Archives de 1 octobre 2013

Le bon moment pour remettre les pendules à l’heure…

Comme la plupart d’entre nous, il ne se passe pas une journée sans que je ne viole une loi. Je ne pratique plus la désobéissance civile, parce que ma révolte est dépourvue de civilité. Ce que je pratique, c’est l’illégalisme.

Je suis amorale, donc alégale. Je considère les lois et les règles édictées par les classes dominantes comme nulles et non avenues. Je refuse de m’y soumettre, c’est la seule façon de me mettre à vivre pour de bon plutôt que de me contenter de simplement survivre. Être alégale, c’est agir en accord avec mes propres désirs plutôt qu’en fonction des prémisses établies par la société – et c’est précisément ce qui horripile les représentants de la loi et les braves citoyens conformistes. »

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Fiche_de_Police_de_Raymond_Callemin (Raymond la Science)

Le blog flegmatique d’Anne Archet

«Presque tous les désirs du pauvre sont punis de prison.»
Céline, Voyage au bout de la nuit

«J’suis un pas-de-chance, j’écope tout le temps!»
André Soudy

Je me suis levée ce matin avec l’envie de déterrer un vieux concept que les anarchistes tentent très fort d’oublier depuis plus d’un siècle, depuis l’issue pathétique de l’aventure de Bonnot et de ses bandits tragiques. Un mot qui n’a rien de respectable, un mot qui sent la poudre et le solvant de l’encre des faux monnayeurs de la (supposée) Belle Époque : le mot «illégalisme».

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Comme la plupart d’entre nous, il ne se passe pas une journée sans que je ne viole une loi. Je ne pratique pas la désobéissance civile, parce que ma révolte est dépourvue de civilité. Ce que je pratique, c’est l’illégalisme.

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Comme la plupart d’entre nous, je subis depuis ma naissance une exploitation aliénante et continuelle. Il n’y a…

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Vous êtes illégaux, vous  n’avez aucun droit, vous n’avez rien à demander

Ils ont quitté leurs attaches à la recherche, peu importe de quoi, et après un long voyage qui peut s’avérer fatal ils trouvent l’accueil glacé et cruel de cet occident qui continue à piller au quotidien leurs pays  d’origine.

centre fermé Merksplas

Bienvenue dans l’Europe forteresse dont les barbelés tranchants vous coupent net tout espoir. Et quand quelqu’un court après son étoile, ses agents  s’empressent de le retrouver, le menotter, l’enfermer.

“Vous n’êtes rien”
Ils essaient d’injecter cette sensation au plus profond de leurs entrailles.
“Vous n’êtes rien”
Ils les entassent comme du bétail.
“Vous n’êtes rien”
Juste pour ne pas les laisser mourir ils leur balancent trois fois par jour leur ration de pain fromage. Allez, allez, au pas! au pas! Le rythme est militaire: 20 minutes de douche, 40 personnes, 4 douches: 2 minutes pour être propre, c’est fini allez, au pas! au pas! Juste pour les laisser souffrir, pas de soins médicaux.
“Vous n’êtes rien”

Caricole centre fermé 127 ter

Et  comme ils sont loin d’être rien, et refusent de se laisser faire, certains parlent, essaient d’agir, comme ils peuvent, du fond de leur cage.

Comme vendredi à Merksplas, ils étaient 40 à entamer la grève de la faim et à demander du soutien, ne pas rester dans l’isolement du centre, que le dehors s’allie à leur combat. Et cela n’a pris que 4h pour que les robokeufs débarquent et en écrasent 5 avant de les mettre au cachot.

Cela ne cassera pas leur détermination, ils sont 20 à continuer et formulent leurs revendications. Ils travaillent ensemble, font une liste  et rencontrent trois jours plus tard le directeur du centre.

Centre fermé Vottem

La seule réponse qu’on leur jette à la figure: “Vous êtes illégaux, vous  n’avez aucun droit, vous n’avez rien à demander”. Un autre encore est envoyé au cachot.

Quatre jours de grève de la faim, une répression systématique et violente, 6 personnes au cachot. Avec violence, un transfert vers un autre centre fermé.

Et tout ça dans l’indifférence totale !
Relayé depuis Getting the Voice Out