Archives de 5 février 2013

Tarnac – 6 février, le « proçès » du… forgeron

Publié: 5 février 2013 par Page de suie dans Articles
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Parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’antiterrorisme s’inflige à lui-même, nous vous invitons à venir rire avec nous au TGI de Rouen le 6 février à 13H30

Le 23 février 2012 à 6h du matin, une trentaine de policiers de l’antiterrorisme débarquent dans la campagne rouennaise. Sous les ordres du célèbre juge Fragoli, la meute cagoulée est à la recherche d’un forgeron, ou bien de son père. Ils trouveront l’un et l’autre à Roncherolles-sur-le-Viviers, chez eux, en train de dormir.

Ça frappe à la porte, ça hurle, ça envahit la maison. Il est grand temps de se lever. Pourquoi ici? Pourquoi Roncherolles et pas ailleurs? La réponse ne se fait pas attendre, le forgeron est un ami des mis en examen de Tarnac. La police fouille, les canards caquètent, on auditionne le père. A 86 ans, il sait manier la forge. Il suffit parfois de pas grand’chose pour avoir les honneurs de la police antiterroriste. Dans le fond, ils se prennent au sérieux ces officiers et ces juges avec leur histoire de Tarnac; mais tout de même, qui va ranger derrière eux? Ce ne sera pas le forgeron car lui, on va l’emmener au siège de la DCRI à Levallois-Perret. Il n’y a pas de petites économies dans la traque au terroriste.

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Aux policiers, le forgeron ne dira rien, trop impatient de rencontrer le médiatique juge Frangoli et d’entendre les raisons d’une telle fanfare. On lui demande quand même ses empreintes et son ADN. Lui, demande ce qui lui vaut d’être menotté et enfermé dans une espèce de grosse boîte blanche au troisième sous-sol de la DCRI. C’est donnant-donnant, il ne donnera rien. En antiterrorisme, on a souvent le droit à 96H de garde-à-vue, c’est le temps que la loi octroie aux professionnels de l’interrogatoire pour briser du terroriste. Bizarrement, il ressort à peine 35 heures après son arrivée. Peut-être s’est-on trompé de loi?
Le forgeron repart, libre mais dépité: le juge Fragnoli n’aura même pas eu 5 minutes à lui accorder. Ah mais non, attention, avant de rentrer chez lui, il doit faire une nouvelle garde-à-vue : il a refusé de donner son ADN. Encore une heure donc, au coeur des services secrets français. Puis s’en va acheter un billet de train. Ça a d’ailleurs encore augmenté.

C’est cependant le coeur plus léger qu’il accomplit le trajet retour. Il sait désormais pourquoi son téléphone a été mis sur écoute pendant 2928 heures et ce qui lui a valu d’être suivi et surveillé pendant des mois: il est forgeron. Cela, il le savait avant d’être menotté par la police antiterroriste, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que c’était un élément suffisant pour justifier son enlèvement à 6H du matin.
Mais comme le comique s’accommode toujours bien du dérisoire, notre ami forgeron est convoqué au tribunal de Rouen le 6 février prochain. Ce n’est pas parce que les sbires de l’anti-terrorisme n’ont rien à lui reprocher qu’on ne peut pas lui faire un petit procès pour avoir refusé de livrer son ADN aux policiers fort mal élevés qui l’avaient réveillé, sequestré puis relâché sans la moindre charge ni raison.

– En prime parce que vous êtes sages… La lettre du forgeron au juge Fragnoli. 🙂 elle est belle comme un commissariat qui brûle, si, si..! (Deux jours plus tard, une dépêche AFP annonçait que le célèbre juge jetait l’éponge, éreinté par ce qu’il estimait être des attaques personnelles dans la presse)

Source: leblogduforgeron - 27 01/2013

Chasse au chômeur, déjà en ’38..!

Publié: 5 février 2013 par Page de suie dans Articles
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Ben merde alors, on en apprend tous les jours…
Décidément il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil…

triangle noir Arbeitsscheu Reich - chômeurs de longue durée

On sait déjà que dans l’Allemagne nazie il ne faisait pas bon être coco, homo, roms, juifs, etc… Mais ce qu’on sait moins c’est qu’ils ont inventé avec 70 ans d’avance la chasse aux chômeurs! Ils les appelaient les «réfractaires au travail du Reich».

Les «ASR» – Arbeitsscheu Reich – étaient des individus, hommes ou femmes, considérés comme aptes au travail mais qui, soit ont refusé à deux reprises une proposition d’emploi sans raisons valables ou soit étaient chômeurs de longue durée – ça ne vous rappelle pas quelque chose ? – , ou qui ont accepté un emploi mais, après une courte période, ont démissionné sans motif valable. Du coup, ils se retrouvèrent accusés de ne pas vouloir « s’intégrer à la communauté » car non-conformistes, alcooliques, drogués et/ou sans domicile fixe, ils sont illico classées comme asociaux par l’administration nazie.

Raflés par la Kripo – police criminelle – , les premiers détenus de ce type entrèrent à Buchenwald dans la dernière semaine de 1938. Affublé de triangles noirs, l’effectif s’accroît alors de 4.000 nouveaux travailleurs forcés pour la construction du camp. Persécutés de 1938 à 1945, les « asociaux » furent internés et/ou tués dans les KZ : leur nombre, difficile à évaluer, est toutefois estimé bien supérieur à celui des homosexuels. Parmi ces triangles noirs, on trouve aussi des femmes qui, ayant échappé à leur rôle social traditionnel (femme au foyer pondeuse de petits aryens blonds, derrière les fourneaux…), étaient considérées comme asociales ou lesbiennes.

Hé bien, nos ministres n’ont décidément aucune imagination! Pas foutu d’inventer quelque chose d’innovant en somme… d’autres salauds l’avaient déjà fait!!!

Il ne nous reste plus qu’à arborer un triangle noir alors…

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édit du 12 nov 2014

Bon, vu le nombre de commentaires réac à deux sous sur les « profiteurs » et les « chômeurs de père en fils », voici de quoi clouer le claque-merde à certains connards, aux neurones manifestement aux abonnés absents..!

Quelques rappels et vérités sur les chômeurs (et sur le chômage)

Je lis dans les commentaires, des gens qui s’indignent du sort que le gouvernement réserve aux chômeurs, mais dans le même temps, croient bon de rappeler qu’ « il y a des abus », des « profiteurs » et « qu’il faut que ça cesse ». Rappelons donc quelques vérités, de celles qu’on n’entend pas très souvent dans la presse vendue. Ces faits sont à envisager simultanément, à mettre en lien les uns avec les autres (si si, vous le pouvez!)

– Il y aurait selon les estimations, entre 2 et 5% de chômeurs « fraudeurs ». Cela signifie qu’il y a en même temps entre 95% et 98% de chômeurs non fraudeurs. Je me demande quelle est le pourcentage de fraudes pour les travailleurs… Le citoyen lambda trouve « normal » qu’un travailleur « payé au lance-pierre » par son employeur ou l’état, triche sur ses heures ou ses déplacements, fournisse un certificat de complaisance, « récupère » du matériel ou des outils… Pourquoi avoir une autre vision quand ils deviennent chômeurs ou pensionnés..?
– Qu’une majorité de ces chômeurs fraudeurs sont certainement déjà rayés des statistiques chômage depuis longtemps, puisque cela fait 10 ans exactement – depuis 2004 – , que la Belgique mène une politique de contrôle très drastique des chômeurs. – En Belgique, les allocations de chômage (ainsi qu’une bonne moitié des pensions… et des salaires!) se situent sous le seuil de pauvreté. Donc, pour la plupart des chômeurs, il n’est quasi pas possible de vivre avec si peu, et frauder devient dès lors une nécessité. Si je devais choisir entre laisser mes enfants avoir faim et froid, et travailler un peu au noir, ou avoir une adresse fictive, croyez-moi que le choix serait vite fait. Quand une loi est inique, notre devoir est de ne pas la respecter. – Être chômeur ne dispense pas encore de devoir se nourrir ni se chauffer, donc demander de supprimer les allocations de certaines personnes, fraudeuses ou pas, revient à demander de laisser mourir certaines personnes, ou de les forcer à devenir délinquants… – Il est en outre tout à fait faux de penser que lorsqu’on se fait exclure du chômage, on a droit « automatiquement » au CPAS: seuls 37% (oui, oui! 37%) des chômeurs sanctionnés finissent au CPAS: que deviennent les 63% d’autres? Ils sont à charge de leur famille, sans aucune possibilité de pouvoir gérer sa propre vie, ou se retrouvent en très grande précarité.

– Dans le même temps, la Belgique fait cadeau aux multinationales de 19 MILLIARDS € d’impôts PAR AN, sans compter les déductions d’impôts que ces sociétés « s’octroient » elles-mêmes… via le LuxWeak! Les allocations de chômage, représentent environ 7 milliards € par an, donc une fraude sociale entre 2 et 5% ferait +/- 245.000.000 € par an, 20.400.000 € par mois. Pas de quoi couler un budget national, hein… Ce ne sont pas 20 petits millions que les grosses sociétés font passer sous le nez du fisc chaque mois, mais des centaines, voire… Mais, chez ces gens là, monsieur… on touche pas au sacro-saint capital, on traque le chômeur!

– Il y a en moyenne en Belgique, une offre d’emploi pour 17 chômeurs, réparties en outre fort inéquitablement: une offre pour 32 chômeurs dans le Borinage, et une offre pour 100 chômeurs à Bruxelles (stats officielles Forem et Actiris) – Edit du 30/11/14… oups, c’est une offre pour 60 chômeurs en nov 2014.

– Cette iniquité des offres s’accentue encore si on tient compte du niveau de formation: un universitaire a plus de chances de trouver du boulot que quelqu’un ayant son CESI, parce qu’il y a moins d’universitaires que de CESI, et que quand on est universitaire, on peut également postuler sur des jobs moins qualifiés. Par percolation, on arrive ainsi dans le bas de la pyramide sociale avec une grande quantité de personnes non diplômées, mais pour qui très peu d’offres sont disponibles, puisque les couches supérieures de la pyramide y postulent aussi. Croyez-moi bien que si j’étais dans ce cas, d’avoir environ zéro chance de trouver un job, je ne suis pas sûre que j’aurais très envie de chercher: vous aimez faire des trucs qui servent à rien, vous?

– Oui, mais les emplois en pénurie, me direz-vous? S’ils sont en pénurie, c’est qu’il y a plusieurs raisons, différentes pour chacun de ces métiers, mais qui est souvent bcp moins facilement contournable que le simple fait d’accentuer la coercition (ce dont on manque, ce sont souvent des postes avec de nombreuses années d’expérience, et ça, à part pouvoir bosser pour l’acquérir, mettez-vous ça dans le crane: il n’y a pas assez d’emplois pour tous en Belgique!)

– Par contre, il y aurait assez de richesses pour faire vivre tout le monde, si elles étaient plus équitablement réparties: ces 3 dernières décennies, le PIB a été multiplié par 10 environ! Ça veut dire que les richesses créées dans le pays ont été multipliées par 10! Mais les salaires, eux, n’ont quasiment pas bougé, et les allocations sociales ont elles, baissé.

– La sacro-sainte valeur travail à laquelle s’accroche ceux qui tiennent ce genre de discours se rendent-ils compte qu’ils desservent leur propre cause en tenant des discours patronaux? Parce que lorsque les allocations sociales baissent, et que les chômeurs sont aux abois, ce sont vos jobs qu’ils convoitent, et votre patron est alors en mesure de faire baisser vos salaires et vos droits sociaux, et d’exiger de vous d’être taillable et corvéable à merci (car « il y en a 500 à la porte qui attendent »). N’importe quel économiste vous expliquera qu’en période de chômage de masse, stigmatiser les chômeurs est destiné en réalité à rendre les travailleurs serviles. On apprend ça dans n’importe quel cours d’économie de n’importe quelle université.

– Les chômeurs qu’on connaît sont toujours de bons chômeurs, parce qu’on connaît leur mode de vie, et leurs difficultés. Le mauvais chômeur, c’est toujours l’autre, celui dont on ne sait pas grand chose, mais sur lequel on fantasme toutes sortes de préjugés. C’est un phénomène très connu en psychologie sociale qui porte le nom du « phénomène du bouc émissaire »

. Les préjugés..? on peut les colporter et les ânonner bêtement, mais on peut aussi les réfléchir, les conscientiser pour travailler dessus.

TOUT LE MONDE DOIT SAVOIR QUE LA FRAUDE SOCIALE EST DÉRISOIRE ET QU’ELLE EST MAJORITAIREMENT UN ACTE DE SURVIE !!!! QUAND UN GOUVERNEMENT ACCULE A CELA POUR LA SURVIE, IL DOIT SE POSER DES QUESTIONS SUR SES DÉCISIONS ET SES COMPÉTENCES OU ALORS IL EST RÉELLEMENT CONTRE UNE PARTIE DU PEUPLE… CONTRE UNE GRANDE PARTIE DU PEUPLE..! Le peuple d’en bas ne se laissera pas écraser. » Christine Mahy Hergot- Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté

A écouter: Le café serré de Thomas Gunzig (vidéo)

A lire: Contrôle..? Vous avez dit contrôle?

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édit du 19 mai 2015

« Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre » *

Il semblerait que la dernière déclaration d’un de ces pourris – Denis Ducarme, pour ne pas le citer – , et la réactivation des « visites domiciliaires » a mis le feu aux poudres… M’est avis que les « facilitateurs » et contrôleurs de l’ONEM ont du souci à se faire, les chômeurs ne semblant plus vouloir courber l’échine. Aurais-je la joie de voir un de ces jours un contrôleur couvert de goudron et de plumes au JT…  😉  (ceci n’étant pas une incitation à la violence)

Il est marrant de constater que quand cette citation nazie est utilisé par un « politique », les chômeurs doivent comprendre qu’on les rassure, mais que, lorsque des « politiques » voient cette phrase inscrite sur le pas de leur porte, c’est une « incitation à la haine et à la violence, ce sont des menaces inacceptables! » Bouffons…

triangle noir BXL - La riposte s'organise..!

(*) cette citation utilisé par Ducarme… est de Joseph Goebbels… ministre de la propagande du troisième reich!!! On voit où ces chiens ont leurs références.

C’est l’histoire d’Albert, ouvrier chez Caterpillar…

Publié: 5 février 2013 par Page de suie dans Articles
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…qui paie pour partie et sans le savoir le salaire de Jean, son nouveau collègue.
On ne compte plus aujourd’hui les emplois dits « subsidiés ».

Win-win, Activa, Quésako? Voyons de plus près en quoi ça consiste. Un emploi win-win donne tout d’abord l’avantage non négligeable à l’employeur de ne plus verser pendant un temps certain – pouvant atteindre 3 ans! – une très grosse partie de la sécurité sociale. Dont perte substantielle pour celle-ci de plus de 350 €/mois environ (1000 €/ trimestre)! Mais engager un win-win offre cet autre avantage lui aussi substantiel: l’employeur peut déduire du salaire net une somme pouvant monter jusqu’à 500 € pour un temps-plein, somme qui sera directement payée au travailleur par la caisse chômage, l’Onem quoi! Bref un cadeau mensuel aux actionnaires de Caterpillar de 850 €/mois ! Mais qui paie? Telle est la question!

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Exemple: Jean, engagé win-win – qu’il disait – chez Caterpillar à 2000 € brut par moi, ce qui lui ferait un net d’environ 1400 €, recevra sur son compte bancaire 900 € versés par son employeur et 500 € versés par l’ONEM via son organisme de paiement (syndicat ou capac)… Et d’où viennent ces 500 € ? Mais de l’ONSS pardi, c’est-à-dire des cotisations sociales des travailleurs, donc notamment des cotisations sociales payées tous les mois par Albert, ouvrier lui aussi à Caterpillar – et par ses autres collègues qui ne sont pas win-win – , dont environ 47 € pour les caisses « chômage »  ( 2,33%) ainsi que, à titre d’informations, 147€ pour les soins de santé ou encore 327€ pour les pensions!

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Résultat des courses : tous les mois, Albert – et ses collègues – contribuent au financement du salaire versé à Jean! C’est-y pas gentil tout ça. V’là que de nos jours les ouvriers paient une partie du salaire de leurs collègues! Remarquez que, si Jean a 11 collègues non win-win qui gagnent la même chose que lui, c’est leur générosité à eux seuls (11×47 = 517) qui financent donc les 500 € de cadeaux salariaux offerts à Caterpillar, qui s’offre ainsi une main d’œuvre en or! Win-Win, la poule aux œufs d’or, on vous dit!

Ben oui, c’est comme ça, paraît que c’est le prix à payer pour qu’il y ait de l’emploi pour tout le monde et que, sans emploi pour tout le monde, c’est la m…. Donc tout ça, c’est bien normal. D’ailleurs, y a pas de raison qu’il n’y ait que les patrons qui paient les salaires, non? Les ouvriers eux aussi doivent s’y mettre sinon on n’en sortira pas! Question de compétitivité! Au diable les tabous et les conservatismes!

Entre-temps, la sécu est vidée doublement parce que Caterpillar en engageant Jean, ne doit – presque – plus verser de cotisations dites « patronales », erronément – on ne doit pas vous le réexpliquer quand même! – , et parce que la sécu finance l’emploi – donc les employeurs! – au lieu de payer ceux pour qui elle a été créée : chômeurs, pensionnés, malades, etc… Et à ceux-ci on dit « y a plus de sou, faut qu’on diminue vos allocations, vos remboursements de médoc, vos pensions, etc… ».

Vous n’avez pas un peu le sentiment qu’il y a est des gros pigeons dans cette histoire ! N’est-ce pas Albert ? Alors « win-win » , gagnant-gagnant, cette affaire !?

60% des emplois créés sont (hyper)subsidiés  &  Emploi: des plans d’activation au coût explosif (tselux.be – site des TSE (Travailleurs sans Emploi) de la FGTB/Luxembourg)

P.S.: Pour info, ma fille travaillant à 3/4 temps en boulangerie ne recevait que… 150 € de son patron et les 900 autres venaient de l’organisme de paiement, dans son cas la FGTB. Il avait donc une vendeuse pour 150 balles et sans payer de lois sociales!

Source :Riposte-CTE - Janvier 2013
La Cour de cassation vient d’accorder un délai d’au moins 18 mois aux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Une heureuse surprise pour les défenseurs du bocage.

L’embourbement du gouvernement Ayrault dans la zone humide de Notre-Dame-des-Landes n’est pas près de se dénouer. Nouveau fait majeur dans la bagarre qui oppose Vinci aux paysans menacés d’expulsion, mardi 29 janvier, la Cour de cassation a décidé… de ne rien décider..! Elle attendra que tous les recours administratifs soient jugés pour examiner un pourvoi formé par les occupants de la zone d’aménagement différé contre leur expropriation (voir les arrêts de la Cour de cassation).

Ces derniers ont saisi le juge administratif en octobre 2011 pour faire annuler l’arrêt de cessibilité (liste préfectorale des parcelles qui doivent être expropriées) qui les concerne. Ce recours a été débouté en décembre 2012 par le tribunal administratif de Nantes, mais il fera l’objet d’un appel, voire ultérieurement si besoin d’un recours devant le Conseil d’État.

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Une quinzaine de fermes doivent encore être détruites

En attendant, le concessionnaire Aéroport du Grand-Ouest (Vinci), qui doit acquérir les terrains convoités, devra patienter! Les expulsions sont donc retardées pour la quinzaine de fermes qui doivent encore être détruites. Et ce, pour une période de 18 mois à deux ans, selon les estimations des opposants et leurs avocats. « C’est une surprise », explique Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, une association d’habitants et d’exploitants menacés d’expulsion. « Jusqu’à présent le projet avançait malgré tous nos recours. »

Cet arrêt ne protège pas pour autant les occupations illégales installées dans des cabanes et des fermes expulsées, sur la Zone d’aménagement différé (Zad) visé par le projet d’aéroport. Le face-à-face entre opposants et forces de l’ordre, qui dure depuis le 17 novembre, devrait donc se poursuivre, alors qu’une « trêve » est encore théoriquement à l’œuvre jusqu’au mois de mars dans le cadre des travaux de la « commission de dialogue ».

« Le pouvoir joue l’apaisement, il n’y a pas de pression de la préfecture centrale, raconte Dominique Fresneau. Les contrôles systématiques embêtent surtout les locaux qui doivent circuler pour travailler sur leurs terres. C’est une stratégie qui vise à installer un climat malsain, mais il n’y a pas d’affrontements. »

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Embarras de François Hollande

Sur le plan politique, le dossier reste un véritable bourbier pour la majorité. Interviewé, mercredi 30 janvier par l’Express, Nicolas Hulot, « envoyé spécial de François Hollande pour la préservation de la planète », décrivait un Président « embarrassé » sur la question.

« Concernant la pertinence du projet, je ne suis pas certain que le Président en soit convaincu, mais il ne peut pas désavouer son Premier ministre. Nous avons en France un déficit démocratique ; nous ne savons pas organiser des débats publics dignes de ce nom », jugeait-il.

L’embarrassante épreuve de force devra donc encore durer au moins un an et demi. Un marathon que les opposants comptent mettre à profit pour organiser et densifier une mobilisation « lourde, ardue, mais que nous avons tous ici à cœur », confie Dominique Fresneau.

Source: Politis.fr - 04/02/2013