Belgique : il y avait déjà les AA, maintenant on aura des PA… Policiers Anonymes!

Publié: 2 mai 2013 par Page de suie dans Articles
Tags:,
Notez que des flics, « anonymes » ou non… aux AA y doit y en avoir une belle flopée, hein? 🙂

Via le Secours Rouge:

Jusqu’à présent, les policiers étaient légalement obligés de porter une plaquette nominative sur leur uniforme. Une proposition de loi vient d’être votée pour que cette plaquette soit remplacée par un numéro d’intervention pour préserver leur anonymat sur le terrain. Selon les termes du texte, cela permettra de « garantir au citoyen la possibilité d’identifier les policiers qui les interpellent tout en évitant que les hors-la-loi puissent connaître leur identité pour éviter les représailles ».

Déjà que nos foutus flics belges refusaient obstinément – en opposition avec la loi – de faire figurer leur patronyme de façon visible sur leurs uniformes… C’est pas en remplaçant un nom fantôme par un numéro que ça va améliorer quelque chose!!! Vous me direz que pour tabasser des gamines ou du « gauchisss », il vaut mieux rester anonymement noyé dans la masse, OK. Sans compter qu’en cas de plainte… est-il plus facile de retenir 56734 (ou était-ce 57634 !!) plutôt que Grandjean ou Martinez? Le retour du classique: « le numéro qui vous a tabassé n’est plus attribué, tûuut, tûuut, tûuut… le numéro qui vous a tabassé n’est… »

Merci Annemie, merci, Joëlle, comme toujours quand il s’agit de sortir une connerie on sait qu’on peut compter sur vous, vous êtes les meilleurs les filles continuez comme ça!

http://www.secoursrouge.org/Belgique-Policiers-anonymes

http://www.liguedh.be/2002/1719-lidentification-des-policiers–une-necessite-pour-eviter-limpunite

————————

Dans la presse mainstream, Lesoir.be

Les Policiers ne sont pas des numéros

Marc Metdepenningen

Un projet de loi voté mardi en Commission de l’Intérieur au Sénat, à l’initiative de Gérard Deprez (MCC-MR), entend allouer aux policiers le bénéfice de l’anonymat lors de leurs interventions ou des auditions qu’ils réalisent. Leurs nominettes d’identification seraient remplacées par des numéros, les réfugiant ainsi dans l’inexistence personnelle et interdisant à ceux auxquels ils s’adressent de les nommer. Cette mesure se fonde sur le risque (très limité) de représailles que les policiers pourraient ressentir après l’interpellation d’un suspect.

Force est de constater que ce projet de loi plonge le bras armé de l’Etat dans l’inexistence sociale. La dés-individualisation des actes de l’administration (comme dans tout groupe humain) produit fatalement une perte de responsabilité qui ne peut être qu’individuellement assumée et ressentie, comme l’avaient notamment démontré les travaux du psychologue américain Edward Diener.

L’agent 15 (Quick et Flupke) ou 212 (Cauvin) sont-ils en train de reprendre du service ? L’optimalisation des services de l’Etat qui rendait chaque agent (de police ou d’administration) identifiable et qui consacrait les citoyens face à ses services comme des « clients » plutôt que comme des administrés est-elle en régression ? On peut le craindre. D’autant que par contamination virale de cette mesure, jusqu’à présent dédicacée à la seule police (et dont le parcours législatif doit se prolonger), il n’est pas exclu que d’autres corps de l’Etat ou des administrations demanderont de bénéficier de la même faveur au motif qu’il arrive (et c’est regrettable) que certains de leurs clients-administrés profèrent parfois des menaces ou prononcent aux guichets de l’Onem, du fisc, etc., des gros mots.

Si cette loi devait entrer en application, le justiciable serait susceptible de devoir adresser ses courriers à l’inspecteur traitant sa plainte sous l’en-tête, par exemple, de Monsieur 56734, plutôt que sous l’introduction « Inspecteur Dupond ». L’objectif poursuivi par cette proposition de loi (contraindre les représailles que des agents disent subir) semble disproportionné en regard de l’ampleur des mesures préconisées. Elles sont contraires aux principes de « Community Policing » adoptés lors de la réforme des polices. Contraires aussi aux droits d’une défense qui voudrait porter plainte contre un policier. C’est un recul démocratique qui ramène du secret au sein d’une administration parmi les plus essentielles.

————————

On peut imaginer les AAP… 😉

police_biere_alcoolpolice-belge-camion-biere

Publicités

Donnez votre avis (pas d'identifications requises)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s