I got it…! « Les damées de la terre »

Publié: 7 février 2013 par Page de suie dans Coups de coeur
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2011, je l’ai commandé… rupture de stock!

2012, j’ai essayé de le voler… pas moyen de le trouver en « poche », il était trop grand à planquer!

Et puis la semaine dernière ma chouette libraire, en allant chercher un bouquin pour l’école de la gamine, me dit qu’il est à nouveau disponible. Enfin j’ai pu le commander, et aujourd’hui je l’ai 🙂 Je n’en suis qu’a la préface, mais il promet d’être excellent.

FrantzFanon_Lesdamnesdelaterre

Né en 1925 à Fort-de-France, Frantz Fanon quitte la Martinique pour rejoindre la Résistance en France, et plus précisément les forces gaullistes, à l’âge de 17 ans. Il se lance par la suite dans des études de médecines, à Lyon ; il publie son premier livre qui fait date encore aujourd’hui : Peau noire, masques blancs (1952). Dans ce court mais dense ouvrage, il y interroge et décortique les conséquences de la colonisation sur les rapports entre Noirs et Blancs, sur la façon dans les Antillais -et les Noirs en général- se construisent par rapport au Blanc, sans réclamer réparation mais en posant des questions pour construire l’avenir.
Il devient l’année suivante le Médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie, alors colonie française. La guerre de libération engagé par le FLN ne le laisse pas indifférent, il choisit son camp, celui du peuple algérien, celui de l’indépendance, celui de la liberté.
Son engagement est profond, intellectuel mais aussi physique : il démissionne de ses responsabilité, est expulsé et rejoint une section du FLN en Tunisie (où il est d’ailleurs enterré).
Il écrit dans El Moudjahid et deviendra même ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana et essuiera plusieurs attentats fomentés dans divers pays où il se rend.

Fanon n’est pas un théoricien de la négritude, il refuse de participer à l’édifice du Noir comme entité « naturelle » ; il déconstruit l’oppression et les formes de dominations (économiques, idéologiques, linguistiques…) pour proposer un programme humaniste et internationaliste…
En 1961, avec Les damnés de la Terre, Fanon fait un exposé socio-psychologique des conséquences de la colonisation sur les colonisés, partant d’observations objectives alliées au paradigme marxiste et alimentées par la réalité des mouvements de libération, en particulier algérien. Se rajoute à son livre une préface très commentée de Jean-Paul Sartre. Or celle-ci est ambigüe. D’un coté elle aide à la diffusion et la notoriété du livre et des idées de Fanon, d’un autre l’aspect dithyrambique -et ultra-gauchiste- du texte de Sartre fait de l’ombre à la précision dialectique de l’auteur, à ce qui relève des constats de la production de la violence révolutionnaire par le système colonial (ce que fait Fanon) et la glorification mythifiée de la lutte armée (ce que fait Sartre).

L’année où sortent Les damnés de la Terre, il est fauché par une leucémie. L’hôpital de Blida porte aujourd’hui son nom, de même que des rues et des avenues en Martinique et en Algérie. Il est cité dans des chansons de LKJ, Rage Against the Machine, KRS-One, ou en France par La Rumeur, M.A.P. ou Casey. Sa pensée est encore vivante…

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