Archives de février, 2013

Tous au Larzac!

Publié: 8 février 2013 par Page de suie dans Coups de coeur
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Nous étions dans le sud-ouest entrain de contempler hilares notre « table de choure », il faisait 4-5°, des courants d’air comme des entre les oreilles d’un flic et le poêle à bois n’était prévu que pour le lendemain  🙂

Quand l’un d’entre nous lança: « si on se matait Tous au Larzac? Je l’ai sur le portable. »

Et bien je vous assure que regarder « Tous au Larzac » en grelottant, en grignotant des toasts au foie gras (je sais, c’est pas bien le foie gras… mais dans le sud-ouest c’est tentant! Hé puis on l’a piqué, na!), des saucissons du pays et avec quelques ééénormes pétards, c’est géant! Je vous le conseille, à essayer au moins une fois.

Voici le lien pour le regarder en streaming (ou le télécharger) sur Filmonde.com: TOUS AU LARZAC

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L’histoire d’un combat victorieux: Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne cèderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité inébranlable, qui les porteront vers la victoire.

Un jeune intérimaire belge d’ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son œil après avoir été touché par un tir de Flash-ball.

Suite à cette violence policière – une de plus – , j’ai potassé la réglementation sur l’usage du Flash-ball et l’ai comparé avec les photos d’hier…

Premier chose qui saute aux yeux… l’arme que les gendarmes ont utilisés à Strasbourg, n’est pas un Flash-ball!

Voici un Flash-ball:

flash-ball

Et voici ce qui a été utilisé hier…

LBD-40

Le premier est le vrai Flash-Ball Super-Pro à balles molles de 44mm (29gr.) commercialisé par Verney-Carron, en service depuis 1995, le second est le LDB40 « Exact Impact » à projectiles « mi-dur » de 40×46mm (95 gr. avec partie en plastique) commercialisé par Brugger & Thomet, en service depuis 2006, et conçu pour riposter à des armes réelles…

Voici un tableau comparatif de ces deux armes, où l’on voit bien la différence entre le « vieux » Flash-ball sans viseur au tir approximatif limité à 7-10 m et cette saloperie de LDB40 qui possède un viseur Eotech-552 – destiné à l’usage militaire – , qui a une portée précise entre 10 et 30 m! Selon le CNDS, en dessous de trente mètres le point visé est systématiquement atteint!

Flash-ball superpro & LDB40

 EOTECH sur ldb40

Avec le système de visée EOTECH et la précision du LDB40 pas d’excuse possible…  « là où JE vise, je touche »

Cette arme fut adoptée par les « forces de l’ordre » suite aux émeutes de 2005, pour pouvoir riposter aux agressions par armes. Elle fut discrètement incorporée dans l’ensemble des unités de police et de gendarmerie depuis.

– En 2009, la Direction centrale de la Sécurité publique avait rappelé la proscription de viser « au niveau du visage ou de la tête » et la nécessité d’une utilisation « proportionnée » (SIPA).

– Toujours en 2009, le CNDS à émit de graves réserves quand à son usage lors d’un attroupement et l’a déclaré « peu adaptée lors de manifestations »

-Si le classique Flash-ball n’est pas très efficace utilisé en tir tendu (chute de la trajectoire après quelques mètres) et jamais à moins de 7 m , le LDB40 quant à lui, DOIT être utilisé en tir tendu puisque sa balistique est comparable à une munition réelle (canon rayé), mais il ne peut JAMAIS être utilisé à moins de 10 m. Et point important, les deux ne peuvent en aucun cas être utilisés hors du cadre légal de la légitime défense!!!

Rapport CNDS LBD40

Rapport 2009 du CNDS sur le LDB40 – CLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR LA LECTURE

info flashball & LDB40

Ils précisent bien « peut être létal à distance rapprochée »! Et ça vient du Ministère de la défense…

Face à la multiplication de plusieurs blessures sérieuses occasionnées par des tirs de Flash-ball la Direction centrale de la sécurité publique (DSCP) a adressé, en mai 2009, une note aux divers directeurs départementaux leur rappelant les « règles impératives » de l’utilisation de cette arme, notamment le respect des distances minimales « pas moins de sept mètres pour le Flash-ball » et « pas moins de dix mètres pour le LDB40 » (15 selon le CNDS), proscrivant la visée « au niveau du visage ou de la tête » et insistant sur le fait que l’utilisation devait être « proportionnée » aux faits et liée à la légitime défense.

Interrogé en 2006 par l’AFP un expert en armes avait déclaré sous couvert de l’anonymat que le Flash-ball est une arme « théoriquement non létale » mais que le tireur ne doit en aucun l’utiliser à moins que la distance prévue (7 & 10 m) et surtout ne pas viser la tête car « une balle de flash-ball à bout portant peut tuer ». Dans son entretien avec l’AFP en 2002, l’inventeur du Flash-ball, Pierre Richet, rappelait déjà les règles d’utilisation: « ne tirer qu’en légitime défense, que lorsque l’on risque de prendre un coup ou qu’on en a déjà pris un, ne pas braquer les gens », concluant « si on les transgresse, cela veut dire que l’on est incapable d’utiliser l’arme ». CQFD!!!

On peut donc conclure en disant que ce LDB40 est prévu pour tirer de loin et avec précision sur une cible sélectionnée et ajustée… ce qui implique donc un « tir plus réfléchi, précédé d’un temps d’observation et d’ajustement dans le viseur de la cible »! Effectivement, c’est bien ce qui c’est passé à Strasbourg, regardez les photos, vous verrez des gendarmes en position de visée sur appui, viser calmement et consciencieusement leurs cibles – heureusement qu’ils tirent comme des clenches, il y aurait plus de blessés – , mais les photos montrent aussi des gendarmes qui ciblent des travailleurs à moins des dix mètres réglementaires, et surtout dans des situations CALMES, sans aucun danger pour eux!!! Un tribunal français a déjà condamné (30 avril 2012) un gendarme pour ce genre de faute grave ayant conduit à… la perte d’un œil!

Voici les photos qui montrent clairement les gendarmes viser sciemment les travailleurs:

Flash ball et LDB40

On y voit les deux, Flash-ball et LDB40, mais ils avancent et ne sont pas en danger et les « cibles » sont à moins de 10 m..!

projectile du  flashball LDB40

Le projectile du LDB40 a brisé la visière du casque… donc c’est bien la tête qui fut visée!

LDB-40

En sécurité sur une position en hauteur… mais on vise quand même les manifestants..!

flash-ball LDB-40 projectile mi-dur

Même dans une paluche de métallo c’est un fameux projectile, comment déjà? Ah oui, « semi-dur »…

flashball LDB-40 CRS

Ils n’ont pas l’air d’être en danger, les matraques sont posées… mais je vise toujours, on sait jamais!

flash-ball LDB-40 strasbourg

Des travailleurs qui n’ont pourtant pas l’air menaçant se font braquer par un LDB40 quasi à bout portant… ils sont +/- à respectivement 2.5, 4 et 5 m!!!

flash ball LDB-40 CRS rambo

Il a vraiment l’air en danger… Matraques posées sur les boucliers.

LDB-40 et flash-ball BAC

Pas moins de quatre flash-ball..! On dirait que c’est leur première manif, pas fier la BAC…

flashball

Au moins deux qui visent un métallo… Et c’est pas vraiment les jambes qu’ils visent là, hein!

Tout les témoignages parlent de tirs à hauteur de visages et quasi à bout-portant! De toutes façons avec leurs viseurs EOTECH, on voit nettement les yeux de celui qu’on vise… et on se marre « Tiens prends ça dans la gueule connard »! J’imagine bien les discussions au retour à la caserne: « dis donc, tu l’as pas raté le mec, hein. Y reviendra pas de sitôt celui-là… »  Et ils doivent en être fier en plus!


à visionnez jusqu’au bout… « Désarmons-les! »

ArcelorMittal: un manifestant belge perd l’usage d’un oeil – article de l’Humanité

Fash-ball: La totale

27 novembre 2007 blog – La liste des blessés s’allonge et la justice traîne

Le flash-ball, une arme à l’origine de graves blessures

AVIS ET RECOMMANDATIONS de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité – Saisine n°2008-1 du 12 mars 2008 (.pdf)

« Conseils d’urgence à l’intention des personnes gravement blessées par la police »

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A lire dans lundimatin#59, du 3 mai 2016 Flashball : 10 ans de blessures, 10 ans de lutte

« Si l’effet physique d’un tir de flashball dans la tête est microscopique à l’échelle de la foule, il est macroscopique au niveau de la peur qu’il produit. »

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Info du syndicat hier:
Camarades, mauvaise nouvelle concernant John David: il a perdu son œil droit, il a une fracture de la pommette, et 8 points de suture a l’arcade. Il en a pour 5 jours là bas.

Dernières nouvelles: « on rentre à l instant de Strasbourg, John est en état de choc , il a quelques soucis de perte de mémoire suite a son état. Pour l’instant il porte une prothèse oculaire pour quelques semaines. Il va déposer plainte contre les flics français et espère arriver a faire bouger les choses. Il nous demande un soutien fort et se réjouit de revoir sa famille et ses camas. Il doit rentrer lundi 11/02. Il vous embrasse tous et vous remercie pour votre soutien. »

I got it…! « Les damées de la terre »

Publié: 7 février 2013 par Page de suie dans Coups de coeur
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2011, je l’ai commandé… rupture de stock!

2012, j’ai essayé de le voler… pas moyen de le trouver en « poche », il était trop grand à planquer!

Et puis la semaine dernière ma chouette libraire, en allant chercher un bouquin pour l’école de la gamine, me dit qu’il est à nouveau disponible. Enfin j’ai pu le commander, et aujourd’hui je l’ai 🙂 Je n’en suis qu’a la préface, mais il promet d’être excellent.

FrantzFanon_Lesdamnesdelaterre

Né en 1925 à Fort-de-France, Frantz Fanon quitte la Martinique pour rejoindre la Résistance en France, et plus précisément les forces gaullistes, à l’âge de 17 ans. Il se lance par la suite dans des études de médecines, à Lyon ; il publie son premier livre qui fait date encore aujourd’hui : Peau noire, masques blancs (1952). Dans ce court mais dense ouvrage, il y interroge et décortique les conséquences de la colonisation sur les rapports entre Noirs et Blancs, sur la façon dans les Antillais -et les Noirs en général- se construisent par rapport au Blanc, sans réclamer réparation mais en posant des questions pour construire l’avenir.
Il devient l’année suivante le Médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie, alors colonie française. La guerre de libération engagé par le FLN ne le laisse pas indifférent, il choisit son camp, celui du peuple algérien, celui de l’indépendance, celui de la liberté.
Son engagement est profond, intellectuel mais aussi physique : il démissionne de ses responsabilité, est expulsé et rejoint une section du FLN en Tunisie (où il est d’ailleurs enterré).
Il écrit dans El Moudjahid et deviendra même ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana et essuiera plusieurs attentats fomentés dans divers pays où il se rend.

Fanon n’est pas un théoricien de la négritude, il refuse de participer à l’édifice du Noir comme entité « naturelle » ; il déconstruit l’oppression et les formes de dominations (économiques, idéologiques, linguistiques…) pour proposer un programme humaniste et internationaliste…
En 1961, avec Les damnés de la Terre, Fanon fait un exposé socio-psychologique des conséquences de la colonisation sur les colonisés, partant d’observations objectives alliées au paradigme marxiste et alimentées par la réalité des mouvements de libération, en particulier algérien. Se rajoute à son livre une préface très commentée de Jean-Paul Sartre. Or celle-ci est ambigüe. D’un coté elle aide à la diffusion et la notoriété du livre et des idées de Fanon, d’un autre l’aspect dithyrambique -et ultra-gauchiste- du texte de Sartre fait de l’ombre à la précision dialectique de l’auteur, à ce qui relève des constats de la production de la violence révolutionnaire par le système colonial (ce que fait Fanon) et la glorification mythifiée de la lutte armée (ce que fait Sartre).

L’année où sortent Les damnés de la Terre, il est fauché par une leucémie. L’hôpital de Blida porte aujourd’hui son nom, de même que des rues et des avenues en Martinique et en Algérie. Il est cité dans des chansons de LKJ, Rage Against the Machine, KRS-One, ou en France par La Rumeur, M.A.P. ou Casey. Sa pensée est encore vivante…

Bruxelles, Namur, Strasbourg. Trois villes qui ont « accueilli » les travailleurs d’Arcelor-Mittal comme des chiens, de dangereux agitateurs, voire des terroristes comme le disait un délégué cette après-midi…

« Les travailleurs et les représentants syndicaux d’Arcelor-Mittal de France, de Belgique et du Luxembourg qui sont allés manifester ce mercredi à Strasbourg devant le parlement européen se sont heurtés aux forces de l’ordre. Il y a eu plusieurs blessés. La police française, qui craignait des débordements, en avait coincé certains sur un parking à proximité pour leur faire subir une fouille corporelle complète… » Ça c’est ce que retiendra le téléspectateur lambda de votre sombre journée à Strasbourg, du moins jusqu’au feuilleton sur TF1…

Mais enfin, que croyiez-vous camarades – je me permet de vous appeler camarades pour avoir trimé de nombreuses années en industrie et/ou sur chantier dans la métallurgie et le forage – , que nos dirigeants et les députés européens dont vous espériez de l’aide ou du moins de la compréhension se tracassent réellement de votre situation, de votre avenir, du mien? Ne me dites pas que vous leur faites confiance? Vous fustigez la police en Belgique, les gendarmes en France, mais croyez- vous qu’ils agissent de leur propre initiative? Ce sont des militaires en France et des fonctionnaires en Belgique, donc des corporations qui n’agissent QUE sur ordres précis des autorités politiques – ceux-là même de qui vous espériez de l’aide – , s’ils se permettent de vous mépriser de la sorte, de vous péter la gueule sans craindre de représailles, de vous interdire le centre-ville comme à de la vermine, de retenir des délégations venues en car hors de Strasbourg, de vous fouiller à corps comme des malfrats, c’est qu’ils agissent sur ordres et qu’ils ont un blanc-seing pour frapper dur et arrêter du prolo!

Fouilles des carsd français

Fouillés comme des malfrats et certains empêchés de rejoindre la manif

Décortiquez ce qui s’est passé aujourd’hui – idem à Bruxelles et Namur – , « on » a décidé que vous ne passeriez pas! « On » a décidé de vous faire passer pour des brutes, pour de pauv’prolos incapables de s’exprimer sans violence, le message interne était clair: « on ne discute pas avec ces gens-là môssieur, ils ne sont pas de notre monde, réglons ça entre gens de bonne condition… ». Pendant qu’à l’extérieur vous vous faisiez matraquer, gazés, tirer dessus – ah oui, ce n’était « que » des flash-ball et des balles en caoutchouc – , derrière les vitres de la forteresse Europe on ne savait même pas que vous existiez…! Écoutez ce journaliste belge qui a passé sa journée dans les couloirs du Parlement européen… Question de la présentatrice du JT: « Comment cette manifestation houleuse a-t-elle été perçue au sein même du parlement? » réponse du journaliste… « Alors, j’ai passé une partie de l’après-midi dans ce parlement et je peux vous dire que c’est un peu étonnant, parce que… la plupart des gens qui étaient dans ce parlement cette après-midi n’ont RIEN SU, RIEN VU, RIEN ENTENDU DE CE QUI SE PASSAIT. Ils ne savait pas qu’il y avait une manifestation, ça peut paraître incroyable, il n’y avait que quelques centaines de mètres entre les-uns et les autres, mais moi franchement j’ai eu l’impression qu’il y avait DEUX UNIVERS, DEUX PLANÈTES VRAIMENT DIFFÉRENTES..! » Et pour qu’un journaliste de la RTBF ose dire ça… c’est qu’il a vraiment été choqué! (vidéo ci-dessous à 03:00)

Ces eurocrates vivent effectivement sur une autre planète! Lors de la manif intersyndicale à Bruxelles du 24 mars 2011 , nous avions prévu une action en solidarité contre le « Pacte de compétitivité », à l’intérieur même du Parlement européen avec des amis « désobéissants », pendant une conférence sur la dette tunisienne, où nous avions réussis à nous faire invité (sic)… et donc nous attendions l’heure dite pour l’action, alors qu’à quelques centaines de mètres des travailleurs arrachaient les pavés et affrontaient les flics..! Hé bien, tout comme ce journaliste nous avions été choqués de voir ces eurocrates dans leurs beaux costumes à plusieurs milliers d’euro, discuter politique et vacances au soleil en rigolant… ILS IGNORAIENT ROYALEMENT la présence de dizaines de milliers de travailleurs mécontents à quelques pas de là!!! Et ça papotait et ça s’échangeait des cartes de visites… vous n’existiez pas! D’ailleurs l’action dans le parlement fut un flop total, car ils n’eurent qu’une réaction mi-amusée, mi-condescendante envers ces pauvres gauchistes avec leurs banderoles… Ça ne les touchait pas dans leur tour d’argent.

A l’évidence ces gens se foutent des milliers de pertes d’emploi du groupe Mittal et sous-traitant. Un commissaire européen en charge de l’industrie parle de « l’élaboration d’un plan sidérurgique européen qui sera prêt en juin », mais même s’il est prévu pour juin – ce à quoi personne ne croit, il faut bien vous laisser un os à ronger – , en juin vous serez tous au chômage à calculer ce qu’il faut sacrifier pour s’en sortir, et les belges iront voir leur syndicat pour savoir dans combien de mois leur maigre chômage – dégressif depuis peu – va tomber au stade… aumône!

On ne va pas énumérer, l’humiliation, les fouilles, la colère, l’incompréhension, vous l’avez tous ressentie et nous pour vous. Voici donc les liens et vidéos qui résument cette journée  – une de plus – à marquer d’une pierre noire.

Vidéo MW « Strasbourg, France: Steel workers protesting closures clash with police near EU parliament »

Manifestation des Mittal à Strasbourg : « On ira leur Brûler l’ Elysée s’il le faut »  vidéo youtube +++

Strasbourg: heurts entre les métallos d’ArcelorMittal et les policiers RTBF-info

Les « Arcelor » d’Europe manifestent à Strasbourg sous haute tension Lalibre.be

Strasbourg: affrontements entre manifestants et forces de l’ordre lors de la mobilisation de ce matin RTL-vidéo

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Après ça, on ne s’étonnera pas de savoir que les services de renseignement de la police française ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux qui pourraient échapper au contrôle des syndicats. « Dans un contexte économique dégradé qui touche l’ensemble des territoires, il est important de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir », explique cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP), qui fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d’information générale (SDIG, ex-RG).

Ce document, daté du 30 janvier 2013 et transmis aux différents directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne la nécessité « d’anticiper » les mobilisations, ainsi que « les risques d’incidents » ou d’éventuelles « menaces sur l’outil de production en cas de radicalisation d’un conflit ». Depuis plusieurs mois, le contexte social s’est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs. Les services de renseignement, selon des sources policières, craignent une « radicalisation » de salariés de ces entreprises en difficultés. (Le figaro 04/02/13)

Déclaration de Ph. Poutou au Figaro le 05/02 : « Le danger pour l’Etat, le gouvernement comme pour les patrons mais aussi, et c’est plus surprenant, pour les directions syndicales (confédérations, fédérations) c’est la contagion des luttes, c’est la révolte généralisée car là il n’y a plus grand monde pour contrôler, maîtriser, encadrer le mouvement social »

Le gouvernement s’inquiète des risques d’explosion sociale L’express

« Vous ne le pouvez pas ? Nous, nous le pouvons ! » Avec ce slogan, les ouvriers d’une entreprise grecque organisent la production après que 98 % des travailleurs aient voté en assemblée générale en faveur de l’autogestion de l’usine.

Viomichaniki Metaleftiki (Βιομηχανική Μεταλλευτική) était une entreprise prospère spécialisée dans la production de matériaux pour le bâtiment. Sa maison-mêre en difficulté a pressé sa filiale au point qu’elle ne paye plus les salaires depuis mai 2011. Les salariés de cette entreprise souhaitent redémarrer la production en autogestion.

La direction de Viomijanikí Metaleftikí, entreprise de fabrication de carreaux de faïence et de matériaux de construction a abandonné son usine de Thessalonique et ses 70 travailleurs depuis mai 2011. En réponse à cette situation, les travailleurs de l’usine réclament le versement de leur dû et refusent les licenciements, ils sont en arrêt de travail depuis septembre 2011. Après l’abandon de l’usine de l’entreprise par sa direction, l’assemblée des travailleurs a voté en faveur de l’autogestion de l’usine et est en train de se préparer à l’assumer.

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Le syndicat de l’entreprise Viomijanikí Metaleftikí a organisé avec les travailleurs une occupation permanente de l’usine par rotation afin d’empêcher l’enlèvement des machines par la direction ou le vol de celles-ci. La proposition du syndicat pour résoudre cette situation au point mort, puisque la direction a déclaré que l’usine ne va pas ré-ouvrir pour manque de fonds, est d’appliquer un système d’autogestion. Cette proposition a été votée par 98 % des travailleurs en assemblée générale. Concrètement, ils demandent que l’usine passe aux mains des ouvriers et la démission de tous les membres de la direction, de même que les employés qui ont collaborés avec l’équipe dirigeante, sans rien réclamer à la future autogestion ouvrière.

Les travailleurs appellent tous les syndicats, organisations, associations et travailleurs à se solidariser avec la lutte des ouvriers pour l’autogestion de l’usine et de les aider activement financièrement et politiquement.

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Le communiqué de presse après leur Assemblée Générale du 11 juillet 2012 :

« La direction de Viomichaniki Metaleftiki, une filiale de Filkeram-Johnson, a abandonné l’usine et ses travailleurs depuis mai 2011. En réponse, les travailleurs de l’usine ont cessé le travail depuis septembre 2011. Le syndicat de l’entreprise a organisé une équipe de 40 ouvriers, ayant pour mission d’empêcher l’enlèvement des machines par la direction ou le vol de celles-ci. L’ensemble de travailleurs participe à l’Assemblée Générale.

La proposition du syndicat afin de briser le statut quo actuel (alors que la direction a clairement déclaré que l’usine ne redémarrerait pas compte tenu de l’absence de fonds) est que l’usine passe sous contrôle direct des travailleurs. Cette proposition a été adoptée par 98 % des participants à l’Assemblée générale. Plus précisément, ils ont demandé que l’usine soit transférée aux travailleurs et que tous les membres de la direction et les travailleurs participant au Conseil d’administration démissionnent sans aucune exigence vis-à-vis de la future administration ouvrière.

En ce qui concerne le capital initial, qui est indispensable pour le fonctionnement de l’usine, la proposition des travailleurs est que l’Organisme national de l’emploi (le Pôle Emploi grec) leur verse par avance les allocations auxquelles ils auraient droit en tant que repreneurs d’entreprise.

Enfin, les travailleurs de Vio.Met. exigent l’introduction dans la législation d’un statut légal régissant les entreprises coopératives, afin que leur initiative (ainsi que toute initiative semblable future) puisse disposer d’un cadre de couverture légale.

Nous, travailleurs en lutte, en dehors de l’évidente valeur que nous voyons d’être dans la lutte et les demandes exprimées par tous les travailleurs, reconnaissons également une valeur additionnelle qui se résume parfaitement dans la proposition d’autogestion. Nous pensons que l’occupation et la reprise d’activité des entreprises impulsée par les travailleurs est l’unique proposition alternative réaliste pour lutter contre l’exploitation croissante de la classe ouvrière. L’auto-organisation des usines qui ferment est l’unique proposition qui a le pouvoir de mobiliser la classe ouvrière, qui vivant sous la menace constante du chômage, ne voit plus aucun moyen de résister.

Nous savons que les difficultés auxquelles nous sommes confrontées dans la lutte pour l’autogestion de l’usine sont nombreuses, que l’Etat et le Capital s’y opposeront de toutes leurs forces dans la mesure où une victoire pourrait créer un précédent et un exemple pour n’importe quelle autre lutte dans le pays. Cependant, la question de savoir dans quelles mains se retrouve la production, se transforme aujourd’hui en une question de vie ou de mort pour une classe ouvrière qui est poussée vers le dénuement. Pour cette raison, les luttes des travailleurs qui s’orientent dans cette direction, de même que les forces solidaires, doivent se préparer à affronter l’Etat et l’employeur pour réaliser l’occupation des moyens de production et la gestion ouvrière.

Nous lançons un appel à tous les syndicats, les organisations et les travailleurs pour que s’exprime la solidarité avec la lutte des ouvriers de Viomijanikí Metaleftikí et entreprendre un soutien actif aux travailleurs à la fois financièrement et politiquement. »

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4 février 2013 – dernières nouvelles:
L’usine VIO.ME. ouvre et est autogérée par les ouvriers!
Le syndicat des travailleurs VIO.ME. Après une longue lutte dans les actions de soutien et de solidarité du mouvement annonce l’ouverture de l’usine.  Les employés de VIO.ME. prennent en  main la production et leur propre vie sans patrons. Avec l’auto-organisation, l’autogestion et des procédures de travail en démocratie directe, la solidarité concrète de la société fondé sur l’espoir qu’un nouveau monde est possible. Jeudi, 7 Février à 13.00 au Centre de Travail de Thessalonique, le Labor Association of Industrial and Mining Initiative Thessalonique Solidarité, et les travailleurs VIO.ME., vous invitent à une conférence de presse , où ils présenteront leurs projets directement au démarage de l’usine, et tout ce que le plan d’action de solidarité pour la collecte de fonds à l’appui de cette nouvelle entreprise qui ouvre la porte à une société sans patrons. (Sorry pour la traduction…)
Tuesday 12/2, Everyone at the factory!

Leur blog : http://biom-metal.blogspot.gr/

Source : Association pour l'autogestion

Tarnac – 6 février, le « proçès » du… forgeron

Publié: 5 février 2013 par Page de suie dans Articles
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Parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’antiterrorisme s’inflige à lui-même, nous vous invitons à venir rire avec nous au TGI de Rouen le 6 février à 13H30

Le 23 février 2012 à 6h du matin, une trentaine de policiers de l’antiterrorisme débarquent dans la campagne rouennaise. Sous les ordres du célèbre juge Fragoli, la meute cagoulée est à la recherche d’un forgeron, ou bien de son père. Ils trouveront l’un et l’autre à Roncherolles-sur-le-Viviers, chez eux, en train de dormir.

Ça frappe à la porte, ça hurle, ça envahit la maison. Il est grand temps de se lever. Pourquoi ici? Pourquoi Roncherolles et pas ailleurs? La réponse ne se fait pas attendre, le forgeron est un ami des mis en examen de Tarnac. La police fouille, les canards caquètent, on auditionne le père. A 86 ans, il sait manier la forge. Il suffit parfois de pas grand’chose pour avoir les honneurs de la police antiterroriste. Dans le fond, ils se prennent au sérieux ces officiers et ces juges avec leur histoire de Tarnac; mais tout de même, qui va ranger derrière eux? Ce ne sera pas le forgeron car lui, on va l’emmener au siège de la DCRI à Levallois-Perret. Il n’y a pas de petites économies dans la traque au terroriste.

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Aux policiers, le forgeron ne dira rien, trop impatient de rencontrer le médiatique juge Frangoli et d’entendre les raisons d’une telle fanfare. On lui demande quand même ses empreintes et son ADN. Lui, demande ce qui lui vaut d’être menotté et enfermé dans une espèce de grosse boîte blanche au troisième sous-sol de la DCRI. C’est donnant-donnant, il ne donnera rien. En antiterrorisme, on a souvent le droit à 96H de garde-à-vue, c’est le temps que la loi octroie aux professionnels de l’interrogatoire pour briser du terroriste. Bizarrement, il ressort à peine 35 heures après son arrivée. Peut-être s’est-on trompé de loi?
Le forgeron repart, libre mais dépité: le juge Fragnoli n’aura même pas eu 5 minutes à lui accorder. Ah mais non, attention, avant de rentrer chez lui, il doit faire une nouvelle garde-à-vue : il a refusé de donner son ADN. Encore une heure donc, au coeur des services secrets français. Puis s’en va acheter un billet de train. Ça a d’ailleurs encore augmenté.

C’est cependant le coeur plus léger qu’il accomplit le trajet retour. Il sait désormais pourquoi son téléphone a été mis sur écoute pendant 2928 heures et ce qui lui a valu d’être suivi et surveillé pendant des mois: il est forgeron. Cela, il le savait avant d’être menotté par la police antiterroriste, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que c’était un élément suffisant pour justifier son enlèvement à 6H du matin.
Mais comme le comique s’accommode toujours bien du dérisoire, notre ami forgeron est convoqué au tribunal de Rouen le 6 février prochain. Ce n’est pas parce que les sbires de l’anti-terrorisme n’ont rien à lui reprocher qu’on ne peut pas lui faire un petit procès pour avoir refusé de livrer son ADN aux policiers fort mal élevés qui l’avaient réveillé, sequestré puis relâché sans la moindre charge ni raison.

– En prime parce que vous êtes sages… La lettre du forgeron au juge Fragnoli. 🙂 elle est belle comme un commissariat qui brûle, si, si..! (Deux jours plus tard, une dépêche AFP annonçait que le célèbre juge jetait l’éponge, éreinté par ce qu’il estimait être des attaques personnelles dans la presse)

Source: leblogduforgeron - 27 01/2013

Chasse au chômeur, déjà en ’38..!

Publié: 5 février 2013 par Page de suie dans Articles
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Ben merde alors, on en apprend tous les jours…
Décidément il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil…

triangle noir Arbeitsscheu Reich - chômeurs de longue durée

On sait déjà que dans l’Allemagne nazie il ne faisait pas bon être coco, homo, roms, juifs, etc… Mais ce qu’on sait moins c’est qu’ils ont inventé avec 70 ans d’avance la chasse aux chômeurs! Ils les appelaient les «réfractaires au travail du Reich».

Les «ASR» – Arbeitsscheu Reich – étaient des individus, hommes ou femmes, considérés comme aptes au travail mais qui, soit ont refusé à deux reprises une proposition d’emploi sans raisons valables ou soit étaient chômeurs de longue durée – ça ne vous rappelle pas quelque chose ? – , ou qui ont accepté un emploi mais, après une courte période, ont démissionné sans motif valable. Du coup, ils se retrouvèrent accusés de ne pas vouloir « s’intégrer à la communauté » car non-conformistes, alcooliques, drogués et/ou sans domicile fixe, ils sont illico classées comme asociaux par l’administration nazie.

Raflés par la Kripo – police criminelle – , les premiers détenus de ce type entrèrent à Buchenwald dans la dernière semaine de 1938. Affublé de triangles noirs, l’effectif s’accroît alors de 4.000 nouveaux travailleurs forcés pour la construction du camp. Persécutés de 1938 à 1945, les « asociaux » furent internés et/ou tués dans les KZ : leur nombre, difficile à évaluer, est toutefois estimé bien supérieur à celui des homosexuels. Parmi ces triangles noirs, on trouve aussi des femmes qui, ayant échappé à leur rôle social traditionnel (femme au foyer pondeuse de petits aryens blonds, derrière les fourneaux…), étaient considérées comme asociales ou lesbiennes.

Hé bien, nos ministres n’ont décidément aucune imagination! Pas foutu d’inventer quelque chose d’innovant en somme… d’autres salauds l’avaient déjà fait!!!

Il ne nous reste plus qu’à arborer un triangle noir alors…

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édit du 12 nov 2014

Bon, vu le nombre de commentaires réac à deux sous sur les « profiteurs » et les « chômeurs de père en fils », voici de quoi clouer le claque-merde à certains connards, aux neurones manifestement aux abonnés absents..!

Quelques rappels et vérités sur les chômeurs (et sur le chômage)

Je lis dans les commentaires, des gens qui s’indignent du sort que le gouvernement réserve aux chômeurs, mais dans le même temps, croient bon de rappeler qu’ « il y a des abus », des « profiteurs » et « qu’il faut que ça cesse ». Rappelons donc quelques vérités, de celles qu’on n’entend pas très souvent dans la presse vendue. Ces faits sont à envisager simultanément, à mettre en lien les uns avec les autres (si si, vous le pouvez!)

– Il y aurait selon les estimations, entre 2 et 5% de chômeurs « fraudeurs ». Cela signifie qu’il y a en même temps entre 95% et 98% de chômeurs non fraudeurs. Je me demande quelle est le pourcentage de fraudes pour les travailleurs… Le citoyen lambda trouve « normal » qu’un travailleur « payé au lance-pierre » par son employeur ou l’état, triche sur ses heures ou ses déplacements, fournisse un certificat de complaisance, « récupère » du matériel ou des outils… Pourquoi avoir une autre vision quand ils deviennent chômeurs ou pensionnés..?
– Qu’une majorité de ces chômeurs fraudeurs sont certainement déjà rayés des statistiques chômage depuis longtemps, puisque cela fait 10 ans exactement – depuis 2004 – , que la Belgique mène une politique de contrôle très drastique des chômeurs. – En Belgique, les allocations de chômage (ainsi qu’une bonne moitié des pensions… et des salaires!) se situent sous le seuil de pauvreté. Donc, pour la plupart des chômeurs, il n’est quasi pas possible de vivre avec si peu, et frauder devient dès lors une nécessité. Si je devais choisir entre laisser mes enfants avoir faim et froid, et travailler un peu au noir, ou avoir une adresse fictive, croyez-moi que le choix serait vite fait. Quand une loi est inique, notre devoir est de ne pas la respecter. – Être chômeur ne dispense pas encore de devoir se nourrir ni se chauffer, donc demander de supprimer les allocations de certaines personnes, fraudeuses ou pas, revient à demander de laisser mourir certaines personnes, ou de les forcer à devenir délinquants… – Il est en outre tout à fait faux de penser que lorsqu’on se fait exclure du chômage, on a droit « automatiquement » au CPAS: seuls 37% (oui, oui! 37%) des chômeurs sanctionnés finissent au CPAS: que deviennent les 63% d’autres? Ils sont à charge de leur famille, sans aucune possibilité de pouvoir gérer sa propre vie, ou se retrouvent en très grande précarité.

– Dans le même temps, la Belgique fait cadeau aux multinationales de 19 MILLIARDS € d’impôts PAR AN, sans compter les déductions d’impôts que ces sociétés « s’octroient » elles-mêmes… via le LuxWeak! Les allocations de chômage, représentent environ 7 milliards € par an, donc une fraude sociale entre 2 et 5% ferait +/- 245.000.000 € par an, 20.400.000 € par mois. Pas de quoi couler un budget national, hein… Ce ne sont pas 20 petits millions que les grosses sociétés font passer sous le nez du fisc chaque mois, mais des centaines, voire… Mais, chez ces gens là, monsieur… on touche pas au sacro-saint capital, on traque le chômeur!

– Il y a en moyenne en Belgique, une offre d’emploi pour 17 chômeurs, réparties en outre fort inéquitablement: une offre pour 32 chômeurs dans le Borinage, et une offre pour 100 chômeurs à Bruxelles (stats officielles Forem et Actiris) – Edit du 30/11/14… oups, c’est une offre pour 60 chômeurs en nov 2014.

– Cette iniquité des offres s’accentue encore si on tient compte du niveau de formation: un universitaire a plus de chances de trouver du boulot que quelqu’un ayant son CESI, parce qu’il y a moins d’universitaires que de CESI, et que quand on est universitaire, on peut également postuler sur des jobs moins qualifiés. Par percolation, on arrive ainsi dans le bas de la pyramide sociale avec une grande quantité de personnes non diplômées, mais pour qui très peu d’offres sont disponibles, puisque les couches supérieures de la pyramide y postulent aussi. Croyez-moi bien que si j’étais dans ce cas, d’avoir environ zéro chance de trouver un job, je ne suis pas sûre que j’aurais très envie de chercher: vous aimez faire des trucs qui servent à rien, vous?

– Oui, mais les emplois en pénurie, me direz-vous? S’ils sont en pénurie, c’est qu’il y a plusieurs raisons, différentes pour chacun de ces métiers, mais qui est souvent bcp moins facilement contournable que le simple fait d’accentuer la coercition (ce dont on manque, ce sont souvent des postes avec de nombreuses années d’expérience, et ça, à part pouvoir bosser pour l’acquérir, mettez-vous ça dans le crane: il n’y a pas assez d’emplois pour tous en Belgique!)

– Par contre, il y aurait assez de richesses pour faire vivre tout le monde, si elles étaient plus équitablement réparties: ces 3 dernières décennies, le PIB a été multiplié par 10 environ! Ça veut dire que les richesses créées dans le pays ont été multipliées par 10! Mais les salaires, eux, n’ont quasiment pas bougé, et les allocations sociales ont elles, baissé.

– La sacro-sainte valeur travail à laquelle s’accroche ceux qui tiennent ce genre de discours se rendent-ils compte qu’ils desservent leur propre cause en tenant des discours patronaux? Parce que lorsque les allocations sociales baissent, et que les chômeurs sont aux abois, ce sont vos jobs qu’ils convoitent, et votre patron est alors en mesure de faire baisser vos salaires et vos droits sociaux, et d’exiger de vous d’être taillable et corvéable à merci (car « il y en a 500 à la porte qui attendent »). N’importe quel économiste vous expliquera qu’en période de chômage de masse, stigmatiser les chômeurs est destiné en réalité à rendre les travailleurs serviles. On apprend ça dans n’importe quel cours d’économie de n’importe quelle université.

– Les chômeurs qu’on connaît sont toujours de bons chômeurs, parce qu’on connaît leur mode de vie, et leurs difficultés. Le mauvais chômeur, c’est toujours l’autre, celui dont on ne sait pas grand chose, mais sur lequel on fantasme toutes sortes de préjugés. C’est un phénomène très connu en psychologie sociale qui porte le nom du « phénomène du bouc émissaire »

. Les préjugés..? on peut les colporter et les ânonner bêtement, mais on peut aussi les réfléchir, les conscientiser pour travailler dessus.

TOUT LE MONDE DOIT SAVOIR QUE LA FRAUDE SOCIALE EST DÉRISOIRE ET QU’ELLE EST MAJORITAIREMENT UN ACTE DE SURVIE !!!! QUAND UN GOUVERNEMENT ACCULE A CELA POUR LA SURVIE, IL DOIT SE POSER DES QUESTIONS SUR SES DÉCISIONS ET SES COMPÉTENCES OU ALORS IL EST RÉELLEMENT CONTRE UNE PARTIE DU PEUPLE… CONTRE UNE GRANDE PARTIE DU PEUPLE..! Le peuple d’en bas ne se laissera pas écraser. » Christine Mahy Hergot- Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté

A écouter: Le café serré de Thomas Gunzig (vidéo)

A lire: Contrôle..? Vous avez dit contrôle?

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édit du 19 mai 2015

« Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre » *

Il semblerait que la dernière déclaration d’un de ces pourris – Denis Ducarme, pour ne pas le citer – , et la réactivation des « visites domiciliaires » a mis le feu aux poudres… M’est avis que les « facilitateurs » et contrôleurs de l’ONEM ont du souci à se faire, les chômeurs ne semblant plus vouloir courber l’échine. Aurais-je la joie de voir un de ces jours un contrôleur couvert de goudron et de plumes au JT…  😉  (ceci n’étant pas une incitation à la violence)

Il est marrant de constater que quand cette citation nazie est utilisé par un « politique », les chômeurs doivent comprendre qu’on les rassure, mais que, lorsque des « politiques » voient cette phrase inscrite sur le pas de leur porte, c’est une « incitation à la haine et à la violence, ce sont des menaces inacceptables! » Bouffons…

triangle noir BXL - La riposte s'organise..!

(*) cette citation utilisé par Ducarme… est de Joseph Goebbels… ministre de la propagande du troisième reich!!! On voit où ces chiens ont leurs références.

C’est l’histoire d’Albert, ouvrier chez Caterpillar…

Publié: 5 février 2013 par Page de suie dans Articles
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…qui paie pour partie et sans le savoir le salaire de Jean, son nouveau collègue.
On ne compte plus aujourd’hui les emplois dits « subsidiés ».

Win-win, Activa, Quésako? Voyons de plus près en quoi ça consiste. Un emploi win-win donne tout d’abord l’avantage non négligeable à l’employeur de ne plus verser pendant un temps certain – pouvant atteindre 3 ans! – une très grosse partie de la sécurité sociale. Dont perte substantielle pour celle-ci de plus de 350 €/mois environ (1000 €/ trimestre)! Mais engager un win-win offre cet autre avantage lui aussi substantiel: l’employeur peut déduire du salaire net une somme pouvant monter jusqu’à 500 € pour un temps-plein, somme qui sera directement payée au travailleur par la caisse chômage, l’Onem quoi! Bref un cadeau mensuel aux actionnaires de Caterpillar de 850 €/mois ! Mais qui paie? Telle est la question!

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Exemple: Jean, engagé win-win – qu’il disait – chez Caterpillar à 2000 € brut par moi, ce qui lui ferait un net d’environ 1400 €, recevra sur son compte bancaire 900 € versés par son employeur et 500 € versés par l’ONEM via son organisme de paiement (syndicat ou capac)… Et d’où viennent ces 500 € ? Mais de l’ONSS pardi, c’est-à-dire des cotisations sociales des travailleurs, donc notamment des cotisations sociales payées tous les mois par Albert, ouvrier lui aussi à Caterpillar – et par ses autres collègues qui ne sont pas win-win – , dont environ 47 € pour les caisses « chômage »  ( 2,33%) ainsi que, à titre d’informations, 147€ pour les soins de santé ou encore 327€ pour les pensions!

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Résultat des courses : tous les mois, Albert – et ses collègues – contribuent au financement du salaire versé à Jean! C’est-y pas gentil tout ça. V’là que de nos jours les ouvriers paient une partie du salaire de leurs collègues! Remarquez que, si Jean a 11 collègues non win-win qui gagnent la même chose que lui, c’est leur générosité à eux seuls (11×47 = 517) qui financent donc les 500 € de cadeaux salariaux offerts à Caterpillar, qui s’offre ainsi une main d’œuvre en or! Win-Win, la poule aux œufs d’or, on vous dit!

Ben oui, c’est comme ça, paraît que c’est le prix à payer pour qu’il y ait de l’emploi pour tout le monde et que, sans emploi pour tout le monde, c’est la m…. Donc tout ça, c’est bien normal. D’ailleurs, y a pas de raison qu’il n’y ait que les patrons qui paient les salaires, non? Les ouvriers eux aussi doivent s’y mettre sinon on n’en sortira pas! Question de compétitivité! Au diable les tabous et les conservatismes!

Entre-temps, la sécu est vidée doublement parce que Caterpillar en engageant Jean, ne doit – presque – plus verser de cotisations dites « patronales », erronément – on ne doit pas vous le réexpliquer quand même! – , et parce que la sécu finance l’emploi – donc les employeurs! – au lieu de payer ceux pour qui elle a été créée : chômeurs, pensionnés, malades, etc… Et à ceux-ci on dit « y a plus de sou, faut qu’on diminue vos allocations, vos remboursements de médoc, vos pensions, etc… ».

Vous n’avez pas un peu le sentiment qu’il y a est des gros pigeons dans cette histoire ! N’est-ce pas Albert ? Alors « win-win » , gagnant-gagnant, cette affaire !?

60% des emplois créés sont (hyper)subsidiés  &  Emploi: des plans d’activation au coût explosif (tselux.be – site des TSE (Travailleurs sans Emploi) de la FGTB/Luxembourg)

P.S.: Pour info, ma fille travaillant à 3/4 temps en boulangerie ne recevait que… 150 € de son patron et les 900 autres venaient de l’organisme de paiement, dans son cas la FGTB. Il avait donc une vendeuse pour 150 balles et sans payer de lois sociales!

Source :Riposte-CTE - Janvier 2013
La Cour de cassation vient d’accorder un délai d’au moins 18 mois aux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Une heureuse surprise pour les défenseurs du bocage.

L’embourbement du gouvernement Ayrault dans la zone humide de Notre-Dame-des-Landes n’est pas près de se dénouer. Nouveau fait majeur dans la bagarre qui oppose Vinci aux paysans menacés d’expulsion, mardi 29 janvier, la Cour de cassation a décidé… de ne rien décider..! Elle attendra que tous les recours administratifs soient jugés pour examiner un pourvoi formé par les occupants de la zone d’aménagement différé contre leur expropriation (voir les arrêts de la Cour de cassation).

Ces derniers ont saisi le juge administratif en octobre 2011 pour faire annuler l’arrêt de cessibilité (liste préfectorale des parcelles qui doivent être expropriées) qui les concerne. Ce recours a été débouté en décembre 2012 par le tribunal administratif de Nantes, mais il fera l’objet d’un appel, voire ultérieurement si besoin d’un recours devant le Conseil d’État.

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Une quinzaine de fermes doivent encore être détruites

En attendant, le concessionnaire Aéroport du Grand-Ouest (Vinci), qui doit acquérir les terrains convoités, devra patienter! Les expulsions sont donc retardées pour la quinzaine de fermes qui doivent encore être détruites. Et ce, pour une période de 18 mois à deux ans, selon les estimations des opposants et leurs avocats. « C’est une surprise », explique Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, une association d’habitants et d’exploitants menacés d’expulsion. « Jusqu’à présent le projet avançait malgré tous nos recours. »

Cet arrêt ne protège pas pour autant les occupations illégales installées dans des cabanes et des fermes expulsées, sur la Zone d’aménagement différé (Zad) visé par le projet d’aéroport. Le face-à-face entre opposants et forces de l’ordre, qui dure depuis le 17 novembre, devrait donc se poursuivre, alors qu’une « trêve » est encore théoriquement à l’œuvre jusqu’au mois de mars dans le cadre des travaux de la « commission de dialogue ».

« Le pouvoir joue l’apaisement, il n’y a pas de pression de la préfecture centrale, raconte Dominique Fresneau. Les contrôles systématiques embêtent surtout les locaux qui doivent circuler pour travailler sur leurs terres. C’est une stratégie qui vise à installer un climat malsain, mais il n’y a pas d’affrontements. »

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Embarras de François Hollande

Sur le plan politique, le dossier reste un véritable bourbier pour la majorité. Interviewé, mercredi 30 janvier par l’Express, Nicolas Hulot, « envoyé spécial de François Hollande pour la préservation de la planète », décrivait un Président « embarrassé » sur la question.

« Concernant la pertinence du projet, je ne suis pas certain que le Président en soit convaincu, mais il ne peut pas désavouer son Premier ministre. Nous avons en France un déficit démocratique ; nous ne savons pas organiser des débats publics dignes de ce nom », jugeait-il.

L’embarrassante épreuve de force devra donc encore durer au moins un an et demi. Un marathon que les opposants comptent mettre à profit pour organiser et densifier une mobilisation « lourde, ardue, mais que nous avons tous ici à cœur », confie Dominique Fresneau.

Source: Politis.fr - 04/02/2013 

L’ordre et la morale…

Publié: 4 février 2013 par Page de suie dans Idées noires

Putain de nuit..!

Bon, arrivé à quatre heures du mat, il faut bien s’y résoudre… je ne dormirai plus! 😦

Autant rallumé, descendre et se mater un bon film.

« L’ordre et la morale » de M. Kassovitz venant d’apparaître miraculeusement sur mon PC hier dans la nuit – sans doute grâce à ma prière à St. uTorrent – , je m’installe confortablement sur le sofa avec de quoi fumer, et lance VLC…

Je le savais pourtant! Si il a bien une chose qu’on ne doit jamais faire à quatre heures du mat… c’est de regarder un putain de film prenant, avec des magouilles politiques nauséabondes et des exactions militaires. Le film en lui-même est superbe, mais c’est effrayant de se savoir à la merci de ces politicards, pour qui la vie de la populace n’a de valeur qu’en matière de résultats électoraux. Un conseil, visionnez ce film, il en vaut la peine… mais pas au petit matin en broyant du noir!

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En résumé: Avril 1988, Île d’Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. 4 gendarmes morts et 27 retenus en otage par un groupe d’indépendantistes Kanak. 300 militaires des unités d’élites, envoyés depuis la France pour rétablir l’ordre. Deux hommes face à face : Philippe Legorjus, négociateur,  capitaine du GIGN et Alphonse Dianou, chef des preneurs d’otages. À travers des valeurs communes, ils vont tenter de faire triompher le dialogue. Mais en pleine période d’élection présidentielle, lorsque les enjeux sont politiques, l’ordre n’est pas toujours dicté par la morale… Une épopée violente et trouble qui marque le retour de Mathieu Kassovitz devant et derrière la caméra. Trahisons et intérêts politiques garantis, tant du côté de l’Elysée que du côté des  indépendantistes du FLNKS. Et des militaires qui jouent leur rôle de salauds-fachos de services…

De nombreuses polémiques ont précédé la sortie du film en 2011. Alors que la production avait demandé les moyens de l’Armée française pour reconstituer certains décors, celle-ci a refusé… après avoir pris connaissance de l’esprit du scénario, contraire selon elle à la version historique (sic) et la remettant en cause de manière trop militante. C’est d’ailleurs suite à la critique, et face au quasi boycott en France que rencontre son film, que Mathieu Kassovitz sortira ce fameux tweet: « J’encule le cinéma français. Allez vous faire baiser avec vos films de merde..! » Ça résume bien l’ambiance de « franche camaraderie » à la sortie du film.

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Et pour rajouter la touche irrévérencieuse indispensable à cet article je vous invite à visionner l’excellent sketch de Didier Benureau « Hommage au Soldat Morales », où nos crétins de militaires en prennent plein la tronche..! 🙂