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Le conspirationnisme : danger et impasse…

Publié: 16 mars 2013 par Page de suie dans Articles
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Illuminati, Bilderberg, Nouvel Ordre Mondial, Reptiliens, Francs-Maçons, chemtrails, etc…

Les théories conspirationnistes nous envahissent, notamment sur Internet. Il faut constater que les sites et vidéos de théorie du complot fleurissent sur internet et ont de l’écho. Même si les théories du complot ont toujours existé, elles ont su s’adapter à ce nouveau média et toucher une population de plus en plus large. Il n’est plus rare de constater les relents « conspi » de certains discours en manifestation. Même à… Saint-Imier, aux rencontres internationales anarchistes, quelques personnes faisaient part de leur volonté de parler du groupe de Bilderberg ou de la commission trilatérale, comme « LE » sujet dont il faut parler, dépassant en importance tous les autres. Dans le rap français aussi, on trouve des textes reprenant pleinement les thèses conspirationnistes : par exemple Rockin’ Squat (ancien membre du groupe Assassin) et Keny Arkana, deux artistes renommé·e·s et politisé·e·s, qui n’ont pas hésité à « dénoncer » les Illuminati, groupe secret qui comploterait pour dominer le monde. Les théories du complot sont souvent associées à l’antisémitisme, au racisme et à la haine de l’autre, on imagine une sorte de fantasme qui permet de justifier un État fort, autoritaire, fasciste pour s’attaquer à un bouc émissaire. Historiquement les succès des théories du complot ont toujours permis l’expansion des thèses d’extrême-droite et pourtant, ceux et celles qui portent ce discours ne sont pas toujours de mauvaise foi. C’est pourquoi il parait important de réagir, de proposer un discours politique sur ce sujet afin de mettre en garde contre cette façon de raisonner. Il faut pour cela connaître et identifier ce type de propos et ensuite analyser les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.

Le problème de ces idées, ce n’est pas tant les fausses « vérités » qu’elles véhiculent, que les schémas de pensée et les comportements qui en découlent. Si on commence à se convaincre qu’un petit groupe de personnes diaboliques a, en secret, réussi à prendre le contrôle de la majeure partie des pouvoirs à un niveau à peine imaginable, on peut passer d’une critique révolutionnaire à un comportement anti-révolutionnaire. D’abord, on centralise notre attention sur ce groupe secret, et on attribue beaucoup de maux de notre société à sa volonté destructrice. C’est ainsi qu’une critique du système (patriarcal, capitaliste, …) se transforme en recherche de boucs émissaires. Prenons l’exemple de la crise de la finance de 2008, il n’est pas rare d’entendre qu’elle serait le fruit d’une financiarisation débridée avec quelques banques d’investissement (notamment Goldman Sachs) dans le rôle d’épouvantail. L’idée selon laquelle le système capitaliste est un système fonctionnant par crise et que, plus il est important, plus ces crises sont lourdes de conséquences sur les populations, passe moins bien que celle qui consiste à dire : occupons-nous de la bourse et tout ira bien! On voit bien sur cet exemple comment les théories des conspirations dépolitisent les débats: d’une analyse d’un système avec ses ressorts, ses contraintes et ses conséquences on passe à l’appréciation de telle personne ou telle entreprise et on juge sa bienveillance ou sa malfaisance supposées. Dans les débats, cela se traduit par une perte de temps et de salive, sur les blogs, on appelle ça troller : rendre stérile une discussion. Aller vérifier telle information sur telle personne ou entreprise demande du temps et de l’énergie et éloigne du vrai sujet : la critique du système.

Ainsi, la critique du conspirationnisme ne doit pas se limiter à contrecarrer méthodiquement les théories les plus farfelues et montrer qu’elles sont absurdes. Il faut débusquer les mécanismes de réflexion sur lesquels elles s’appuient et les partager pour s’en défaire. Ces théories peuvent paraitre séduisantes pour n’importe qui : après tout, n’y aurait-il pas un complot mondial de la classe possédante contre la classe des travailleur·euse·s ? Il faut trouver des outils de défense intellectuelle qui permettent à toutes et à tous de cerner rapidement l’intérêt d’une théorie, d’une discussion, d’un débat et de se prémunir contre la confusion, l’inaction que représentent les théories du complot.

Ce que sont les conspirations

Le savoir de type scientifique ne donnant pas de réponse immédiate et simple à la recherche du sens, celle-ci s’épuise à travers d’autres moyens. Nous avons été formé·e·s, instruit·e·s, mais cette formation n’est pas adéquate à l’acquisition d’une habileté à trier les propositions en distinguant leur qualité et en établissant des critères à la fois de vérité et de justice.

Les théories du complot existent depuis la nuit des temps, mais apparaissent clairement par écrit avec la fin de l’hégémonie religieuse. Après 1980, les complots changent d’apparence, ils sont réactivés par hybridation avec des thèmes ésotériques (satanisme, magie, ancienne civilisation, extraterrestres…)

Le complot mêle des domaines plus originaux comme la géographie (la théorie de la terre creuse), la médecine (vaccins) ou des mythes plus urbains (11 septembre 2001, zone 51, triangle des Bermudes…) Avec l’Internet, le complot mute. Il va favoriser la banalisation et la prolongation des rumeurs en permettant leur support anonymisé à travers la toile. Le complotisme devient une occasion pour la population d’avoir l’impression d’être à l’initiative de certains raisonnements.

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On peut distinguer 3 éléments :

1 ) La conspiration comme fait (complot, ou conspiration événementielle). Dans les analyses juridiques du droit canadien, le complot est reconnu comme crime non-parfait, procédé que peut employer un groupe, mais ces conspirations existent de manière isolée. Ces conspirations attaquent les pouvoirs d’institutions officielles (comme la CIA, ou la commission trilatérale) ou cachées (franc-maçonnerie).

2) Le conspirationnisme (complotisme, vaste ou méga-complot, grande ou superconspiration). Le conspirationnisme ressemble à une vision politique autosuffisante selon laquelle l’ensemble des pouvoirs, des forces, sont le fruit de conspirations. Il semble avoir pour objectif, non de rétablir la justice, mais de dénoncer l’existence de groupes, agences ou intentions occultes. Le complotisme dénonce mais ne donne aucune méthode pour lutter contre le complot, il semblerait que sa révélation suffise à faire disparaître les rapports de forces.

3) La théorie, soupçon ou doute, de la conspiration (conspiration systémique) est une explication qui n’est pas nécessairement liée à une adhésion au conspirationnisme. On rattache des situations éparses à un complot à long terme, ayant un rapport avec un pouvoir particulier, dans l’objectif de dénoncer son infiltration, voire de le faire tomber (moins courant). Ces théories insistent plus sur l’aspect « caché » ou secret. Cette attribution est donnée parfois à un groupe, à un accord ou à une action particulière.

Cibles courantes. D’abord « Mage », Ventriloque ; puis Juif, Jésuite et Franc-Maçon. Plus moderne : Bolchévik et Nazi. Contemporaine : Bildeberg, Illuminati, Extraterrestre.

Types :

Il semble que si la peur et la méfiance sont corrélées (sans forcément être cause) à tous les genres de conspirations, celles accusant les autorités (type « Système ») semblent plutôt marquées par l’ « irrationalité » (croyance dans certains phénomènes ésotériques), et celles mettant en scène des minorités (type « Minorités », par exemple juifs ou terroristes musulmans). Ce n’est pas un type de complot qui succède historiquement à l’autre, mais des types qui coexistent aujourd’hui.

On peut donc distinguer 3 types de complots : ceux anti-système, ceux marqués par l’irrationnel (souvent liés, il est vrai aux personnes qui croient aux précédents) et ceux type « Minorités ». Risques réels. Certaines cibles, ou croyances ont des conséquences sociales moindres que les autres. Accuser Dieu, ou les Extraterrestres entraine relativement peu de danger pour la population, par contre quand l’accusation porte sur des ensembles socialement reconnus (Juifs, Noirs, Femmes…) le danger est plus élevé. Quelque part, l’inexistence, le flou, ou la discrétion (Illuminati, Bildeberg, Francs-Maçons) qui entoure certains ensembles diminue les risques, sans les éliminer pour autant : le soupçon lié à une méconnaissance des enjeux politiques peut amener à soutenir des groupes dangereux, tout comme le soupçon lié à la méconnaissance a par le passé mené à brûler des prétendues « sorcières ».

La théorie de la conspiration est une des méthodes pour s’accaparer à peu de frais les convictions des masses. Le problème n’est pas tant la théorie du complot elle-même, mais le manque de moyens pour s’en défendre, la facilitation de l’aliénation, les encouragements politiques associés à certaines de ces idées.

Le conspirationnisme et la crise

L’explication de la crise économique que nous traversons, comme une conspiration globale, est de plus en plus répandue. Pour une extrême droite américaine et européenne, historiquement antisémite, c’est l’occasion de redéployer un discours connu et ancien. À l’extrême gauche, l’évolution générale d’une critique sociale anticapitaliste vers une critique anti-libérale offre un terrain propice au développement des thèses conspirationnistes. En plaçant la finance et les banques comme ennemies principales, et en abandonnant la critique de la propriété au profit d’une simple critique de la spéculation il est aisé de remettre au gout du jour les thèses conspirationnistes.

À l’extrême droite

À l’extrême droite, si les théories développées ne sont pas toujours antisémites, elles utilisent le même récit. La critique d’une « élite apatride », « mondialisée » est utilisée pour séduire les couches populaires tout en réintroduisant la question du national dans le débat sur la crise. Les références sont parfois explicites comme en Grèce, où le mardi 23 octobre le député Ilias Kasidiaris, porte-parole du parti néo-nazi Aube Dorée, a lu à haute voix un extrait des Protocoles des Sages de Sion au parlement grec. En France sans parler d’antisémitisme, Marine Le Pen développe dans  un livre sorti en janvier 2012 une thèse sur l’existence d’un complot mondialiste « s’attaquant aux identités, aux cultures et aux nations et une crise économique qui serait la volonté d’une « oligarchie mondialisée » ». Derrière une critique de façade de la crise économique, qui ne s’attaque jamais au capitalisme productif, ni a la propriété, c’est bien un discours nationaliste, xénophobe et partisan d’un État fort et autoritaire qui est diffusé.

La contamination de l’imagerie et du vocabulaire conspirationniste chez les anticapitalistes

Loin de toucher uniquement l’extrême droite, le discours conspirationniste sur la crise contamine très souvent les discours antilibéraux de gauche et anticapitalistes. Si l’ambiguïté entre certains discours anticapitalistes sur la crise n’est pas souvent voulue, elle est pourtant bien réelle. Parfois par facilité, ou pour rendre l’exposé plus parlant, certains discours anticapitalistes se concentrent, non pas sur une critique du système capitaliste en tant que système politique et économique mais, sur quelques multinationales ou quelques familles de milliardaires. En récupérant un vocabulaire connoté, comme « hyperclasse » au lieu de bourgeoisie ou de classe dirigeante ou en concentrant uniquement la critique sur les banques avec le terme de « bankster » on abandonne une critique radicale de la propriété et d’un système politique mais on facilite aussi l’ambiguïté souhaitée par certains groupes d’extrême droite entre un discours anticapitaliste et un discours conspirationniste ou nationaliste. L’idée d’un complot, d’une conspiration, repose souvent sur un présupposé, les auteur·e·s du complot, de la conspiration, auraient un contrôle total de la situation. Toutes les cartes seraient maitrisées. Certain·e·s conspirationnistes poussent cette logique jusqu’au bout et considèrent que dans la situation de crise économique les mouvements de contestation font, eux aussi, partie du complot et sont donc manipulés. Puisque le contrôle est total, la contestation est elle-même une manipulation, il n’y aurait donc aucun intérêt à participer à un mouvement contestataire comme pour Occupy Wall Street, présenté par certain·e·s conspirationnistes comme une manipulation de Georges Sorros. Dans cette situation les adeptes du conspirationnisme se limitent alors uniquement à exposer une soi-disant vérité cachée d’un complot mondial, sans proposer de perspectives, favorisant ainsi l’immobilisme face à une crise et à un danger bien réel.

Une des erreurs du conspirationnisme est de considérer les classes dirigeantes ou certaines parties d’entre elles comme infaillibles, et ainsi d’oublier que, comme tout groupe social, elles sont soumises à des contradictions internes. Pourtant nous arrivons très bien à concevoir ces contradictions au sein de notre propre groupe, et ce constat fait partie des bases de nos réflexions: pourquoi la conscience de classe est-elle aussi faible? Pourquoi certain·e·s ouvrier·e·s soutiennent des partis favorables au patronat? etc… De même que nous souffrons de divisions internes, les classes dirigeantes n’en sont pas épargnées, et bien heureusement! Le prétexte de la crise économique est aujourd’hui utilisé pour mettre en place une politique de casse sociale. Cela ne fait pour autant de la crise une conspiration. La crise est une faille du capitalisme que les capitalistes eux·elles-mêmes peuvent utiliser ou non en leur faveur, mais à laquelle nous devons réagir. Les dernières années et les dites prédictions des économistes nous ont bien montré que loin d’être infaillibles, la majorité des capitalistes se sont retrouvé·e·s face à une situation ou il·elle·s ne pouvaient qu’improviser. L’existence de ces failles nous montre que si le système capitaliste est un adversaire redoutable, il n’est pas infaillible, il ne contrôle pas tout et peut être dépassé..!

Source: Coordination des Groupes Anarchistes - 16 février - Antonin, Florian, Xavier, du Groupe de Montpellier

L’esprit de révolte

Publié: 13 mars 2013 par Page de suie dans Articles
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Aujourd’hui, lors d’une conversation avec ma fille, on a parlé des différentes façons d’aborder la révolte, qui pacifisme, qui anarchisme, qui réformisme, qui actions directes et surtout, respect de l’approche d’autrui et de l’utilité conjointe des diverses approches. A un moment de la discussion, j’ai cherché un passage de Kropotkine que j’adore cité, et quand je l’ai retrouvé… je me suis souvenu à quel point cette brochure de Kropotkine m’avait marqué. Je tenais à vous en faire profiter, même si le texte en est connu.

Voici le passage que je cherchais:

« Lorsqu’une situation révolutionnaire se produit dans un pays, sans que l’esprit de révolte soit encore assez éveillé dans les masses pour se traduire par des manifestations tumultueuses dans la rue, ou par des émeutes et des soulèvements, — c’est par l’action que les minorités parviennent à réveiller ce sentiment d’indépendance et ce souffle d’audace sans lequel aucune révolution ne saurait s’accomplir.

Hommes de coeur qui ne se contentent pas de paroles, mais qui cherchent à les mettre à exécution, caractères intègres, pour qui l’acte fait un avec l’idée, pour qui la prison, l’exil et la mort sont préférables à une vie restant en désaccord avec leurs principes ; hommes intrépides qui savent qu’il faut oser pour réussir, — ce sont les sentinelles perdues qui engagent le combat, bien avant que les masses soient assez excitées pour lever ouvertement le drapeau de l’insurrection et marcher, les armes à la main, à la conquête de leurs droits.

Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. Il se peut qu’au premier abord la masse soit indifférente. Tout en admirant le courage de l’individu ou du groupe initiateur, il se peut qu’elle veuille suivre d’abord les sages, les prudents, qui s’empressent de taxer cet acte de «folie» et de dire que «les fous, les têtes brûlées vont tout compromettre.» Ils avaient si bien calculé, ces sages et ces prudents, que leur parti, en poursuivant lentement son œuvre, parviendrait dans cent ans, dans deux cents ans, trois cents ans peut-être, à conquérir le monde entier, — et voilà que l’imprévu s’en mêle ; l’imprévu, bien entendu, c’est ce qui n’a pas été prévu par eux, les sages et les prudents. Quiconque connaît un bout d’histoire et possède un cerveau tant soit peu ordonné, sait parfaitement d’avance qu’une propagande théorique de la Révolution se traduit nécessairement par des actes, bien avant que les théoriciens aient décidé que le moment d’agir est venu ; néanmoins, les sages théoriciens se fâchent contre les fous, les excommunient, les vouent à l’anathème. Mais les fous trouvent des sympathies, la masse du peuple applaudit en secret à leur audace et ils trouvent des imitateurs. A mesure que les premiers d’entre eux vont peupler les geôles et les bagnes, d’autres viennent continuer leur œuvre ; les actes de protestation illégale, de révolte et de vengeance se multiplient.

L’indifférence est désormais impossible. Ceux qui, au début, ne se demandaient même pas ce que veulent les «fous» sont forcés de s’en occuper, de discuter leurs idées, de prendre parti pour ou contre. Par les faits qui s’imposent à l’attention générale, l’idée nouvelle s’infiltre dans les cerveaux et conquiert des prosélytes. Tel acte fait en quelques jours plus de propagande que des milliers de brochures.

Surtout, il réveille l’esprit de révolte, il fait germer l’audace. —  L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait. Tel acte audacieux a suffit pour bouleverser pendant quelques jours la machine gouvernementale, pour ébranler le colosse ; telle émeute a mis sans dessus-dessous toute une province, et la troupe, toujours si imposante, a reculé devant une poignée de paysans, armés de pierres et de bâtons ; le peuple s’aperçoit que le monstre n’est pas aussi terrible qu’on le croyait, il commence à entrevoir qu’il suffira de quelques efforts énergiques pour le terrasser. L’espoir naît dans les cœurs, et souvenons-nous que si l’exaspération pousse souvent aux émeutes, c’est toujours l’espoir de vaincre qui fait les révolutions. »

L'esprit de révolte

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Le texte intégral est un peu long pour nos pages, voici le lien vers la brochure intégrale:

Pierre Kropotkine – Publications des TEMPS NOUVEAUX — N°42  — 1914

L’Esprit de Révolte

Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des États, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui…

Petits meurtres entre amis…

En septembre dernier, à quelques centaines de mètres de Lanzarote (Canaries), une embarcation de réfugiés était percutée par un bateau de la Guardia Civil. Un des jeunes occupants avait été tué sous le choc, six autres avaient disparu… La Guardia Civil avait parlé d’une panne, cause de l’accident, alors qu’ils tentaient de les secourir…

Mais une vidéo, filmée depuis la côté par les caméras de surveillance, livre une tout autre version : Repérée et pourchassée par les gardes, l’embarcation avait réduit sa vitesse et obtempérait en se dirigeant vers la côte. C’est alors que le bateau des Guardia Civil, accélère et se dirige droit sur elle jusqu’à l’engloutir! En revenant sur leur méfait, ces salauds se contentent de leur jeter une seule bouée – pour 17 survivants sur 25 – et prennent leur temps, en les regardant quasi se noyer, alors que le zodiac, lui, restera sagement sur leur bateau…

Encore une fois, et quelque soit la latitude… Un flic reste un flic, en qui on ne peut pas avoir confiance, qui sera toujours du côté des fachos, des patrons, des salauds! Nous en avons la preuve chaque semaines dans nos villes, violences, bavures, mensonges, vidéos truquées, œil crevé au flasball, passage à tabac mortel en cellule, protection des fafs, tabassage d’ados, répression de mouvements citoyens pacifiques, j’en passe et des meilleures..! Ce n’est pas pour rien qu’une manif contre la répression policière se fera le 15 à Bruxelles…

Voici l’article d’El Pais:
Un vídeo desmonta la versión oficial del accidente de una patera en Lanzarote
Un joven murió en el accidente y otros seis desaparecieron en aguas de la isla
Meufs, gouines, trans! « La nuit, la rue nous appartient! »
Contre le patriarcat, je me lève et je me bats, contre le capi­ta­lisme, je me lève et je résiste !

Je me suis tué à le répéter à mes deux filles dès de leur scolarité… « les filles sont plus fortes que les garçons! » Apparemment elles l’ont bien assimilé, car je n’aimerai pas être aujourd’hui celui qui leur chercherait des noises ou qui se croirait en « terrain conquis »… mal lui en prendrait, il se rendrait vite compte qu’il n’a pas affaire à de « faibles femmes »..! Mignonnes et féminines, certes… mais avec des couilles!

C’est ce qui a du arrivé – à leur grande surprise – à ces connards de fafs…

La marche:

Environ 300 personnes se sont déplacées pour participer à la marche de nuit non mixte vendredi 8 mars à Lyon, de la place Antonin Poncet aux pentes de la Croix Rousse en passant par le Vieux Lyon. Entre flics, fafs et silence des médias, l’affirmation d’une force collective, et un rappel non négociable : « La nuit, la rue nous appartient ! »

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Le cor­tège part de Antonin Poncet aux cris « les rues, les nuits sont à nous », direc­tion Saint Jean. Les CRS sont en nombre, une dizaine de cars rien que pour nous, plus la BAC. Arrivées côté Saône, un groupe de fachos est appuyé contre le mur, leurs mains sur les partie géni­ta­les. Les flics les ont rodés, nous aussi… En l’absence de ser­vice d’ordre offi­ciel et visi­ble, ce sont toutes les meufs pré­sen­tes qui se sen­tent concer­nées – face aux vio­len­ces, auto­dé­fense! – ,et qui com­men­cent à se soli­da­ri­ser pour aller à leur ren­contre.

« T’es une femme qu’est ce que tu vas me faire ? »

Arrivées à leur hau­teur – de par leurs pro­vo­ca­tions s’expri­mant sous forme de gestes autis­ti­ques, mimant coups et inci­ta­tions à la sodo­mie – , nous fai­sons bloc et les coin­çons contre le mur. Ni les flics ni les fachos ne s’y atten­daient, c’est un peu la pani­que, les flics ten­tant de nous sépa­rer des fafs, mais ne sachant pas où poser les mains sur nous pour nous empê­cher de leur courir après.

Finalement, les fachos humi­liés et pro­té­gés par la police se cas­sent quais de Saône. Les CRS équipés for­ment des lignes et se pla­cent alors de part et d’autre du cor­tège, voir car­ré­ment dedans, et nous enca­dre­ront jusqu’au pont de la Feuillée.

« Libres, majeu­res, et vac­ci­nées, pas besoin d’être escor­tées! »

Conspuant les flics tout le long du par­cours pour qu’ils arrê­tent leur « pro­tec­tion » rap­pro­chée et aux cris de « hété­ro­flics cassez vous », nous déci­dons de blo­quer la rangée de CRS à notre gauche sur le pont. Les flics ne com­pren­nent rien, une bonne partie de la manif est main­te­nant déci­dée à mar­cher de manière « fière et soli­daire », sans 50 CRS enca­drant notre cor­tège.

Les flics ten­tent de nous repous­ser avec leur bou­clier, mais nous fai­sons bloc pour les empê­cher d’avan­cer. Des coups sont échangés, puis les flics reçoi­vent l’ordre d’arrê­ter leur mêlée de rugby pour nous lais­ser conti­nuer.

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Un autre Compte Rendu de la Manif fémi­niste :

« Le 8 mars au soir, plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes se sont regrou­péEs en non mixité fémi­niste – meufs et goui­nes (trans ou cis) et mecs trans – pour mani­fes­ter contre le capi­ta­lisme et l’hété­ro­pa­triar­cat.

La manif est partie de la place Antonin Poncet, s’est diri­gée vers le Vieux Lyon pour ensuite remon­ter dans les pentes de la Croix-Rousse.

Dès le début de la manif, place Bellecour, quel­ques fafs insul­tent et mena­cent les mani­fes­tan­tEs, et des mecs cis relous ten­tent de s’intro­duire dans le cor­tège. Les fémi­nis­tes ripos­tent à coup de slo­gans et réus­sis­sent à pré­ser­ver la non-mixité.

A signa­ler qu’une dizaine de camions de CRS nous enca­drent déjà, leurs effec­tifs étant com­plè­te­ment dis­pro­por­tion­nés au regard du nombre de per­son­nes pré­sen­tes dans la manif.

Nous pas­sons ensuite sur le pont Bonaparte. Une ving­taine de fafs nous atten­dent à l’entrée de Saint Jean. La manif s’arrête. Une partie des fémi­nis­tes scan­dent des slo­gans tels que « Saint Jean est à nous » ou encore «  La rue la nuit nous appar­tient » tandis que d’autres leur fon­cent dessus. Les flics ten­tent d’empê­cher l’affron­te­ment et nous repous­sent vive­ment. Les fafs recu­lent, pro­té­gés par les flics. A Saint Jean comme ailleurs, nous repre­nons l’espace.

La manif repart. Nous pas­sons devant la cathé­drale puis nous pre­nons les quais de Saône. Les flics, sur les nerfs depuis l’affron­te­ment avec les fafs, qua­drillent com­plè­te­ment la manif. Nous mar­chons donc au milieu de deux ran­gées de CRS qui enca­drent le cor­tège du début à la fin. Les esprits s’échauffent et les slo­gans anti-flics com­men­cent à fuser, pour leur rap­pe­ler que nous n’avons besoin d’aucun homme pour nous pro­té­ger, et encore moins en uni­forme.

Nous arri­vons sur le pont de la Feuillée, les flics tou­jours collés au cor­tège. Des fémi­nis­tes déci­dent alors de les char­ger, pour les forcer à garder leur dis­tance. Des lignes se for­ment et blo­quent leur avan­cée, aux cris de «  Police natio­nale, police patriar­cale  » ou encore « Contre les vio­len­ces des flics, auto­dé­fense fémi­niste ». Les coups pleu­vent mais on tient bon. On réus­sit à les conte­nir un petit moment, puis la manif repart. Les flics sont tou­jours pré­sents mais au moins, ils ne nous enca­drent plus sur les côtés.

Nous pas­sons ensuite place des Terreaux puis remon­tons dans les Pentes de la Croix-Rousse. La pré­sence poli­cière est tou­jours mas­sive et les CRS nous sui­vent jusqu’à la Place Colbert. La manif prend fin, les per­son­nes res­tent sur la place pour dis­cu­ter, chan­ter, etc. Les CRS conti­nuent de blo­quer l’accès à la rue Diderot, tandis que la BAC rode autour des fémi­nis­tes. Nous crai­gnons des ten­ta­ti­ves d’arres­ta­tion, mais fina­le­ment ils se déci­dent à partir sans inter­pel­ler per­sonne.

La manif se ter­mine par une soirée fes­tive à La Plume Noire.

Il res­tera de cette soirée des fémi­nis­tes qui se bat­tent, gueu­lent, se ren­contrent, s’orga­ni­sent entre elles, repren­nent l’espace et ren­dent visi­ble leurs luttes quo­ti­dien­nes. »

« Misogynes, les­bo­pho­bes, trans­pho­bes, méfiez vous, on rend les coups!  »

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Les photos de la marche:

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Fuite de fafs la queue entre les jambes…

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CRS virilistes qui pensaient que les nanas allaient se laisser faire…

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Et la presse locale dans tout ça ? Quand c’est des femmes ça ne compte pas ?

On ne man­quera pas de remar­quer qu’une mani­fes­ta­tion de 300 per­son­nes ce n’est pas impor­tant pour la presse lyon­naise, qui n’a pas fait le dépla­ce­ment ni écrit une seule ligne sur le sujet (seul Rue89Lyon se conten­tant de res­sor­tir son arti­cle de 2011). Alors que les mêmes jour­na­lis­tes ont tous très lar­ge­ment cou­vert les fachos du GUD ou le ras­sem­ble­ment de 20 per­son­nes devant Lyon III cette semaine…

Source: Rebellyon.info
Le particularisme espagnol

Partout dans le monde les pays ayant subi des dictatures on envoyés devant les tribunaux – fut-ce tardivement – les bourreaux qui les avaient asservis. Une épuration – réelle ou symbolique – des éléments d’extrême droite semblait évidente… Partout? Non, car en Espagne le passage du franquisme à la « démocratie de bazar » ne fut pas brutal, mais se fit par un processus de « transition pacifique », le roi Juan Carlos étant mis au pouvoir par ce chien de Franco. La première décision de ce « roi » fantoche fut d’ailleurs de confirmer à son poste, Carlos Arias Navarro, un porc phalangiste, dernier président du gouvernement de Franco. Bref, une vieille raclure fasciste sentant sa fin venir, a placer au pouvoir un connard d’aristo de droite incompétent pour éviter que des « sales gauchistes » qu’il à traqué toute sa vie ne prennent sa place et détruise son « œuvre »..! Pas de quoi être fier de lui le Juan Carlos de mes deux.

Il s’agit maintenant de savoir si un pays peut se construire « démocratiquement », si accessoirement une réconciliation reste possible, en niant son passé, en refusant de le regarder en face, en maintenant sa jeunesse dans l’ignorance de sa propre Histoire. Autrement dit : peut-on construire une démocratie sur l’impunité ? Aucun pays au monde n’a suivi ce modèle de l’oubli complet, de l’impunité totale, du refus de rendre justice et d’apporter réparation. De l’Allemagne post nazie (procès de Nuremberg mais, surtout, de Frankfort où des Allemands jugèrent des Allemands), aux pays d’Amérique latine, jusqu’aux commissions « Vérité et Réconciliation » d’Afrique du Sud, quand ce ne sont pas les tribunaux pénaux internationaux (Yougoslavie, Rwanda…) qui prennent le relais, les exemples sont nombreux où la volonté de réconciliation n’est rendue possible que si elle passe par un indispensable travail de vérité et de justice. En Espagne, la « transition démocratique » s’est soldée par l’oubli, l’amnistie et l’impunité pour les responsables des crimes odieux de la dictature franquiste.

En Grèce également, à la même époque il n’y eu pas réellement d’épuration à la chute de la Dictature des colonels et l’extrême droite a toujours été présente politiquement, ce qui donne aujourd’hui les résultats que l’on connait avec le retour du fascisme via l’Aube dorée ouvertement néo-nazie et la droite « classique » qui flirte allègrement sur la vague nationaliste brune.

Alors doit-on craindre que ces partisans du fascisme reviennent en force sur le devant de la scène, se risqueraient-ils à un coup d’état menant à une dictature nationaliste?

On aurait tort de croire que la paix et la démocratie sont définitivement installées en Europe. Il suffit par exemples de s’arrêter sur la situation de l’Espagne pour se rendre compte qu’un changement de paradigme est possible à tout moment.

Jusqu’à il y a quelques années, le risque d’un coup d’état populiste – voire carrément fasciste –  était considéré comme quasiment inexistant en Europe. Cependant la crise de la dette souveraine est venue changer brutalement la donne. Le spectre des défauts de paiement sur le Vieux-Continent est réapparu et avec lui les mesures d’austérité qui entraînent toujours les mêmes fléaux: mouvements sociaux, rejet de la démocratie, nationalisme et repli sur le populisme… pouvant aller jusqu’à  un changement de régime. Il serait imprudent de faire l’impasse sur l’histoire récente de la péninsule, car le dernier coup d’État – militaire – ne remonte en effet qu’au début des années 80 et a échoué seulement grâce à l’aura du roi Juan Carlos, aura qui a beaucoup terni depuis! De plus, n’oublions pas que le 23 janvier, l’Assemblée de Catalogne a déclaré solennellement que la région est une « entité légale et politique souveraine« . En d’autres termes, la Catalogne est prête à faire sécession, ce qui risque de déranger les esprits étriqués de certains nostalgiques qui ne voient que par l’unité de la nation. Bref, l’Espagne est au bord du précipice même si on l’oublie trop souvent.

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Le colonel Tejero aux Cortès, lors de la tentative du coup d’État
du 23 février 1981

Lors d’une conférence organisée le 6 février par un centre de réflexion à Madrid et qui portait sur les forces armées et la Constitution, il fut mis en lumière un certain « malaise » au sein d’une partie des officiers supérieurs de l’armée, notamment face à la gestion de la question catalane. Plusieurs officiers à la retraite ont pris la parole à l’occasion de ce colloque. Rien d’inhabituel à cela jusqu’à l’intervention du Général Juan Antonio Chicharo qui a commandé le corps d’élite de la marine jusqu’en 2010 – et a donc commencé sa carrière militaire sous Franco – et fait désormais partie de la réserve.

Qu’a t-il dit de particulièrement inquiétant ce général? Il a notamment fait part d’un « sentiment général de préoccupation, de peur, d’incertitude et de confusion au sein de l’armée espagnole » au sujet de la sécession possible de la Catalogne, allant jusqu’à regretter la démission en 2006 du Général José Mena qui s’était publiquement prononcé en faveur de la possibilité d’une intervention militaire afin de mettre un terme aux demandes d’autonomie plus importante de la région. Il a demandé ensuite, pendant son discours, d’imaginer un scénario qui a de grandes chances d’arriver: si le parti au pouvoir perd sa majorité absolue lors des prochaines élections générales et que les Catalans, en échange de leur soutien, demandent à abroger dans la Constitution la doctrine de « l’indissoluble unité » de l’Espagne, « que pourra-faire alors l’armée », s’est-il interrogé. Il n’a pas apporté de réponse… mais tout le monde a plus ou moins compris ce qu’il sous-entendait.

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Le pays est entré dans une ère de difficultés croissantes et l’évolution actuelle de la situation n’augure rien de bon. Jusqu’à présent, la figure du roi Juan Carlos servait d’unité à la Nation mais ce n’est désormais plus le cas puisque même la monarchie constitutionnelle est de plus en plus critiquée en tant que système de gouvernement. L’armée qui est « garante de l’unité de la Nation » et du respect de la Constitution pourrait tout à fait intervenir en cas de total discrédit des gouvernants et de risque réel d’implosion de l’unité espagnole. Ce n’est évidemment pas le scénario le plus souhaitable mais, dans tous les cas, on aurait tort de croire que l’Espagne est sur le chemin de la stabilisation. Le pays peut à tout moment s’enflammer, et faire avec lui basculer toute l’Europe dans un cycle infernal, les mouvements politiques nationalistes européens pourraient voir cela comme un signal…

Et en Grèce? La droite du premier ministre A. Samaras fricote de plus en plus avec l’idéologie de l’Aube Dorée.

Le parti d’Antonis Samaras a intégré des éléments pro-junte dans son groupe parlementaire, des membres de l’ancienne extrême droite du LAOS et du Parti du 4 août. Makis Voridis, par exemple, ancien membre du parti d’extrême droite LAOS est actuellement le porte parole du groupe parlementaire de Nouvelle Démocratie. Adonis Georgiadis quitte le LAOS pour Nouvelle Démocratie en février 2012. Konstantinos Kiltidis, a rejoint lui aussi Nouvelle Démocratie en 2012, ayant commencé sa carrière en 1973 au sein du Parti du 4 Août, un parti fasciste qui soutient ouvertement la dictature des colonels. Thanos Plevris a également rejoint Nouvelle Démocratie en mai 2012, il n’est autre que le fils de Konstantinos Plevris, considéré comme le père du néo-nazisme grec.

Il y a quelques jours, 85 députés du parti de droite « conservatrice » Nouvelle Démocratie, soit les deux tiers des ses membres élus, ont déposé un texte qui entend privilégier la « loi du sang » pour entrer dans la police ou l’armée nationale. Avec cet amendement, il ne suffira plus d’être citoyen grec pour accéder à ces fonctions, il faudra aussi être de « pure souche grecque ». Le parti nationaliste des grecs indépendants de P. Kammenos et le parti néo-nazi de N. Michaloliakos Aube Dorée ont bien entendu applaudit cette initiative et ont annoncé leur soutien pour le vote de ce texte… tu m’étonnes!

Cette initiative révèle encore un peu plus le vrai visage du parti du premier ministre Antonis Samaras, qui rallie l’extrême droite et affiche son mépris des droits de l’homme et des citoyens. Le 25 Février 2013, le chef des forces armées grecques Michalis Kostarakos a provoqué une réaction considérable sur l’échiquier politique quand il a écrit sur twitter : « Le temps est venu de réglementer par la loi la question de genos pour ceux qui s’inscrivent  dans les académies militaires. Ils doivent être grec par genos », autrement dit, ils veulent clairement « purifier » la police et l’armée de tout élément « à risque » pour leurs projets.

Quant on constate quotidiennement l’attitude partisane de la police grecque envers l’aube dorée, quand on voit ces « défenseurs de la loi » fermer les yeux sur les exactions xénophobes des milices nazies de l’aube dorée… quand ils n’y participent pas ouvertement, il y a de quoi s’inquiéter! Le slogan d’Aube Dorée, « Sang, Honneur, Aube Dorée«  rappelle des temps bien sombres. De plus, l’impunité dont profite les membres du parti néonazi depuis des mois maintenant pose de nombreuses questions sur la volonté réelle de l’État de lutter contre les violences racistes et les dérives fascistes. Et n’oublions pas qu’ils auront certainement le soutien de la haute bourgeoisie, car que si le bourgeois encense la démocratie en période faste, il préfère nettement le fascisme en temps de crise!

Alors, au vu de ces éléments, l’hypothèse d’un coup d’état dans ces pays… toujours fantaisiste???

Un militaire reste un militaire, con, brutal et avide de pouvoir! Ces porcs fascistes sont toujours là, tapis dans l’ombre, certains ne se cachant même plus comme en Grèce, et ils guettent leur proie! Au moindre signe de faiblesse de ces démocraties de pacotilles – gangrenées jusqu’à la moelle par la puanteur capitaliste et ses sbires de la CE, du FMI, de la BCE – , ils leur feront la peau! Mais ils nous trouveront toujours sur leur route, pas pour défendre un quelconque gouvernement – que nous haïssons pour d’autres raisons – , mais pour monter qu’un autre mode de vie, SANS gouvernement est possible… Car n’oublions pas, les anarchistes restent plus que jamais TRÈS présents, en Grèce, comme en Espagne!

Ca bouge en Bulgarie..!

Publié: 4 mars 2013 par Page de suie dans Articles
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A l’issue de plus de dix jours de manifestations dans le pays contre l’électricité hors d’accès et la corruption, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a annoncé mercredi matin au Parlement la démission de son gouvernement.

Depuis trois semaines, le peuple bulgare sort dans la rue avec une régularité qu’on ne voyait qu’en Grèce ou en Espagne. En cause, l’appauvrissement de la classe laborieuse, l’explosion du chômage, la corruption généralisé et l’augmentation abusive du prix de l’électricité – au mains de société étrangères – , réclamant un remplacement de l’élite politique par de nouveaux représentants des citoyens. Les politiques d’austérité mises en place face à la crise ont sapé les espoirs d’un meilleur avenir. La croissance marque le pas, le chômage explose, le niveau de vie baisse. Dans ce pays où la corruption est endémique, le salaire moyen est à 400 leva (200 €). La pension moyenne à environ 200 (100 €).

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A Sofia, plus de 7.000 manifestants (10.000 quelques jours plus tard) portaient des banderoles comme « Les mafieux en prison » et « Ils sont nombreux, ils sont riches, ils sont insolents, mais ils ne vont plus durer ». A Varna (est), environ 20.000 manifestants ont réclamé la démission du maire Kiril Yordanov à qui ils reprochaient d’obéir à un groupe économique « qui règne en maître » et « a détruit les petites et moyennes entreprises ». Des manifestations qui ont coïncidé avec la fête nationale se sont tenues également dans la deuxième ville bulgare de Plovdiv (sud), à Roussé (nord), Blagoevgrad (sud-ouest). Ils portaient des banderoles proclamant « Unité contre le pillage » ou encore « Stop à la mafia ». Lors de manifestations de dizaines de citoyens en colère, un texte de la constitution a été brûlé. L’opposition y avait exigé la tenue d’élections anticipées, mais organisées par un gouvernement intérimaire, car elle redoutait d’éventuelles manipulations de la part du gouvernement de centre-droit au pouvoir.

Pour la troisième fois en moins de dix jours, un homme s’est immolé par le feu.

On a même pu voir – fait rarissime –  des flics anti émeutes déposés leurs casques et leurs boucliers en solidarité avec les manifestants! C’est pas nos pandores fachos qui feraient ça…

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Une cérémonie pour la fête nationale à Sofia en présence du président Rossen Plevneliev a été marquée par l’absence de public, la place étant barrée et protégée par des policiers antiémeutes. Le président Rossen Plevneliev, apparu devant les manifestants, a été accueilli par un concert de sifflets. Le gouvernement a du démissionné mercredi sous la pression de la rue, et le président corrompu doit former un cabinet d’experts chargé d’organiser des élections anticipées au printemps.

Décidement ce pré-printemps prends des allures plaisantes, non? 🙂

Andalousie : ¡Tierra y libertad!

Publié: 4 mars 2013 par Fernand Naudin dans Articles
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Expropriation, collectivisation, reprise individuelle…
Appelez ça comme vous voudrez, mais eux, ils n’en parlent pas… ils le vivent!

A Somonte, en Andalousie, plusieurs centaines d’ouvriers agricole se réapproprient des terres, les occupent et les cultivent!

L’Andalousie, qu’est-ce que ça évoque pour vous? Le soleil, les oranges? Hé bien quand vous êtes sur la route qui part de Palma del Rio – une ville de la province de Cordoue, 1.700 chômeurs – pour rejoindre la Finca Somonte, il est là ce soleil, elles sont là ces oranges, partout! Belles, bien rondes, juteuses et mûres à souhait. Mais elles sont au sol… et elles pourrissent, car il n’y a personne qui les ramasse! Oui je sais, en Andalousie on ne manque pas de bras, avec 34% de la population active au chômage – jusque 63% chez les jeunes – , qui survit de petits boulots et parfois… de rien, on se dit que c’est incompréhensible! Ça l’est pour des purotins comme vous et moi, surtout quand on sait qu’un huitième des orangers de la région ont été brûlé par le gel lors de l’hiver 2011-12 faute de soins…

Il faut savoir qu’en Espagne existe toujours un système  injuste de répartition des terres quasi féodale. Plus de 60% des terres – les plus riches, les plus fertiles – sont entre les pattes d’une clique minoritaire de puissantes familles, qui spéculent avec ces terres, préférant les laisser à l’abandon et ainsi recevoir des subventions européennes et des aides agricoles faramineuses. Le domaine de Somonte – 400 hectares, dont 40 irrigables – fait partie des 20.000 hectares que le gouvernement andalou à mis en vente aux enchères pour renflouer ses caisses vides. En vente, ouais, mais avec la décrépitude de l’Espagne et cette putain de « crise », seules de grandes entreprises européennes ou des aristocrates comme la duchesse d’Albe* et le duc del Infantado ont les moyens de les acquérir…

Sur ces 20.000 hectares mis aux enchères par la junta, la moitié a récemment été vendue à des propriétaires discrets, le nom des acquéreurs n’est pas connu… et depuis lors, ils n’auraient embauché personne, préférant spéculer plutôt qu’exploiter!

« Andalous, n’émigrez pas. Combattez! La terre est à vous. Reprenez là! »

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A l’aube du 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles – membres du syndicat SOC** – , habitants des villages voisins et citoyens solidaires venus de toute la région ont commencé à occuper la Finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir, près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était prévue pour le 5 mars.

« Quand nous sommes arrivés à Somonte pour occuper les terres, c’était un matin très tôt, au lever du soleil. J’ai été surpris par le silence. Il n’y avait pas d’oiseaux sur ces terres! Pas de vie! Rien! »

Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux travailleurs vétérans qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de 83 ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

On se croirait revenu au temps joyeux de la collectivisation, lors de la révolution espagnole de 1936, il y flotte comme une légère brise anarchiste – bien qu’ils ne le soient pas tous – bien sympathique… Car dans la région, les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En ’36, elles s’étaient multipliées. Les anciens évoquent d’ailleurs la répression féroce qui s’en suivit lors de la victoire des fascistes de Franco. Un puissant propriétaire terrien – le duc del Infantado? – fit exécuter 350 journaliers à Palma del Rio, le village voisin de Somonte et la plupart des terres qui jouxtent la finca appartiennent aux descendants de cet homme…

« Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante : la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation… » […] « Cette action devrait marquer le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. »

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Et l’aventure continue encore aujourd’hui, en ce matin hivernal, une trentaine de personnes se pressent autour d’un brasero, installé devant la petite cuisine de la « finca ». Deux hommes réparent un vieux tracteur Fiat sur lequel est fiché un drapeau andalou portant le sigle SOC-SAT. Quand le tracteur finit par démarrer, des responsables du lieu répartissent les tâches entre les occupants et les visiteurs solidaires, selon les décisions prises la veille au soir en assemblée populaire. Un groupe ira désherber le champ d’oignons dont les plants viennent d’être mis en terre. Un autre ramassera les piments, les Piquillo, la variété locale, rouge sang, qui seront ensuite mis à sécher en grappes. Le troisième groupe préparera le repas collectif de la mi-journée.

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Bien entendu, les chiens de garde du capital, en l’occurrence ici, la tristement célèbre Guardia civil héritée du franquisme, viennent régulièrement relever les numéros des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le parking de la finca sous les quolibets discrets des travailleurs blasés, mais ils ne descendent jamais de leur véhicule, ils notent et repartent. Ils y a aussi quelques plaintes contre certains camarades occupants mais sans grande influence sur la vie quotidienne.

A côté de tout ça, il a fallu rénover les habitations afin de pouvoir loger tous les résidents. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

La finca Somonte se trouve à 50 km de Marinaleda, où la municipalité communiste a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à moyen terme, grâce à la culture sociale de tout le domaine, faire vivre beaucoup plus de travailleurs. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une « coopérative de résistance » assurant la survie et un havre de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

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« L’objectif, c’est de faire travailler et vivre ici quarante familles. Dès que nous aurons réglé le problème de l’irrigation, ce sera possible. » […] « La terre est bonne ici, pour les asperges, et l’avantage, c’est qu’on peut les vendre assez cher, ensuite, on pourra transformer les produits de Somonte à Marinaleda, où ils ont tous les outils nécessaires. Depuis que nous sommes ici, les oiseaux sont revenus et la vie aussi. L’homme appartient à la terre. Nous devons la respecter et veiller sur elle. C’est pour cela que nous allons faire ici de l’agriculture biologique paysanne. »

Une gestion entièrement biologique

Pour développer une agriculture en rupture avec le modèle dominant, nos occupant font appel à leur sensibilité et à leur mémoire, ravivée par leurs parents ou leurs grands-parents. Les premiers pieds de tomates plantés à Somonte proviennent de semences très anciennes apportées par le père – 84 ans – d’une occupante. « Dès que nous avons occupé Somonte, beaucoup de personnes âgées sont venues nous apporter des semences de piments, d’oignons, de laitues… Toutes les semences traditionnelles qu’elles avaient héritées de leurs parents et qu’elle avaient conservées et protégées précieusement année après année. » La finca a également reçu des graines bio du réseau andalou Semences et de la coopérative française Longo Maï. Somonte sera donc libre de semences transgéniques et de pesticides. « Nous sommes fatigués de voir ceux qui spéculent avec la terre spéculer aussi avec les produits chimiques, avec les semences et avec l’eau. Il va être difficile de mettre les 400 hectares en agriculture biologique mais nous allons le faire! »

Des milliers de familles de la région à nourrir

Petit à petit, avec le soutien d’ingénieurs agronomes, des anciens, d’organisations locales et de réseaux de solidarité internationaux, le projet agricole de Somonte prend corps. Trois hectares de légumes ont déjà été mis en culture pour l’autonomie des occupants, la vente sur les marchés locaux ou dans une coopérative de consommateurs de Cordoue. Plusieurs dizaines d’hectares vont être consacrés à des cultures maraîchères. Quarante hectares seront réservés à de grandes cultures en rotation avec notamment du blé biologique. Les occupants de Somonte envisagent de planter près de 1 500 arbres de variétés locales, de développer des vergers d’abricotiers, de cerisiers, d’amandiers, de créer une oliveraie, d’entretenir des haies.

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En décembre 2012, près de 700 arbres sont plantés le long du domaine. Une eau saine sera récupérée grâce à des retenues, des puits et à une protection des petits cours d’eau existants. Les occupants veulent réunir rapidement un troupeau d’au moins 300 brebis. Une grande partie de la production agricole de la finca sera transformée sur place dans des ateliers. Le projet agro-écologique et social de Somonte, organisé sous forme de coopérative de travailleurs, pourra donner du travail à plusieurs centaines de personnes et permettre à des milliers de familles de la région de se nourrir.

La situation de Somonte est suspendue à la situation politique en Andalousie. Le parlement autonome élu début 2012 est majoritairement à gauche. Cela n’a pas empêché le Parti socialiste de faire expulser les occupants de Somonte, le 26 avril 2012, le jour même où il signait un accord avec la Gauche Unie. Le 27 avril au matin, la finca était de nouveau occupée.

« S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois! Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper! Voilà la solution. » […] « Les moyens de production doivent être au service du peuple. Pour cultiver sainement, nous n’avons pas besoin d’un patron qui nous exploite et nous vole. Nous voulons décider nous-mêmes de notre avenir. »

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 En 2013: Aucune menace d’expulsion n’a été formulée depuis, les négociations sont au point mort. Jusqu’à aujourd’hui, ni la junta andalouse, ni Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, du Parti populaire (Partido popular, PP, droite), n’ont sévèrement menacé les journaliers. Souhaitons-leur un long et franc succès, et que leur exemple fasse tache d’huile à travers l’Europe. ¡No Pasarán!

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– Vous pouvez les soutenir  et les encourager à l’adresse  somontepalpueblo@gmail.com

En prime, un suberbe reportage photo sur ReelNews

L’aventure continue en 2015… El reportaje de BTV sobre Somonte, el documental

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(*) – duchesse d’Albe: 86 ans, possède 30.000 hectares de terres, richesse estimée 3,5 milliards d’euro, cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse, vicomtesse, comtesse-duchesse et connétable, et quatorze fois Grand d’Espagne, franquiste, fasciste, défigurée par l’abus de chirurgie esthétique…

(**) – Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo, SOC), qui mène, avec le mouvement Izquierda Unida, l’occupation de Somonte, depuis le 4 mars 2012. Créé en 1976, il renoue avec la vieille tradition des occupations massives de terres. Jusqu’à la Seconde République espagnole (1931-1939), en Andalousie et dans tout le sud de l’Espagne, les terres agricoles (les latifundios) appartenaient à une aristocratie de propriétaires fonciers. Face aux mauvaises conditions de travail, régulièrement, les paysans ont occupé ces terres, en signe de protestation. Parfois, les occupations ont débouché sur de grands mouvements de révolte. A l’image des luttes des années 70 menées à Marinaleda, une petite ville, communiste depuis 1979, dirigée par le Collectif unitaire des travailleurs (Colectivo de unidad de los trabajadores, CUT), et située à une cinquantaine de kilomètres de Somonte. Marinaleda, qui ne connaît pas le chômage, est un modèle. Et son maire, Juan Manuel Sanchez Gordillo, un nouveau Che local. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé une réforme agraire (En Andalousie, 60% des terres appartiennent à 2% de nantis). A l’époque, la répression avait été très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. Le SOC-SAT réunit des ouvriers agricoles de tous les horizons et organise régulièrement des grèves pour défendre leurs droits. Il dénonce aussi les injustices sociales, en organisant dans des supermarchés des opérations de récupération (reprises individuelles) de produits alimentaires de base, distribués ensuite à des cantines de quartiers pauvres.

Dire simplement… NON, PAS MOI!

L’austérité en Espagne, ils l’ont prises droit dans les dents! Sans fioritures, sans détour, froidement. Ce gouvernement de fumiers vendus à la troïka européenne – et le précédent – n’ont même pas essayé d’atténuer le choc pour la population. et les premiers qui ont reçu la claque furent ceux qui avaient cru faire une bonne affaire, profitant de conditions de crédit faciles, en acquérant – enfin – un logement. Mais depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, de nombreuses familles ne peuvent plus faire face à leurs échéances. Les expulsions se sont alors multipliées: depuis 2008, 350.000 ordres d’expulsions, visant des résidences, ainsi que des espaces commerciaux, ont été lancés par les banques, selon les chiffres officiels, dont environ la moitié ont été exécutés… En Espagne, plus de 600.000 foyers ont déjà perdu leur logement.

Les comparses habituels de la misère s’en sont donnés à cœur joie, huissiers, flics, banques, juges…

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Mais ils semblent que le vent tourne pour ces banques – premiers coupables de cette crise – et ces crapules qui vivent de la quasi faillite d’un pays.

Voici ce qu’on pouvait lire dans divers journaux la semaine dernière:

« Pompiers et serruriers ont rejoint cette semaine le mouvement social contre les expulsions de propriétaires surendettés en Espagne, une question très sensible dans l’opinion publique notamment après le suicide de plusieurs personnes qui ne pouvaient faire face à leurs dettes. Ces derniers jours, les pompiers de plusieurs régions, ainsi que l’Union des serruriers, ont refusé de répondre à des ordres de la justice qui leur demandaient d’ouvrir les portes de logements pour en expulser les occupants. « On ruinait la vie des familles et on nous transformait en bourreaux. Cela nous mettait très mal à l’aise et nous avons décidé de ne plus participer à cela », a expliqué à l’AFP David Ormaechea, le président de l’Union des serruriers. 

Mardi, dans la ville de La Corogne en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, face au refus d’un serrurier, la police a fait appel aux pompiers pour ouvrir la porte de l’appartement d’une femme de 85 ans qui n’avait pas payé son loyer. Mais les pompiers, arrivés sur les lieux accompagnés de dizaines de militants anti-expulsions, ont à leur tour refusé d’ouvrir la porte et quelques-uns se sont mêlés aux manifestants. Dans la foulée des pompiers galiciens, ceux d’autres régions comme la Catalogne et Madrid ont annoncé qu’ils refusaient de participer désormais aux expulsions. « Nous portons secours aux personnes en danger. C’est une contradiction d’aider les banques qui vont jusqu’à mettre en danger la vie des personnes », a affirmé à l’AFP Antonio del Rio, représentant syndical des pompiers de Catalogne. »

Est-ce donc si difficile de dire NON? Ils suffit de se conduire en homme ou en femme digne de ce nom, en refusant tout acte incompatible avec notre conscience.

« Si vous n’entendez pas les tambours de guerre, c’est que vous êtes sourd »

Ce n’est pas de moi… mais d’un maître ès saloperies politiques, j’ai nommé le tristement célèbre Henry Kissinger ex-exécuteur des basses œuvres étasuniennes.

Sans tomber dans le conspirationnisme primaire, il est en effet palpable que quelque chose se prépare en Europe. Le problème est que cela risque de venir de là où on ne s’y attend pas forcement. On ignore trop souvent que les états européens – nos états prétendument démocratiques – se préparent en catimini à un nouveau genre de conflit, avec toute la préparation tactique, logistique et le sérieux que peut développer une classe toute puissante qui sent le vent tourner à son désavantage. Une classe qui n’entend nullement se laisser détrôner sans combattre.

Depuis quelques temps, l’Union Européenne se met en ordre de bataille et « harmonise » ses lois, ses procédures et ses doctrines militaires. Pour l’heure, ces États ne s’entendent pas encore sur tous les points. Pour l’heure, la militarisation n’est pas partout aussi avancée que dans le Val de Suse en Italie, où des paras tout juste revenus d’Afghanistan sont déployés contre les manifestants. Non, pour l’heure, ils planifient simplement, naturellement, des entrainements militaires à grande échelle dans le but non avoué de « mater la résistance populaire »!

Mais d’abord, comment pensent-ils ces états et surtout leurs instances militaires? Ils constatent que comme partout dans le monde, de plus en plus de gens vivent dans les villes, s’y appauvrissent, s’y précarisent et par là même, se réveillent, se rebiffent, voire s’organisent. Il sera donc nécessaire pour eux, de remédier aux déficits en capacités d’intervention en milieu urbain de leurs armées. Comme les militaires et les classes dirigeantes, ne réfléchissent pas sur les causes et les manières d’empêcher un tel appauvrissement, les futures émeutes sont simplement vues comme des défis tactiques à relever. En plus de leurs particularités architecturales, c’est surtout le déploiement dans les zones habitées qui pose problème à l’armée : du fait que les « combattants » sont difficiles à distinguer de la population, il y a rapidement des victimes civiles – en jargon de l’Otan: CDs – , qui provoquent à leur tour des manifestations; bref : des déploiements inefficaces, voire même avortés! C’est pourquoi le militaire veut s’approcher et rentrer dans la société, aussi bien avec des infiltrations, qu’avec des unités nettement plus « robustes », équipées avec des armes lourdes, pour « contrôler » les foules. Et du fait de la disparition des frontières et de l’internationalisation de la colère populaire, ils sont obligés de mettre en place des « réseaux » de coopération inter-états, tant au niveau civil que militaires.

Est-t-il utile de rappeler que le Parlement Européen avait déjà envisagé en juin 2000 que les peuples rassemblés sous la tutelle bienveillante de l’Union puissent un jour se rebeller faute de pouvoir exprimer démocratiquement leur ras le bol? C’est en tout cas ce qu’il n’est pas déraisonnable de conclure à la lecture du passionnant rapport titré « Crowd Control Technologies : an appraisal of technologies for political control » qu’on traduira par : « Les technologies de contrôle des foules : passage en revue des technologies destinées au contrôle politique… »

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Les faits:

Les pays européens n’ayant pas tous les moyens financiers et logistiques pour prévoir de grands centres d’entrainements à la guerre urbaine, deux pays en particulier se sont lancé dans l’aventure. Bien entendu, il s’agit de l’Allemagne et de la France – le pays du « Kärcher » et celui des emplois à 4€ de l’heure – , qui estiment peut-être que les risques d’émeutes sociales sont plus élevés chez eux que partout ailleurs..?

– Le gouvernement allemand a donc approuvé la construction d’un grand complexe d’entrainement urbain pour la Bundeswehr – l’armée allemande – , sur le site de la base de GÜZ-Altmark, en Saxe-Anhalt, (d’une superficie de 232 km²) qui va voir son statut de terrain d’entrainement militaire « classique », transformé en Centre d’exercice européen pour l’entraînement à la lutte contre les émeutes (CRC). En effet, c’est un secret de polichinelle qu’il s’y construit en ce moment – pour un budget colossal de près de 200 millions d’euro – une cité pourvue de divers « quartiers », dont, un aéroport et ses 1700 m de pistes, un centre commercial, des quartiers d’habitation, des portions et connexions d’autoroute, un métro, un complexe industriel et tout ce qu’il faut pour simuler un insurrection des populations européennes. En tout, plus de 500 bâtiments en tous genres se construisent  pour recréer une ville la plus réaliste possible, de plus de 6 km². Ville où viendront s’entrainer conjointement les armées venues de toute l’Europe..! Le but pour l’Europe est clairement de s’y entrainer à contrer efficacement toutes tentatives de soulèvements des populations urbaines et d’y coordonner l’action de ces armées.

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– Le gouvernement français, quand à lui, ne lésine pas non plus quand il s’agit de casser du citoyen. L’armée française et ses généraux viennent d’organiser une campagne de pub « sécuritaire », afin de rassurer le bon bourgeois… « Nous sommes prêt à protéger vos biens contre la racaille des cités et les agitateurs gauchisants..! » L’armée française, se prépare à la guerre des cités, et a construit spécialement dans ce but à Sissonne, dans l’Aisne, une cité fantôme (centre d’entraînement aux actions en zone urbaine – Cenzub) comparable à une ville de 5000 habitants, pour y entraîner ses soldats. Le budget de ce programme de guérilla des banlieues, nommé « Scorpion » (sic), est de… 400 millions d’euros par an pendant 10 ans, rien que ça.

Si ça, c’est pas la réplique d’une cité..!

Les généraux ne s’en cachent même pas: « Les combats de demain ne seront pas ceux d’hier. Les armées ne vont plus « faire campagne », mais vont se battre en ville. Mais, en milieu urbain, un combat est souvent source de pièges et d’enlisement. Il y est quasiment impossible d’y développer une manœuvre sans risque de perte importante en matériels et en personnels, alors il faut s’adapter avec du matériel performant et du personnel bien formé. » C’était tout le sens des manœuvres organisées sur ce camp, en présence du connard en chef himself, le général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre.

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Interrogé par un journaliste local, un colonel présente ce qu’il appelle des « constatations sociologiques » : « en 1950, les villes abritaient 22 % de l’humanité pour 75 % aujourd’hui. Pas de doute, selon les stratèges, c’est bien dans les cités que les conflits de demain vont se dérouler ». Oui, mais dans les cités françaises… Le gouvernement français, et ce pourri de Manuel Valls, peuvent bien prétendre qu’ils n’envisagent pas l’idée de mobiliser l’armée dans les quartiers et/ou les cités, le programme Scorpion démontre clairement que l’armée, elle, s’y prépare activement.

Déroulement de l’exercice: (extrait d’un journal local)

Pour s’y préparer, l’armée mise sur la complémentarité. Plus question de laisser des fantassins progresser sans l’appui de blindés et la maîtrise du ciel. Tout commence avec un drone qui communique immédiatement des images. C’est ensuite la ronde des hélicoptères. Le Tigre, souple, transportant un pilote et un tireur, est vraiment un félin des cieux. Il glisse dans les airs, virevolte. Des explosions résonnent. La terre boueuse est masquée par des nuages de fumée. Un char Leclerc avance, menaçant avec sa longue tourelle pouvant atteindre des cibles avec des obus en roulant. C’est curieusement une démonstration de force et aussi de faiblesse. L’armée sait manier les symboles en montrant un tireur vulnérable avec la tête sortant du blindé. Le message est clair : Il est urgent de disposer d’un matériel performant protégeant plus nos troupes. Des engins de transport de troupes progressent. Ils abritent des parachutistes. appartenant justement à la section qui a perdu près d’une dizaine d’hommes à Uzbin en Afghanistan en août 2008. Plus que d’autres, ils connaissent l’urgence de se préparer à la guerre. Les armes crépitent. Les hommes prennent possession d’immeubles. Leur présence est signalée par des sacs marqués à l’infra-rouge. Dans un hangar, des ingénieurs expliquent le maniement de robots mobiles équipés de caméras. »

Sauf que: le félin des cieux c’est sur vos gueules qu’il va envoyer ses bastos! Le superbe char Leclerc éclatera vos immeubles une fois qu’on aura décrété qu’il contient des « éléments à éliminer ». Et ne comptez pas sur les sentiments humains de ces fachos de paras – qui ne se plaignent que lorsque des afghans ne se laissent pas tuer comme à l’exercice, sans répliquer et les prennent en embuscade – , ce ne sont, ni plus, ni moins, que les dignes descendants des tortionnaires d’Alger… la vie d’un civil – surtout d’une « racaille » de cité – , fut-ce-t-il « français sur papier », ne vaut pas broquette pour eux quand il s’agit d’obéir à un ordre! Tout ceci a été conçu dans le seul but de réduire au silence des populations européennes révoltées par leurs conditions de vie, aggravées par le chômage, les mesures d’austérité et la misère…

– Et chez nous en Belgique? Hé bien, rappelez-vous que l’année passé un camarade avait surpris lors d’une ballade à vélo, nos chers Chasseurs ardennais en train de s’entrainer à la répression d’un mouvement d’insurrection civile dans nos villages… Il y avait d’un côté des militaires faisant des barrages filtrants et de l’autre, des « civils » arrêtés… Les premiers braquant leurs FNC sur la nuque des seconds, qui eux se retrouvaient à genoux et les mains derrière la tête! Ceci est appuyé par le fait que lors des « journées portes ouvertes » de Bourg-Léopold de 2012, des exercices de « maintien de l’ordre » furent mis au programme, comme on peut le voir ci-dessous… Dans les « démonstrations » on trouvait également: L’utilisation des armes non-létales (Non Lethal Weapons). Et ça, ce n’est que la partie visible de la grande muette, on n’ose imaginer ce qui se fait dans le secret de certaines casernes!

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– Même la suisse… La Suisse vient de former quatre nouveaux bataillons militaires. Et est en passe de déployer ses troupes le long de ses frontières, en vue d’anticiper tout désordre social qui pourrait découler de l’effondrement de la zone Euro et afin de se préserver de futures émeutes dans les pays limitrophes. “Les exercices menés par les militaires Suisses en septembre, surnommés Stabilo Due, ont été basés sur l’éventualité d’une instabilité Européenne devenue hors-de-contrôle .

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Ce qui précède est déjà plus que révélateur de la volonté des gouvernements, des classes dirigeantes bourgeoises, d’être prêts lorsque ces situations insurrectionnelles populaires surviendront, mais à cela il faut ajouter le détails qui rapproche l’échéance: la France a ordonné la mobilisation des services secrets et de la police pour mettre sous surveillance les travailleurs qui se battent contre le chômage de masse et les fermetures d’usines. Le ministre de l’Intérieur français, Manuel Valls, a révélé récemment que sa police politique est pleinement mobilisée pour espionner la révolte grandissante des travailleurs des usines où sont prévus des licenciements ou bien qui seront fermées. Il a dit que ces mesures étaient nécessaires compte tenu du risque d’«implosions ou explosions sociales»

Pour le moment ils nous gazent, nous matraquent, nous tirent dessus aux flash-ball, LDB40, FN303 et autres saloperies… Mais ils ont déjà prévus de nous abattre comme des chiens, comme aux plus belles heures des barricades du 19e siècle, où la troupe ouvrait le feu joyeusement sur les émeutiers, sur les ouvriers, sur le peuple… Si vous l’avez oublié, eux pas, ils s’y préparent! Et ils n’ont même pas besoin de nouvelles lois scélérates, tout est déjà dans le traité de Lisbonne et ses « annexes ».

Et nous..? Oui « nous », est-ce qu’on se prépare à ce genre de conflits imminents? Ou est-ce qu’on se contente de subir et de chaque fois découvrir sur le tas les dernières saloperies technologiques ou tactiques de l’ennemi? Connaissons-nous les points faibles d’une tactique militaire urbaine? Selon un général français présent à Sissonne, « Ce sont des combats de grande intensité qui nécessitent des relèves. On sait qu’un soldat restant plus de 24 heures au combat urbain peut souffrir de dommages psychologiques importants. »… Toute armée en campagne a ses points faibles, nous avons dans ce genre de conflit bien des avantages sur ces militaires de métiers qui sont perdus sans chaine de commandement efficace, notamment la connaissance du terrain, le soutien d’une part non-négligeable de la population locale, le fait que des petits groupes menant des actions rapides passent plus inaperçus que ces grandes unités. Pensez-vous à vous documenter sur la guérilla urbaine? Vous n’êtes pas les premier à devoir affronter ce genre de situation contre-insurrectionnelle, d’autres ont résisté avant vous… Documentez-vous, préparez-vous, personnellement et entre amis de confiance, et si vous pensez que ce n’est pas encore le moment, dites-vous que vous le regretterez amèrement plus tard, car une fois commencé, ceux qui ne se seront pas préparés – dans tous les sens du terme – , ne seront que des victimes livrées sans défense à la répression bourgeoise et finiront dans le meilleur des cas dans des camps et des stades – très utilisés en ces périodes par tous les militaires – , et dans le pire dans les statistiques des victimes! A bon entendeur…

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Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine – defense.gouv.fr

Entraînement zonal au camp de Sissonne – aisne.gouv.fr

 

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