’ai eu de la chance : les fragments n’ont pas pénétré sous la peau comme cela se voit souvent (ZAD…) lors de l’explosion de ces grenades, et ce pour un bonne raison : je portais deux pantalons pour m’en protéger. Les fragments ont percés le premier, mais pas le deuxième. Sinon, il aurait probablement fallu m’opérer pour retirer des éclats sous-cutanés.

– Reportage, photos et vidéos sur RennesTV

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Grenade de désencerclement, vous avez dit… inoffensive..?!?

grenade de désencerclement DMPVoici le type de saloperies utilisées à Nantes. Vous avez bien lu..! 160 Db de niveau sonore (annoncés à… 5-15m) et 80 joules d’énergie cinétique pour les billes! Pour comparer, voir le tableau ci-dessous pour le son, et pour se faire une idée de la force des billes… un pistolet de Paint ball ne peut dépasser les… 7,5 – 10 joules et ne peut être utiliser qu’avec protections individuelles sérieuses! Il est réglementairement prévu de les faire rouler vers les manifestants et uniquement pour se dépêtrer d’une situation à risque pour les poulets, d’où l’appellation « de désencerclement »! Quand on se souvient des quantités astronomiques de grenades ramassées après les offensives des CRS et Gardes mobiles sur la ZAD en novembre 2012… combien de grands sacs poubelles furent remplis! Sans compter les multiples blessés par ces saloperies, à qui on a du extraire des éclats de grenades des visages, des jambes, etc..!

seuil douleurs auditive

A partir de 130 Db la loi impose des mesures de protection, à 120 Db on atteint le seuil de la douleur et aux alentours de 160 Db les tympans éclatent..!

Parmi les blessures dues aux DMP, on compte entre autres : une joue ouverte pour une manifestante contre les nanotechnologies à Grenoble en 2006, la perte d’un œil, du goût et de l’odorat pour une jeune femme observant une manifestation dans cette même ville en 2007, l’amputation de deux orteils d’un manifestant à Saint-Nazaire en 2009 (« en cas de guerre civile, il faut du répondant », lui explique la police des polices), et la même année des brûlures et des plaies au contre-sommet de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) à Strasbourg, sans omettre les nombreux blessés de la ZAD.

Bref, ce genre d’engin utilisé abondamment par les forces du désordre comme s’il s’agissait d’un jouet, n’est en fait qu’une grenade offensive camouflée, comprenant des pièces métalliques éjectées en tant que fragments lors de la déflagration, et ses billes en plastique dur font de graves dégâts, sans parler des dommages auditifs permanents engendrés. Les flics, comme pour le flash-ball ne respectent aucunes des directives et mesures de sécurités requises pour son usage, usage clairement incompatible avec le faible niveau d’instruction et moral du pandore de base… qui plus est avec celui d’un CRS aux quatre neurones continuellement en conflit sur le choix du remontant… Kronenbourg ou Ricard???

Sur le même sujet:

« Armement : police et armée aiment le son qui fait mal »

« Armes non létales ..? »

« L’usage dangereux des grenades assourdissantes »

« Grenades assourdissantes: une vidéo soulève des questions »

« Étudiant blessé à l’œil: son père en colère »

« Conseils d’urgence à l’intention des personnes gravement blessées par la police« 

Un manuel de débrouille face aux condés et à leur justice

Concerne spécifiquement la France

Une brochure qui vous apprend quels sont vos droits et quelles sont les obligations et limites de la maison poulaga. Alors, évidemment, il y a des fois où le fait de faire le malin en citant les divers articles du code pénal agace un chouïa le connard en face de vous, mais il est toujours bon de dire aux flics ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire… avant de se recevoir la claque. Cette brochure va vous fournir les outils pour vous éviter bien des désagréments et erreurs, et il est toujours bon de se renseigner au cas où on a jamais eu affaire à la police. Jouez-là comme vous la sentez, cela fait du bien, même si on en arrive finalement au même résultat: passer la journée au poste!

prison GAV

Et même si en définitive, par expérience, ils n’en font qu’à leur tête, si vous ne trouveriez qu’une seule chose d’utile dans cette brochure… ce sera peut-être celle qui vous sauvera la mise ou vous permettra de les berner!

Face aux flics et à la répression, on se sent souvent seuls et démunis. C’est d’ailleurs un des objectifs de la répression : faire peur et isoler, pour mieux résigner et soumettre. Malgré les outils de contrôle et la répression policière, il est possible d’esquiver ou de limiter la casse, en se préparant en amont seul ou collectivement. Confronter diverses expériences face aux forces de l’ordre, pour cerner ensemble comment les flics agissent, comment s’opère la répression et comment réagir. Se doter d’outils qui peuvent aider face à la police et à la justice : ateliers d’auto-défense pratique et théorique, groupes de soutien juridique, caisses de solidarité, course à pied…

Cette brochure envisage quelques pistes de pratiques et de réflexions, à travers différentes situations, pour s’organiser face à la répression, du contrôle d’identité à la Garde à Vue, jusqu’au passage devant le juge. La présente brochure n’est pas un guide juridique. Elle se limite à décrire des situations de confrontation à l’appareil policier, à tenter d’énumérer, à partir d’échanges d’expériences, des options de réactions possibles, à relever des détails auxquels penser pour mettre le plus d’atouts de son côté. Reste à souligner qu’il n’existe pas de règle générale. Chaque réaction fait écho au contexte et au cadre dans lequel s’opère la répression. Ce cadre peut évoluer à tout moment en fonction du genre de poulets à qui on a affaire et de la situation. Aucun conseil de cette brochure ne pourra donc faire force de loi !

Dans tous les cas, échanger des expériences sur des contrôles auxquels on a déjà assisté ou qu’on a déjà subi, envisager ces situations et ce qu’on peut faire lorsqu’on y est confronté, discuter ensemble en amont , c’est déjà se préparer à mieux réagir.  paris-luttes.info

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Télécharger la brochure « Rien à déclarer » au format .pdf
Source : AZA/NI & paris-luttes.info

Kombucha, un champignon qui vous veut du bien…

Publié: 9 mars 2014 par Page de suie dans Coups de coeur
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Kombucha..? Quésaco?

Je connaissais le classique kéfir, mais un ami m’a ramené une « mère » de kombucha de Roumanie la semaine dernière, on s’est évidement empressé d’essayer. Du thé noir, du sucre, un grand bocal Weck, de l’eau, un peu de patience, et le tour est joué.

kombuchaAvez-vous déjà entendu parler des bienfaits et du goût exceptionnel des aliments fermentés, lacto and co. Ils ont souvent des effets spectaculaires pour l’organisme du fait de la transformation des levures et des bactéries en éléments indispensables pour le corps humain. Les boissons fermentées, il y en a des kyrielles et le kombucha en fait partie. Elle très originale et naturelle du fait qu’on y ajoute aucun produit industriel. Une fois qu’on a le champignon-mère de kombucha, sa préparation est très facile.

C’est quoi la kombucha ?

La kombucha est une boisson rafraîchissante, un peu acide (elle atteint un pH de 4 à 2,5), très légèrement pétillante, en provenance de l’Extrême Orient (Chine, Corée, Mongolie). On peut la « cultiver » dans n’importe quel endroit du monde. On l’obtient à partir de la fermentation d’une petite membrane visqueuse qu’on appelle « mère de kombucha » dans du thé noir sucré. Elle est réputée pour avoir des bienfaits sur la santé si on en boit régulièrement. C’est au début du XXe siècle qu’elle est arrivée en Russie puis dans les Balkans, en Pologne et a fait son apparition au Danemark, en Allemagne, en Tchécoslovaquie et en Roumanie. Depuis la kombucha s’est répandu progressivement dans d’autres pays et devient de plus en plus populaire. C’est le gaz carbonique dégagé par la fermentation qui apporte à la boisson une agréable mais vraiment très légère effervescence. Le sucre lui, sert de nourriture aux micro-organismes qui constituent le « champignon », il va lui permettre d’augmenter sa masse et de se reproduire tout en dégageant dans la boisson des substances bénéfiques et énergétiques.

Les vertus de la kombucha.

Si vous êtes intéressé par la kombucha, autant savoir tous les bienfaits qu’elle peut apporter. Composé de nombreuses bactéries qui sont bénéfiques pour l’organisme, elle contient plein d’éléments nutritifs tels que de l’acide glucuronique, de l’acide gluconique, de l’acide lactique dextrogyre, de l’acide folique, de l’acide acétique, des vitamines (B1, B2, B6, B12, C, PP etc…), des sels minéraux, des enzymes actifs, des acides aminés essentiels, des substances antibiotiques, et une petite quantité d’alcool (entre 0,1 et 0,5°), elle est reconnue avoir des effets thérapeutiques. La kombucha facilite la digestion, elle aide à prévenir le cancer et guérit plusieurs maladies infectieuses. En consommer régulièrement permet donc d’avoir une santé de fer et est aussi une prévention contre les maladies. Ceux qui ont découvert cette boisson ne peuvent plus s’en passer. Le kombucha est surtout détoxifiant, purifiant, régulateur des fonctions essentielles de l’organisme et c’est le sang qui en récolte directement les bienfaits. Et le plus c’est qu’on peut en consommer à tout moment de la journée et quasi sans limite.

Ingrédients et ustensiles nécessaires :

  • un champignon mère de kombucha
  • un litre de l’eau
  • une casserole
  • un récipient en verre ou en porcelaine
  • une étoffe laissant passer l’air (gaze, étamine, ou autre qui empêche l’entrée des insectes)
  • un élastique

Pour un Litre d’eau :

80 à 100 grammes de sucre + 8 à 10g de thé noir (+/- 2 cuillères à café) + 1 cuillères à café de vinaigre de cidre afin d’acidifier le milieu (lors de la première fermentation uniquement). L’idéal étant de la préparer par 3 à 5 litres dans un récipient à large ouverture. Si le thé est en sachet, ouvrez-les, certains sachets récents contiennent des composants qui peuvent nuire au champignon mère et le faire dépérir.

Préparation :

  • Faites bouillir l’eau avec le sucre
  • Retirez la casserole du feu et faites infuser le thé dans l’eau (15mn)
  • Versez en filtrant les résidus dans le récipient en verre (ou toute autre matière mais il faut absolument éviter le métal)
  • Quand la préparation est refroidie à 25° versez le vinaigre de cidre (pour la première préparation uniquement)
  • Déposez le champignon en surface, côté clair et brillant dessus (il va momentanément coulé)
  • Recouvrez avec l’étoffe et maintenez-la grâce à un élastique autour du bocal
  • Laissez fermenter dans un endroit chaud (20-25°), à l’abri du soleil et aéré (ne jamais fermer hermétiquement)
  • Au bout de quelques jours, goûtez le liquide, qui doit commencer à avoir une odeur sympa de kéfir/vinaigre doux/cidre
  • Lorsque le goût vous convient ou aux alentours du 8-10ème jour de fermentation, récupérez délicatement le champignon (avec des mains bien propres..!)
  • Filtrez le liquide (avec une passoire à thé ou un filtre café réutilisable en nylon) et le verser dans une bouteille que vous conserverez au frais jusqu’à consommation (Ne pas trop attendre sinon la boisson deviendra trop acide)

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Pour les fois suivantes, rincez délicatement la « mère » avec un peu de vinaigre de cidre (elle adore l’acidité), retirez-en les éventuelles filaments ou traces noirâtres, et récupérez 2-3 cm de la préparation précédente à ajouter à la nouvelle. Une fois que la mère devient conséquente on peut en séparer latéralement une couche du haut pour faire un autre bocal ou donner à un(e) ami(e). Gardez à l’esprit que la mère a un sens… toujours le côté clair et brillant en haut. Le bocal peut être totalement vidé pour être nettoyé toutes les 4 semaines environ, puis bien rincé à l’eau très chaude pour enlever toute trace de produit ménager. Si le récipient de préparation a été lavé, n’oubliez pas d’y verser un petit fond de la précédente boisson pour préparer la suivante.

Kombucha mère

Comment savoir si ça a marché ?

Le problème avec les boissons fermentées c’est qu’il faut toujours un certain temps avant de pouvoir constater que la culture est en bonne voie et n’est pas en train de dépérir. Quelques points à vérifier pendant les 8 à 10 jours de culture :

  1. Au bout de 3-4 jours votre souche mère doit remonter en surface sous l’effet de la production de CO2
  2. Au bout de 5-6 jours vous devriez constater la formation d’une membrane transparente en surface (duplication du kombucha)
  3. En fin de culture la boisson doit avoir perdue une bonne partie de son sucre (goûter à l’aide d’une paille si nécessaire)
  4. Jamais il ne devra apparaître de la mousse (genre confiture avariée) sur votre souche pendant la culture (c’est en général mauvais signe, il faut jeter la souche). A ne pas confondre avec les filaments noirs qui se forment pendant la culture et qui sont tout à fait normaux, il suffira de filtrer la culture avant de la boire.
Et surtout… partagez-la abondamment une fois que le cycle est lancé, sinon c’est pas marrant 🙂
Enjoy it..!

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Variantes une fois que vous maîtrisez la technique

Ajoutez une cuillère à café au choix de : verveine, hibiscus, gingembre, zeste d’orange, fleurs de sureau, fleurs de châtaigner, fleurs d’osmanthe, feuilles de fraisiers, thé rooibos, menthe, feuilles de cassis, feuilles de murier, thym, romarin, etc…

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P.S. : Où trouver une mère si vous n’avez pas de potes qui en ont..? ICI, je sais c’est cher pour un truc qu’on peut se refiler entre nous, mais on la partage si vite qu’on peut la commander à deux ou trois…

Attention: le thé Earl Grey qui contient de l’huile de bergamote, peut parfois tuer ou affecter gravement la culture… à déconseiller, ainsi que les thés « bizarres » des grandes surfaces.

Nous sommes nombreux à avoir reçu le mail de Riseup, mais l’avons-nous lu..? Il rappelle à tous que les premières formes de sécurité sont la prévention et l’anticipation des fuites…

riseup-rainbow

Nos « Devoirs sur Snowden »

Au fur et à mesure que les révélations de Snowden continuent à filtrer, nous nous rendons de plus en plus compte de quoi est capable la NSA et des menaces qui pèsent sur nous. On a commencé à en parler comme de nos « devoirs sur Snowden », car ça demande des études approfondies et de penser aux conséquences pour Riseup. Nous restons à la pointe, et ajustons notre cryptage, nos processus, et notre infrastructure reste à l’abri de ces nouvelles menaces. La plupart du temps ce sont des menaces dont on se préoccupait déjà, mais nous sommes maintenant plus conscient.e.s de la réalité de l’urgence.

Un entraînement à penser « sécurité »

Imaginez que vous venez de découvrir qu’un membre de votre collectif est une taupe. Quelles sont les ressources auxquelles cette personne a accès? Comment votre groupe réagira s’il faut la dégager pour se protéger? Y-a-t-il ne serait-ce qu’une personne qui pourrait arrêter votre projet parce qu’elle est la seule à détenir certains mots de passe, l’accès à des mailing-lists, ou à des bases de données? Est-ce que certaines personnes ont accès à un grand nombre de données alors qu’elles n’en ont pas besoin? (Ce qui ne veut pas dire qu’elles soient suspectes, mais qu’une pratique sûre en limite l’accès aux seules personnes ayant besoin de l’information.) Y-a-t-il des changements que vous pourriez faire immédiatement pour que la présence d’une taupe soit moins problématique ? Bon, évidemment, ce genre de truc n’arrive pas si souvent, mais bien s’y préparer renforcera le groupe et la confiance qu’on aura les un.e.s dans les autres.

Jamais changé de mot de passe en 7 ans?

Environ 2.000 d’entre vous, n’ont jamais changé de mot de passe en 7 ans, et vont bientôt recevoir un mail de notre part les enjoignant à le changer, suite aux mises à jour de notre système. D’abord, merci d’utiliser Riseup depuis si longtemps! Ensuite, quoi? Sept ans? Vraiment? Tout le monde devrait changer son mot de passe beaucoup plus souvent que ça!

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Merci à vous tou.te.s qui avez déjà fait un don à Riseup! Pour toute personne ayant un peu d’économies, on a eu vent de choses merveilleuses qui arrivent aux personnes qui font un don à Riseup, comme de ressentir une joie et une satisfaction qui peut durer des semaines entières. Essayez, vous verrez!